S’installer en Allemagne pour y travailler, c’est entrer dans un monde où le réseau ne se construit ni au hasard ni à coups de « small talk » interminables. Ici, on parle de Vitamin B – le fameux « B » pour Beziehung (relation) – et ce n’est pas une formule creuse : plus de 80 % des emplois ne sont jamais publiés, et environ 70 % des actifs en poste déclarent avoir trouvé leur travail grâce à leur réseau. Autrement dit, pour un expatrié, réussir sa vie professionnelle en Allemagne passe inévitablement par un réseau solide, crédible… et adapté à la culture locale.
Comprendre le terrain de jeu : la culture de réseau en Allemagne
Avant de multiplier les cartes de visite et les invitations LinkedIn, il faut saisir comment les Allemands conçoivent la relation professionnelle. Contrairement à des cultures où l’on accumule les contacts comme des trophées, l’approche allemande privilégie la profondeur plutôt que la quantité.
Le réseau est d’abord un système de confiance. Le concept de Vitamin B illustre ce point : une recommandation vaut presque plus qu’un CV exceptionnel. Mais cette recommandation doit s’appuyer sur des relations patiemment construites, où la fiabilité, la ponctualité et la cohérence comptent davantage que le charme ou la répartie.
Direct, factuel, structuré : le style allemand
En Allemagne, la communication professionnelle est directe, rationnelle et peu émotionnelle. Dire « non » sans fioritures n’est ni impoli ni agressif : c’est synonyme de clarté et de sérieux. Un « peut-être » flou est au contraire suspect. La critique explicite, parfois rude aux oreilles de certains expatriés, est vue comme un outil de progrès, pas comme une attaque personnelle.
Les échanges tournent autour des faits, des chiffres, des échéances. L’humour reste possible mais très codé, et en contexte business on considère souvent qu’« on travaille d’abord, on plaisante après ». Pour networker, il faut préparer des arguments solides, des exemples précis, et éviter de trop enjoliver ses réalisations : l’exagération est vite perçue comme un manque de fiabilité.
Conseil pour un expatrié en contexte professionnel allemand
Formalité, hiérarchie et titres
Les premières interactions restent très formelles. On utilise systématiquement le Sie et les titres : Herr Müller, Frau Dr. Schmidt, Herr Professor Weber, etc. Passer au du ne se fait qu’à l’initiative de la personne allemande, et marque souvent une étape importante dans la relation. De même, respecter la hiérarchie est essentiel : on s’adresse au bon niveau, on ne court-circuite pas les supérieurs, surtout dans les grandes entreprises traditionnelles.
En France, il est courant d’inclure ses titres académiques (au-delà de la licence) sur sa carte de visite, car cela valorise le parcours universitaire et l’expertise. Pour un expatrié, respecter cette norme locale est important pour être perçu comme crédible.
Punctualité et sérieux : du rendez-vous au suivi
En Allemagne, arriver cinq à dix minutes avant l’heure, c’est être « à l’heure ». Être exactement à l’heure commence déjà à frôler le retard, et arriver en retard sans prévenir est un signal très négatif. Les délais sont traités avec la même rigueur : demander une prolongation à la dernière minute, ou pire, dépasser une échéance sans explication, ruine rapidement la confiance.
Pour le networking, cela se traduit par des rendez-vous soigneusement planifiés, des réunions préparées avec des documents en ordre, et un suivi systématique dans les 24 à 48 heures suite à une rencontre importante. C’est dans cette phase de suivi que se joue souvent la différence entre un contact éphémère et une relation durable.
Le poids du réseau dans la réalité du marché du travail allemand
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 85 % des postes se remplissent via le réseau, et plus de quatre offres sur cinq ne sont tout simplement jamais publiées. Pour un expatrié qui cherche un emploi ou veut faire évoluer sa carrière, ignorer le réseau en Allemagne revient à s’exclure de l’essentiel du marché.
