Gérer son argent en tant qu’expatrié : comprendre les services bancaires en Allemagne

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à l’étranger bouleverse toujours la façon dont on gère son argent. En Allemagne, ce changement est encore plus marqué, car le système bancaire est à la fois très solide, très réglementé… et parfois déroutant pour les nouveaux arrivants. Entre l’importance du cash, la spécificité de la Girocard, les comptes bloqués pour les visas ou encore la fameuse note de crédit Schufa, mieux vaut arriver préparé pour éviter les mauvaises surprises.

Bon à savoir :

Cet article détaille le système bancaire allemand, les types de comptes à ouvrir et les banques adaptées aux étrangers. Il aborde également la réduction des frais au quotidien, la gestion des transferts internationaux, ainsi que les spécificités pour les étudiants et les ressortissants non-UE.

Le paysage bancaire allemand : un système solide mais fragmenté

La première chose à comprendre est que le système bancaire allemand repose sur trois grands piliers qui coexistent et se concurrencent.

Les banques commerciales privées concentrent environ 40 % des actifs bancaires. On y retrouve des noms connus comme Deutsche Bank, Commerzbank ou HypoVereinsbank. Elles opèrent sur tout le territoire, souvent avec des centaines d’agences, et sont très présentes sur les services aux particuliers, aux entreprises et à l’international.

Exemple :

Les caisses d’épargne publiques (Sparkassen) constituent un pilier majeur du système bancaire allemand, organisé localement. Chaque ville ou région possède sa propre entité juridiquement indépendante, comme la Berliner Sparkasse ou la Frankfurter Sparkasse. Ces établissements, ancrés dans leur territoire, sont des acteurs de proximité très puissants pour la distribution de services bancaires de base, notamment les comptes courants, l’épargne et les crédits immobiliers.

Les banques coopératives (Volksbanken / Raiffeisenbanken) forment le troisième pilier. Elles appartiennent à leurs sociétaires et fonctionnent aussi sur un modèle régional, avec un maillage dense d’agences, en particulier hors des grandes métropoles.

À côté de ces trois blocs, on trouve des banques en ligne et néobanques (N26, bunq, C24, Tomorrow, etc.) et des prestataires de paiements comme Wise ou Revolut, qui n’ont pas toujours le statut de banque mais offrent une grande partie des services nécessaires au quotidien.

100000

Les dépôts bancaires dans l’UE sont garantis à hauteur de 100 000 € par client et par établissement.

Ce système, jugé robuste et très encadré, peut pourtant donner une impression de morcellement : près de 1 500 banques coexistent en Allemagne, avec environ 371 établissements de crédit, près de 1 000 banques coopératives locales et plus de 400 caisses d’épargne. Pour un expatrié, l’enjeu est donc de choisir un acteur adapté à son profil plutôt que de se perdre dans la masse d’offres.

Pourquoi un compte allemand est presque indispensable

Techniquement, il est possible de vivre en Allemagne en utilisant un compte d’un autre pays de l’UE. La réglementation SEPA permet de recevoir un salaire, payer un loyer ou des factures depuis n’importe quel IBAN européen, avec une garantie des dépôts identique jusqu’à 100 000 €. En pratique, beaucoup d’expatriés constatent rapidement les limites de cette approche.

De nombreux employeurs, administrations, fournisseurs d’accès internet, assureurs ou bailleurs refusent encore les IBAN étrangers, même si cette pratique est illégale (on parle d’« IBAN discrimination »). Avoir un IBAN commençant par DE simplifie souvent les démarches et évite des échanges interminables.

Un compte allemand est aussi quasi obligatoire pour :

Astuce :

Pour s’installer en Allemagne, ouvrir un compte bancaire local est essentiel pour percevoir un salaire ou des indemnités, payer son loyer via des virements SEPA ou des prélèvements automatiques, mettre en place des contrats (téléphone, électricité, internet, assurance) et faciliter l’obtention de certains crédits, comme un prêt immobilier.

Autre point important : ouvrir un compte auprès d’une banque allemande crée généralement un dossier Schufa, c’est‑à‑dire un historique de crédit. Ce fichier, géré par l’agence Schufa, est consulté pour attribuer un prêt, souscrire une offre post‑payée de téléphonie ou signer un bail. Sans historique, il est souvent plus difficile d’obtenir un logement. À l’inverse, les comptes ouverts auprès d’acteurs non allemands (Wise, bunq, banques d’autres pays de l’UE) ne créent pas d’historique Schufa.

