Pursuing Higher Education Abroad in Greenland: A Complete Guide for an Unconventional Choice

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Groenland pour étudier n’a rien d’un séjour Erasmus classique. On parle de la plus grande île du monde, à cheval entre Atlantique Nord et Arctique, couverte à 85 % par la calotte glaciaire, avec moins de 60 000 habitants disséminés dans une trentaine de villes et de villages côtiers. Cette combinaison d’isolement géographique, de paysages extrêmes et de société inuit moderne en pleine transition fait du pays un laboratoire vivant pour observer le climat, les mutations sociales et les enjeux de souveraineté arctique.

Bon à savoir :

Le Groenland est une destination exigeante mais riche pour les étudiants et chercheurs, avec une seule université, Ilisimatusarfik, située à Nuuk. Il attire un nombre croissant d’étudiants, doctorants et scientifiques, notamment pour des travaux sur le climat, les ressources, la santé arctique, et les transformations politiques et culturelles.

Ce guide propose un tour d’horizon détaillé de ce que signifie, concrètement, poursuivre des études supérieures au Groenland : système universitaire, langues d’enseignement, coûts, visas, logements, vie quotidienne et opportunités académiques.

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Comprendre le contexte groenlandais avant de partir étudier

Avant de parler de crédits ECTS ou de permis de séjour, il faut prendre la mesure du contexte. Le Groenland est un territoire autonome au sein du Royaume du Danemark, mais il n’appartient ni à l’Union européenne ni à l’espace Schengen. Politiquement tourné vers l’Europe, il est pourtant géographiquement nord-américain, entre Canada et Islande, avec plus de la moitié du territoire situé au nord du cercle polaire.

Exemple :

Au Groenland, la majeure partie du territoire étant recouverte de glace, les habitations se concentrent sur les côtes en petites villes et hameaux isolés. Aucune route ne relie ces localités. Les déplacements s’effectuent donc principalement par les airs (avion, hélicoptère), par la mer (bateau), ou sur la glace (motoneige, traîneau à chiens).

L’économie repose surtout sur la pêche, les exportations de produits de la mer, l’élevage ovin dans le sud et un tourisme encore peu développé mais en croissance. La question des ressources minières (or, terres rares, uranium désormais interdit, hydrocarbures) et de nouveaux axes maritimes attise les convoitises internationales et nourrit le débat sur l’indépendance économique vis‑à‑vis du Danemark.

Pour un étudiant étranger, ce contexte se traduit par un environnement académique très ciblé sur l’Arctique, un coût de la vie élevé, une offre de formation limitée en anglais, mais aussi par des thématiques de recherche et d’enseignement uniques au monde : climat, adaptation, savoirs autochtones, gouvernance arctique, santé des communautés inuit, gestion des ressources.

Le système d’enseignement supérieur au Groenland

Le système éducatif groenlandais est calqué dans les grandes lignes sur celui du Danemark : scolarité obligatoire de 6 à 16 ans, enseignement public gratuit au primaire et au secondaire, avec le groenlandais (kalaallisut) et le danois comme principales langues d’instruction. L’anglais y est enseigné comme langue étrangère, mais reste rarement la langue principale d’enseignement.

Au‑delà du secondaire, la structure de l’enseignement supérieur est plus réduite que dans la plupart des pays européens. La pièce maîtresse, pour tout projet d’études supérieures dans le pays, c’est l’université Ilisimatusarfik.

Ilisimatusarfik : la seule université du pays

Ilisimatusarfik, l’Université du Groenland, est un établissement public basé à Nuuk, la capitale. Créée initialement comme « institut inuit » dans les années 1980, elle a obtenu le statut complet de université en 1989. Son campus se trouve dans le complexe de recherche Ilimmarfik, au bord du fjord et au pied de la montagne Sermitsiaq, cadre qui concentre en un même lieu paysages arctiques et vie étudiante.

600-1000

L’université compte entre 600 et 1000 étudiants, ce qui permet une ambiance communautaire et un suivi personnalisé.

L’institution est organisée en plusieurs instituts, couvrant un éventail de disciplines liées aux besoins du pays et aux enjeux arctiques :

Institut de pédagogie et de formation des enseignants

Institut d’infirmier et de sciences de la santé

Institut de sciences sociales, économie et journalisme

Institut de culture, langue et histoire

Les spécialisations reflètent clairement les priorités nationales : enseignement, santé, travail social, sciences sociales et politiques, journalisme, économie, langue et littérature groenlandaises, théologie, traduction et interprétation, études ouest‑nordiques, etc.

