S’installer en Belgique séduit beaucoup d’expatriés : salaires corrects, qualité des services publics, système de santé réputé, situation centrale en Europe… Mais tout cela a un prix. La Belgique figure parmi les pays européens les plus chers, même si elle reste plus abordable que Londres, Amsterdam ou les grandes villes suisses.
Pour préparer un départ, il est crucial de comprendre la structure complète du budget d’un ménage, en tenant compte des écarts régionaux, du poids des impôts et de la sécurité sociale, ainsi que des postes de dépenses à la croissance la plus rapide comme le logement, l’énergie et les écoles internationales.
Ce guide s’appuie sur des données chiffrées récentes pour donner une vue d’ensemble, en particulier pour Bruxelles, Anvers et Gand, tout en restant lisible pour quelqu’un qui découvre le pays.
Vue d’ensemble : la Belgique, un pays cher… mais pas hors de portée
La Belgique fait partie des pays à coût de vie élevé. Les chiffres disponibles convergent : le coût de la vie y est environ 1,5 fois supérieur à la moyenne mondiale et le pays est classé parmi les 25 destinations les plus chères au monde. En Europe, il figure dans le haut du panier : 13ᵉ pays le plus cher du continent.
Pour un expatrié, quelques repères concrets aident à se situer.
Budgets mensuels typiques
Plusieurs sources statistiques croisées permettent de dégager des fourchettes cohérentes.
| Profil | Budget mensuel estimé en Belgique (incluant loyer) | Commentaire |
|---|---|---|
| Personne seule (Belgique, toutes villes) | 1 750 – 2 030 € | Niveau « confortable » selon sources, avec loyer modeste |
| Personne seule à Bruxelles | 2 100 – 2 800 € | Capitale et ville la plus chère |
| Famille de quatre (Belgique) | 4 000 – 4 550 € | Budget moyen pour un niveau de vie correct |
| Famille de quatre à Bruxelles | 4 000 – 5 650 € | Forte variabilité liée au logement et à la scolarité |
Si l’on regarde les dépenses moyennes par personne sur l’ensemble du pays, les statistiques belges indiquent environ 20 121 € par an, soit 1 677 € mensuels en 2025 (tout compris). Ce chiffre intègre les différences régionales : environ 1 692 € en Flandre, 1 628 € en Wallonie, 1 738 € dans la région de Bruxelles-Capitale.
Le salaire net moyen mensuel en France permet de couvrir environ 1,6 mois de dépenses, offrant une marge de manœuvre limitée.
Belgique versus pays voisins
Pour relativiser, il est utile de comparer la Belgique à d’autres grandes destinations d’expatriation en Europe.
| Pays / ville | Coût mensuel estimé famille de 4 | Coût mensuel estimé personne seule | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Belgique | 4 518 € | 1 760 € | Référence |
| Allemagne | 5 048 € | 1 880 € | Légèrement plus cher |
| Pays-Bas | 5 589 € | 2 352 € | Nettement plus cher, surtout Amsterdam |
| Royaume‑Uni | 5 338 € | 2 210 € | Plus cher, surtout Londres |
| États‑Unis (avec loyer) | 6 419 € | — | Globalement plus cher quand on inclut le logement |
À l’échelle des capitales, Bruxelles reste sensiblement plus abordable que Londres, Amsterdam ou New York : le coût de la vie y est estimé environ 33 % plus bas que Londres et plus de 50 % inférieur à New York, tout en restant plus élevé qu’à Varsovie ou Bucarest.
Les grandes lignes du budget d’un expat
Derrière les moyennes nationales se cache une structure de dépenses assez stable. En 2025, pour un résident moyen, le budget mensuel se décompose à grands traits comme suit :
Répartition moyenne des dépenses mensuelles par étudiant, basée sur les données fournies.
Loyer ou remboursement de prêt, plus charges. Environ 500–550 € par personne.
Courses alimentaires et boissons non alcoolisées. Environ 235 € par personne.
