Entre stades pleins à craquer, pistes de ski enneigées, milliers de kilomètres de pistes cyclables et essor spectaculaire du fitness, l’Allemagne est l’un des pays d’Europe où la pratique sportive est la plus ancrée dans le quotidien. Plus de la moitié des adultes font du sport régulièrement, près de 30 millions de personnes sont membres de clubs, et l’offre va du football de village aux stations de ski haut de gamme, en passant par des salles de sport ultramodernes et un réseau dense d’itinéraires de randonnée.
L’ancrage sportif local repose sur trois piliers complémentaires : les clubs omnisports, une industrie du sport et du fitness en développement, et un vaste réseau d’infrastructures publiques (terrains de football, halles multisports) souvent accessibles à tous.
Le football, sport-roi et porte d’entrée dans la vie sportive
Impossible de parler de sports populaires à pratiquer en Allemagne sans commencer par le football. Il ne s’agit pas seulement du sport numéro un : pour beaucoup, c’est la première expérience sportive structurée, dès l’enfance.
Le Deutscher Fußball-Bund (DFB) rassemble environ 7,8 millions de membres, dans quelque 26 000 clubs et 178 000 équipes. Si l’on additionne toutes les formes encadrées (dont le futsal), on frôle 7,4 millions de pratiquants. Autrement dit, une part significative de la population a déjà enfilé un maillot floqué au dos.
Le système de clubs, présent dans les quartiers urbains comme dans les villages ruraux, est une porte d’entrée essentielle dans la vie sociale. Par exemple, dans de nombreuses communes, la pelouse du club a une fonction polyvalente : elle sert de terrain d’entraînement sportif, d’espace pour organiser des tournois, de scène lors de la fête du village et constitue un point de repère identitaire fort pour la communauté.
De la Bundesliga au terrain municipal
En haut de la pyramide trône la Bundesliga, championnat professionnel à 18 clubs, réputé pour ses stades pleins, ses prix de billets relativement bas et sa culture de supporters. Mais pour le pratiquant amateur, l’essentiel se joue beaucoup plus bas, dans une hiérarchie liguistique qui descend jusqu’aux divisions de district, gérées par des associations régionales.
Le même week-end, un supporter peut ainsi vivre un match de haut niveau dans une enceinte de plus de 70 000 places, puis enfiler ses crampons pour évoluer sur un terrain municipal géré par la ville et utilisé par plusieurs équipes de jeunes et de seniors.
La DFB et la DFL financent annuellement les centres de formation des clubs professionnels allemands à hauteur de 75 millions d’euros.
Le rôle central des installations de football
Si le football occupe une place à part, il s’appuie sur l’ensemble du parc sportif. Les terrains de football font partie des « équipements de base » définis dans les lignes directrices du développement des installations sportives. Le « Plan doré » (Goldener Plan), programme lancé dans les années 1960, a littéralement quadrillé le pays de nouvelles infrastructures : en l’espace de trente ans, le nombre de terrains et halles municipaux a doublé, et celui des piscines couvertes a été multiplié par cinq.
Entre 1961 et 1975, environ 17 milliards de Deutsche Marks (près de 8,7 milliards d’euros) ont été investis, suivis de 20 milliards de DM supplémentaires jusqu’en 1993. Résultat : pratiquement chaque commune dispose aujourd’hui de plusieurs terrains ou stades, souvent à proximité de halles polyvalentes ou de piscines, ce qui facilite la multi‑pratique pour les jeunes.
Les clubs sportifs : colonne vertébrale de la pratique
Si l’on élargit le champ au‑delà du football, on découvre un paysage associatif unique en Europe. L’Allemagne compte près de 90 000 clubs sportifs rassemblés sous l’égide du Deutscher Olympischer Sportbund (DOSB), soit la plus grande « mouvance civile » du pays. Entre 27 et 28 millions de personnes possèdent une licence de club, ce qui signifie qu’une large part des habitants a une relation active, régulière et encadrée avec le sport.
Aperçu des principaux sports en France, classés par nombre de membres affiliés aux fédérations sportives.
Sport collectif le plus populaire en nombre de licenciés, géré par la Fédération Française de Football.
