Étudier à l’étranger séduit de plus en plus d’étudiants, et la Belgique fait clairement partie des destinations qui montent. Plus de 55 000 étudiants internationaux y posent leurs valises chaque année, attirés par un système d’enseignement de qualité, des frais raisonnables, un environnement multiculturel et un marché du travail plutôt favorable aux diplômés étrangers.
Ce guide offre une vue d’ensemble concrète pour bâtir un projet d’études réaliste en Belgique. Il couvre la structure du système éducatif, les conditions d’admission, les coûts réels, les démarches pour le visa et le séjour, la recherche de logement, les possibilités de travail étudiant, les assurances nécessaires, les bourses disponibles et les perspectives professionnelles après l’obtention du diplôme.
Comprendre le système d’enseignement supérieur belge
La Belgique est un État fédéral structuré autour de trois Communautés linguistiques (flamande, française et germanophone) et de trois Régions. L’enseignement relève des Communautés, ce qui signifie que les règles peuvent varier selon que l’on étudie en Flandre (néerlandais), en Wallonie (français) ou dans la petite Communauté germanophone. À cela s’ajoute Bruxelles, officiellement bilingue français–néerlandais, où l’anglais est extrêmement présent dans les universités.
Le système belge suit le schéma de Bologne, organisé en trois cycles : Bachelier (licence), Master, puis Doctorat. Les établissements sont diversifiés : les universités (délivrant les doctorats et menant la recherche fondamentale), les hautes écoles ou university colleges (axées sur des formations professionnalisantes et une approche pratique), les écoles supérieures des arts, et les écoles de management ou de commerce.
Les programmes sont proposés en français, néerlandais, allemand et dans une large mesure en anglais, ce qui permet à des étudiants qui ne maîtrisent pas encore une langue nationale de commencer directement en anglais, tout en apprenant le français ou le néerlandais sur place grâce aux centres de langues universitaires.
Choisir son université et son programme
La Belgique compte plus de 40 établissements d’enseignement supérieur, dont plusieurs dans les classements internationaux majeurs. Des universités comme KU Leuven, Ghent University, Université catholique de Louvain (UCLouvain), Université libre de Bruxelles (ULB), Vrije Universiteit Brussel (VUB), University of Antwerp, University of Liège ou Hasselt University apparaissent régulièrement dans les palmarès QS, Times Higher Education (THE) ou Shanghai.
Pour donner un aperçu de la place de certains établissements :
| Université | Classement THE* | Classement QS* | Classement ARWU* |
|---|---|---|---|
| KU Leuven | ~Top 50 | ~Top 70 | ~Top 80 |
| Ghent University | ~Top 120 | ~Top 170 | ~Top 100 |
| University of Antwerp | ~Top 170 | ~Top 270 | 301–400 |
| UCLouvain | ~Top 180 | ~Top 200 | 201–300 |
| ULB | 201–250 | ~Top 230 | 101–150 |
| VUB | 201–250 | ~Top 280 | 301–400 |
| University of Liège | 251–300 | ~Top 400 | 401–500 |
| Hasselt University | 301–350 | ~Top 550 | 701–800 |
*Les valeurs sont indicatives, issues des plages données dans le rapport.
C’est le nombre de programmes de Master enseignés en anglais en France, couvrant des domaines variés des sciences sociales à l’ingénierie.
Au-delà du « prestige », il est crucial d’identifier la langue de la filière (français, néerlandais, allemand ou anglais), le type d’institution (université de recherche ou haute école plus appliquée), et la localisation (Bruxelles, Flandre, Wallonie), car ces éléments influencent aussi bien les frais d’inscription que les procédures d’équivalence de diplôme, la vie quotidienne ou encore les opportunités d’emploi.
Conditions académiques et linguistiques d’admission
L’admission repose sur une combinaison de critères académiques, de prérequis linguistiques et, parfois, de tests spécifiques selon la filière.
Accès en Bachelier
Pour entrer en premier cycle, il faut disposer d’un diplôme de fin d’études secondaires équivalent au CESS belge (Certificat d’enseignement secondaire supérieur). En Communauté française, une demande d’équivalence doit généralement être introduite. En Flandre, les universités examinent elles-mêmes l’accès, en fonction du type de diplôme secondaire.