Ilisimatusarfik est aussi la seule institution du pays à délivrer des diplômes de master et des doctorats, avec une école doctorale axée sur les études arctiques (éducation, santé, culture, langue, société).

Organisation des études et diplômes

L’université délivre :

des licences (baccalauréat) dans l’ensemble de ses départements ;

des masters dans la plupart des domaines, à l’exception de la théologie ;

des doctorats dans des axes arctiques (pédagogie/éducation, santé et études sociales, culture, langue et société).

Exemple :

Un exemple significatif est le programme international et interdisciplinaire « West Nordic Studies, Governance and Sustainable Management ». Conçu en collaboration avec des partenaires régionaux, ce programme traite spécifiquement des questions de gouvernance et de durabilité dans les régions ouest-nordiques, telles que le Groenland, l’Islande et les îles Féroé.

L’année universitaire est divisée en deux semestres :

semestre d’automne : début septembre à fin janvier ;

semestre de printemps : début février à fin juin.

Chaque semestre compte environ 14 semaines de cours suivies d’une période d’examens (en janvier et en juin). Le système de crédits est aligné sur l’ECTS européen, avec une charge complète de 30 ECTS par semestre. Les étudiants en échange sont généralement invités à suivre entre 24 et 30 ECTS.

Particularité importante pour les candidats étrangers : nombre de cours sont évalués par un unique examen final, qui compte pour 100 % de la note. La régularité dans le travail et la préparation de cette évaluation terminale sont donc cruciales.

Langues d’enseignement : groenlandais, danois… et un peu d’anglais

L’université fonctionne principalement en groenlandais et en danois. La loi de 2009 a fait du groenlandais la seule langue officielle du pays, et une partie des enseignements se déroule en kalaallisut, notamment dans les domaines liés à la langue, la culture et la société groenlandaises. Le danois reste cependant omniprésent dans l’administration, les médias et l’enseignement supérieur.

Pour un étudiant étranger, ce paysage linguistique a plusieurs conséquences :

l’essentiel de l’offre de cours est en danois ou en groenlandais ;

– une sélection limitée de cours est proposée en anglais, surtout dans les études culturelles, sociales et politiques, mais aussi dans certains cours sur la sécurité maritime, la géopolitique arctique, l’histoire inuit, la micro‑économie, ou encore la faune et la flore nord‑atlantiques ;

l’offre de cours en anglais varie d’un semestre à l’autre, ce qui oblige à rester flexible dans le choix des modules.

Pour suivre des cours en danois ou en groenlandais, l’université exige une maîtrise documentée de la langue concernée (ou un statut de citoyen nordique pour le danois). Pour les étudiants qui se limitent aux cours en anglais, aucune connaissance préalable d’une autre langue n’est formellement exigée, mais la vie quotidienne sera plus simple avec au moins quelques bases en danois ou en groenlandais.

Ilisimatusarfik ne propose pas, à ce jour, de cursus complet d’apprentissage du groenlandais pour les étudiants étrangers. L’université renvoie vers des ressources en ligne pour les personnes souhaitant apprendre la langue en autonomie.

Qui peut étudier au Groenland et comment candidater ?

Le Groenland accueille différents profils : étudiants en échange de quelques mois, candidats à un diplôme complet (licence ou master), doctorants, chercheurs invités ou encore participants à des programmes d’été spécialisés.

Conditions générales d’admission dans l’enseignement supérieur

Comme dans la plupart des pays européens, l’accès aux études supérieures suppose :

l’obtention d’un diplôme de fin d’études secondaires (équivalent du baccalauréat) pour entrer en licence ;

la validation d’un diplôme de niveau licence pour intégrer un master ;

un master ou un diplôme équivalent pour postuler en doctorat.

Chaque programme peut ajouter ses propres prérequis : niveau linguistique, background disciplinaire spécifique (par exemple sciences sociales pour un master en études ouest‑nordiques), lettre de motivation, recommandations académiques, etc.

Attention :

Pour les étudiants étrangers, l’admission à Ilisimatusarfik se fait principalement par des programmes d’échange (Erasmus+, Nordplus, UArctic north2north, partenariats bilatéraux). La sélection est d’abord effectuée par l’université d’origine, qui nomme ensuite le candidat.

