Le marché du travail en Belgique : quelles vraies opportunités pour les expatriés ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer et travailler en Belgique attire chaque année des dizaines de milliers d’expatriés. Entre une économie solide, un marché de l’emploi en tension, des salaires élevés mais fortement taxés, et une qualité de vie reconnue, le pays offre un mélange d’atouts et de contraintes qu’il vaut mieux connaître avant de faire ses valises.

Bon à savoir :

Ce panorama analyse les opportunités concrètes pour les travailleurs étrangers en s’appuyant sur les dernières données concernant l’emploi, les salaires, le coût de la vie, les pénuries de main-d’œuvre, la fiscalité et les règles de séjour.

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Un marché de l’emploi dynamique, mais fragmenté

La première réalité à garder en tête est celle d’un marché en mouvement permanent. La Belgique est une économie développée, fortement tournée vers l’export, avec des secteurs à haute valeur ajoutée (pharma, chimie, finance, IT, logistique, services aux entreprises). Elle bénéficie d’une situation géographique stratégique au cœur de l’Europe et d’infrastructures de transport de premier plan, ce qui en fait une plateforme naturelle pour les sièges européens de groupes multinationaux et les activités logistiques.

Emploi, chômage et objectif 80 %

Les chiffres montrent un marché globalement porteur, même si le pays reste en dessous de certains voisins en termes de taux d’emploi.

Indicateur (20–64 ans sauf mention)Valeur BelgiqueCommentaire
Taux d’emploi 202372,1 %Au-dessus de la moyenne OCDE mais sous l’objectif politique
Objectif officiel pour 203080 %Environ 550 000 personnes supplémentaires à l’emploi nécessaires
Emploi total 20–64 ans (2023)4,879 millionsSur ~5,3 millions de personnes actives au sens large
Taux de chômage ILO 15–64 ans 20235,6 %Stable, proche de la moyenne européenne
Taux d’activité 2023 (20–64 ans)~66,6 %Inférieur à la moyenne UE27

Les autorités fédérales ont clairement fait du relèvement du taux d’emploi une priorité, avec un objectif de 80 % d’ici la fin de la décennie. Pour y parvenir, elles misent sur des réformes du chômage, des incitants fiscaux au travail, un resserrement des prépensions et des mesures ciblées vers les jeunes, les travailleurs plus âgés et les personnes inactives de longue durée.

Astuce :

Pour un expatrié, s’installer dans un pays ayant besoin de main-d’œuvre offre deux avantages concrets : d’une part, le marché du travail est dynamique avec un besoin accru de travailleurs, et d’autre part, les autorités publiques et les employeurs recherchent activement de nouveaux profils, particulièrement dans les métiers en tension.

Flandre, Bruxelles, Wallonie : trois marchés en un

La Belgique n’est pas un marché du travail homogène ; c’est plutôt trois marchés régionaux relativement autonomes, avec leurs propres administrations, politiques et réalités socio-économiques.

RégionTaux d’emploi 20–64 ans (2023)Taux de chômage 15–64 ans (2023)Traits marquants
Flandre76,8 %3,3 %Région la plus dynamique, très forte tension sur le marché du travail
Bruxelles-Capitale66,5 %10,7 %Pôle international, productivité très élevée, chômage structurel plus fort
Wallonie65,5 %8,2 %Taux d’emploi plus faible, chômage structurel, mais nombreux métiers en pénurie

Les écarts sont marqués. En Flandre, l’emploi est proche ou au-dessus des meilleurs standards européens, avec certaines provinces (Flandre occidentale, Flandre orientale) frôlant les 79–90 % de taux d’emploi chez les 25–55 ans. Bruxelles combine un PIB par tête et une productivité très élevés, mais aussi un chômage et une inactivité importants parmi certaines catégories de la population. Wallonie, enfin, affiche des taux d’emploi et d’activité plus faibles, avec des poches de chômage durable, mais aussi de très nombreuses professions en pénurie, ce qui ouvre des portes aux expatriés qualifiés.

Profils étrangers et intégration : un enjeu majeur

Près d’un cinquième des résidents sont nés à l’étranger, et environ un tiers des habitants sont issus de l’immigration. On estime qu’environ 1,4 million d’expatriés vivent dans le pays. Pourtant, le taux d’emploi des personnes nées hors de l’UE reste inférieur à celui des natifs.