Frais de déplacement. Environ 170 € par personne.
Dépenses liées à la santé. Environ 82 € par personne.
Internet, téléphone. Environ 49 € par personne.
Sorties, restaurants, hôtels. Environ 244 € au total.
Vêtements et chaussures. Environ 67 € par personne.
Pour un expatrié urbain, surtout à Bruxelles, ces montants montent facilement d’un cran, car le logement, les écoles internationales ou certains services privés renchérissent notablement l’addition.
Logement : un marché tendu, surtout à Bruxelles
Le logement est le poste qui fait le plus varier le budget entre les villes. La Belgique dans son ensemble n’est pas donnée, mais la grande différence se joue entre Bruxelles d’un côté, et les villes moyennes ou les communes moins centrales de l’autre.
Niveaux de loyer dans les principales villes
Les données récentes donnent les ordres de grandeur suivants pour un appartement d’une chambre.
| Ville | 1 chambre centre-ville | 1 chambre hors centre | 3 chambres centre-ville | 3 chambres hors centre |
|---|---|---|---|---|
| Bruxelles | ≈ 1 095–1 200 € | ≈ 917–930 € | ≈ 1 985–2 000 € | ≈ 1 536–1 600 € |
| Anvers | ≈ 890–901 € | ≈ 755 € | ≈ 1 425 € | ≈ 1 122 € |
| Gand | ≈ 865–920 € | ≈ 739 € | ≈ 1 317 € | ≈ 1 149 € |
| Moyenne Belgique | ≈ 827 € | ≈ 704 € | ≈ 1 241 € | ≈ 1 036 € |
Bruxelles est clairement la plus chère, avec un loyer moyen toutes tailles confondues autour de 1 350–1 415 € par mois. La moyenne nationale, toutes régions confondues, tourne autour de 949 € mensuels.
L’écart se voit aussi en coût de vie global : un célibataire dépensera en moyenne autour de 2 104 € par mois à Bruxelles, 1 953 € à Anvers, 1 806 € à Gand, contre seulement 1 226 € à Namur ou 1 282 € à Charleroi.
Quartiers bruxellois : du luxe à l’accessible
Bruxelles est un patchwork de communes très différentes. Pour un expatrié, le choix du quartier pèse lourd sur le budget.
Le loyer mensuel moyen peut atteindre 1 400 € pour un appartement dans les communes les plus chères de Bruxelles, comme Woluwe-Saint-Pierre.
Les tendances ne sont pas favorables aux nouveaux arrivants : à Bruxelles, les loyers ont augmenté de près de 8,6 % en 2023, encore 5 % en 2024, soit plus de 14 % en cinq ans et environ 36 % sur dix ans. Les prévisions parlent de hausses annuelles de 3 à 5 % jusqu’en 2026.
Colocation, studios, meublés : arbitrer selon son profil
Beaucoup d’expatriés, surtout jeunes actifs ou étudiants, contournent le prix des grands appartements en optant pour d’autres solutions.
Le prix mensuel minimum pour une chambre étudiante en colocation ou dans un logement partagé.
À cela s’ajoutent les contraintes du marché belge : la forme classique du bail résidentiel va de 3 à 9 ans, avec préavis de trois mois pour le locataire, dépôt de garantie pouvant atteindre trois mois de loyer pour un bien non meublé et obligation de faire enregistrer le bail. Ces éléments n’augmentent pas le coût face au propriétaire, mais obligent à anticiper la durée de séjour.
Achat immobilier : cher en ville, plus modeste ailleurs
Pour ceux qui envisagent un achat à moyen terme, les prix au mètre carré donnent un ordre de grandeur.
| Localisation | Prix moyen au m² appartement centre | Prix moyen au m² appartement hors centre |
|---|---|---|
| Bruxelles | ≈ 4 200–4 430 € | ≈ 3 820–3 880 € |
| Anvers | ≈ 4 190 € | ≈ 3 150 € |
| Belgique (moyenne) | ≈ 4 193 € | ≈ 3 215 € |
Sur l’ensemble du pays, on estime autour de 3 050 € le mètre carré pour un appartement, 2 037 € pour une maison en 2025. Les maisons mitoyennes ou semi-mitoyennes se négocient autour de 259 500 €, les maisons quatre façades plutôt vers 370–395 000 €.