Sport de raquette très pratiqué, sous l’égide de la Fédération Française de Tennis.
Discipline importante regroupant de nombreux licenciés, organisée par la Fédération Française d’Équitation.
Art martial japonais largement répandu, représenté par la Fédération Française de Judo.
Sport collectif très populaire, fédéré par la Fédération Française de Basket-ball.
Sport collectif dynamique avec une forte audience, sous la responsabilité de la Fédération Française de Handball.
| Discipline / Fédération | Nombre de participants (≈ 2023) |
|---|---|
| Football (DFB, incluant futsal) | 7 364 775 |
| Gymnastique & éducation physique | 4 785 707 |
| Tennis | 1 475 131 |
| Club alpin allemand (montagne / randonnée) | 1 406 952 |
| Tir & tir à l’arc | 1 319 794 |
| Athlétisme | 775 733 |
| Handball | 736 736 |
| Golf | 682 942 |
| Sports équestres | 663 145 |
| Sauvetage aquatique | 578 834 |
Cette structure en clubs irrigue littéralement tous les territoires. Ces associations ne proposent pas seulement des entraînements : elles organisent des stages pendant les vacances, des compétitions locales, des fêtes de quartier, et jouent un rôle clé dans l’intégration sociale, notamment via le programme « Integration durch Sport » (Intégration par le sport) cofinancé par le DOSB et l’Office fédéral pour les migrations.
Cyclisme et randonnée : la culture de l’« activité du quotidien »
Au‑delà des sports organisés en club, une large part de la population allemande se tourne vers des activités dites de « loisir actif », essentiellement le vélo, la marche, la randonnée et la natation. Ces disciplines dépassent largement le cadre des fédérations sportives : elles façonnent la mobilité quotidienne et les loisirs du week‑end.
Le vélo, moyen de transport et sport à la fois
Le cyclisme occupe une place à part. D’après une enquête de 2020, 42 % des adultes pratiquaient régulièrement le vélo comme activité sportive ou de loisir. La frontière entre déplacement et entraînement est souvent floue : un trajet domicile‑travail de 15 km devient facilement une séance quotidienne à part entière.
Nombre de personnes ayant participé à l’enquête Fahrradklima-Test de l’ADFC en 2022 pour évaluer la convivialité cyclable des villes.
Toujours selon cette enquête, la proportion de personnes citant le coût comme raison principale d’utiliser le vélo est passée de 33 % en 2020 à 49 % en 2022, avec un bond particulièrement fort dans les petites villes. En toile de fond, une combinaison d’inflation, de prix de l’énergie élevés et d’offre d’infrastructures en progrès dans de nombreuses municipalités.
Un réseau de pistes et de grands itinéraires
Sur le plan sportif, l’Allemagne a développé un immense réseau d’itinéraires cyclables touristiques : plus de 320 routes longue distance sont répertoriées. Elles empruntent les vallées fluviales (Elbe, Main, Danube, Weser, Moselle, Havel, Oder, Neisse, Ruhr, Ems), les régions de lacs (Mecklembourg, Brandebourg) ou les littoraux de la mer du Nord et de la Baltique.
Quelques exemples illustrent la diversité des possibilités pour le cyclotouriste comme pour le randonneur aguerri :
| Itinéraire cyclable | Longueur approximative | Niveau & type de parcours |
|---|---|---|
| Elberadweg (Elbe) | ≈ 1 270 km | Facile à modéré, le long de l’Elbe, de la Tchéquie à Cuxhaven |
| Main‑Radweg | ≈ 600 km | Premier itinéraire allemand labellisé 5 étoiles ADFC |
| Ostseeküsten‑Radweg (Baltique, tronçon allemand) | 800–1 140 km | Facile, le long de la côte baltique, intégré au réseau EuroVelo 10 |
| Donau‑Radweg (section allemande) | ≈ 600 km | Partie de l’EuroVelo 6, du Jura souabe à Passau |
| Tour Brandenburg | 1 111 km | Grande boucle à travers le Brandebourg |
| 100‑Schlösser‑Route | 960 km | Quatre boucles interconnectées dans le Münsterland, châteaux et manoirs |
| Berliner Mauerweg | 152–163 km | Itinéraire facile suivant l’ancienne frontière du Mur de Berlin |
| Chiemsee‑Rundweg | ≈ 60 km | Tour du lac Chiemsee en Bavière |
Pratiquement toutes ces routes sont balisées, souvent reliées au système de transport public : il est possible d’emporter son vélo dans la plupart des trains régionaux, parfois gratuitement selon le Land ou l’association de transport. Le site de la Deutsche Bahn fournit des informations spécifiques sur les conditions et réservations nécessaires.