Le Mittelstand, réseau de PME qui forme l’épine dorsale de l’économie allemande, illustre bien l’importance des canaux de recrutement locaux et spécialisés. Moins visibles internationalement que des géants comme Siemens, ces entreprises concentrent pourtant de nombreux emplois qualifiés. Elles privilégient souvent des méthodes de recrutement par recommandation, en s’appuyant sur les Chambres de commerce, les réseaux sectoriels ou le bouche-à-oreille professionnel, plutôt que sur des annonces larges et publiques.
Les grandes villes, épicentres du networking
Les principaux pôles de réseau pour expatriés restent les grandes villes : Berlin, Munich, Francfort, Hambourg, Cologne, Düsseldorf, Stuttgart, mais aussi des centres plus spécialisés comme Ingolstadt ou Essen. Berlin attire start-up, créatifs et tech, Munich combine industrie de pointe et finance, Francfort concentre les banques et services financiers, Hambourg rayonne via son port et la logistique.
Ces villes abritent non seulement des sièges d’entreprises (Zalando, N26, Delivery Hero, Merck KGaA, etc.), mais aussi une multitude de coworkings, d’associations professionnelles, de clubs d’expatriés et de communautés locales – autant de portes d’entrée pour tisser des liens.
Construire son empreinte digitale : LinkedIn, XING et au-delà
En Allemagne, la poignée de main numérique passe par un profil en ligne solide. Avant de vous rencontrer, beaucoup de recruteurs, managers ou partenaires potentiels taperont votre nom sur LinkedIn ou XING. Votre profil devient alors votre premier « pitch« .
LinkedIn et XING : complémentaires, pas concurrents
LinkedIn domine la scène internationale, avec plus de 700 millions d’utilisateurs dans le monde et une croissance rapide dans l’espace germanophone. C’est la plateforme de référence pour les grandes entreprises, la tech, les start-up, le conseil, les profils internationaux.
XING, lui, reste la place forte du monde germanophone, surtout pour le DACH et les secteurs plus traditionnels. Avec plus de 17 à 19 millions de membres, presque tous basés en Allemagne, Autriche ou Suisse, il reste incontournable pour viser le Mittelstand, les PME industrielles, ou des postes très ancrés localement.
Pour un expatrié, la stratégie la plus efficace n’est pas de choisir entre deux options, mais de les combiner.
| Plateforme | Force principale | Langue à privilégier | Types d’acteurs dominants |
|---|---|---|---|
| Portée globale, tech, grands groupes | Anglais + allemand | Multinationales, start-up, consultants, profils internationaux | |
| Ancrage DACH, recrutement local | Allemand | PME, Mittelstand, recruteurs locaux, secteurs traditionnels |
Soigner son profil : votre CV vivant
Sur les deux plateformes, certains éléments sont non négociables :
– Une photo professionnelle, sobre, adaptée aux standards plutôt conservateurs allemands.
– Un titre clair, riche en mots-clés, en allemand sur XING (par exemple Marketingleiter plutôt que Marketing Manager), bilingue sur LinkedIn si possible.
– Une section « À propos » structurée, factuelle, qui raconte votre trajectoire et vos résultats chiffrés.
– Une description d’expérience orientée « Zahlen, Daten, Fakten » – chiffres, données, faits – plutôt qu’une liste vague de missions.
– Des compétences alignées sur les termes utilisés en Allemagne, en particulier pour les fonctions techniques ou d’ingénierie.
Adapter la langue de son profil est crucial : un profil uniquement en anglais peut exclure plus de 80 % des annonces exigeant l’allemand. Il est donc important de mettre en avant ses expériences interculturelles, son travail avec des équipes internationales et ses compétences linguistiques, ce qui constitue un atout majeur, notamment pour les entreprises exportatrices.
Être actif plutôt que passif
Un profil bien rempli ne suffit pas. Les recruteurs et décideurs allemands prêtent de plus en plus attention à l’activité : commentaires, participation à des groupes, publications. Rejoindre des groupes pertinents comme « IT Jobs Germany », « Marketing Professionals in Berlin », ou des communautés d’expatriés orientées carrière permet d’être visible et de montrer votre compréhension du marché local.