Certaines filières comme la médecine, le génie civil ou les écoles d’art imposent un examen ou un test d’admission. Les résultats de ces épreuves, souvent organisées entre mai et septembre, ne sont valables que pour le programme spécifique et pour une durée limitée.
Accès en Master et au-delà
Pour un Master « classique », il faut un Bachelier ou équivalent (en général 180 crédits ECTS) dans un domaine pertinent. Les Masters dits « avancés » supposent déjà un Master ou un niveau de 240 ECTS, parfois accompagné d’expérience professionnelle. Dans certains cas, on vous proposera un programme préparatoire (45 à 90 ECTS) avant l’entrée dans le Master.
Pour une thèse de doctorat, un diplôme de Master d’une institution reconnue est requis, avec l’accord de la faculté et d’un promoteur.
Exigences linguistiques
La Belgique applique largement le Cadre européen de référence pour les langues (CECR). Pour les programmes en néerlandais ou en français, un niveau B2 est fréquemment exigé, avec un niveau C1 pour certaines formations pédagogiques (Masters de l’enseignement) ou spécifiques (par exemple, Bachelor en langues appliquées).
Pour les programmes enseignés en anglais, la majorité des établissements exigent un niveau minimum de B2, attesté par un test de langue reconnu. Les scores requis se situent généralement autour des barèmes standards correspondant à ce niveau.
| Test d’anglais (exemples) | Niveau demandé (typique) |
|---|---|
| IELTS Academic | 6.0 à 6.5 global |
| TOEFL iBT | ~79–80 minimum |
| Cambridge B2 First | Score ≥ 170 |
| PTE Academic | Score intermédiaire–avancé (ex. > 55–60) |
| Duolingo English Test | Score équivalent B2 |
La plupart des universités fixent une durée de validité pour ces attestations (souvent deux ans). Des dérogations sont possibles si vous avez déjà suivi un cursus complet dans la langue d’enseignement ou si votre diplôme secondaire ou universitaire a été délivré dans un pays ou une institution anglophone ou francophone.
Pour les programmes en néerlandais ou en français, des certificats comme le DELF/DALF (français), CNaVT ou ITNA (néerlandais) ou encore des examens d’État en langue sont pris en compte. De nombreux centres de langues universitaires proposent des cours intensifs pour atteindre le niveau requis.
Procédure d’admission et calendrier
Les demandes d’admission se font en ligne, directement sur les sites des universités ou hautes écoles. Il faut généralement créer un dossier comprenant copies de passeport, diplômes et relevés de notes, lettre de motivation, CV, preuves de langue, parfois lettres de recommandation, et pour certaines filières scores GMAT/GRE ou portfolio.
Les délais varient selon l’origine géographique de l’étudiant, principalement en raison des démarches administratives liées au visa.
Doivent finaliser leur dossier bien plus tôt, généralement entre février et mars/avril, pour anticiper les démarches de visa.
Bénéficient de délais plus étendus et peuvent parfois s’inscrire jusqu’aux mois d’été.
L’analyse des dossiers peut prendre plusieurs semaines. Dans certaines filières à quotas (médecine, dentaire, vétérinaire, etc.), les processus spécifiques (tirage au sort, concours) obéissent à un calendrier propre. Il est prudent de consulter dès le départ les pages d’admission du programme ciblé et de planifier en fonction des plus longues échéances (dossier académique, tests de langue, équivalence, visa).
Visa, séjour et titres de séjour étudiants
La réglementation dépend étroitement de votre nationalité. Les citoyens de l’UE/EEE et de la Suisse n’ont pas besoin de visa pour étudier en Belgique, mais doivent s’enregistrer à la commune s’ils restent plus de trois mois.
Les ressortissants hors UE/EEE doivent, sauf exceptions, demander un visa étudiant de long séjour (type D) pour les études.
Quand un visa est-il nécessaire ?