Enfin, dans la vie quotidienne, un compte local évite de payer des frais de change à répétition et permet d’utiliser plus facilement les moyens de paiement favoris en Allemagne.

Cash, cartes et habitudes de paiement : ce qui surprend les nouveaux arrivants

Pour beaucoup d’expatriés venant de pays où tout se paie par carte ou mobile, l’Allemagne peut sembler paradoxale. Le pays est très développé, mais l’argent liquide reste omniprésent. Les Allemands retirent encore de l’argent en moyenne trois fois par mois, pour un montant total d’environ 200 €. Certains restaurants, cafés, médecins, coiffeurs ou petits commerces n’acceptent que le cash ou la Girocard.

Attention :

La Girocard est une carte de débit allemande très répandue, liée directement au compte courant. Elle est principalement acceptée en Allemagne et parfois en zone euro, mais son usage est limité à l’étranger et sur les sites en ligne. Elle est fréquemment demandée par les bailleurs, administrations et médecins.

En parallèle, les cartes Visa et Mastercard sont de plus en plus acceptées, notamment dans les supermarchés, grandes enseignes, chaînes de magasins et services en ligne. Toutefois, les cartes de crédit restent moins ancrées dans les usages qu’aux États‑Unis, au Royaume‑Uni ou dans certains pays d’Asie. Beaucoup d’Allemands vivent avec une simple carte de débit.

Fonctionnalités spécifiques au marché allemand

Certains commerces en Allemagne proposent des services financiers pratiques directement en caisse, comme le cashback ou le retrait d’espèces.

Cashback avec Mastercard chez Aldi Süd

Aldi Süd est le seul supermarché à proposer du cashback sur les paiements par carte Mastercard (crédit ou débit).

Retrait gratuit en droguerie

Dans les drogueries comme dm ou Rossmann, il est possible de retirer gratuitement jusqu’à 200 € en espèces lors d’un achat, à condition de payer avec une Girocard.

Les paiements par carte ont toutefois dépassé l’usage du cash en volume à partir de 2018, et les services de paiement mobile comme Apple Pay ou Google Pay gagnent du terrain, même s’ils restent utilisés par une minorité d’usagers par rapport aux cartes physiques. Les virements SEPA et les prélèvements restent également très populaires, en particulier pour les factures récurrentes.

Ouvrir un compte en Allemagne : démarches, pièces et pièges à éviter

L’ouverture d’un compte courant (Girokonto) peut se faire en agence ou en ligne. Dans tous les cas, il faut s’attendre à un minimum de formalisme, surtout pour les ressortissants hors UE.

Les banques demandent en général : les documents financiers, les relevés bancaires, les justificatifs d’identité, et les preuves de revenus.

– un passeport en cours de validité ;

– une adresse en Allemagne, prouvée par un document d’enregistrement (Anmeldung) ou un certificat de résidence (Meldebescheinigung) délivré par le Bürgeramt ;

– pour les non‑UE, un visa ou titre de séjour valable, parfois pour une durée minimale (6 ou 12 mois selon l’établissement) ;

– éventuellement une preuve de revenus (contrat de travail, fiches de paie, inscription universitaire, etc.) et, dans certains cas, un dépôt initial.

De plus en plus de banques proposent une ouverture intégralement numérique, avec identification vidéo via des prestataires comme IDnow. C’est particulièrement vrai pour les néobanques (N26, bunq, Tomorrow, C24, etc.), mais aussi pour des établissements plus traditionnels (Commerzbank, Deutsche Bank). Le processus en ligne peut être plus rapide, mais exige souvent davantage de justificatifs scannés ou photographiés avec soin.

Banques et néobanques

Pour les étudiants, la situation se complique encore avec l’obligation fréquente de fournir un compte bloqué (Sperrkonto) comme preuve de ressources pour le visa. Nous y reviendrons plus loin.

Un point souvent négligé concerne la Schufa. Si vous multipliez les demandes de compte en peu de temps, chaque banque effectue une vérification de crédit qui peut dégrader votre score. Il est donc préférable de cibler quelques banques adaptées à votre profil plutôt que de candidater en rafale.