Un achat implique des frais additionnels significatifs : droits d’enregistrement de l’ordre de 10 % (avec exonération sur une première tranche), TVA à 21 % pour un bien très récent, frais de notaire pouvant aller jusqu’à 4 % et commission d’agence souvent située entre 3 et 5 %.
Charges et énergie : un poste devenu lourd
Longtemps négligées dans les budgets sommaires, les charges de logement ont fortement augmenté. La Belgique fait désormais partie des pays d’Europe où l’énergie est parmi les plus coûteuses.
Pour un appartement standard de 85 m² (électricité, chauffage, eau, déchets), la facture mensuelle moyenne se situe autour de 199 € au niveau national, mais la fourchette courante va de 150 à 300 € selon la taille du logement, son isolation, la composition du foyer et la ville.
Les chiffres par grandes villes sont instructifs :
| Ville | Charges de base 85 m² / mois |
|---|---|
| Bruxelles | environ 220–240 € |
| Anvers | environ 180–240 € |
| Gand | environ 178–220 € |
| Liège | environ 200–260 € |
Les prix unitaires confirment ce niveau : vers fin 2023, le kilowattheure de gaz se payait environ 0,084 €, celui d’électricité près de 0,28 €, au-dessus de la moyenne européenne pour l’électricité.
Le prix moyen de l’eau en Belgique est d’environ 3,22 € par mètre cube.
À ces charges s’ajoute l’accès internet : une connexion fixe avec au moins 60 Mbps et données illimitées se facture autour de 50 € par mois, parfois un peu moins en pack avec la télévision. La Belgique est d’ailleurs connue pour des tarifs internet et télécoms élevés par rapport à ses voisins.
Pour une personne seule, un ordre de grandeur simple est de prévoir 120–200 € par mois d’énergie + 40–60 € d’internet/téléphone. Pour une famille, on se rapproche davantage de 250–300 € de charges énergétiques + 50–70 € de communication.
Alimentation : panier de courses conséquent, restaurants pas donnés
L’alimentation constitue souvent le premier poste de dépense d’un ménage belge, devant le logement dans certaines statistiques, surtout si l’on inclut les repas à l’extérieur.
Courses : 250–400 € par personne et par mois
Les études de dépenses montrent qu’un résident typique consacre environ 235 € par mois aux produits alimentaires et boissons non alcoolisées. Dans la pratique, les budgets varient beaucoup.
Pour un expatrié, un repère réaliste est :
– 250–400 € par mois pour une personne seule,
– 500–800 € pour un couple,
– 800–1 200 € pour une famille de quatre.
La structure du panier type donne une idée des produits qui pèsent le plus : environ 20 % du budget pour la viande, 18 % pour le pain et les céréales, près de 12 % pour le lait, le fromage et les œufs.
Les prix unitaires observés dans les grandes surfaces illustrent un coût de la vie élevé : le litre de lait coûte entre 1 et 1,30 €, un pain de 500 g environ 2 €, une douzaine d’œufs 3,50 à 3,70 €, le kilo de blancs de poulet 10 à 11,50 €, le kilo de pommes de terre autour de 2 €, et le kilo de pommes ou d’oranges entre 2 et 2,50 €.
Les grandes chaînes sont bien connues : Carrefour, Delhaize, Colruyt, Albert Heijn, avec des enseignes discount comme Aldi et Lidl, et des boutiques bio telles que Bio‑Planet. Beaucoup de Belges frontaliers n’hésitent pas à faire leurs courses en France, en Allemagne ou aux Pays‑Bas pour profiter de prix un peu plus bas, les estimations indiquant que les courses à Bruxelles sont en moyenne 10 % plus chères que chez ces voisins.