Étudiants en échange : un canal privilégié

Les étudiants en échange représentent une part significative des étrangers présents à Ilisimatusarfik. Les accords de mobilité existants offrent des facilités administratives et financières :

pas de frais de scolarité à Ilisimatusarfik pour les étudiants en échange ;

possibilité de conserver les bourses, prêts étudiants et aides de l’université d’origine ;

accès prioritaire au logement étudiant pour les nominés de partenaires institutionnels.

L’université fait aussi partie du réseau University of the Arctic (UArctic) et du programme de mobilité north2north, qui facilite les séjours entre institutions arctiques. Des partenariats comme celui avec l’Université de Calgary (en anthropologie et archéologie) montrent comment un étudiant de master ou de doctorat peut intégrer une mobilité ciblée à son parcours.

Astuce :

Dans le cadre d’un programme d’échange universitaire, l’université d’origine impose généralement plusieurs conditions : un seuil minimal de moyenne académique (par exemple 2,7 sur 4,0), la fourniture d’une lettre de référence académique, et la soumission d’un plan de cours compatible avec les objectifs du diplôme poursuivi.

Rédiger son dossier : un processus très encadré

Même lorsque les frais de scolarité sont inexistants pour les étudiants en échange, le dossier de candidature est loin d’être symbolique. Il faut en général :

remplir un formulaire de candidature en ligne propre à l’université ;

fournir les relevés de notes officiels du cursus déjà accompli ;

– joindre, le cas échéant, une lettre de motivation et/ou des lettres de recommandation ;

– prouver son niveau de langue (TOEFL/IELTS pour l’anglais, test ou certification pour le danois ou le groenlandais, sauf reconnaissance automatique pour certains profils nordiques) ;

– respecter strictement les dates limites, souvent fixées début mai pour l’automne et début octobre pour le printemps.

Les candidatures ne sont examinées qu’une fois complètes, avec tous les documents requis. L’université notifie ensuite l’admission, souvent accompagnée d’informations pratiques sur le logement et les démarches de permis de séjour.

Visas, permis de séjour et droit au travail pour les étudiants

Étudier au Groenland ne se gère pas comme un simple échange dans l’UE. Le pays n’est pas couvert par un visa Schengen et les règles sont spécifiques, même si les autorités compétentes sont danoises.

Statut particulier du Groenland dans l’espace européen

Le Groenland est autonome mais appartient au Royaume du Danemark. Pourtant, le territoire :

n’est pas membre de l’Union européenne ;

n’est pas partie à l’accord de Schengen ;

n’est pas couvert par les visas danois ou Schengen.

Conséquence directe : un visa ou un permis de résidence délivré pour le Danemark ou un autre État Schengen ne permet pas d’entrer ni de résider au Groenland. Il faut un titre spécifique pour le Groenland, géré par l’Agence danoise pour le recrutement international et l’intégration (SIRI).

Les citoyens des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède) font exception : ils peuvent vivre, travailler et étudier au Groenland sans visa ni permis, avec simplement un passeport ou une carte d’identité nationale.

Titres de séjour pour les ressortissants étrangers

Pour la plupart des nationalités hors Union Européenne, deux principaux types de titres de séjour peuvent être sollicités selon la situation.

Titre de séjour temporaire

Autorise un séjour en France pour une durée déterminée, généralement liée à une activité spécifique (études, travail, vie familiale).

Titre de séjour pluriannuel

Permet de séjourner en France pour une période plus longue, souvent délivré après un premier titre temporaire et sous certaines conditions.

un éventuel visa de transit Schengen, si le trajet passe par le Danemark ou l’Islande ;

un permis de séjour pour études spécifique au Groenland.

Le permis de séjour pour études supérieures

Pour suivre un programme d’enseignement supérieur au Groenland, qu’il s’agisse d’un cursus complet ou d’un semestre en tant qu’étudiant invité, la règle est claire : il faut un permis de séjour pour études, même pour les citoyens de l’UE/EEE (hors pays nordiques).

Les principales conditions sont les suivantes :

être admis dans un programme d’enseignement supérieur à temps plein, au sein d’un établissement public accrédité (comme Ilisimatusarfik) ;

– suivre un programme reconnu par les autorités groenlandaises ;

– disposer de ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins, à un niveau au moins équivalent à la bourse mensuelle des étudiants groenlandais (USF – Uddannelsesstøtteforvaltningen) ;

– comprendre la langue d’enseignement du programme (danois, norvégien, suédois, anglais ou allemand) à un niveau opérationnel.