Combien coûte un compte courant en Allemagne ?

Contrairement à certains pays où les comptes courants sont massivement gratuits, beaucoup de banques allemandes facturent des frais de tenue de compte (Kontoführungsgebühren). Ces frais oscillent souvent entre 0 et environ 13,90 € par mois, selon l’offre.

Souvent, ces coûts sont réduits ou supprimés si certaines conditions sont remplies, par exemple :

réception d’un revenu mensuel minimum (souvent autour de 700 €) ;

détention d’un certain volume d’actifs auprès de la banque (par exemple 50 000 € chez Commerzbank) ;

statut d’étudiant en dessous d’un certain âge (souvent moins de 26 ou 28 ans).

Les retraits d’espèces dans les distributeurs de votre propre banque sont généralement gratuits. En revanche, l’utilisation d’un DAB d’une autre banque peut coûter entre 5 et 10 € par retrait. Pour limiter ces frais, les grands établissements se sont regroupés dans des réseaux de distributeurs gratuits, notamment le Cash Group, qui rassemble Commerzbank, Deutsche Bank, HypoVereinsbank et Postbank.

Le tableau ci‑dessous permet de comparer rapidement quelques frais typiques pour des expatriés :

Banque / ServiceFrais mensuels standard*Retraits gratuits / mois (Allemagne)Carte incluse
N26 (Standard)0 €2 à 3 retraits gratuits, puis 2 €Carte de débit Mastercard virtuelle
Commerzbank Girokonto4,90 € (annulables sous conditions)Retraits illimités dans le Cash GroupGirocard gratuite, Mastercard virtuelle
C24 Smart0 €4 retraits gratuits / moisMastercard + Girocard gratuites
bunq (gratuit)0 €Pas de retraits gratuitsCarte virtuelle (physique payante)
Wise0 €Jusqu’à 200 €/mois gratuitsVisa de débit (7 € frais unique)

Tarifs susceptibles d’être modifiés par les banques ; conditions particulières pour étudiants, profils premium, etc.

1.5

Pourcentage moyen facturé par les banques traditionnelles sur les virements internationaux, hors frais additionnels.

Pour réduire le coût des transferts hors zone euro, des acteurs comme Wise ou XE.com se distinguent, en appliquant le taux de change réel du marché (« mid‑market rate ») avec une commission claire, souvent comprise entre 0,5 % et 1 % du montant.

Quelles banques sont les plus adaptées aux expatriés ?

Toutes les banques allemandes ne se valent pas pour un nouvel arrivant. Certaines combinent services en anglais, procédures allégées et acceptation des passeports étrangers, là où d’autres exigent un long historique local et une excellente maîtrise de l’allemand.

Banques particulièrement « expat‑friendly »

Plusieurs établissements se démarquent par des offres pensées pour les étrangers.

N26 est probablement la néobanque la plus connue. 100 % mobile, elle propose une interface et un support en anglais, français, allemand, italien et espagnol. L’ouverture de compte se fait en quelques minutes sur smartphone, sans obligation d’Anmeldung immédiate. L’offre Standard est gratuite, inclut un IBAN allemand et une carte de débit Mastercard virtuelle (la carte plastique coûte 10 € une fois). Deux ou trois retraits en euros sont gratuits chaque mois, puis ils sont facturés 2 € l’unité. Les paiements par carte dans d’autres devises n’entraînent pas de frais de change. En revanche, certains ressortissants hors UE doivent présenter un titre de séjour allemand valide d’au moins un an. Autre point clé : un compte N26 crée un dossier Schufa, ce qui est intéressant pour l’accès futur au logement ou au crédit.