Origine de naissance (Flandre, 2024)Taux d’emploi 20–64 ans
Nés en Belgique78,7 %
Nés dans un autre pays de l’UE75,3 %
Nés hors UE64,5 %

Dans les trois régions, l’écart est net : 68,2 % de taux d’emploi pour les personnes nées hors UE en Flandre, 62,7 % à Bruxelles, 57,5 % en Wallonie. Ces chiffres traduisent à la fois des obstacles (langue, reconnaissance des diplômes, discrimination, manque de réseaux) et un réservoir de main-d’œuvre que les autorités cherchent à mieux intégrer.

Attention :

Pour un expatrié hautement qualifié venant d’un pays tiers, des structures d’accueil existent (reconnaissance de diplômes, bureaux d’intégration, secteurs en demande). Cependant, la réussite dépendra fortement de la maîtrise des langues locales, de la compréhension des codes du marché du travail et de la capacité à naviguer dans une administration complexe.

Langues : atout décisif ou barrière invisible

La Belgique compte trois langues officielles – néerlandais (flamand), français et allemand – et l’anglais est très largement maîtrisé, surtout dans les grandes villes et à Bruxelles. Mais dans le monde du travail, les langues sont bien plus qu’un détail.

Anglais : indispensable mais rarement suffisant

À Bruxelles, l’anglais est la langue de travail dominante dans les institutions européennes, l’OTAN, les cabinets de conseil, une partie des ONG et des firmes internationales. Cependant, sur le marché de l’emploi local, il est considéré comme un prérequis plutôt qu’un avantage concurrentiel. On attend souvent un niveau natif ou quasi natif pour les postes qualifiés, et cela ne dispense pas de parler le français (et parfois le néerlandais) dès que l’on s’éloigne du strict périmètre « bulle européenne ».

Français et néerlandais : la vraie clé du marché

Plus de 80 % des emplois bruxellois exigeraient la connaissance du français ou du néerlandais, souvent les deux. En Flandre, la maîtrise du néerlandais est la norme pour la quasi-totalité des postes, à l’exception de certaines fonctions très spécialisées dans l’IT ou les services aux entreprises. En Wallonie, le français domine largement dans l’emploi, l’administration, le commerce et les services publics.

Bon à savoir :

Pour les postes permanents, opérationnels ou en contact client à Bruxelles (consultance, fédérations professionnelles, ONG), un niveau B2 en français est souvent requis en plus de l’anglais. Sans ce niveau, les expatriés peuvent se voir limités à des contrats temporaires, des postes juniors ou à des niches strictement anglophones (start-ups très internationales, équipes techniques spécifiques).

Autres langues : bonus de niche

L’allemand peut offrir un avantage réel dans certains segments (automobile, chimie, énergie, affaires réglementaires, normalisation), avec parfois une prime salariale de 5 à 10 % pour les profils bilingues allemand–anglais (et idéalement français ou néerlandais). En revanche, des langues comme l’espagnol, l’italien, le polonais ou le roumain ne sont utiles que dans des postes particuliers liés à ces marchés. On les voit rarement comme condition essentielle hors traduction et relations spécifiques.

Bon à savoir :

Pour un candidat étranger, la maîtrise de l’anglais constitue une base nécessaire. Cependant, c’est l’apprentissage du français et/ou du néerlandais qui fera presque toujours la différence, particulièrement pour envisager une installation durable dans le pays.

Où se trouvent les vraies pénuries… et donc les opportunités ?

Le marché belge souffre de pénuries criantes de main-d’œuvre dans un large éventail de métiers. Selon l’Autorité européenne du travail, le pays figure parmi ceux qui manquent le plus de travailleurs qualifiés ; environ 76 % des employeurs disent avoir du mal à recruter.

Pénuries structurelles dans l’IT et le digital

Le secteur IT est emblématique. L’objectif national de devenir un « pays digital leader » à horizon 2030, le développement de la cybersécurité, des fintech, de la santé numérique, ainsi que la croissance des centres de données ont créé une demande explosive.