Restaurants : une addition rapidement salée
La restauration sur place s’ajoute vite à la facture mensuelle. Les ordres de grandeur sont assez homogènes partout dans le pays.
Aperçu des prix moyens pour les repas et les boissons à Bruxelles et en Belgique, pour vous aider à budgétiser vos sorties.
Un repas simple dans un restaurant bon marché tourne autour de 15–18 € à Bruxelles, un peu plus de 18 € sur la moyenne nationale.
Un dîner complet pour deux avec trois plats dans un restaurant de gamme moyenne revient facilement à 80 €.
Un menu dans un fast-food type McDonald’s coûte environ 10 € dans le pays, 7,50–10 € à Bruxelles selon la formule.
Le café reste lui aussi non négligeable : un cappuccino standard se facture autour de 3,30–3,70 €.
La bière en pression, boisson emblématique, se paie environ 4 € la pinte en moyenne, jusqu’à 5 € ou plus dans certains bars de la capitale.
Pour un expatrié qui déjeune souvent dehors, la ligne « restaurants » peut largement dépasser 200 € mensuels, surtout si l’on multiplie cafés et sorties entre collègues.
Transports : réseau dense, coûts raisonnables… sauf pour la voiture
Sur le poste transport, la Belgique est plutôt bien placée par rapport à son niveau de vie. Le pays dispose d’un réseau ferroviaire et urbain dense couvrant l’essentiel des besoins, ce qui permet à beaucoup d’expatriés de se passer de voiture au quotidien, surtout en ville.
Transports publics : 49–55 € le pass mensuel
En pratique, une bonne partie des habitants se contente d’un abonnement mensuel classique : autour de 49 € pour les réseaux urbains et régionaux, autour de 55 € pour un pass complet STIB à Bruxelles après indexations récentes.
Un billet simple en ville se situe couramment entre 2,10 € et 2,50 €, souvent valable une heure avec correspondances illimitées (métro, tram, bus). À Bruxelles, les systèmes de titres combinés Brupass permettent de naviguer sur les réseaux urbains et le train de banlieue autour de la capitale pour un prix légèrement supérieur.
Sur le rail national belge, un trajet simple coûte 7,50 € pour les moins de 26 ans, et des abonnements ou cartes multi-trajets permettent des réductions significatives pour les navetteurs réguliers.
Au final, les études de budget estiment la dépense mensuelle moyenne de transport à environ 170 € par personne, avec une nuance importante : elle monte jusqu’à 210 € en Wallonie, plus dépendante de la voiture, mais se limite à 126 € à Bruxelles, où les transports en commun sont plus denses et l’utilisation de la voiture plus contraignante.
Voiture : cumul de taxes, d’assurance et d’essence
La Belgique se classe dans le haut du tableau européen pour le coût de possession d’une voiture. Les études récentes situent cette dépense autour de 1 100–1 200 € par an pour un propriétaire moyen, mais ce chiffre ne reflète pas forcément le quotidien d’un expatrié qui roule davantage ou opte pour un véhicule plus récent.
En pratique, il faut additionner tous les éléments pertinents pour obtenir le résultat final.
– une assurance responsabilité civile obligatoire à 60–125 € par mois,
– une taxe de circulation annuelle dont le montant varie selon la région et la puissance du moteur,
– du carburant autour de 1,70–1,85 € le litre d’essence ou de diesel,
– l’entretien et les réparations, autour de 200–400 € par an,
– le stationnement en ville, facturé 1–3 € de l’heure ou 80–150 € par mois pour un abonnement résident dans des quartiers très prisés.
À l’inverse, les autoroutes belges sont gratuites, ce qui facilite les déplacements interurbains ou transfrontaliers.
Pour un expatrié urbain, l’équation est souvent simple : un abonnement de transports publics à 49–55 € et un vélo ou un système de vélos partagés coûtent bien moins cher qu’une voiture, sans parler du stress du trafic et du stationnement.