Bon à savoir :

Fondée en 1870 et élue meilleure banque de réseau et plus sûre d’Allemagne, Commerzbank est une option solide pour les expatriés. Elle propose plus de 500 agences, une bonne numérisation et un service souvent disponible en anglais (application, conseillers). Le compte courant coûte 4,90 €/mois, mais est gratuit avec un revenu domicilié de 700 €/mois ou 50 000 € d’actifs. Il inclut une Girocard gratuite, une Mastercard de débit virtuelle et des retraits illimités sans frais dans le réseau Cash Group. Un compte gratuit est aussi disponible pour les étudiants de moins de 28 ans.

bunq, banque néerlandaise, propose un IBAN allemand et une interface disponible en de nombreuses langues, dont le français et l’anglais. Il est possible d’ouvrir un compte sans Anmeldung ni numéro fiscal au départ, mais ces documents doivent être fournis dans un délai de 90 jours, et il faut se trouver physiquement en Allemagne lors de l’ouverture. Le compte gratuit est limité : pas de carte physique ni de retraits gratuits, mais les offres payantes incluent jusqu’à six retraits gratuits par mois et des fonctionnalités multicompte avancées. Un avantage important pour certains expatriés est que bunq ne génère pas de dossier Schufa, ce qui peut séduire ceux qui veulent séparer leurs finances « de base » de leur historique de crédit allemand.

Bon à savoir :

Wise est un établissement de paiement belge qui permet d’ouvrir un compte multidevise sans adresse allemande. Il accepte de nombreuses nationalités et fournit un IBAN belge, la gestion de plus de 40 devises, et une carte de débit (coût unique de 7 €) offrant 200 € de retraits mensuels gratuits. C’est une solution idéale pour les premiers mois ou pour les profils avec des mouvements internationaux fréquents.

C24 est une banque mobile allemande intéressante pour ceux qui parlent allemand. Son compte gratuit Smart inclut une Mastercard et une Girocard gratuites, avec quatre retraits gratuits par mois et aucun frais de change sur les paiements à l’étranger. Elle est réputée plutôt ouverte aux étrangers, mais les non‑UE doivent disposer d’un titre de séjour, et les citoyens américains ne sont pas acceptés. Un dossier Schufa est créé à l’ouverture.

Enfin, Tomorrow Bank s’adresse aux expatriés sensibles aux enjeux environnementaux. Cette banque mobile « éthique », basée à Hambourg et opérant avec Solarisbank, propose un compte gratuit sous conditions (versement mensuel de 500 €), une carte Visa de débit et une appli entièrement en anglais. L’argent déposé est utilisé pour financer des projets durables (énergies renouvelables, logements sociaux, etc.). En contrepartie, les retraits d’espèces sont peu nombreux et payants, ce qui impose de privilégier les paiements par carte.

Banques utiles mais moins accessibles aux nouveaux arrivants

Certaines banques sont de très bons acteurs du marché, mais leurs conditions rendent leur accès plus difficile pour les expatriés fraîchement arrivés.

Bon à savoir :

Les banques en ligne allemandes DKB et ING sont réputées pour leurs services de qualité et leurs comptes souvent gratuits, avec des retraits gratuits dans de nombreux distributeurs. Cependant, elles exigent généralement la citoyenneté d’un pays de l’UE ou un permis de séjour permanent en Allemagne pour ouvrir un compte, ce qui peut être un obstacle pour les nouveaux arrivants.

Sparkasse et Volksbank, malgré leur présence massive sur le territoire (les distributeurs Sparkasse représentent environ 45 % des DAB du pays, ceux des Volksbanken 32 %), ne sont pas toujours les mieux adaptées à un début de séjour. Elles exigent presque systématiquement une Adresse enregistrée, un titre de séjour et un bon niveau d’allemand pour naviguer dans leurs procédures. L’avantage est leur grande tolérance vis‑à‑vis des nationalités, y compris de pays sous sanctions, mais chaque entité est très locale et il faut parfois changer de banque en cas de déménagement dans une autre ville.

Deutsche Bank, très connue à l’international, propose une partie de ses services en anglais, y compris une hotline, mais facture généralement des frais plus élevés que Commerzbank pour un service comparable. Son processus d’ouverture de compte est réputé lent et exigeant pour les non‑UE.

Revolut est souvent cité parmi les alternatives internationales, mais nécessite un numéro fiscal allemand pour ouvrir un compte local, ce qui n’est possible qu’après enregistrement d’adresse. Ce n’est donc pas la solution idéale pour les tout premiers jours sur place.

Comparer les options : langue, cartes, retraits, Schufa

Pour choisir un établissement, il est utile de regarder au‑delà des seuls frais mensuels et de considérer quelques critères concrets : la disponibilité de services en anglais, le type de carte délivrée, les conditions de retrait en espèces ou encore l’impact sur le fichier Schufa.