Pour un séjour de plus de 90 jours, un visa national de type D est la règle pour les non-Européens sans accord de dispense. Pour un séjour inférieur à 90 jours, un visa Schengen de type C peut suffire. Certaines nationalités (États-Unis, Japon, Nouvelle-Zélande, Australie, Monaco, Andorre) peuvent entrer sans visa puis demander un titre de séjour étudiant sur place auprès de la commune.
Les étudiants déjà titulaires d’une carte de séjour d’un autre pays Schengen peuvent entrer en Belgique sans visa pour un séjour de 90 jours maximum, par exemple dans le cadre d’une mobilité.
Étapes avant la demande de visa
Avant de déposer votre demande, vous devez :
– obtenir une lettre d’admission ou de préinscription dans un programme à temps plein d’un établissement supérieur reconnu ;
– faire reconnaître, le cas échéant, votre diplôme secondaire (équivalence au CESS) ou votre diplôme de Bachelor pour un Master ;
– préparer un plan financier montrant que vous disposez de moyens suffisants pour couvrir frais de vie, études, logement et santé sans recourir à l’aide sociale.
Les candidats de certains pays, comme la Chine, doivent en plus passer par un centre d’évaluation académique (APS) avant l’inscription ou la demande de visa.
Dossier de demande et délais
La demande de visa se dépose en personne auprès de l’ambassade ou du consulat belge compétent, parfois via un prestataire externe (VFS Global, TLS Contact) qui facture des frais supplémentaires. Le dossier typique comprend :
Pour obtenir un visa étudiant pour la Belgique, vous devez fournir un dossier complet comprenant : un formulaire de demande signé, un passeport valide avec des pages vierges, des photos d’identité récentes, la lettre d’admission originale de l’établissement, une preuve de moyens financiers suffisants, une assurance santé couvrant tout le séjour, un certificat médical attestant l’absence de maladies à risque, un extrait de casier judiciaire (pour les majeurs), les diplômes et relevés de notes originaux (éventuellement légalisés), une lettre de motivation, des attestations de compétence linguistique, et la preuve du paiement des frais de visa et de la contribution administrative si applicable.
Les documents non rédigés en français, néerlandais, allemand ou anglais doivent être accompagnés d’une traduction assermentée dans une de ces langues.
Les délais de traitement varient, mais l’Office des Étrangers dispose légalement de 90 jours pour se prononcer sur un dossier complet. En pratique, les délais constatés vont de 2–3 semaines à 4–6 semaines, voire davantage en période de pointe (été) ou pour des études dans des institutions privées. Il est fortement recommandé de déposer la demande au moins deux mois avant le départ pour un visa long séjour, et au moins trois semaines avant pour un court séjour. Il est possible de s’y prendre jusqu’à six mois à l’avance.
Une fois en Belgique, les étudiants hors UE disposent de huit jours pour se présenter à la commune de leur résidence, s’enregistrer et entamer la procédure de délivrance de la carte de séjour (carte A « étudiant »). Cette carte est en général valable un an et doit être renouvelée chaque année, au plus tard quelques semaines avant expiration.
Preuve de moyens financiers et coût réel de la vie
Les autorités belges exigent que les étudiants disposent de ressources suffisantes pour ne pas dépendre de l’aide sociale. Le montant minimal mensuel de référence est fixé par arrêté royal et indexé chaque année. Les chiffres cités dans les documents officiels montrent une progression : environ 670 euros net par mois en 2022–2023, puis 803 euros pour 2024–2025, 835 euros pour 2025–2026, avec parfois une estimation globale « autour de 850 euros ». Ce montant reste toutefois inférieur aux dépenses réelles moyennes.
La preuve peut se faire via : les documents attestant de la véracité des faits présentés.
Pour justifier de ressources suffisantes lors d’une demande de visa ou de séjour, plusieurs options sont acceptées : présenter des relevés bancaires personnels attestant d’économies suffisantes ; bénéficier d’une prise en charge par un garant via un formulaire officiel de parrainage (Annexe 32) qui doit être légalisé ; fournir une attestation de bourse délivrée par un organisme reconnu ; ou opter pour la procédure de « compte bloqué » gérée par certaines universités, qui consiste à virer à l’avance le montant annuel requis sur un compte spécifique, l’université vous reversant ensuite une somme mensuelle.