Plusieurs villes allemandes, comme Brême, Münster et Fribourg, sont des références internationales pour leur politique cyclable. Münster compte deux fois plus de vélos que d’habitants et la plus grande station de stationnement du pays. Brême dispose de plus de 800 km de voies cyclables, de quartiers pilotes dédiés et d’une culture affirmée des déplacements doux.
Randonnée et marche : la passion pour les sentiers balisés
La randonnée est l’autre grande activité de plein air plébiscitée. Une enquête a montré que 35 % des femmes et 32 % des hommes pratiquaient la randonnée ou la marche de loisir. Là encore, la frontière avec la vie quotidienne est floue : l’Allemagne reste un pays où l’on se déplace beaucoup à pied, avec environ 24 % des trajets effectués en marchant selon une estimation.
Deux organismes labellisent les itinéraires de randonnée de qualité : le Deutsches Wanderinstitut, qui décerne le label « Premiumweg », et le Deutscher Wanderverband, qui attribue la marque « Qualitätsweg Wanderbares Deutschland ». Parmi les itinéraires les plus connus figurent par exemple le Westweg (280 km à travers la Forêt‑Noire), le 66‑Lakes‑Trail (416 km autour de Berlin), ou encore le Heidschnuckenweg dans la lande de Lünebourg.
Deutsches Wanderinstitut et Deutscher Wanderverband
La force de cette offre repose sur un maillage fin : des « équipements sportifs » au sens large comprennent aussi bien les halls et stades que les parcs, chemins forestiers et pistes de ski de fond utilisés pour le jogging, la randonnée ou le ski de fond. Ces « aménagements sportifs » informels sont explicitement inclus dans les guides de planification des installations sportives, ce qui pousse les communes à les considérer comme des infrastructures à part entière, et non comme un simple bonus paysager.
Fitness et remise en forme : une industrie de masse
Si les clubs historiques structurent une partie de la pratique, la grande star des deux dernières décennies est incontestablement le fitness commercial. L’Allemagne est, en nombre de membres, le plus grand marché du fitness en Europe.
En 2024, environ 11,7 millions de personnes détenaient un abonnement dans un club de fitness, soit un taux de pénétration proche de 14 % de la population. Certaines estimations montent même à 25 % des adultes si l’on inclut toutes les formes de clubs de santé. Le marché se caractérise par une croissance rapide après la parenthèse de la pandémie : les revenus ont bondi de 122 % entre 2021 et 2022, atteignant 5,4 milliards d’euros en 2023, puis 5,82 milliards en 2024, un record.
Un marché structuré autour de grandes enseignes
Le paysage est à la fois fragmenté et en voie de consolidation. On recense un peu plus de 9 000 clubs de fitness en 2024 et plus de 7 000 entreprises dans le secteur des salles de sport (code WZ 93.13). Mais les dix plus grands groupes concentrent désormais près de 46 % des membres, soit 5,4 millions de personnes, réparties entre environ 1 600 implantations.
| Opérateur de fitness (≈ 2024) | Nombre estimé de membres | Nombre approximatif de clubs |
|---|---|---|
| RSG Group (McFIT, etc.) | ≈ 1,4 million | — (plus grande part de marché) |
| FitX | ≈ 1,0 million | 105 |
| Clever Fit | ≈ 800 000 | 434 |
| EASYFITNESS | ≈ 470 000 | 205 |
| BestFit Group (All Inclusive Fitness) | > 400 000 | ≈ 135 |
| LifeFit Group | ≈ 380 000 | — |
| Kieser Training | ≈ 300 000 | 116 |
| ACISO Group (réseaux affiliés) | ≈ 250 000 | 150 |
| FIT/One | ≈ 220 000 | 45 (Allemagne & Autriche) |
| Pfitzenmeier Group | ≈ 200 000 | 51 |
Les abonnements mensuels tournent en moyenne autour de 47 € (brut), les chaînes low‑cost proposant des tarifs autour de 38 €. L’offre est de plus en plus flexible, avec une part croissante de contrats souscrits en ligne (environ 24 % en 2024), des formules sans engagement long et des modèles hybrides combinant accès à la salle, coaching en ligne et applications.