Exemple :

Le tableau suivant résume certains éléments déterminants pour quelques acteurs populaires auprès des expatriés.

Banque / ServiceLangues de l’app / supportGirocard fournieIBAN commençant par DECréation d’un dossier SchufaNotes utiles pour expatriés
N26EN, FR, DE, IT, ESNonOuiOuiOuverture rapide sans Anmeldung, très adapté aux premiers mois
CommerzbankApp/online en DE & ENOuiOuiOuiGrande banque de réseau, retraits gratuits dans le Cash Group
bunqEN, FR, DE, + autresNon (offre gratuite)OuiNonCompte expat facile, pas de Schufa, mais retraits payants sur formule gratuite
WiseEN, DE, FR, etc.Non (Visa, pas Girocard)Non (IBAN BE)NonIdéal pour transferts internationaux et démarrage avant l’arrivée
C24DE uniquementOuiOuiOuiCompte gratuit avec Girocard, mais pas de support en anglais
Tomorrow BankENNon (Visa uniquement)OuiNon (via Solarisbank, contrôle moindre)Banque éthique, retraits limités, très orientée mobile

Comptes bloqués (Sperrkonto) : passage obligé pour beaucoup de non‑UE

Pour un grand nombre d’expatriés hors UE/EEE qui viennent étudier, chercher un emploi ou suivre une formation, la question du compte bloqué est centrale. Ce type de compte sert de garantie pour les autorités allemandes que le titulaire dispose de ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins pendant son séjour.

Le principe est simple : l’étudiant ou le candidat au visa verse à l’avance une somme correspondant à une année de frais de subsistance, calculée à partir des barèmes officiels (BAföG). Cette somme n’est pas librement disponible. À l’arrivée en Allemagne, le titulaire ne peut en retirer qu’un montant fixe chaque mois, par exemple 992 € pour un total annuel de 11 904 € selon le barème actuellement en vigueur. L’objectif est d’éviter qu’il retire tout en une fois et se retrouve sans ressources par la suite.

Ce compte bloqué est nécessaire pour de nombreux types de visas de moyen ou long séjour, notamment :

visa étudiant (bachelor, master, doctorat) ;

visa de chercheur d’emploi ;

visa pour cours de langue de plus de 90 jours ;

visa de formation professionnelle ou d’apprentissage ;

visa au pair ;

carte d’opportunité (Chancenkarte) ;

visa pour la reconnaissance de diplômes étrangers ou participation à un Studienkolleg.

Attention :

Même les ressortissants de pays dispensés de visa pour l’entrée en Allemagne (comme les États‑Unis, le Canada ou l’Australie) doivent généralement en obtenir un pour pouvoir demander un titre de séjour étudiant une fois sur place.

Des exceptions existent toutefois. Les ressortissants de l’UE/EEE et de Suisse sont dispensés. Ceux qui bénéficient d’une bourse couvrant intégralement les frais de vie (DAAD, Erasmus+, bourse gouvernementale, etc.) peuvent utiliser l’attestation de bourse comme preuve de ressources. Un engagement de prise en charge officiel (Verpflichtungserklärung) par un résident allemand, un financement public du pays d’origine ou un prêt étudiant approuvé peuvent également remplacer le compte bloqué.

Montants requis et coûts annexes

Le montant minimal à déposer est fixé par la réglementation et révisé régulièrement. Pour prendre un ordre de grandeur, il tourne aujourd’hui autour de 11 904 € pour une année, ce qui correspond à 992 € par mois. Pour certaines catégories (formation, apprentissage, cours de langue), une majoration de 10 % peut être exigée, portant le total à environ 13 094,40 € (1 091,20 € par mois).

Il est possible de déposer plus que le minimum, mais le plafond mensuel de retrait reste fixé au montant officiel, sauf si la somme supplémentaire est explicitement prévue pour couvrir les frais de transfert ou de change.

Les fournisseurs de comptes bloqués facturent généralement :

100

Un montant de garantie, souvent appelé ‘buffer’, peut être demandé pour couvrir les frais de transferts internationaux ou les fluctuations de change et est restitué s’il n’est pas utilisé.

Où ouvrir un compte bloqué ?

Il est possible de passer soit par une banque allemande traditionnelle, soit par un prestataire spécialisé qui travaille en partenariat avec une banque allemande.