Budget mensuel réaliste
Les estimations convergent vers un budget mensuel entre 800 et 1 300 euros, selon la ville, le type de logement et votre mode de vie. Certains calculs parlent de 700–1 600 euros, d’autres de 873–1 370 euros. Une fourchette raisonnable pour l’année académique 2024–2025 se situe autour de 800–1 100 euros par mois, hors frais de scolarité.
Un tableau permet de visualiser les principaux postes :
| Poste de dépense | Estimation mensuelle courante |
|---|---|
| Logement (moyenne nationale) | ~575 € |
| Alimentation (courses) | 200–350 € |
| Transports | 10–60 € (avec réductions) |
| Assurance santé étudiante | 30–80 € |
| Téléphone & internet | 30–60 € |
| Loisirs, sorties, sport | 50–300 € |
| Fournitures & livres | 20–80 € |
À ces coûts « récurrents » s’ajoutent des frais d’installation importants le premier mois (caution, mobilier, démarches) qui peuvent atteindre 1 500 à 2 000 euros. La Belgique figure parmi les 20 pays les plus chers du monde, et un mécanisme d’indexation générale entraîne une hausse régulière des loyers, de l’alimentation ou même de certains droits d’inscription. Bien préparer son budget et viser toutes les opportunités de bourses et d’aides devient donc essentiel.
Frais de scolarité et droits d’inscription
Les frais d’inscription varient selon la Communauté (flamande ou française), la nature de l’institution (publique vs privée), le niveau d’études et la nationalité de l’étudiant.
Dans les universités publiques, les étudiants de l’UE/EEE paient en général autour de 800–1 000 euros par an. Pour les non-Européens, la fourchette courante oscille entre 2 500 et 7 500 euros par an, même si certains programmes spécialisés (MBA, LLM, Erasmus Mundus, certaines filières médicales) peuvent dépasser ces montants et atteindre 15 000, 19 000 ou 20 000 euros annuels.
Coût en euros d’un programme standard de 60 crédits ECTS pour un étudiant européen en Flandre.
Les écoles de commerce et institutions privées affichent des tarifs nettement plus élevés. Certaines universités permettent le paiement échelonné des frais (par exemple University of Antwerp, Vlerick Business School).
S’y ajoutent éventuellement des frais d’inscription au dossier, allant de 50 à 200 euros selon les établissements, en principe non remboursables.
Logement étudiant : typologies, prix, réalités
La question du logement est centrale dans un pays où les grandes villes universitaires (Bruxelles, Anvers, Gand, Louvain, Liège) concentrent l’essentiel de l’offre. La diversité des formules est large : chambre universitaire (kot), colocation, studio privé, petit appartement, résidence privée, famille d’accueil, business flat temporaire.
Types de logement et fourchettes de prix
Les chiffres issus des différentes villes donnent une bonne idée du marché :
| Type de logement | Caractéristiques principales | Fourchette de loyer mensuel |
|---|---|---|
| Chambre étudiante (kot) | 12–18 m², sanitaires ou cuisine parfois partagés | 350–650 € |
| Chambre en résidence uni | Sur campus ou gérée par l’université | 200–600 € |
| Chambre en colocation privée | Chambre individuelle dans un appartement partagé | 300–700 € |
| Studio | 18–25 m², cuisine et salle de bain privées | 500–1 000 € |
| Appartement 1 chambre | Pour couple ou petit foyer | 800–1 200 €+ |
| Famille d’accueil | Souvent avec repas inclus | 500–800 € (ou ~200 €/semaine) |
Les loyers varient significativement selon la ville. Un résumé simplifié par grandes villes donne :
| Ville | Loyer moyen chambre / kot | Commentaire |
|---|---|---|
| Bruxelles | 500–900 € | Capitale, marché tendu |
| Louvain (Leuven) | 400–700 € | Ville universitaire historique |
| Gand (Ghent) | 350–650 € | Ambiance étudiante, créative |
| Liège | 350–550 € | Plus abordable, convivial |
| Louvain-la-Neuve | 300–500 € | Campus majoritairement piéton |
| Anvers (Antwerp) | ~500–650 € (chambre) | Grande ville portuaire, dynamique |
La plupart des locations sont non meublées sur le marché privé. Il faut alors prévoir un budget mobilier (neuf ou seconde main) et bien vérifier ce qui est compris dans le loyer : charges incluses ou non, forfait ou provisions pour eau, chauffage, électricité, internet. Les charges peuvent représenter 50 à 180 euros supplémentaires par mois si elles ne sont pas comprises.