Les profils très recherchés incluent :

développeurs (Java, .NET, Python, full-stack avec React, Angular, Node.js)

spécialistes cloud (AWS, Azure, Google Cloud)

experts en cybersécurité (analystes, architectes, SOC, gouvernance)

data scientists, data analysts, ingénieurs IA et machine learning

développeurs mobiles

Les grandes sociétés de conseil et de services (IBM Belgium, Accenture, Capgemini, TCS…) sont parmi les principaux recruteurs, de même qu’un tissu dense de PME tech à Bruxelles, Anvers et Gand. Les pénuries sont telles que les employeurs sont souvent prêts à recruter à l’étranger, pourvu que les conditions de permis de travail et de salaire soient respectées.

Ingénierie, construction et green jobs

L’ingénierie et la construction connaissent aussi une situation tendue. On estime qu’il manque environ 20 % d’ingénieurs dans la construction à l’échelle européenne, et la Belgique n’y fait pas exception. Les grands projets d’infrastructures, la rénovation énergétique des bâtiments, le développement d’énergies renouvelables (éolien offshore notamment) créent une demande pour :

Professionnels du secteur

Découvrez les principaux métiers spécialisés dans la construction, l’installation et la maintenance des systèmes techniques des bâtiments.

Ingénieurs

Ingénieurs civils, mécaniques, électriques et industriels, responsables de la conception et du calcul des structures et des installations.

Chefs de projet & Ingénieurs de chantier

Pilotes de la réalisation, assurant la coordination, le planning, le budget et la qualité des travaux sur le terrain.

Techniciens spécialisés

Ascensoristes, techniciens de centrales, électriciens, plombiers et experts HVAC, en charge de l’installation et de la maintenance opérationnelle.

Avec les objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050, les métiers liés à la transition énergétique sont particulièrement mis en avant : spécialistes des énergies renouvelables, experts efficacité énergétique, consultants environnement, etc.

Santé, soins et pharmaceutique

Le système de santé belge est de très bonne qualité, mais il fait face à un vieillissement de la population et à des besoins croissants. On observe une forte demande pour :

infirmiers (soins intensifs, gériatrie, santé mentale)

médecins (généralistes et spécialistes)

techniciens médicaux et pharmaceutiques

kinésithérapeutes, ergothérapeutes, professions paramédicales

Exemple :

La Belgique constitue une base majeure pour l’industrie pharmaceutique et biotechnologique, hébergeant des acteurs mondiaux tels qu’UCB, Janssen et GSK. Ce secteur dynamique recrute activement des profils spécialisés comme des chercheurs, des spécialistes en essais cliniques, des experts en affaires réglementaires, des biostatisticiens, ainsi que des professionnels en assurance qualité et en production.

Enseignement, logistique, finance, services

L’enseignement, surtout dans les matières STEM et les filières techniques, subit un déficit de professeurs qualifiés ; les écoles flamandes signalent beaucoup de postes vacants en mathématiques, langues et branches techniques. La logistique profite pleinement de la position centrale du pays et de la croissance de l’e-commerce : les ports (en particulier Anvers), les hubs logistiques et les centres de distribution recherchent planificateurs de chaîne logistique, managers d’entrepôt, coordinateurs transport.

Dans la finance et les services professionnels, on observe une demande constante pour des comptables, auditeurs, analystes financiers, spécialistes conformité et risques, fiscalistes internationaux. Le secteur des services aux entreprises (conseil, BPO) profite du fait que la Belgique soit une destination attractive d’externalisation en raison de son capital humain qualifié et multilingue.

Un marché très favorable aux profils qualifiés

Toutes ces pénuries se traduisent par un marché « tight » pour les employeurs, en particulier en Flandre, où le nombre d’offres par demandeur d’emploi dépasse largement la moyenne nationale. Pour un expatrié hautement qualifié, et surtout dans les domaines IT, ingénierie, santé, logistique ou finance, la probabilité de trouver un poste est objectivement bonne, à condition de satisfaire aux exigences de permis et de langues.

Salaires, coût de la vie et fiscalité : un équilibre subtil

La Belgique conjugue des salaires relativement élevés, un coût de la vie significatif et l’une des fiscalités les plus lourdes de l’Union européenne. Comprendre l’équation globale est essentiel pour évaluer la véritable attractivité d’une offre.

Niveaux de salaire : un pays plutôt bien payé

Plusieurs sources convergent vers un salaire brut moyen mensuel autour de 3 800–4 000 € (soit environ 48 000–49 000 € bruts annuels), avec un salaire médian brut autour de 3 350–3 700 €. Le salaire net moyen mensuel est de l’ordre de 2 450 €.