Bon à savoir :

Pour justifier de ses ressources, un étudiant doit présenter un relevé bancaire à son nom. Si des frais de scolarité sont exigés et ont déjà été réglés pour le premier semestre, l’attestation de paiement intégral de ces frais peut également servir de preuve.

Le formulaire de demande s’intitule ST1. Il comporte une partie remplie par l’étudiant et une autre par l’établissement d’accueil. Les deux doivent être soumises ensemble.

Durée de validité, prolongation et famille accompagnante

Le permis est accordé pour la durée officielle du programme, mais pour un maximum d’un an à la fois. Il peut être prolongé par périodes d’un an, à condition de déposer la demande avant l’expiration du titre en cours (au plus tôt trois mois avant).

Quelques règles complémentaires méritent attention :

Bon à savoir :

Le permis d’études doit être valide au moins deux mois de moins que le passeport. Un changement de programme d’études nécessite une nouvelle demande de permis, mais les études peuvent se poursuivre pendant l’instruction. Pour une absence du Groenland, si la résidence est inférieure à deux ans, une période de six mois est autorisée sans invalider le permis ; au-delà, une dérogation est requise.

Les membres de la famille immédiate (conjoint, partenaire enregistré ou de fait, enfants de moins de 18 ans vivant au foyer) peuvent être autorisés à accompagner l’étudiant, sous réserve que ce dernier démontre des moyens financiers supplémentaires (montant forfaitaire ou montant mensuel selon la durée du séjour).

Droit au travail pendant les études

Le permis de séjour pour études supérieures inclut un droit limité au travail :

jusqu’à 15 heures par semaine entre septembre et mai ;

temps plein en juin, juillet et août.

Ce volume horaire est strictement encadré. Le dépasser est considéré comme du travail illégal et peut entraîner avertissement, amende, voire retrait du permis.

Pour les stages obligatoires à temps plein, un permis de travail spécifique doit être demandé (formulaire ST4), accompagné d’un contrat de stage et d’une attestation de l’établissement d’enseignement confirmant le caractère obligatoire du stage.

Cette combinaison d’études et de travail à temps partiel peut aider à financer le séjour, mais ne suffit généralement pas à compenser un coût de la vie élevé.

Coût de la vie et budget étudiant à Nuuk

Étudier au Groenland, c’est aussi faire face à un coût de la vie parmi les plus élevés au monde, en particulier à Nuuk, où se concentre l’université.

Nuuk, capitale du pays, compte autour de 18 000 habitants. On y trouve des infrastructures modernes (supermarchés, cafés, équipements sportifs, musées, cinéma), mais la localisation arctique et la dépendance aux importations renchérissent beaucoup de postes de dépenses : alimentation, logement, transports, loisirs.

Comparer Nuuk au reste du monde

Les données disponibles, même si elles restent basées sur des échantillons modestes, convergent : Nuuk figure dans le groupe des villes les plus chères à l’échelle mondiale, dans le top 15 % des 9 000+ villes suivies par certains indices. La ville se situe au‑dessus de Londres et Hong Kong en niveau de prix global, et nettement au‑dessus de grandes métropoles comme Copenhague.

Pour un étudiant, le budget mensuel recommandé par certaines universités partenaires tourne autour de 5 000 DKK (environ 1 000 CAD), mais cette estimation est souvent jugée prudente et suppose un mode de vie assez frugal, un logement étudiant subventionné et peu de sorties payantes.

Le tableau ci‑dessous donne un aperçu synthétique de quelques chiffres clés pour une personne seule à Nuuk, tous logements confondus.

Poste de dépenseEstimation mensuelle (approx.)
Coût de la vie hors loyer1 070–1 570 USD
Coût total avec loyer2 200–2 500 USD
Salaire net moyen local (indicatif)5 000+ USD
Budget étudiant recommandé (université)~5 000 DKK (~1 000 CAD)

Même si le salaire moyen local semble confortable, il reflète un marché du travail spécifique, et ne doit pas être pris comme référence pour un budget étudiant venu de l’étranger. La clé reste de comprendre la structure des coûts.

Logement : un poste critique mais très contraint

La pression sur le marché immobilier est extrême dans tout le pays, et plus encore à Nuuk. La construction est coûteuse, le foncier disponible limité, la demande soutenue. Pour les nouveaux arrivants, internationaux ou non, trouver un logement est souvent le plus gros obstacle.