Le dépôt de garantie, équivalant à un à trois mois de loyer, doit quasi systématiquement être placé sur un compte bloqué au nom du locataire. Il ne doit pas être versé en liquide au propriétaire.
Comment chercher et sécuriser un logement
Les logements gérés par les universités (KU Leuven, Ghent University, UCLouvain, VUB, ULB, etc.) constituent souvent la solution la plus simple pour une première année. Ils sont très demandés, avec une priorité donnée aux primo-arrivants et aux internationaux. Il faut donc postuler rapidement après l’admission.
Pour trouver un logement sur le marché privé, plusieurs plateformes sont disponibles : Immoweb, HousingAnywhere, Spotahome, Studapart, Erasmusu et Student.be. Les groupes Facebook ou WhatsApp dédiés aux étudiants d’une ville sont également utiles. Il est recommandé de contacter le service logement de votre université, qui peut fournir des conseils et vous alerter sur les risques d’arnaques potentielles.
Il est vivement déconseillé de verser de l’argent sans avoir vérifié l’identité du propriétaire ou de l’agence, signé un bail conforme au droit local et, si possible, visité le logement (ou au minimum obtenu une visite vidéo fiable).
Assurance santé et autres couvertures obligatoires
L’assurance maladie est obligatoire pour toute personne qui réside en Belgique, y compris les étudiants internationaux. Elle est aussi exigée pour l’obtention du visa étudiant de long séjour.
Étudiants de l’UE/EEE et Suisse
Les étudiants venant d’un pays de l’Espace économique européen ou de Suisse peuvent utiliser leur Carte européenne d’assurance maladie (CEAM/EHIC). Elle leur donne droit, dans les mêmes conditions que les Belges, au remboursement de soins médicalement nécessaires durant leur séjour. La carte ne couvre toutefois pas tout : elle ne remplace ni une assurance voyage, ni une assurance rapatriement, ni une assurance responsabilité civile.
Les travailleurs frontaliers ont la possibilité, et souvent l’intérêt, de s’enregistrer auprès d’une mutualité belge (mutuelle/mutualiteit) pour faciliter les remboursements de leurs frais de santé. Cet enregistrement peut être gratuit ou soumis au paiement d’une petite cotisation annuelle, en fonction de la situation individuelle de l’assuré.
Étudiants hors UE/EEE
Les étudiants de pays tiers doivent, après leur arrivée, s’affilier à une mutualité belge de leur choix. Dans un premier temps, ils sont souvent enregistrés sous le statut « étudiant », avec une contribution légale trimestrielle (de l’ordre de 55 à 75 euros ces dernières années) à laquelle s’ajoute parfois une cotisation pour l’assurance complémentaire (environ 21 à 25 euros par trimestre).
Montant maximum de la cotisation trimestrielle pour l’assurance complémentaire des résidents sans revenus.
L’assurance de base rembourse généralement 60 à 75 % du coût des consultations et des médicaments remboursables. Une visite chez le médecin généraliste coûte autour de 27,50 euros, un contrôle chez le dentiste environ 66 euros. Pour limiter les frais d’hospitalisation souvent élevés, il est conseillé de souscrire en plus une assurance hospitalisation.
Il est aussi recommandé de prévoir : prévoir
– une assurance responsabilité civile (dommages causés à autrui) ;
– éventuellement une assurance voyage, au moins pour la période précédant l’affiliation effective à la mutualité ;
– pour certains, une assurance contenu du logement (vol, incendie).