S’impliquer dans ces groupes – poser des questions précises, répondre avec des informations utiles, partager des analyses – compte davantage que se contenter de lire. La logique reste la même que dans les réunions physiques : être perçu comme quelqu’un de sérieux, factuel, qui apporte de la valeur.
Sortir de l’écran : événements, salons et scènes locales
L’Allemagne est le pays des salons professionnels. Plus de 160 grandes foires internationales y sont organisées chaque année, attirant près de 180 000 exposants et plus de 10 millions de visiteurs. Environ deux tiers des principaux salons mondiaux ont lieu dans le pays. Pour un expatrié, ces événements sont de véritables accélérateurs de réseau.
Les grands salons comme hubs relationnels
Des rendez-vous comme Hannover Messe (industrie et innovation), Medica à Düsseldorf (médical), ITB Berlin (tourisme), DMEXCO à Cologne (marketing digital) ou la Frankfurter Buchmesse (édition et médias) rassemblent en quelques jours des milliers de décideurs, d’ingénieurs, de commerciaux, de fondateurs de start-up.
Y participer – même simplement comme visiteur – permet :
– de prendre le pouls d’un secteur,
– d’identifier les acteurs-clés,
– d’engager des conversations ciblées sur des solutions et projets concrets,
– de repérer profils et entreprises disposés à travailler avec des internationaux.
L’AUMA recense plus de 5 000 événements de foires en Allemagne, offrant de nombreuses opportunités de networking.
Chambres de commerce, Stammtisch et associations professionnelles
En dehors des grands événements, la vie de réseau se joue beaucoup à l’échelle locale :
Découvrez les principaux types d’événements et de structures pour développer votre réseau professionnel en Allemagne.
Organisent régulièrement des ateliers, soirées d’entrepreneurs et des séances d’information sectorielles.
Rencontres décontractées ou orientées business dans un bar/café, par profession, nationalité (expats) ou centre d’intérêt (tech, marketing…).
Comme le VDI (ingénieurs), Bitkom (numérique) ou VDMA (machines). Proposent conférences, groupes de travail et parfois du mentorat.
Pour un expatrié, adhérer à une association sectorielle allemande, même en tant que membre junior, permet d’être identifié comme « insider » plutôt que simple observateur étranger.
Coworkings et écosystèmes start-up
Les espaces de coworking et hubs d’innovation jouent un rôle croissant dans le réseau allemand. À Berlin, des lieux comme Factory Berlin, betahaus, St. Oberholz, Impact Hub ou Ahoy! accueillent événements, meetups, hackathons, ateliers – souvent en anglais. Des programmes d’accélération comme Techstars ou Startupbootcamp, des événements comme Berlin Startup Week ou Tech Open Air, créent des ponts entre fondateurs allemands, investisseurs internationaux et talents venus d’ailleurs.
Même si vous ne travaillez pas dans la tech, fréquenter ces milieux peut ouvrir des portes surprenantes : une PME industrielle de la Ruhr peut y chercher un data scientist, une scale-up berlinoise aura besoin d’un juriste international, une fintech de Francfort d’un spécialiste de votre marché d’origine.
S’appuyer sur les communautés d’expatriés sans s’y enfermer
Les communautés d’expats constituent souvent le premier filet de sécurité à l’arrivée : informations pratiques, entraide, sociabilisation. En Allemagne, ces réseaux sont particulièrement développés dans les grandes villes.
Clubs, meetups et plateformes dédiés aux expats
Des groupes comme Berlin Expats, Hamburg Expats, Munich Expats, Stuttgart Expats, Cologne Expats, Frankfurt Expats organisent régulièrement des rencontres : randonnées, soirées jeux, barbecues, sorties culturelles. Des plateformes comme InterNations rassemblent des dizaines de milliers de membres dans leurs communautés allemandes, avec des sous-groupes par ville ou centre d’intérêt (improvisation théâtrale à Berlin, art à Munich, tandems de langues à Francfort, etc.).