Système de santé : très bon niveau, coûts réels à anticiper
La Belgique est régulièrement classée parmi les pays européens ayant l’un des meilleurs systèmes de santé. Pour un expatrié, cela se traduit par une prise en charge large… à condition de bien s’enregistrer et de comprendre le mécanisme de remboursement.
Assurance publique obligatoire
Toute personne résidant en Belgique doit s’affilier à une mutuelle (mutualité/ziekenfonds) dans les 90 jours suivant son arrivée. Cette obligation découle d’une loi-cadre qui a instauré l’assurance santé obligatoire ; un défaut d’inscription expose à des amendes pouvant aller jusqu’à 2 500 € et à l’obligation de payer intégralement ses soins.
La part employé des cotisations sociales représente 13,07 % du salaire brut.
En plus de ces prélèvements, chaque affilié paie une cotisation annuelle modeste à sa mutuelle, de l’ordre de 64 € par an (soit un peu plus de 5 € par mois), avec parfois un tarif réduit pour certains profils.
Ce qui est remboursé… et ce qui reste à charge
L’assurance obligatoire couvre l’essentiel des soins de base : visites chez le généraliste, soins dentaires simples, consultations de spécialistes, hospitalisations, certains médicaments, maternité, urgences, etc. Mais elle fonctionne par remboursement partiel : rarement 100 % des coûts, plus souvent 50 à 75 %.
Concrètement, une visite chez un médecin généraliste facturée autour de 27–30 € se traduira par un reste à charge d’environ 5–6 € pour le patient, si le médecin applique les tarifs conventionnés. Pour un spécialiste dont la consultation se facture 50 € ou plus, la participation personnelle typique tourne autour de 12 €.
Bien que les séjours hospitaliers soient mieux pris en charge, une nuit en chambre privée peut coûter entre 300 et 600 €. Une partie de cette somme reste à votre charge, surtout si le médecin n’est pas conventionné par la Sécurité sociale.
Les chiffres moyens de budget santé en disent long : les ménages consacrent environ 82 € par personne et par mois à la santé (hors salaires sociaux), et les assureurs complètent largement via les remboursements.
Intérêt de l’assurance privée complémentaire
Pour un expatrié, deux situations reviennent souvent :
– une période de carence : les nouveaux affiliés peuvent faire face à un délai de quelques mois avant d’être entièrement couverts par la mutuelle. Une assurance privée internationale est alors vivement conseillée.
– un besoin de confort accru : chambre privée à l’hôpital, prise en charge de certains soins dentaires ou de médecines alternatives, couverture à l’étranger, réduction des tickets modérateurs.
Les contrats privés de base démarrent autour de 10–20 € par mois. Un plan plus complet, incluant hospitalisation en chambre individuelle, soins dentaires élargis ou couverture internationale, monte facilement à 30–70 € mensuels. La majorité des Belges recourt au minimum à une assurance hospitalisation, parfois fournie par l’employeur.
Fiscalité et salaires : net correct, pression fiscale forte
Le coût de la vie en Belgique ne peut pas se comprendre sans parler des salaires et de l’impôt. Le pays pratique l’une des fiscalités sur le revenu les plus lourdes d’Europe, mais en échange, le filet de sécurité sociale et la qualité des services publics restent élevés.
Barème d’impôt progressif
Les revenus sont taxés selon un barème progressif à quatre tranches :
– 25 % sur la première tranche,
– 40 % sur la tranche suivante,
– 45 % sur la tranche médiane,
– 50 % sur tout ce qui dépasse un seuil autour de 48–50 000 € annuels (seuil ajusté régulièrement).
À cela s’ajoutent :
Il s’agit du pourcentage de cotisations de sécurité sociale prélevé sur le salaire du salarié.
En pratique, pour un expatrié cadre gagnant autour de 4 000 € brut par mois (soit un peu moins de 50 000 € annuels), le salaire net après impôt et charges se situe souvent entre 2 200 € et 2 600 € par mois, selon la situation familiale et les avantages (voiture de société, assurance groupe, etc.).