Indicateur salaire (tous secteurs)Montant approximatif
Salaire brut moyen mensuel3 832–4 076 €
Salaire brut annuel moyen48 912 €
Salaire net moyen mensuel~2 463 €
Salaire médian brut mensuel3 350–3 728 €
Fourchette typique bas/haut2 407–7 011 € / mois

Certaines fonctions se situent bien au-dessus de la moyenne : dirigeants d’entreprise, directeurs IT, médecins, managers commerciaux ou financiers. À l’autre extrémité, les métiers de service (serveurs, barmans, horeca) se situent nettement en dessous de la moyenne nationale.

Les différences régionales sont nettes : Bruxelles offre en moyenne des salaires d’environ 16 à 20 % supérieurs à la moyenne nationale ; la Flandre paie en moyenne davantage que la Wallonie.

RégionSalaire brut mensuel moyen
Bruxelles-Capitale~4 507–4 748 €
Flandre~3 760 €
Wallonie~3 562 €

À ces moyennes s’ajoute une caractéristique importante : la plupart des salariés bénéficient d’un 13e mois et de « double pécule de vacances », souvent comptabilisés via un coefficient annuel (par exemple salaire annuel/13,92 pour calculer le brut mensuel de référence). De nombreux employeurs proposent aussi des avantages extralégaux : voiture de société, chèques-repas, assurance hospitalisation, assurance groupe (pension complémentaire), bonus, etc.

Coût de la vie : élevé mais pas hors de portée

Le coût de la vie place la Belgique parmi les pays les plus chers d’Europe, mais sensiblement moins que Londres, Amsterdam ou New York. Pour 2025, les estimations de budget mensuel (logement compris) tournent autour de 1 565 à 2 030 € pour une personne seule, et 4 075 à 4 518 € pour une famille de quatre.

Dépense mensuelle typique (2025)Personne seuleFamille de 4 (approx.)
Coût de la vie total (avec logement)1 565–2 030 €4 075–4 518 €
Loyer moyen (tout pays, 2023)~949 €Plus élevé en ville
Loyer 1 chambre centre Bruxelles~1 100–1 400 €

Les principaux postes de dépense sont :

1

Le coût de la vie en Belgique présente des disparités majeures, avec des loyers très élevés à Bruxelles et des factures d’énergie parmi les plus hautes de l’UE.

Globalement, on considère qu’un salaire brut annuel de 55 000–60 000 € permet un niveau de vie confortable pour une personne seule, surtout dans les grandes villes. Pour un jeune débutant à Bruxelles, certains calculs estiment qu’il faut environ 47 600–52 300 € bruts par an pour bien couvrir ses besoins avec un budget de vie mensuel proche de 1 800 € hors gros imprévu.

Fiscalité : très lourde mais assortie de protections

La contrepartie, c’est une pression fiscale l’une des plus élevées d’Europe. Les impôts sur le revenu sont progressifs, allant de 25 % à 50 %, s’appliquant après déduction des cotisations sociales (13,07 % à charge du salarié) et des frais professionnels.

Tranche de revenu imposable net (année revenus 2025)Taux fédéral
0 – 16 320 €25 %
16 320 – 28 800 €40 %
28 800 – 49 840 €45 %
Au-delà de 49 840 €50 %

À ces montants se rajoutent :

7

La taxe communale moyenne en Suisse représente environ 7 % du montant de l’impôt fédéral direct.

Résultat : le « net en poche » représente souvent un peu plus de la moitié du brut. Ce qui explique que la Belgique soit régulièrement classée parmi les pays où l’écart brut/net est le plus important.

Bon à savoir :

Le système fiscal belge finance une protection sociale élevée, incluant des soins de santé de très bon niveau, une assurance chômage, des pensions publiques, des allocations familiales, ainsi que des congés maladie et maternité généreux. Pour un expatrié, ces avantages peuvent compenser le niveau d’imposition, particulièrement sur le long terme.