Élevés

Dans le parc privé, les loyers typiques sont élevés.

Type de logement (location privée)Loyer mensuel approx.
Studio / 1 chambre centre‑ville7 600–10 000 DKK (1 075–1 200 USD)
Studio / 1 chambre hors centre6 000–8 000 DKK (840–940 USD)
Appartement 3 chambres centre12 000–25 000 DKK (1 930–2 500+ USD)
Appartement 3 chambres hors centre12 500–18 000 DKK (1 530–1 900 USD)
85 m² meublés dans un quartier « normal »~8 000 DKK (1 145 USD)

Les résidences étudiantes gérées par les autorités groenlandaises proposent des loyers généralement moins élevés que le marché privé et restent la meilleure option pour les étudiants étrangers. Cependant, les capacités sont limitées, les listes d’attente longues, et la priorité est souvent donnée aux étudiants nommés dans le cadre d’accords de partenariat.

Les logements étudiants sont majoritairement en colocation de type dortoir : chambre privée, pièces communes (cuisine, salon, sanitaires) partagées avec des colocataires groenlandais et étrangers.

Astuce :

Dans les villes groenlandaises, le parc locatif public est géré par de grands bailleurs comme INI A/S ou Iserit. La demande y dépasse largement l’offre, particulièrement à Nuuk où les listes d’attente pour un logement public peuvent atteindre 10 à 12 ans. Les guides officiels recommandent donc de ne pas se rendre au Groenland sans avoir au préalable confirmé une solution de logement.

Côté charges, il faut anticiper :

Charges mensuelles typiquesCoût approx.
Électricité + chauffage + eau + déchets500–1 500 DKK (70–215 USD) selon surface
Internet fixe (60 Mbps ou plus)~1 000 DKK (140–155 USD)
Forfait mobile avec données~400 DKK (57 USD)

Le chauffage, indispensable pendant de longs mois, constitue une part importante de la facture, surtout dans un logement individuel mal isolé.

Alimentation et dépenses courantes

Les prix de l’alimentation reflètent la dépendance aux importations : les produits frais et les régimes végétariens/vegans sont nettement plus coûteux que dans la plupart des pays européens. En revanche, certains produits locaux (poisson, certaines viandes issues de la chasse) sont plus abordables dans les circuits de proximité.

Quelques repères de prix unitaires :

Produit / servicePrix indicatif à Nuuk
Repas simple au restaurant bon marché~100 DKK (15 USD)
Menu « fast food » type combo~110 DKK (15–16 USD)
Pain blanc (450 g env.)~22 DKK (3,8 USD)
Lait (3,8 L)~69 DKK (10,9 USD)
Douzaine d’œufs~31–32 DKK (4,8–5 USD)
Poulet (450 g)~72 DKK (11,3 USD)
Bière pression 0,5 L au bar65–70 DKK (10–11 USD)
Ticket de cinéma~120 DKK (18–19 USD)
Abonnement salle de sport / mois~366–370 DKK (57–58 USD)

Les dépenses peuvent être contenues en cuisinant soi‑même, en limitant les sorties au restaurant, en privilégiant les ingrédients locaux et en surveillant les promotions. Mais pour un étudiant habitué à une ville moyenne européenne, l’augmentation du budget alimentaire reste sensible.

Transports et déplacements

À l’intérieur de Nuuk, les déplacements se font à pied, en bus ou en taxi. La ville reste de taille modeste et relativement praticable à pied. Un réseau de bus dessert l’université, avec des lignes identifiées desservant l’arrêt « Ilimmarfik / Universitetet ».

Transport local à NuukCoût indicatif
Ticket de bus unitaire~21 DKK (3,3 USD)
Abonnement mensuel bus~567–571 DKK (89 USD)
Course de taxi – prise en charge~36,5 DKK (5,2 USD)
Essence – litre (approx.)coût élevé, importé, > Europe moyenne

La question se complique dès qu’on parle de quitter Nuuk : aucun réseau routier n’existe entre les villes. Tout se fait par avion, bateau ou hélicoptère, avec des tarifs qui grimpent vite et rendent les escapades fréquentes difficiles sur un budget étudiant.

Se loger en tant qu’étudiant international : réalités et stratégies

Face à la rareté structurelle du logement, la plupart des conseils convergent : la clé, pour un étudiant international, est de passer par les canaux institutionnels et de s’y prendre très tôt.