Le salaire brut moyen se situe vers 3 800–3 830 € mensuels, le net moyen autour de 2 430–2 460 € par mois. Le salaire minimum légal dépasse désormais 2 100 € brut, pour un net autour de 1 600 €.
Spécificités pour les expatriés : régimes spéciaux et double imposition
La Belgique a mis en place un régime fiscal particulier pour certains travailleurs « inpatriés » et chercheurs, offrant des indemnités nettes exemptées jusqu’à une fraction du salaire (jusqu’à 30 %, et bientôt 35 % sans plafond dans certains cas) pour compenser les surcoûts liés à l’expatriation. Tous les expatriés n’y ont pas droit, car des conditions strictes s’appliquent (salaire minimum, absence de résidence préalable en Belgique, etc.), mais pour ceux qui en bénéficient, cela améliore nettement le revenu disponible.
La Belgique a signé de nombreuses conventions de non-double imposition, notamment avec la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada. Ces accords évitent de payer deux fois l’impôt sur les mêmes revenus grâce à des mécanismes d’exemption ou de crédit d’impôt.
Éducation et garde d’enfants : gratuit en public, très cher en international
Pour des familles expatriées, l’école et la garde d’enfants sont souvent des postes décisifs. La bonne nouvelle : l’enseignement public est de qualité correcte et gratuit, et l’école maternelle est accessible dès 2 ans et demi. La mauvaise nouvelle : les écoles internationales, souvent plébiscitées pour les enfants qui changent régulièrement de pays, coûtent une petite fortune.
Les crèches publiques pratiquent un tarif indexé sur les revenus : la journée de garde peut coûter moins de 3 € pour un ménage modeste, jusqu’à près de 40 € par jour pour les revenus les plus élevés. Au final, la facture mensuelle d’une crèche publique varie souvent entre 60 et 750 € pour un temps plein.
Dans le privé, une place de crèche atteint volontiers 600–800 € par mois. D’autres solutions existent :
Le tarif horaire minimum pour une assistante maternelle en France est d’environ 5 euros.
À Bruxelles, les structures privées de maternelle facturent autour de 568 € par mois en moyenne, mais certaines écoles internationales proposent des sections maternelles bien plus chères.
Scolarité : public gratuit, international très onéreux
Les écoles publiques, gérées par les communautés linguistiques, sont financées par l’État. Elles ne facturent pas de frais de scolarité, seulement des coûts annexes (matériel, sorties, repas), qui restent de l’ordre de quelques centaines d’euros par an et par enfant.
Les écoles privées subventionnées facturent des montants modestes (environ 650 € par an). En revanche, les écoles internationales, particulièrement nombreuses à Bruxelles, suivent des curricula étrangers ou internationaux (IB, programmes britannique, américain, européen) et fonctionnent sans subventions publiques.
Les échelles de frais sont impressionnantes :
Le coût annuel moyen de l’enseignement primaire international en France est d’environ 15 700 €.
À cela s’ajoutent fréquemment des frais non remboursables de dossier (de 50 à plus de 1 000 €), des contributions « capital » ou « développement », des options de transport scolaire, de cantine, d’activités extrascolaires payantes, etc. Les entreprises qui emploient des expatriés de haut niveau prennent parfois ces coûts en charge dans le package.
Universités : relativement abordables
Du côté de l’enseignement supérieur, la Belgique fait figure de bonne affaire pour les expatriés étudiants comparée à d’autres pays anglo-saxons. Dans les universités publiques, les droits de scolarité des étudiants européens se situent autour de 980–1 100 € par an. Pour les étudiants hors UE, les frais varient davantage, généralement entre 2 500 et 7 500 € par an selon les filières.
Les écoles de commerce et universités privées, elles, affichent des tarifs plus élevés, entre 10 000 et plus de 20 000 € annuels pour certains masters.