Régimes fiscaux spécifiques pour expatriés

Consciente de l’importance d’attirer des talents internationaux, la Belgique a mis en place un nouveau régime fiscal pour les travailleurs étrangers qualifiés. Celui-ci remplace l’ancien régime expatrié et accorde :

– une exonération d’impôt et de cotisations sociales sur une indemnité de frais pouvant atteindre 30 % du salaire brut annuel, plafonnée à 90 000 € par an

– la possibilité de rembourser en plus certains frais spécifiques (déménagement, installation, frais scolaires) sans imposition

Les conditions sont strictes : rémunération minimale élevée (de l’ordre de 70 000–75 000 € bruts par an pour les profils non chercheurs selon les textes), absence de résidence fiscale en Belgique dans les 60 mois précédents, distance minimale de l’ancien domicile par rapport à la frontière, application limitée dans le temps (5 ans, prolongeable à 8). Pour des expatriés très qualifiés recrutés directement depuis l’étranger, ce régime permet de neutraliser en partie le fardeau fiscal et de rendre les offres belges plus compétitives par rapport à d’autres capitales européennes.

Cadre légal, permis de travail et reconnaissance des diplômes

Travailler en Belgique ne se résume pas à signer un contrat. Sauf pour les citoyens de l’UE/EEE et de la Suisse, les démarches de permis de travail, de visa et de reconnaissance de qualifications sont centrales.

Citoyens UE/EEE : liberté de circulation, mais démarches de séjour

Les ressortissants de l’UE/EEE et suisses n’ont pas besoin de permis de travail. Ils peuvent chercher un emploi librement. En revanche, pour un séjour au-delà de 3 mois, ils doivent s’enregistrer auprès de la commune de résidence dans les 10 jours suivant l’arrivée et demander un titre de séjour. Ils devront prouver qu’ils disposent de ressources suffisantes, d’une assurance maladie et qu’ils sont travailleurs, à la recherche active d’un emploi, étudiants ou bénéficiaires de moyens autonomes.

Non-Européens : permis uniques, cartes bleues et seuils salariaux

Pour les travailleurs hors EEE, la règle générale est la combinaison d’un visa de long séjour (type D) et d’un permis de travail ou permis unique (Single Permit) que l’employeur doit initier auprès de la région compétente (Flandre, Wallonie, Bruxelles-Capitale).

On trouve plusieurs catégories :

Types de permis de travail en Suisse

Différents titres de séjour et autorisations pour travailler en Suisse selon la durée, le profil et la situation professionnelle.

Permis unique (travail + séjour)

Pour les contrats de travail supérieurs à 90 jours. Combine l’autorisation de travail et le titre de séjour.

Permis de travail B

Pour les missions plus courtes, souvent d’une durée d’un an et renouvelable.

EU Blue Card

Pour les travailleurs hautement qualifiés avec un diplôme supérieur et un salaire élevé.

Permis ICT

Pour les transferts intra-groupe au sein d’une multinationale.

Carte professionnelle

Pour les travailleurs indépendants souhaitant exercer une activité en Suisse.

Permis saisonniers

Pour les secteurs de l’agriculture, du tourisme et autres emplois saisonniers.

Chaque région fixe des seuils salariaux minimaux selon le type de permis et le profil (hautement qualifié, manager, carte bleue UE, spécialiste ICT, etc.). Par exemple, pour un travailleur hautement qualifié non EEE, les montants annuels bruts minimaux tournent, selon les données récentes, autour de 48 000–49 000 € pour les hautement qualifiés classiques en Flandre (un peu moins pour les moins de 30 ans et les infirmiers), et de 47 000–50 000 € à Bruxelles et en Wallonie. Pour des managers ou des titulaires de carte bleue UE, les seuils sont plus élevés, dépassant 60 000–78 000 € annuels.

Important : le salaire belge est souvent calculé en divisant le brut annuel par 13,92 pour tenir compte du 13e mois et du double pécule de vacances. Les avantages en nature (logement de fonction, voiture de société…) sont intégrés dans la rémunération imposable. Les salaires sont indexés automatiquement sur l’inflation, ce qui peut avoir un impact sur le maintien du seuil requis pour le permis.

Reconnaissance des diplômes : un parcours parfois long

Pour accéder à certaines professions (médecins, infirmiers, architectes, enseignants, pharmaciens, etc.) ou poursuivre des études, la reconnaissance officielle de diplômes étrangers est souvent indispensable. Deux grands systèmes coexistent :

NARIC-Vlaanderen pour le versant néerlandophone (Flandre et employeurs flamands à Bruxelles)

Fédération Wallonie-Bruxelles pour le versant francophone

Bon à savoir :

Deux procédures existent : la reconnaissance de niveau (équivalence généraliste) et l’équivalence spécifique (analyse détaillée du contenu). Les frais varient de 65 à 200 € selon le type, avec des réductions pour certains pays et la gratuité pour les réfugiés et bénéficiaires de protection. Les délais de traitement sont de quelques mois, mais peuvent être plus longs si une commission d’experts doit être consultée.