Certaines banques comme DKB, Targobank, Postbank, Sparkasse, HypoVereinsbank, Volksbank ou Commerzbank peuvent proposer des comptes bloqués, mais ces offres sont souvent plus faciles à obtenir une fois déjà sur le territoire, avec des démarches en agence et parfois des envois de documents physiques. De plus, toutes les agences n’offrent pas ce service.

Les prestataires dédiés comme Expatrio, Fintiba, Coracle, Studely ou Drop Money se sont spécialisés dans l’accompagnement des étudiants internationaux. Ils proposent des processus 100 % en ligne, des interfaces multilingues, et souvent des packs combinant compte bloqué et assurance maladie étudiante, ce qui simplifie le dossier de visa. Certains, comme Expatrio, incluent aussi un compte courant « de base » utilisable à l’arrivée.

Il est essentiel de vérifier que le compte bloqué est bien logé dans une banque enregistrée en Allemagne. Des comptes ouverts dans des banques étrangères, même réputées (comme Kotak Mahindra Bank en Inde), peuvent être refusés par les consulats allemands ou nécessiter un transfert ultérieur vers une banque allemande, avec perte de temps et de frais.

Étudiants, jeunes actifs, freelances : adapter son choix de banque à sa situation

La plupart des grandes banques allemandes proposent des comptes spécifiques pour étudiants, souvent dépourvus de frais de tenue de compte jusqu’à un certain âge.

Par exemple, Commerzbank offre un compte étudiant gratuit jusqu’à 28 ans, parfois assorti d’une carte de crédit sans frais annuelle si un seuil de versements mensuels est respecté. Deutsche Bank, ING, comdirect, Berliner Sparkasse ou encore Volksbank ont également des offres sans frais de gestion pour les étudiants, avec parfois un coût symbolique pour la carte de débit (par exemple 8,50 € par an à la Berliner Sparkasse). Pour en bénéficier, il faut généralement fournir un justificatif d’inscription dans un établissement d’enseignement supérieur.

Bon à savoir :

Bien qu’aucune obligation légale ne l’impose, il est fortement recommandé aux freelances et indépendants d’ouvrir un compte bancaire professionnel séparé pour distinguer leurs finances personnelles et professionnelles. Certaines banques, comme Kontist, proposent des comptes spécialement conçus pour eux, offrant des fonctionnalités utiles telles que la gestion de la TVA ou le calcul des impôts.

Pour les salariés en CDI, la priorité sera souvent une banque qui accepte facilement leur nationalité, propose des services en anglais et fournit à la fois une Girocard pour la vie quotidienne et une carte Visa/Mastercard pour les achats en ligne et les voyages. Dans ce cadre, un duo du type Commerzbank + N26 est courant : une grande banque pour le salaire, les prélèvements et la Schufa, et une néobanque pour la flexibilité et les voyages.

Retirer du cash sans exploser son budget

Comme le cash reste abondamment utilisé, surtout dans les petits commerces, la question de l’accès aux distributeurs sans frais est centrale. Le territoire est couvert par trois grands réseaux de DAB :

– les distributeurs Sparkasse (environ 45 % du parc) ;

– ceux des banques coopératives BVR (Volksbanken/Raiffeisenbanken), autour de 32 % ;

– les distributeurs du Cash Group (Commerzbank, Deutsche Bank, HypoVereinsbank, Postbank), environ 15 %.

Chaque banque privilégie son propre réseau, voire noue des accords avec d’autres établissements. Certaines offrent un nombre limité de retraits gratuits dans n’importe quel DAB, par exemple :

Retraits gratuits par banque en ligne

Comparatif du nombre de retraits sans frais mensuels offerts par différentes néobanques et banques en ligne, avec les conditions spécifiques de chaque réseau.

N26

2 (ou 3) retraits gratuits par mois, puis 2 € par retrait supplémentaire.

C24

4 retraits gratuits par mois.

comdirect

3 retraits gratuits par mois dans le réseau Cash Group.

1822direkt

4 retraits gratuits par mois dans les DAB Sparkasse.

Wise

Retraits gratuits jusqu’à 200 € par mois.

Revolut

Retraits gratuits jusqu’à 200 € par mois.