Télécoms, internet et médias : plus cher qu’on ne croit
Les expatriés sont souvent surpris par le coût des télécommunications en Belgique. Une connexion internet fixe seule commence vers 23–30 € par mois, mais la plupart des offres complètes (internet haut débit et télévision) se situent plutôt entre 40 et 90 € mensuels.
Une formule simple pour un foyer est de prévoir : un budget équilibré qui prend en compte les dépenses fixes et variables, tout en assurant une épargne pour les imprévus.
Une estimation des dépenses courantes pour les services internet, mobiles et de streaming en France.
Environ 50 € par mois pour un accès à internet à débit confortable.
Entre 20 et 25 € par mois pour un forfait avec une dizaine de gigaoctets de données.
Quelques dizaines d’euros supplémentaires pour des plateformes comme Netflix ou Disney+, chacune coûtant entre 3 et 20 €.
Au total, le budget mensuel « communication » par personne ressort autour de 49 € en moyenne, un peu plus à Bruxelles.
Loisirs, sport, sorties : un confort qui a un prix
L’un des attraits de la Belgique pour les expatriés tient à sa qualité de vie : offre culturelle dense, gastronomie, bars, festivals, parcs d’attractions, clubs de sport, etc. Autant de postes qu’il ne faut pas négliger dans le budget.
Dépense mensuelle moyenne en euros des habitants pour les loisirs et la culture, selon les données agrégées.
En pratique, on retrouve des niveaux de prix comparables à ceux des autres pays d’Europe de l’Ouest :
– billet de cinéma à 12–14 €,
– entrée de musée entre 10 et 15 €,
– parc d’attractions entre 30 et 50 € la journée,
– grande salle de sport de type Basic‑Fit autour de 20 € par mois, salles premium à 100–180 €,
– concerts entre 30 et 70 € l’entrée, événements sportifs 20–100 €.
Pour quelqu’un qui va régulièrement au cinéma, au musée, au restaurant et qui est inscrit dans une salle de sport, un budget loisirs de 150–250 € par mois n’a rien d’excessif.
Différences régionales : Bruxelles, Flandre, Wallonie
Au‑delà des prix ponctuels, le « profil de dépense » varie d’une région à l’autre.
Le coût de vie mensuel estimé par personne en 2025 dans la région de Bruxelles-Capitale, la plus élevée des trois régions belges.
Dans les faits, un expatrié bénéficiant d’un salaire confortable et d’un poste bruxellois visera fréquemment un logement dans la région de Bruxelles (centre, communes huppées ou banlieues aisées comme Uccle), ce qui place son budget dans la fourchette haute nationale.
Quel profil paie combien ? Exemples de budgets
Pour rendre ces chiffres plus concrets, il est utile de les mettre en perspective avec quelques profils d’expatriés types.
Jeune cadre célibataire à Bruxelles
Supposons un salarié dans le secteur des services ou des institutions européennes, avec un revenu net de 2 500 € par mois.
Un budget plausible, sans extravagance mais confortable, pourrait ressembler à ceci :
– loyer d’un studio ou 1 chambre hors hypercentre : 900–1 000 €,
– charges et énergie : 150–180 €,
– internet + mobile : 60–70 €,
– courses alimentaires : 280–320 €,
– restaurants / cafés : 150–200 €,
– transport public (abonnement) : 49–55 €,
– loisirs, sport, sorties culturelles : 150–200 €,
– santé (hors cotisations sociales, petits restes à charge, assurance privée) : 30–50 €,
– divers / vêtements / imprévus : 150–200 €.
Avec un revenu mensuel de 1 900 à 2 100 €, il est possible de dégager une capacité d’épargne ou de voyage de 400 à 600 €, à condition de modérer les dépenses en sorties et restaurants gastronomiques.
Famille de quatre en périphérie bruxelloise
Prenons un couple d’expatriés avec deux enfants, l’un seul membre du couple travaillant à plein temps avec un net autour de 4 000 € (ou deux salaires cumulant ce montant). Si les enfants fréquentent une école internationale à Bruxelles, on change totalement d’échelle.