Fitness digital et santé publique
Le boom du digital joue un rôle clé. Le segment « fitness et bien‑être numérique » devrait presque doubler de taille entre 2021 et 2029, avec déjà près de 1,85 milliard d’euros de revenus attendus en 2024 pour les services en ligne. Le chiffre d’affaires des applications de fitness (eFitness) en Allemagne pourrait atteindre environ 470 millions de dollars.
C’est le montant, en millions d’euros, mobilisé annuellement par la loi de renforcement de la prévention pour des actions de santé publique, incluant l’activité physique.
Une pratique qui touche toutes les générations
Contrairement au cliché du fitness réservé aux jeunes urbains, les salles allemandes attirent un public très divers : millennials, mais aussi quadragénaires et seniors en quête de mobilité et de qualité de vie. L’Allemagne ayant l’une des populations les plus âgées d’Europe, les programmes orientés vers les plus de 60 ans (entraînement fonctionnel, prévention des chutes, renforcement doux) constituent un gisement de croissance identifié par les opérateurs.
Les clubs sportifs traditionnels développent des offres spécifiques pour le marché de la santé. Près d’un tiers d’entre eux proposent désormais des activités de sport santé. Parmi celles-ci, environ 6 % sont labellisées « SPORT PRO GESUNDHEIT », ce qui garantit un niveau de qualité défini. En moyenne, 11,6 % des activités proposées par ces clubs sont dédiées à la santé. Certains clubs vont plus loin en disposant de leur propre salle de sport certifiée « SPORT PRO FITNESS ».
Handball, basket, hockey sur glace : les autres sports collectifs phares
Même si le football écrase tout en termes de notoriété, d’autres sports collectifs occupent une place majeure dans la pratique, en particulier le handball, le basket‑ball et le hockey sur glace.
Handball : deuxième sport collectif du pays
Longtemps considéré comme le deuxième sport collectif le plus aimé en Allemagne, le handball compte environ 737 000 licenciés. Un sondage a montré qu’un tiers des Allemands citaient le handball comme sport préféré après le football. Le pays est aussi l’un des berceaux historiques de la discipline : la première rencontre moderne a été jouée à Berlin en 1917, et Carl Schelenz est généralement crédité comme l’architecte des règles contemporaines.
Record d’affluence pour un match de handball en Allemagne, atteint dans un stade de football couvert aménagé pour l’occasion.
Cette visibilité irrigue la base : des milliers d’équipes amateurs, des écoles qui proposent du handball en cours d’EPS et en activités périscolaires, et des clubs qui recrutent dès le plus jeune âge.
Basket‑ball : explosion de la popularité avec le titre mondial
Le basket‑ball est lui aussi bien installé dans le paysage des sports à pratiquer. La Basketball‑Bundesliga (BBL) offre un championnat attractif, et les clubs comme ALBA Berlin développent de vastes programmes jeunesse. La victoire de l’équipe nationale masculine à la Coupe du monde 2023 a renforcé l’attrait du sport : l’Allemagne est désormais championne du monde en titre, après avoir déjà raflé l’or à l’Euro 1993 et l’argent en 2005.
Les succès internationaux, comme ceux du basket français, entraînent une augmentation des inscriptions dans les clubs locaux et une forte demande de créneaux en salle. Les infrastructures multisports, développées depuis les années 1960, sont essentielles car elles permettent de partager l’espace entre diverses disciplines (basket, handball, volley, gymnastique, arts martiaux, etc.).
Hockey sur glace : un sport de club très structuré
Le hockey sur glace attire moins de licenciés que le football ou le handball, mais il bénéficie d’une exposition notable, avec une ligue professionnelle (DEL) à 14 équipes et une équipe nationale masculine classée parmi les dix meilleures mondiales. Les clubs ont une forte identité locale, en particulier dans les villes qui disposent de patinoires historiques.