Voici un aperçu simplifié de ce que l’on peut y trouver :
| Ville / Communauté | Types d’activités proposées | Intérêt pour le réseau pro |
|---|---|---|
| Berlin Expats, Berlin Expat Meetup | Pub crawls, randonnées, soirées jeux | Premiers contacts, repérage de secteurs, échanges informels sur le marché local |
| Hamburg Expats, Munich Expats, Frankfurt Expats | Afterworks, conseils d’installation, sorties | Découvrir l’écosystème local, rencontrer d’autres pros étrangers |
| Groupes InterNations (Berlin, Munich, Cologne…) | Rencontres business, tandems de langues, ateliers thématiques | Créer des liens avec des cadres internationaux et locaux ouverts aux profils étrangers |
D’autres clubs ciblent plus précisément les femmes (Berlin International Women’s Club, International Women in Business Düsseldorf, Be Building Abroad à Hambourg et Munich) ou certains milieux (Newcomers Network à Francfort pour les internationaux, Entrepreneurs Stuttgart pour les créateurs d’entreprise).
Le risque du « ghetto » d’expats
S’appuyer sur ces communautés facilite l’intégration émotionnelle et sociale, mais rester uniquement entre expatriés limite rapidement les opportunités professionnelles. En Allemagne, la majorité des postes exige des compétences en allemand, et les réseaux les plus influents restent ceux des locaux, des associations professionnelles, des anciens élèves d’universités allemandes, des Chambres de commerce.
L’enjeu pour un expatrié est donc de se servir de ces groupes comme tremplin, pas comme refuge définitif : commencer par y obtenir des recommandations sur des événements professionnels, des contacts dans les IHK, des salons sectoriels, des ateliers en allemand, puis mettre progressivement le pied dans les milieux germanophones.
Le levier souvent sous-estimé : mentores, tandems et parrainages
Un raccourci puissant pour accélérer son réseau en Allemagne consiste à s’inscrire dans une relation de mentorat, de parrainage ou de « tandem ». Le pays dispose d’un écosystème incroyablement riche dans ce domaine, qu’il s’agisse de programmes sociaux pour nouveaux arrivants, de dispositifs universitaires ou de mentoring orienté start-up.
Le programme fédéral « Menschen stärken Menschen » recense de nombreuses organisations de parrainage. La plateforme patenmatch.de permet, en allemand ou en anglais, de trouver des associations proposant des tandems bénévoles. Des initiatives comme « Start with a Friend » (présente dans plus de 20 villes), « Little World », ou des projets portés par des organisations de migrants (communauté turque, services sociaux musulmans, associations pour l’interculturalité, etc.) mettent en relation des locaux et des nouveaux arrivants.
Bien que l’objectif premier ne soit pas professionnel, ces démarches facilitent souvent l’insertion par d’autres aspects : elles aident à comprendre le système administratif, fournissent des repères culturels, assistent dans la recherche de logement, permettent une introduction à des réseaux associatifs et peuvent parfois mener à des opportunités d’emploi.
Mentoring universitaire et académique
Les universités et grandes écoles allemandes ont développé leurs propres dispositifs : alumni networks, career centers, programmes de mentorat pour doctorants ou jeunes chercheurs (par exemple « KarriereWegeMentoring » entre les universités de Greifswald et Rostock, ou les dispositifs de la Max Planck et de la Fraunhofer Gesellschaft).
Pour un étudiant ou chercheur expatrié, identifier un mentor (professeur, ancien diplômé ou post-doc) peut offrir des opportunités précieuses dans des secteurs comme l’industrie, la recherche appliquée ou le conseil.
Mentores pour entrepreneuriat et carrière
Pour les profils entrepreneuriaux, des structures comme German Accelerator s’appuient sur un réseau de plus de 1000 mentores sur quatre continents, tandis que WORLD FACTORY (Université de la Ruhr à Bochum) propose un programme avec événements de matching, accords structurés et accompagnement sur six mois. Côté carrière, des programmes comme MentorMe (axé sur les femmes) ou les offres de certaines associations professionnelles (Business and Professional Women, bdvb, etc.) permettent d’être accompagné par des pros expérimentés.