Les frais de scolarité internationale annuels pour deux enfants s’élèvent à 30 000–40 000 €, soit 2 500–3 300 € par mois.
Dans ce scénario, le simple cumul logement + courses + scolarité dépasse déjà largement 5 500 € par mois. Sans une prise en charge partielle des frais de scolarité par l’employeur, la facture globale peut devenir difficilement soutenable.
À l’inverse, une famille plaçant ses enfants dans le système public et vivant dans une ville moyenne comme Namur ou Mons pourra maintenir un niveau de vie très correct avec un budget global autour de 3 500–4 000 € mensuels.
Inflation et perspectives : un coût de vie sous pression
Sur 2023–2025, la Belgique a connu une inflation élevée, comme la plupart de ses voisins. Le taux annuel a atteint 4,4 % en 2024, avant d’être prévu en ralentissement vers 2,9 % en 2025 et 1,9 % en 2026. L’impact sur le coût de la vie est déjà visible : en trois ans, les dépenses annuelles moyennes par personne sont passées d’environ 18 300 € à une projection de plus de 20 000 €.
Les loyers, l’énergie et l’alimentation continuent de renchérir, exerçant une pression sur le coût de la vie. Bien que les salaires et allocations suivent grâce au mécanisme d’indexation automatique en Belgique, cet effet compense l’inflation avec un certain décalage et son impact varie selon les secteurs d’activité.
Pour un expatrié qui négocie un contrat, ces éléments plaident pour : une rémunération compétitive, des avantages sociaux attractifs, une couverture santé adaptée, la prise en charge des frais de déménagement, le support administratif et un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
– demander une rémunération alignée sur les salaires locaux qualifiés (les salaires nets moyens se situant vers 2 400–2 500 €, un cadre expérimenté se place souvent au‑delà de 3 000–3 500 € nets),
– évoquer la prise en charge de l’école internationale, d’une assurance santé complémentaire et éventuellement d’un budget logement,
– intégrer dans son calcul que les frais courants évolueront encore, même si l’inflation devrait ralentir.
En résumé : un coût de vie élevé, mais cohérent avec le niveau de services
La Belgique n’est ni une destination low-cost, ni un pays « hors sol » comme la Suisse ou le Luxembourg. Le coût de la vie y est élevé, surtout à Bruxelles et dans certaines communes recherchées, et certains postes – école internationale, logement spacieux, énergie, télécoms – pèsent vraiment sur le budget d’un expatrié.
En contrepartie, le pouvoir d’achat reste correct pour qui bénéficie d’un salaire local qualifié, grâce à :
La France se distingue par un ensemble de services publics et de protections sociales qui structurent la vie quotidienne de ses habitants.
Un réseau de transports en commun étendu et développé, facilitant les déplacements dans les agglomérations et entre les régions.
Une offre de soins de qualité, soutenue par un système de remboursement qui garantit un large accès aux soins.
Un enseignement public, de la maternelle à l’université, gratuit et laïc, fondement de l’égalité des chances.
Une offre culturelle diversifiée et accessible, des musées aux festivals, animant le territoire toute l’année.
Une protection sociale étendue couvrant les principaux risques : maladie, chômage, allocations familiales et retraite.
Pour un expatrié bien informé, la clé est donc de calibrer son projet en connaissance de cause : choisir sa ville et son quartier en fonction de ses revenus, arbitrer entre école publique locale et établissement international, éviter si possible une dépendance totale à la voiture, optimiser sa couverture santé et sa fiscalité.
Avec ces paramètres correctement anticipés, la Belgique offre un compromis attractif : un coût de la vie certes non négligeable, mais un niveau de services et de qualité de vie qui, pour beaucoup, justifie l’investissement.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belgique, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Belgique pour sa fiscalité avantageuse sur certains revenus mobiliers, l’absence d’impôt sur la fortune, son cadre légal stable et la proximité géographique et culturelle avec la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, affiliation à la sécurité sociale belge, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en gérant les risques de double imposition via la convention FR‑BE.
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