Résidences étudiantes : le canal privilégié

Au Groenland, ce sont généralement les autorités publiques qui gèrent les logements étudiants à Nuuk. Les principales caractéristiques :

priorité donnée aux étudiants à temps plein, notamment ceux nommés dans le cadre d’accords internationaux ;

– hébergements type résidence/dortoir : chambre privée, espaces communs partagés ;

– loyers sensiblement inférieurs aux prix du marché privé ;

– durée de location parfois limitée à un semestre pour les étudiants en échange.

Attention :

L’université ne gère pas directement les logements. Elle transmet aux étudiants admis, notamment ceux en échange, les procédures de candidature de l’instance publique compétente. Il est crucial de suivre ces consignes et de renvoyer les formulaires dans les délais impartis.

Il est possible de chercher un logement privé (appartement, colocation, chambre chez l’habitant), mais cette option demande :

une très bonne anticipation (contact avant l’arrivée) ;

des relais locaux (amis, collègues, réseau universitaire) ;

une capacité à communiquer en danois ou en groenlandais, car les annonces et les contrats sont rarement disponibles en anglais.

Particularités du marché immobilier groenlandais

Plusieurs éléments distinguent le marché du logement au Groenland des marchés européens :

Bon à savoir :

Le marché locatif norvégien est caractérisé par une faible disponibilité de logements, en particulier dans les grandes villes. De nombreux travailleurs étrangers se voient attribuer un logement par leur employeur, notamment dans les secteurs de la santé, de la construction et du public. Il existe également des « logements vacants » (vakantbolig), des appartements meublés fournis temporairement par un employeur ou une institution. L’occupant est alors imposé sur l’avantage en nature plutôt que de payer un loyer classique.

Pour un étudiant, ces dispositifs sont moins pertinents que pour un salarié, mais ils illustrent à quel point la question du logement est centrale dans tout projet de séjour au Groenland.

Financer ses études : frais de scolarité, bourses et aides

La question des frais d’inscription est nettement moins lourde que celle du coût de la vie, en particulier pour les étudiants invités.

Frais de scolarité à Ilisimatusarfik

Pour les étudiants en échange dans le cadre d’accords officiels (Erasmus+, Nordplus, UArctic, partenariats bilatéraux), Ilisimatusarfik ne facture pas de droits d’inscription. Les étudiants continuent à s’acquitter des frais habituels dans leur université d’origine et bénéficient d’une mobilité académique « sans frais » côté groenlandais.

Astuce :

Pour les étudiants non couverts par un accord spécifique et visant un diplôme complet, les frais de scolarité à Ilisimatusarfik dépendent des politiques tarifaires en vigueur et de votre nationalité. Les frais sont généralement relativement faibles comparés au coût de la vie, notamment pour les étudiants issus du système danois ou nordique. En revanche, pour les ressortissants de pays tiers hors UE/EEE, des frais plus élevés peuvent s’appliquer, variant selon la filière choisie. Il est indispensable de vérifier directement les montants exacts sur le site d’Ilisimatusarfik ou en contactant les services d’admission.

Bourses et programmes de soutien

Le paysage des bourses liées au Groenland est fragmenté, mais plusieurs acteurs existent :

Sources de financement pour étudier au Groenland

Plusieurs types d’aides financières existent pour soutenir les études et la recherche liées au Groenland et à l’Arctique.

Bourses de l’Université du Groenland

Aides partielles pour certains étudiants inscrits, attribuées sur critères académiques ou socio‑économiques.

Programmes nordiques et arctiques

Nordplus, University of the Arctic et programmes du Conseil nordique soutenant la mobilité, la recherche et les projets éducatifs en lien avec l’Arctique.

Organismes de recherche

Le Greenland Institute of Natural Resources peut financer des étudiants ou jeunes chercheurs sur des projets scientifiques spécifiques (biologie, environnement, climat).

Bourses internationales thématiques

Programmes axés sur les études arctiques, le climat, les peuples autochtones ou le développement durable, proposés par des institutions nordiques, européennes ou nord‑américaines.