Les bénéfices sont multiples : affiner sa stratégie de réseau, comprendre les codes sectoriels, se faire introduire auprès de contacts clés, éviter des erreurs culturelles, gagner en confiance dans la communication directe avec des Allemands.
S’inscrire dans les grands réseaux sectoriels
Au-delà de la dimension locale, l’Allemagne est structurée par une multitude de fédérations et associations par branche : industrie, digital, banque, santé, énergies renouvelables, etc. Pour un expatrié ambitieux, s’y faire une place, même modeste, donne accès à un réseau puissant.
Parmi les acteurs majeurs, on peut citer :
Principales associations sectorières représentant les entreprises en Allemagne, jouant un rôle clé dans le dialogue économique et social.
Fédération de l’industrie allemande, représentant les intérêts du secteur industriel.
Confédération des associations d’employeurs allemands.
Association de l’industrie automobile allemande.
Association allemande des constructeurs de machines et d’installations (ingénierie et biens d’équipement).
Association fédérale pour les technologies de l’information, les télécommunications et les nouveaux médias (numérique).
Association fédérale de l’énergie et de l’eau.
Association fédérale de l’énergie éolienne.
Fédération de l’industrie alimentaire allemande (agroalimentaire).
Associations de l’électrotechnique, de l’électronique et des technologies de l’information.
Association centrale de l’hôtellerie et de la restauration allemandes.
Chambre de commerce et d’industrie allemande et son réseau local, représentant plus de 3,5 millions d’entreprises.
Ces structures organisent des congrès, sessions d’information, groupes d’experts, parfois accessibles aux non-Allemands. L’enjeu pour un expatrié est d’identifier celle qui correspond le mieux à son secteur et de s’y insérer progressivement : en assistant à des événements ouverts, en rejoignant un groupe local, en proposant une intervention sur un sujet où son regard international apporte de la valeur.
Apprendre l’allemand : booster décisif pour votre réseau
On peut survivre professionnellement en Allemagne avec l’anglais, surtout dans certains secteurs (tech, conseil, grandes multinationales), mais bâtir un réseau solide à long terme sans allemand devient rapidement un handicap. Plus de 80 % des annonces exigent explicitement l’allemand et la quasi-totalité sont rédigées dans cette langue.
L’allemand, signal de sérieux et multiplicateur d’opportunités
Parler allemand, même au niveau intermédiaire (B1/B2), envoie plusieurs signaux forts :
– Vous envisagez l’Allemagne comme un projet durable, pas comme une étape temporaire.
– Vous faites l’effort de comprendre la culture locale, ses codes, ses sous-entendus.
– Vous pouvez participer aux échanges informels – ceux où se prennent parfois les décisions réelles.
La maîtrise de la langue locale améliore nettement l’intégration professionnelle et sociale des expatriés.
Utiliser le networking pour apprendre – et l’apprentissage pour networker
Des programmes de tandems linguistiques, des cafés de langues organisés par des bibliothèques municipales ou des associations, les groupes de conversation sur Meetup ou InterNations, permettent de combiner pratique de l’allemand et création de liens. À Munich par exemple, la bibliothèque municipale organise des cafés de langues où l’on pratique l’allemand mais aussi l’italien, le chinois, l’arabe ou l’espagnol.
Pour un expatrié, c’est une façon peu intimidante de rencontrer des gens, tout en améliorant une compétence indispensable. En sens inverse, chaque progrès linguistique ouvre la porte à des événements plus « techniques » (conférences, assemblées générales d’associations, réunions IHK…) jusqu’ici difficilement accessibles.
L’art du suivi : transformer une rencontre en relation durable
L’un des aspects les plus sous-estimés du réseau, en Allemagne comme ailleurs, est le suivi. Envoyer un message dans les 24 à 48 heures après une rencontre – salon, conférence, Stammtisch, atelier – est essentiel pour ancrer le contact.