Pour les amateurs, la pratique passe souvent par des clubs locaux ou des créneaux de hockey loisir sur des patinoires municipales. L’essor de la pratique du patinage, du curling et d’autres activités sur glace renforce l’utilisation de ces infrastructures.
Sports individuels : du tennis à la montagne
Au‑delà des grands sports collectifs, une multitude de disciplines individuelles jouissent d’une grande popularité, à commencer par le tennis, l’athlétisme, la natation, le golf, les sports équestres ou la montagne.
Tennis : une base très large
Avec environ 1,48 million de licenciés, le tennis est l’un des sports de club les plus pratiqués en Allemagne. Il bénéficie d’un réseau très dense de clubs, souvent dotés de plusieurs courts extérieurs et parfois couverts. En nombre de joueurs actifs (licenciés et non licenciés), on estime à plus de cinq millions le nombre de pratiquants.
Historiquement, les exploits de Steffi Graf ou Boris Becker ont dopé l’attrait de la discipline. Aujourd’hui encore, de nombreux jeunes commencent par le tennis grâce à des programmes de mini‑tennis, et les clubs proposent des créneaux pour tous les niveaux, du loisir au haut niveau.
Athlétisme, course à pied et sports de plein air
L’athlétisme rassemble plus de 775 000 membres via sa fédération. Mais la course à pied « libre » dépasse largement ce chiffre : environ un tiers des adultes déclarent courir régulièrement. De nombreuses villes organisent des courses sur route, des semi‑marathons, et l’Allemagne figure parmi les nations performantes aux championnats du monde d’athlétisme.
Les espaces publics comme les parcs et les berges servent désormais d’installations sportives à part entière, gagnant en importance dans l’aménagement du territoire. Cette évolution répond à la tendance de la pratique hors des clubs payants, souvent amplifiée par les applications de running et de fitness.
Montagne, randonnée alpine et sports équestres
Le Club alpin allemand (Deutscher Alpenverein) compte plus de 1,4 million de membres. Pour un pays dont seule la partie sud est véritablement alpine, ce chiffre est impressionnant. Il illustre l’appétit pour la randonnée alpine, l’escalade, le ski de randonnée et plus largement les activités de montagne.
Nombre de licenciés au sein de la fédération équestre en France.
Golf et sports nautiques
Le golf séduit environ 683 000 pratiquants licenciés. L’offre de parcours 18 trous s’est fortement développée, avec plus de 700 clubs répartis sur le territoire. Là encore, la pratique se décline du loisir familial aux circuits amateurs très structurés.
La dimension nautique n’est pas en reste. Entre la mer du Nord, la Baltique, les innombrables lacs et les grands fleuves, la voile, l’aviron, le canoë‑kayak et la natation de pleine eau attirent quantité de passionnés. Des événements comme la Kieler Woche, grande semaine de voile, témoignent du poids de ces disciplines dans la culture sportive allemande.
Les sports d’hiver : du ski familial aux pistes olympiques
L’Allemagne est l’un des pays les plus performants aux Jeux d’hiver, et cela se reflète aussi dans la pratique. Du point de vue du pratiquant amateur, le pays offre une palette complète d’activités : ski alpin, ski de fond, snowboard, luge, bobsleigh touristique, biathlon loisir, randonnées en raquettes, patinage en plein air, etc.
Un maillage de stations à taille humaine
Contrairement à certains géants alpins voisins, les domaines skiables allemands sont souvent de taille moyenne, mais bien équipés, familiaux et relativement abordables. Les principales régions concernées sont :
Découvrez les principales destinations pour le ski alpin et nordique en Allemagne, avec leurs caractéristiques et infrastructures.
Région dominée par la Zugspitze (2 962 m) et comprenant Garmisch‑Partenkirchen, l’Allgäu et la Forêt bavaroise (Arber). Plus de 800 km de pistes et environ 600 remontées mécaniques.
Domaine centré sur la Forêt‑Noire et le Feldberg. Compte près de 230 km de pistes et environ 300 remontées, souvent adaptées aux débutants.