D’autres misent sur la gratuité dans un réseau donné, mais facturent cher les retraits ailleurs. C’est le cas de nombreuses Sparkassen ou Volksbanken : retraits gratuits dans leurs distributeurs, mais frais de l’ordre de 2 % (minimum 7,50 €) sur d’autres réseaux.

Pour optimiser, beaucoup d’expatriés choisissent de :

– privilégier une banque rattachée à un grand réseau (Cash Group, Sparkasse, BVR) ou offrant des retraits gratuits multiples ;

– compléter avec les retraits en caisse dans les supermarchés ou drogueries via Girocard (dm, Rossmann, Aldi Süd pour Mastercard), qui permettent de retirer jusqu’à 200 € par achat.

Transferts internationaux : comment envoyer de l’argent sans se faire plumer

L’Allemagne est l’un des pays de l’UE qui envoie le plus d’argent à l’étranger. En 2019, les résidents ont transféré environ 19 milliards de dollars de remises vers d’autres pays, soit près de 18 % de l’ensemble des flux sortants des 27 États membres. La communauté expatriée en Allemagne utilise ces transferts pour aider la famille au pays, payer des études, acheter un bien immobilier ou régler des factures à l’international.

Pour envoyer de l’argent depuis un compte allemand, plusieurs routes existent. Les banques traditionnelles permettent d’effectuer des virements SWIFT à partir de l’application, du site ou en agence. C’est une solution simple pour des montants élevés, mais souvent coûteuse.

Les banques appliquent :

5 à 7

La marge cachée sur le taux de change peut ajouter entre 5 et 7 % au coût global d’un transfert d’argent.

Les délais vont d’un à cinq jours ouvrés. Certaines banques proposent des options « express » plus rapides, mais encore plus chères.

0.5 à 4

Il s’agit de la commission proportionnelle, exprimée en pourcentage, facturée par les services de transfert en ligne sur le montant transféré.

Les sociétés de transfert avec agences physiques (Western Union, MoneyGram) permettent, elles, de recevoir des fonds en cash sans compte bancaire, ce qui peut être utile pour aider un proche n’ayant pas d’accès bancaire formel. Elles sont en revanche nettement plus onéreuses, avec des commissions pouvant atteindre 7 à 10 % du montant transmis.

De manière générale, pour minimiser les coûts :

– mieux vaut envoyer une grosse somme plutôt que plusieurs petites si des frais fixes s’appliquent ;

– il est préférable d’opter pour le délai standard plutôt que le service express, si le temps n’est pas critique ;

– il faut toujours comparer non seulement les frais affichés, mais aussi le taux de change effectif utilisé.

Comptes multidevises et banques offshore : centraliser sa vie financière

Pour les expatriés ayant des revenus, placements ou engagements dans plusieurs pays, un simple compte courant local ne suffit pas toujours. Des solutions comme le compte multidevise de Wise permettent de détenir et gérer simultanément plusieurs devises (euros, dollars, livres, etc.) et même de disposer de coordonnées bancaires locales dans différents pays. Cela facilite les encaissements et paiements internationaux sans multiplier les comptes locaux.

Bon à savoir :

Certaines grandes banques proposent des comptes offshore via leurs divisions internationales. Ces comptes, ouverts dans un pays différent du pays de résidence, sont souvent choisis pour la stabilité, les avantages fiscaux ou la neutralité monétaire. Pour un expatrié, ils permettent de centraliser ses avoirs en attendant de définir une stratégie à long terme. Ce type de produit nécessite généralement un patrimoine conséquent et une bonne compréhension des implications fiscales.

Fiscalité et gestion de patrimoine : ce qui se joue derrière le choix d’une banque

Même si la question dépasse la simple ouverture de compte, un expatrié installé durablement en Allemagne doit garder en tête que le pays applique une imposition mondiale sur les résidents fiscaux : toute personne disposant d’un logement ou passant plus de 183 jours par an en Allemagne doit en principe déclarer l’ensemble de ses revenus mondiaux à l’administration fiscale (Finanzamt). Le lieu où le revenu est versé – sur un compte allemand, français ou américain – n’a pas d’importance ; transférer de l’argent depuis l’étranger vers l’Allemagne n’est pas, en soi, un événement imposable, mais les revenus à l’origine de ces montants doivent être correctement déclarés.