Pour un étudiant étranger, la stratégie la plus réaliste consiste souvent à : se renseigner sur les démarches administratives, choisir un établissement réputé, s’informer sur les conditions de vie dans le pays d’accueil, établir un budget réaliste, et chercher des opportunités de bourses ou d’aides financières.

mobiliser en priorité les aides de son université d’origine (bourses de mobilité, fonds pour séjours d’études à l’étranger) ;

postuler à des programmes thématiques (climat, Arctique, peuples autochtones) qui, sans être « des bourses groenlandaises » à proprement parler, acceptent ou encouragent des projets de recherche ou d’études au Groenland ;

– combiner ces aides avec des économies personnelles et, dans la limite autorisée, un travail à temps partiel sur place.

Contenu académique : pourquoi le Groenland attire chercheurs et étudiants

Si le Groenland suscite autant d’intérêt dans les milieux universitaires, c’est parce qu’il concentre sur un même territoire un faisceau d’enjeux globaux : réchauffement climatique, montée du niveau de la mer, ouverture de nouvelles routes maritimes, exploitation des ressources, transition des sociétés autochtones, gouvernance de l’Arctique.

Climat, environnement et adaptation

L’Arctique se réchauffe environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale, et les habitants du Groenland en font déjà l’expérience concrète : fonte accélérée de la calotte glaciaire, recul des glaces marines, dégel du permafrost, érosion côtière, modification des stocks de poissons et de gibier. Les études montrent que plus de 90 % des Groenlandais reconnaissent la réalité du changement climatique et anticipent des impacts majeurs sur la population, la faune et la flore.

Les travaux menés par des centres comme le Greenland Climate Research Centre, associé à Ilisimatusarfik et à l’Institut des ressources naturelles, explorent les conséquences de ces changements sur la société et les écosystèmes. Ils fournissent des données essentielles pour les négociations internationales et les politiques locales d’adaptation.

Pour un étudiant, cela se traduit par la possibilité de : réussir ses examens, se former aux compétences requises sur le marché du travail, développer son réseau professionnel, participer à des projets innovants, et s’engager dans la vie associative.

– suivre des cours spécialisés sur le climat arctique, la sécurité maritime, la géopolitique des routes du Nord ;

– participer à des projets de recherche interdisciplinaires en lien avec la biologie, les sciences de l’environnement, la sociologie ou l’économie ;

– mener des travaux de terrain sur les effets concrets du climat sur les modes de vie, l’agriculture émergente dans le sud ou les pêches.

Savoirs autochtones, société inuit et décolonisation

Le Groenland est majoritairement peuplé d’Inuit (environ 80 % de la population). La réforme linguistique de 2009, qui a fait du groenlandais la seule langue officielle, s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation culturelle et politique. Le pays cherche à renforcer l’usage du groenlandais dans l’administration, l’enseignement supérieur, la santé, tout en composant avec une pénurie de professionnels formés dans cette langue.

Les recherches et les enseignements d’Ilisimatusarfik portent sur :

Bon à savoir :

Pour comprendre le Groenland contemporain, il est essentiel de considérer plusieurs aspects clés : la langue groenlandaise (kalaallisut), dont la grammaire et la terminologie scientifique sont en cours d’élaboration ; son histoire coloniale et post‑coloniale ; sa politique actuelle, marquée par une quête d’autonomie et des débats sur l’exploitation des ressources naturelles ; ainsi que ses systèmes de protection sociale, confrontés à des défis comme la santé mentale, les placements d’enfants et les inégalités territoriales.

Les étudiants peuvent, par exemple, travailler sur les écarts entre les consensus scientifiques sur le changement climatique et la perception de ses causes chez différents groupes groenlandais, sur la transmission des savoirs écologiques traditionnels, ou sur la manière dont les communautés s’adaptent aux transformations rapides de leur environnement.

Ressources, agriculture et nouveaux modèles de développement

La fonte des glaces modifie la donne économique : accès facilité à certaines ressources minières, développement de l’agriculture dans le sud (triplement de la production bovine, augmentation de la fertilité des troupeaux ovins, diversification de l’horticulture), progression de l’aquaculture, tensions autour de projets miniers controversés (uranium, terres rares) face à des zones agricoles et touristiques en essor.

Ces évolutions sont des terrains d’étude idéaux pour des étudiants en :

économie des ressources et développement durable ;

– études rurales et politiques agricoles ;

droit de l’environnement et évaluation d’impact social ;

– géographie humaine et aménagement du territoire.

Les stratégies publiques intègrent d’ailleurs explicitement des objectifs de sécurité alimentaire, de réduction des importations coûteuses et de soutien à la production locale, avec référence aux Objectifs de développement durable.