Région proposant la Rhön et le Sauerland (Winterberg, Willingen) avec un réseau dense de petites stations et de pistes de ski de fond.
Destinations réputées pour les Monts Métallifères (Fichtelberg) et des domaines nordiques comme Oberhof.
Dans ces régions, la pratique ne se limite pas au ski : luge, randonnées hivernales, raquettes, ski de fond, patinage sur lacs gelés ou même excursions en traîneaux à chiens sont proposés aux vacanciers.
Des installations de glisse de haut niveau
Sur le segment des sports de glisse spécifiques (bobsleigh, luge, skeleton), l’Allemagne est une référence absolue, y compris pour la pratique encadrée du grand public. Le pays dispose de quatre pistes artificielles homologuées pour la compétition internationale, à Altenberg, Königssee, Oberhof et Winterberg – un cas unique dans le monde.
À Königssee, une piste de 1 200 mètres sur les pentes du Watzmann propose des descentes encadrées aux amateurs, avec des pointes de vitesse proches de 120 km/h et des accélérations pouvant atteindre 4 à 5 G. Cet exemple illustre comment des infrastructures de très haut niveau, comme celles utilisées en compétition, peuvent être mises à profit pour offrir des expériences sportives intenses au grand public en dehors des événements officiels.
Biathlon, ski de fond et ski de randonnée
Le biathlon est l’un des sports d’hiver les plus suivis à la télévision, mais il se pratique aussi en loisir, notamment dans les régions de Thuringe, de Bavière ou de Forêt‑Noire, où des stades de biathlon aménagent des heures spécifiques pour le public, avec encadrement et séances découverte.
Le ski de fond bénéficie d’un réseau très dense de pistes préparées : certains centres nordiques comme Bodenmais Bretterschachten revendiquent plus de 100 km de boucles classiques et de skating. Combiné à la randonnée hivernale, il constitue une alternative douce au ski alpin, particulièrement prisée par les familles et les seniors.
Accessibilité, inclusion et rénovation : les grands défis des installations sportives
Derrière cette richesse de pratiques se cache une réalité moins glamour : une grande partie du parc d’installations sportives a vieilli. Selon une analyse de 2005, le besoin de rénovation des « équipements de base » (halles, terrains, piscines) était évalué à environ 42 milliards d’euros. Une étude de 2012 indiquait qu’un tiers des équipements nécessitaient des travaux, et d’autres chiffres montrent que plus de 50 % des installations n’avaient pas été modernisées depuis au moins vingt ans au tournant des années 2000.
Le coût de fonctionnement, plus lourd que l’investissement
Pour les communes – qui possèdent environ 61 % des installations sportives et 85 % des halles – la charge financière ne se limite pas aux travaux. Les coûts d’exploitation et d’entretien représenteraient déjà près de 9,7 milliards d’euros, soit plus de 40 % du volume total de construction et de rénovation. Les halles sportives et les piscines sont particulièrement coûteuses à chauffer, éclairer, entretenir.
Le total des fonds alloués par l’État fédéral et les Länder pour la rénovation et la modernisation des installations sportives dans l’ex-RDA s’élève à 1,771 milliard d’euros.
Rendre les infrastructures accessibles à tous
Au‑delà de la vétusté, la question de l’accessibilité est devenue centrale. Plus de 90 % des terrains et gymnases ne sont pas encore accessibles aux personnes handicapées, et 55 % des personnes en situation de handicap ne pratiquent aucun sport. Les normes DIN 18040, qui encadrent la construction sans obstacle des bâtiments publics, s’imposent peu à peu aux projets de nouvelles halles ou de rénovation.
Concrètement, cela signifie prévoir des rampes avec pente limitée, des ascenseurs suffisamment grands pour les fauteuils roulants, des couloirs d’au moins 1,50 m de large, des sanitaires adaptés, des vestiaires accessibles, des places de parking plus larges (3,50 m x 5,00 m, voire 3,50 m x 7,50 m pour les minibus), mais aussi des systèmes d’amplification sonore pour les malentendants ou des bandes tactiles pour les malvoyants.