Comment suivre à l’allemande
Le style de suivi attendu en Allemagne reprend les codes déjà décrits : clarté, concision, orientation vers les faits. Un message efficace :
Un message de suivi efficace après une rencontre professionnelle commence par un remerciement précis (par exemple, pour la conversation, un conseil ou une présentation). Il rappelle ensuite le contexte de la rencontre (‘Nous nous sommes rencontrés lors de l’événement X…’). Le message fait référence à un point concret évoqué lors de l’échange, montrant ainsi l’attention portée. Enfin, il propose un éventuel pas suivant, comme un appel de 20 minutes, un café, le partage d’un document ou une introduction à une personne pertinente, pour maintenir la dynamique.
Mieux vaut un email bien structuré qu’un message WhatsApp non sollicité : les messageries instantanées restent souvent réservées à des contacts déjà établis. Un contact LinkedIn ou XING doit toujours être accompagné d’une note personnalisée, pas d’une invitation vide.
Si la personne ne répond pas, une relance polie quelques semaines plus tard est acceptable. Au-delà, insister peut être mal perçu. La régularité dans les contacts – un message tous les trois ou quatre mois pour donner des nouvelles, partager un article pertinent, féliciter pour une promotion – contribue à faire vivre le lien sans donner le sentiment de « demander quelque chose ».
Être aligné avec les codes non verbaux et relationnels
Développer un réseau, ce n’est pas seulement parler ; c’est aussi se comporter de façon conforme aux attentes locales, en particulier dans un pays attaché à la discrétion et à la réserve.
Quelques repères utiles :
Pour interagir efficacement dans un environnement professionnel allemand, il est important de respecter certaines normes. Maintenez une distance physique d’environ un bras et évitez les contacts physiques comme les tapes dans le dos. Privilégiez un contact visuel direct et régulier, notamment lors des salutations, comme marque d’attention. Adoptez une gestuelle mesurée, car les expressions trop théâtrales peuvent être perçues comme exagérées. Serrez la main fermement au début et à la fin de chaque rencontre, même entre collègues quotidiens. Enfin, abordez avec prudence les sujets personnels comme la famille ou le salaire, car la sphère privée est strictement protégée.
Comprendre que la réserve initiale n’est pas du désintérêt mais une forme de respect permet d’éviter bien des malentendus. Souvent, une fois la « coque » percée, les relations deviennent très loyales et durables – ce qui, dans une logique de réseau à long terme, est un avantage considérable.
Penser marathons, pas sprints
En Allemagne, bâtir un réseau solide ne se joue pas sur quelques semaines. La culture privilégie la constance, la fiabilité, la qualité des liens. Un expatrié qui arrive avec une mentalité de « chasse rapide » aux opportunités risque d’être perçu comme opportuniste.
À l’inverse, celui qui :
– respecte les codes de communication,
– apprend progressivement la langue,
– contribue dans les groupes professionnels,
– s’investit dans une association ou un programme de mentoring,
– assure un suivi sérieux après chaque rencontre,
Au fil du temps, un réseau professionnel bien entretenu se densifie et offre des opportunités concrètes. Cela se traduit par des invitations à des événements plus sélectifs, la circulation de recommandations personnelles et un accès privilégié aux offres d’emploi du ‘marché caché’, non visibles publiquement.
En pratique, développer son réseau en Allemagne demande autant de stratégie que d’endurance. Mais pour un expatrié prêt à jouer selon les règles locales – formelles, directes, structurées –, l’investissement est largement récompensé : environnement économique solide, industrie innovante, perspectives de carrière internationales et, surtout, un cercle professionnel sur lequel on peut véritablement compter.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire durablement sa charge d’impôt et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Allemagne, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Allemagne, combinant sécurité juridique élevée, réseau médical de qualité, fort marché immobilier et accès complet au marché UE/Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑DE), obtention de la résidence avec location puis achat de résidence principale à Berlin, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre des intérêts vitaux), détachement CNAS/CPAM, et coordination avec un réseau local (avocat fiscaliste, Steuerberater, relocation). Cet accompagnement lui permet de sécuriser sa retraite, de capter de nouveaux revenus (immobilier allemand, placements) tout en maîtrisant les risques (double imposition, contrôles français, adaptation culturelle).
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