Travailler pendant les études : règles et avantages
Beaucoup d’étudiants souhaitent compléter leur budget en travaillant à temps partiel. En Belgique, c’est possible, mais encadré par une série de règles visant à garantir que les études restent la principale activité.
Étudiants de l’UE/EEE
Les étudiants européens bénéficient d’un accès libre au marché de l’emploi. Ils peuvent signer un contrat de travail étudiant, comme les Belges, avec un régime social avantageux jusqu’à un certain quota d’heures annuel.
Depuis 2025, ce contingent s’élève à 650 heures par an sous le régime de la « cotisation de solidarité », beaucoup plus légère que les cotisations sociales ordinaires. L’étudiant paie environ 2,71 % de cotisations sociales sur son salaire brut, l’employeur environ 5,42 %. Au-delà du quota, on bascule sur le régime ordinaire, plus coûteux pour les deux parties.
Étudiants hors UE/EEE
Les étudiants non européens titulaires d’une carte de séjour « étudiant » ont le droit de travailler, mais leur carte porte la mention « marché du travail limité ». Ils peuvent être engagés sous contrat étudiant :
Les étudiants étrangers peuvent travailler jusqu’à 20 heures par semaine pendant l’année académique, à condition que cela n’empiète pas sur leurs cours. Pendant les vacances scolaires officielles (été, Noël, etc.), il n’y a pas de limite horaire, sous réserve du respect du quota annuel d’heures au tarif réduit.
Depuis 2020, un permis de travail distinct n’est plus requis pour le travail étudiant : la carte de séjour et le contrat d’étudiant suffisent, dans la limite des règles susmentionnées.
Quotas, fiscalité et garde des avantages sociaux
Le contingent de 650 heures est suivi via une plateforme officielle (« Student@work ») qui permet de vérifier en temps réel le solde d’heures disponibles. Les heures prestées pour plusieurs employeurs se cumulent. Rien n’interdit de dépasser ces 650 heures, mais les heures supplémentaires seront soumises aux cotisations sociales ordinaires.
L’étudiant bénéficie d’un régime fiscal allégé sous condition de revenus annuels. Un plafond de revenus existe aussi pour rester fiscalement à charge des parents, ce qui ouvre droit à des réductions d’impôt pour la famille. Les montants sont révisés, et les autorités ont récemment augmenté la part des revenus de job étudiant exonérée, permettant de travailler davantage sans affecter la situation fiscale des parents.
Les salaires horaires des jobs étudiants sont généralement compris entre 9,87 et 18 euros, selon le secteur et la fonction (serveur, aide en bibliothèque, tutorat, assistance en laboratoire, etc.). Il faut garder à l’esprit que tant que l’on reste dans le régime étudiant, on cotise peu pour la retraite ou le chômage : ces périodes ne construisent pas des droits complets comme un emploi standard.
Bourses et financements : alléger la facture
La Belgique propose un éventail conséquent de bourses, provenant aussi bien des autorités régionales que des universités ou d’organismes internationaux. Certaines couvrent intégralement les frais de scolarité et de séjour, d’autres viennent en complément du budget.
Parmi les dispositifs les plus structurants, on trouve :
Panorama des principales opportunités de financement pour les étudiants internationaux souhaitant poursuivre un master ou une formation spécialisée en Belgique.
Bourse du gouvernement flamand pour étudiants de haut niveau dans un master en Flandre ou à Bruxelles. Forfait d’environ 8 200 €/an et exonération partielle des droits d’inscription.
Bourse de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour étudiants de pays en développement. Domaines : santé, environnement, développement, sciences sociales. Forfait mensuel (~1 150 €), allocation d’installation, billets d’avion et assurance pris en charge.
Finance des masters de spécialisation et formations courtes pour étudiants d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine dans des universités flamandes. Domaines : aquaculture, agronomie, alimentation, développement rural.
Pour les masters conjoints européens incluant une université belge. Financement couvrant souvent les frais d’inscription et une allocation mensuelle.
Programmes spécifiques proposés par les universités belges : Science@Leuven (KU Leuven), Top-up Grants (Ghent University), bourses d’excellence B-PHOT (VUB), bourses de l’Université de Liège, programmes de Hasselt University, University of Antwerp, etc.