Bon à savoir :

L’Allemagne a conclu des accords avec près de 90 pays pour éviter qu’un même revenu soit imposé deux fois. Selon la nature du revenu (salaires, dividendes, loyers, plus-values), ces conventions déterminent quel pays a la priorité de taxation et comment l’autre pays en tient compte, par exemple via une exemption ou un crédit d’impôt.

Les revenus financiers (intérêts, dividendes, plus‑values de titres) sont en général soumis à un prélèvement forfaitaire de 25 % (Abgeltungsteuer), auquel s’ajoutent la contribution de solidarité (5,5 % de l’impôt) et, le cas échéant, l’impôt ecclésiastique, soit un taux effectif proche de 26–28 %. Les banques allemandes prélèvent automatiquement cette taxe sur les gains réalisés via leurs comptes titres. En revanche, si vous investissez via un courtier étranger, vous devrez déclarer vous‑même ces revenus.

Astuce :

La planification de la retraite en Allemagne repose sur un système à trois piliers : retraite publique, pensions d’entreprise et produits privés (Riester/Rürup). Pour un expatrié incertain de la durée de son séjour, il est crucial d’évaluer la portabilité des droits acquis et la fiscalité à long terme. Consulter un conseiller financier indépendant est souvent justifié pour optimiser ces aspects complexes.

Mettre en place une stratégie bancaire efficace en Allemagne

Face à la complexité apparente du système bancaire allemand, il est utile de raisonner en termes de stratégie graduelle, plutôt que de chercher « la » banque parfaite dès le premier jour.

Une approche pragmatique consiste à : identifier les solutions les plus efficaces en fonction des contextes et des besoins spécifiques.

Astuce :

Pour une installation financière réussie en Allemagne, suivez cette approche par étapes. Avant le départ ou dès l’arrivée, ouvrez un compte multidevise (comme Wise) pour recevoir de l’argent de différents pays, payer en euros sans frais de change excessifs et disposer d’une carte utilisable internationalement. À l’installation, choisissez une ou deux banques allemandes adaptées aux expatriés (N26, Commerzbank, ou éventuellement bunq ou C24 selon votre maîtrise de l’allemand) pour obtenir un IBAN allemand, commencer à bâtir un historique Schufa et bénéficier d’une combinaison de cartes Girocard et Visa/Mastercard. Après quelques mois, une fois votre situation professionnelle ou étudiante stabilisée, envisagez une banque plus « patrimoniale » pour des besoins spécifiques (comme un crédit immobilier) ou optimisez vos frais en migrant vers une banque en ligne allemande très compétitive (DKB, ING, comdirect), si vous y avez accès. Pour les étudiants non-UE, gérez en parallèle un compte bloqué (via Expatrio, Fintiba ou une Sparkasse) et un compte courant allemand sur lequel seront versées les mensualités libérées du Sperrkonto.

Dans tous les cas, il vaut mieux éviter de multiplier les ouvertures de comptes en rafale. Chaque demande peut entraîner une consultation Schufa, et un grand nombre de requêtes concentrées sur une courte période peut nuire à votre score de crédit.

Astuce :

Pour sélectionner son établissement bancaire, il est recommandé d’utiliser des plateformes spécialisées. Ces outils comparent les banques en fonction de critères personnels comme votre nationalité, votre statut (étudiant, salarié, freelance) et votre lieu de résidence. Cette méthode permet de gagner un temps précieux et d’éviter les refus successifs.

En résumé, gérer ses finances en Allemagne en tant qu’expatrié demande un peu de préparation, mais le système offre une grande variété d’options : banques traditionnelles stables, néobanques agiles, comptes multidevises, comptes bloqués pour sécuriser un visa, réseaux de distributeurs denses et services de transferts internationaux compétitifs. En combinant intelligemment ces différentes briques et en restant attentif aux frais, il est possible de construire une architecture bancaire à la fois confortable au quotidien, efficace pour les transferts transfrontaliers et conforme aux exigences administratives et fiscales du pays.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Allemagne, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Allemagne, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Allemagne pour sa sécurité juridique, la stabilité de son système fiscal, ses conventions de non‑double imposition avec la France et la qualité de son système de santé, combinant fort ancrage UE, grande accessibilité depuis la France et marchés immobiliers régionaux encore abordables (par exemple certaines villes de l’Est, nettement moins chères que Paris). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, accompagnement bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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