Vie étudiante à Nuuk : une petite capitale arctique

Vivre à Nuuk en tant qu’étudiant, c’est se retrouver dans une ville qui combine équipements modernes et forte présence de la culture inuit, le tout dans un environnement naturel spectaculaire.

Une ville compacte, entre fjords et montagnes

Nuuk se caractérise par :

une taille modeste permettant de se déplacer facilement à pied ou en bus ;

un front de mer animé, des fjords accessibles en bateau pour observer les baleines, les icebergs, ou simplement pêcher ;

– une vie culturelle concentrée : musées nationaux, centres culturels, événements artistiques, festivals ;

– un climat arctique : hivers longs, froids et enneigés, étés courts et frais.

Exemple :

À Rovaniemi, les aurores boréales illuminent fréquemment le ciel nocturne pendant l’année universitaire, formant un décor caractéristique pour les activités étudiantes. En été, le soleil de minuit et les journées prolongées transforment l’atmosphère, favorisant les sorties en nature et les travaux pratiques extérieurs.

Une communauté universitaire à taille humaine

Avec quelques centaines d’étudiants seulement, Ilisimatusarfik offre une atmosphère où tout le monde se connaît rapidement. Les cours sont en petits groupes, l’accès aux enseignants est direct, et la frontière entre formation et recherche est souvent mince : de nombreux étudiants participent à des projets en cours ou contribuent à des enquêtes sur le terrain.

Bon à savoir :

La vie en résidence à Nuuk est caractérisée par une forte mixité culturelle, rassemblant des étudiants groenlandais, danois, d’autres pays nordiques, ainsi que quelques nord-américains et européens. Le partage des espaces communs (cuisines, salons) et le cadre d’une ville à échelle humaine favorisent la création de liens et une solidarité particulièrement précieuse pendant les longs hivers.

Il est possible de suivre un régime végétarien ou vegan, mais cela implique de jongler avec des produits souvent importés et chers. À l’inverse, consommer du poisson et certaines viandes locales permet de réduire un peu la facture et de se rapprocher de la culture culinaire groenlandaise.

Est‑ce que le Groenland est fait pour vous ?

Choisir le Groenland comme destination d’études à l’étranger n’a rien d’anodin. C’est un choix qui convient particulièrement à certains profils :

Exemple :

Les programmes d’études et de recherche sur l’Arctique attirent un public diversifié. Cela inclut des étudiants en sciences (environnement, géographie, biologie, géosciences) passionnés par les questions climatiques ; des étudiants en sciences humaines (anthropologie, sociologie, science politique, histoire, études autochtones) souhaitant étudier les sociétés inuit et la gouvernance ; des futurs professionnels (enseignement, santé, travail social) attirés par la pratique en contexte nordique et autochtone ; ainsi que des chercheurs et doctorants cherchant un terrain de recherche local et stratégique à l’échelle mondiale.

Mais ce choix suppose d’accepter : a

un climat rude, des journées très courtes en hiver et des conditions météo parfois extrêmes ;

– un marché du logement saturé, où rien ne se fait à la dernière minute ;

– des coûts de vie élevés, qui exigent un budget soigneusement préparé ;

– une offre d’enseignement en anglais limitée et variable, avec la nécessité d’anticiper son cursus ;

– une certaine solitude géographique : on ne « saute pas dans un train » pour visiter la ville voisine le week‑end.

Bon à savoir :

Cette expérience offre une immersion unique dans un territoire symbolique du changement climatique et des enjeux post-coloniaux contemporains, avec un accès privilégié aux chercheurs, institutions et communautés locales concernées.

Étudier au Groenland, ce n’est pas seulement ajouter une ligne exotique sur un CV ; c’est se confronter directement aux tensions et aux potentialités d’un monde qui se réchauffe, se transforme et cherche de nouveaux modèles de coexistence entre sociétés humaines, environnement et économie. Pour ceux qui sont prêts à relever ce défi, Ilisimatusarfik et la petite capitale Nuuk peuvent devenir un cadre d’apprentissage et de vie absolument singulier.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, pays nordiques), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland, bénéficiant d’une fiscalité personnelle attractive dans certaines communes, d’une faible pression immobilière et d’un environnement économique en mutation (ressources naturelles, tourisme polaire), tout en restant lié au cadre danois. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour et achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale. Ce type d’accompagnement permet des économies fiscales substantielles et une diversification géographique tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, double imposition, adaptation à un environnement arctique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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