Des programmes de financement spécifiques, comme ceux de la banque publique KfW (« Ville sans obstacle », programmes 233 et 234), permettent de couvrir jusqu’à 100 % des coûts de certaines mesures de suppression de barrières dans les équipements collectifs. Pour des disciplines comme le basketball en fauteuil, des adaptations spécifiques des surfaces, des vestiaires et des tribunes sont par exemple nécessaires.
Handisport et clubs inclusifs
Malgré ces freins matériels, le sport pour personnes handicapées s’est fortement développé. Le Deutscher Behindertensportverband (DBS) fédère plus de 500 000 membres, répartis entre plus de 6 400 clubs dédiés et des milliers de clubs ordinaires offrant des sections handisport. L’objectif affiché est d’ailleurs de favoriser de plus en plus l’intégration dans les structures classiques, plutôt que de créer toujours plus de clubs séparés.
Les disciplines les plus populaires incluent l’athlétisme paralympique, le basketball en fauteuil, le cyclisme adapté, mais aussi la natation ou les sports de raquette. Au‑delà de la performance, l’enjeu est de santé : pour les personnes handicapées, le maintien d’une activité physique régulière est souvent encore plus crucial que pour la population générale, pour conserver mobilité, autonomie et bien‑être mental.
Les enfants, les jeunes et les seniors : qui pratique quoi ?
Les études longitudinales menées par l’Institut Robert‑Koch, le DOSB et la jeunesse sportive allemande (dsj) dressent un portrait nuancé des habitudes sportives selon l’âge, le milieu social et le lieu de vie.
Une jeunesse globalement très active… mais pas assez au regard des recommandations
En 2019, 90 % des 5‑15 ans pratiquaient au moins un sport pendant leur temps libre, en plus de l’éducation physique à l’école. En moyenne, ces enfants et adolescents déclaraient 2,5 disciplines différentes. Le football et la natation arrivent en tête (33 % chacun), suivis du vélo (22 %), de la gymnastique (16 %) et du ski (10 %). Deux tiers des jeunes pratiquent au moins un sport en club, et 71 % des 7‑14 ans sont membres d’une association sportive.
Pourtant, lorsqu’on observe le temps passé et l’intensité, seuls 25 à 26 % des enfants et adolescents remplissent les recommandations de l’OMS (au moins 60 minutes d’activité physique modérée à intense par jour). L’école toute la journée, l’attrait des écrans et les inégalités sociales pèsent.
Les données montrent que les enfants de parents plus diplômés ou aux revenus plus élevés sont plus actifs, particulièrement dans le sport organisé. 16 % des enfants de foyers peu éduqués ne pratiquent aucun sport en dehors de l’école, contre seulement 8 % chez ceux de foyers plus favorisés. Le milieu d’habitation compte aussi : en ville, les enfants font plus de sport en club (meilleure offre, déplacements facilités), alors que les enfants ruraux pratiquent davantage de sport « informel » (jeux dehors, vélo, etc.).
Pour corriger les écarts d’accès au sport, les régions allemandes ont mis en place des dispositifs ciblés. Cela inclut des bourses sportives pour les familles défavorisées, comme le programme « Kein Kind ohne Sport » au Schleswig‑Holstein, des partenariats entre écoles et clubs (en Hesse et en Rhénanie‑du‑Nord‑Westphalie), la création de classes à profil sportif, ainsi que l’organisation de journées nationales de compétition scolaire telles que « Jugend trainiert für Olympia & Paralympics » et les Jeux de la jeunesse.
L’enjeu du maintien de la pratique à l’adolescence
Les études de cohorte indiquent qu’entre 6 et 10 ans, beaucoup d’enfants pratiquent un sport en club, mais qu’une partie non négligeable décroche à l’adolescence. Sur une période de six ans, environ la moitié des jeunes maintiennent leur engagement dans le sport organisé, un cinquième abandonne, 12 % commencent et près de 19 % ne font pas de sport en club ni au début ni à la fin de la période.
Plusieurs facteurs augmentent le risque d’abandonner une pratique sportive : être une fille, vivre dans un foyer monoparental ou à faible revenu, habiter en zone rurale, présenter des difficultés psychologiques, avoir une motricité en dessous de la moyenne ou une consommation importante d’écrans.