Les montants sont significatifs : certaines bourses couvrent 8 000 à 10 000 euros de frais de vie par an, plus les droits d’inscription, l’assurance et parfois les voyages. En contrepartie, des critères stricts de mérite académique, d’origine géographique, d’âge ou d’expérience professionnelle s’appliquent. Beaucoup de ces dispositifs exigent une lettre d’acceptation conditionnelle d’une université belge pour déposer la candidature à la bourse, ce qui impose de gérer deux calendriers de candidature en parallèle.
Après le diplôme : rester travailler en Belgique
Une fois le diplôme obtenu, de nombreux étudiants souhaitent capitaliser sur leur expérience en Belgique en cherchant un emploi sur place. Le pays a officialisé un dispositif d’« année de recherche » (search year / orientation year) pour les diplômés non européens.
L’année de recherche d’emploi (orientation year)
Les diplômés hors UE/EEE ayant obtenu un diplôme d’enseignement supérieur en Belgique – ou dans un autre pays de l’UE, mais avec une partie de leurs études effectuée en Belgique – peuvent demander, avant l’expiration de leur carte A « étudiant », une carte de séjour spécifique d’un an, marquée « chercheur d’emploi ».
Cette carte leur donne pendant 12 mois un accès illimité au marché du travail, sans limite d’heures ni obligation de permis de travail supplémentaire, dans le but de trouver un contrat pouvant déboucher sur un titre de séjour de travail de plus longue durée (single permit) ou de lancer une activité indépendante. Pendant cette période, ils ne peuvent plus être engagés sous régime de contrat étudiant, mais bien comme salariés ordinaires ou indépendants.
Les conditions comprennent la preuve :
Pour obtenir ou renouveler un permis étudiant en Belgique, plusieurs conditions doivent être remplies, comme le prouve l’exemple suivant : il faut être titulaire d’un diplôme reconnu délivré par un établissement agréé, disposer d’une assurance santé valable sur le territoire belge, justifier de ressources financières suffisantes pour l’année (avec un seuil indicatif d’environ 1 314 euros nets par mois pour une personne seule), et déposer sa demande dans les délais, au moins 15 jours avant l’expiration de la carte étudiante en cours.
L’Office des Étrangers peut, au bout de quelques mois, vérifier que le titulaire de la carte fait effectivement des démarches sérieuses pour trouver un emploi ou créer une entreprise. L’année de recherche n’est pas renouvelable : avant la fin des 12 mois, il faut basculer vers un autre type de titre de séjour (travailleur salarié hautement qualifié, indépendant, etc.), ou quitter le territoire.
Transition vers le travail salarié : le « single permit »
Pour rester plus longtemps comme salarié, la voie principale est celle du permis unique (« single permit ») en tant que travailleur hautement qualifié. Ce titre combine autorisation de travail et de séjour. La procédure est initiée par l’employeur auprès des autorités régionales (Flandre, Wallonie, Bruxelles, Communauté germanophone), qui examinent le respect des conditions, notamment de salaire minimum annuel.
Les montants planchers pour être considéré comme hautement qualifié varient par Région et sont indexés annuellement. À titre indicatif, pour 2025, les seuils mentionnés s’établissent aux environs de :
| Région / communauté | Seuil salaire brut annuel (exemples) |
|---|---|
| Flandre – < 30 ans, certaines professions (infirmiers, enseignants) | ~39 130 € |
| Flandre – autres travailleurs hautement qualifiés | ~48 900 € |
| Wallonie – < 30 ans | ~41 300 € |
| Wallonie – autres | ~51 600 € |
| Bruxelles-Capitale | ~3 703 € brut par mois (référence donnée) |
| Communauté germanophone | ~51 180 € |
Les avantages en nature prévisibles (voiture de société, etc.) peuvent parfois être pris en compte dans le calcul du seuil. Le permis unique est en général délivré pour la durée du contrat, avec un maximum de trois ans dans beaucoup de cas, renouvelable.
Si vous détenez encore une carte A (étudiant ou chercheur d’emploi), vous pouvez commencer à travailler pour votre nouvel employeur en attendant la décision concernant votre demande de permis unique. Cela permet d’éviter une période de vide juridique.