Pour les seniors, en revanche, l’activité sportive prend de l’ampleur sous forme de randonnée, de vélo, de gymnastique douce, de natation ou de programmes de prévention. Avec le vieillissement de la population, développer des offres adaptées (par exemple du walking football, des cours de renforcement basse intensité) dans les installations existantes devient une priorité.
Une pratique sportive qui déborde les équipements traditionnels
Un paradoxe traverse tout le système : alors même que l’Allemagne dispose d’un parc d’installations très riche (plus de 136 000 équipements recensés en 2012, dont environ 35 000 halles), une part croissante de la pratique se déroule… en dehors de ces lieux. Les parcs, rues, berges de rivières, chemins forestiers, mais aussi les salons et jardins équipés grâce aux applications mobiles et au matériel individuel, deviennent des espaces sportifs à part entière.
Cette évolution a plusieurs conséquences.
La pratique sportive dématérialisée (fitness à domicile, running, yoga en ligne) réduit parfois la demande pour certains segments des installations sportives, affectant notamment les plages horaires des grands opérateurs privés.
Ensuite, elle oblige les collectivités à repenser la notion même d’« équipement sportif » : les « aménagements sportifs » – c’est‑à‑dire des espaces conçus pour d’autres usages mais utilisés pour faire du sport – deviennent des éléments à planifier : pistes cyclables, circuits de jogging, parcours de santé, aires de jeux actives, zones calmes pour le yoga extérieur.
Enfin, elle pose la question du lien social : si une partie de la pratique se déplace vers le numérique et l’individuel, comment maintenir les fonctions d’intégration, d’apprentissage des règles et de bénévolat des clubs ? La réponse passe en partie par l’hybridation : beaucoup de clubs mettent en place des applis, des entraînements en ligne, des défis virtuels qui complètent les séances en présentiel.
Ce que cela signifie pour quelqu’un qui veut faire du sport en Allemagne
Pour une personne qui vit ou séjourne en Allemagne et souhaite faire du sport, ce paysage offre une combinaison particulièrement riche d’options.
On peut rejoindre un club local pour pratiquer le football, le handball, le basket, le tennis ou l’athlétisme, avec des cotisations souvent modérées (autour de quelques euros par mois pour les enfants, moins de 10 € en médiane pour les adultes). On peut s’inscrire dans une salle de fitness d’une grande chaîne, avec accès 7 jours sur 7, cours collectifs et parfois espaces bien‑être.
Optez pour un vélo d’occasion pour parcourir les centaines de kilomètres de pistes cyclables et de voies vertes. Vous pouvez également l’emporter dans le train pour un week-end le long de l’Elberadweg ou de la côte baltique. Pour la randonnée, chaussez vos chaussures et explorez les sentiers certifiés de la Forêt-Noire, du Harz, des Alpes bavaroises ou des lacs du Mecklembourg.
L’hiver, une escapade de quelques jours dans une station comme Garmisch‑Partenkirchen, Oberstdorf, Feldberg ou Winterberg permet de goûter au ski alpin ou nordique, à la luge ou au patinage sur lacs gelés. Pour les plus aventureux, une descente en bob sur une piste olympique ou une initiation à l’escalade sur glace encadrée sont possibles dans certains sites spécialisés.
Le développement du sport en France repose sur plusieurs politiques publiques : des investissements massifs dans les infrastructures depuis les années 1960, une forte implication des communes, une culture de club ancrée, des cadres nationaux soutenant à la fois le haut niveau et le ‘sport pour tous’, ainsi qu’une attention croissante portée à la santé publique, à l’inclusion et à l’accessibilité.
Le résultat est un paysage où les sports les plus populaires à pratiquer – football, vélo, randonnée, fitness, handball, tennis, sports d’hiver – ne sont pas seulement des spectacles à regarder, mais de véritables invitations à enfiler ses chaussures, monter en selle ou descendre sur le terrain.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Allemagne, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Allemagne pour son système fiscal stable, sa forte sécurité juridique, son réseau de conventions fiscales étendu et sa puissance économique, combinant qualité de vie élevée (Berlin moins cher que Paris à niveau de services comparable) et accès direct au cœur de l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, conseiller immobilier bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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