Créer son activité : la carte professionnelle
Les diplômés qui envisagent de lancer leur propre activité (freelance, start-up, commerce) doivent obtenir une carte professionnelle pour indépendants étrangers. Ce document autorise une activité indépendante bien définie pour une durée de 1 à 5 ans. La demande est examinée au regard de la viabilité économique du projet, de la conformité aux réglementations de la profession et de la capacité financière du candidat (revenus stables et suffisants, un seuil de référence étant d’environ 120 % du revenu d’intégration).
Là encore, une fois la carte professionnelle obtenue, une modification du statut de séjour doit être demandée à la commune pour passer d’étudiant ou chercheur d’emploi à indépendant, avec dépôt d’un dossier (carte pro, certificat médical, extrait de casier judiciaire, contribution administrative).
Pourquoi la Belgique séduit tant d’étudiants internationaux
Au-delà des règles, chiffres et procédures, la Belgique cumule plusieurs atouts objectifs pour un projet d’études à l’étranger.
Sur le plan académique, elle se situe dans le haut du panier européen, avec plusieurs universités classées dans le top 500 mondial, souvent très bien notées en sciences politiques, économie, humanités, médecine ou ingénierie. Le pays est fortement inséré dans les programmes européens de mobilité (Erasmus+, Erasmus Mundus) et les réseaux de recherche.
La Belgique offre un environnement linguistique riche, avec le néerlandais, le français et l’allemand comme langues nationales, complété par un anglais omniprésent dans les grandes villes et sur les campus. Étudier dans ce contexte permet d’améliorer ou d’apprendre plusieurs langues simultanément, constituant un atout majeur pour une carrière sur le marché du travail international.
Géographiquement, la Belgique occupe une position stratégique : frontalière des Pays-Bas, de l’Allemagne, du Luxembourg et de la France, elle permet d’accéder rapidement à de grandes capitales européennes (Paris, Amsterdam, Londres, Berlin) par train ou avion. Bruxelles est le siège de l’Union européenne, de l’OTAN et de nombreuses organisations internationales, ce qui multiplie les opportunités de stages, de conférences et de réseaux professionnels.
La Belgique produit environ 220 000 tonnes de chocolat chaque année, illustrant sa gastronomie réputée.
En résumé : construire un projet d’études solide en Belgique
Poursuivre des études supérieures en Belgique est une option particulièrement intéressante pour qui cherche un enseignement de niveau international, à un coût souvent inférieur à d’autres pays anglophones traditionnellement prisés, dans un environnement européen central et plurilingue.
Pour transformer l’idée en réalité, quelques axes de préparation se dégagent :
Pour réussir son projet, il faut : identifier précisément le programme et l’université en vérifiant la langue d’enseignement, les prérequis académiques et linguistiques, et les procédures d’équivalence de diplôme ; anticiper les calendriers de candidature universitaire, des tests de langue, des demandes de bourse et du dépôt du visa ; bâtir un budget réaliste incluant les frais de scolarité et le coût de la vie (logement, alimentation, transport, assurances, loisirs) et préparer une preuve de moyens financiers solides pour le visa ; sécuriser un logement le plus tôt possible, de préférence en résidence universitaire ou via des canaux fiables, en étant vigilant face aux arnaques ; se familiariser avec les règles du travail étudiant et, pour un projet d’installation durable, comprendre dès le départ les mécanismes de l’année de recherche d’emploi et du permis unique.
Avec une préparation sérieuse et des informations fiables, la Belgique peut devenir bien plus qu’une destination d’études : un tremplin vers une carrière internationale, dans un pays au cœur de l’Europe qui valorise les compétences et la diversité de ses étudiants venus du monde entier.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belgique, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Belgique pour son régime favorable aux pensions privées, l’absence d’impôt sur la fortune, une fiscalité clémente sur certains revenus mobiliers et un cadre de vie francophone facilement accessible depuis la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence en Belgique avec location ou achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), en sécurisant la convention fiscale France–Belgique pour éviter la double imposition.
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