Pour les professions de santé, la procédure implique souvent une double étape : reconnaissance académique par NARIC, puis reconnaissance professionnelle par le Département flamand de la Santé ou, au niveau fédéral, obtention d’un visa professionnel. Pour les ressortissants UE/EEE dans des professions réglementées, la directive européenne 2005/36/CE encadre la reconnaissance automatique de certains diplômes (médecins, infirmiers, architectes…) ou celle basée sur l’expérience professionnelle.

Pour l’expatrié, mieux vaut donc anticiper ces démarches avant le départ, ou s’appuyer sur des organismes d’intégration ou des services spécialisés qui peuvent accompagner le dossier.

Conditions de travail, culture d’entreprise et qualité de vie

Au-delà des chiffres, la Belgique séduit de nombreux expatriés par son équilibre entre travail et vie privée, son ancrage social fort et un environnement urbain dense mais à taille humaine.

Temps de travail, flexibilité et télétravail

La durée hebdomadaire standard tourne autour de 38 heures. La majorité des salariés travaillent à temps plein, avec un taux de temps partiel moins élevé qu’aux Pays-Bas, par exemple. Les lois encadrent le travail de nuit et les heures supplémentaires, avec une tendance récente vers davantage de flexibilité :

adoption d’un cadre légal permettant de compresser la semaine de travail sur 4 jours (sans baisse d’heures)

expérimentations d’une véritable semaine de 4 jours à 32 heures sans perte de salaire dans certains secteurs

– généralisation du télétravail hybride : environ 21,6 % des actifs travaillaient parfois de chez eux en 2023, et 14,3 % faisaient du télétravail régulier

Bon à savoir :

La loi impose aux entreprises de plus de 20 salariés de garantir le droit de ne pas être contacté en dehors des heures de travail. De nombreuses sociétés ont mis en place des accords internes qui interdisent aux managers de solliciter leurs équipes le soir ou le week-end, sauf en cas d’urgence.

Les congés payés varient selon la situation (régime de vacances lié à l’année de travail précédente), mais la plupart des salariés profitent d’au moins 4 semaines de vacances, auxquelles s’ajoutent 10 jours fériés par an. À cela se rajoutent des congés maladie, parentaux, de crédit-temps, etc.

Culture professionnelle : formelle mais collaborative

La culture des affaires diffère selon les régions : Flandre plus proche des codes néerlandais (hiérarchie plus plate, communication directe, efficacité), Wallonie plus influencée par la France (hiérarchie plus visible, importance du titre et de la relation interpersonnelle), Bruxelles mélange du style international et des cultures belge francophone et néerlandophone.

Dans l’ensemble, on retrouve des traits communs :

grande importance accordée à la ponctualité, à l’organisation, à la planification à moyen terme (plans sur 3 ou 5 ans, reporting, réunions fréquentes)

– style de décision souvent consensuel, pragmatique et peu conflictuel

– séparation assez nette entre vie privée et vie professionnelle : on ne s’attend pas toujours à ce que les collègues deviennent des amis proches

– négociations perçues comme une recherche de solution commune plutôt qu’un bras de fer

Bon à savoir :

Pour un expatrié, il est fondamental d’adopter une communication claire, structurée et respectueuse des procédures et des délais. Les Belges apprécient les approches factuelles et les arguments étayés par des données, privilégiant cela aux démonstrations purement rhétoriques.

Diversité, égalité et inclusion

La société belge est particulièrement diverse, surtout dans les grandes villes. Le pays se classe très bien sur les indices d’égalité de genre et de droits LGBT+, avec un arsenal législatif avancé contre les discriminations (sexe, origine, religion, orientation sexuelle, handicap…).

Cela ne signifie pas que tout soit parfait. Le taux d’emploi des personnes handicapées reste inférieur à la moyenne européenne, les femmes sont surreprésentées dans le temps partiel et sous-représentées aux postes de direction, et les personnes issues de l’immigration (surtout hors UE) rencontrent souvent davantage de obstacles pour accéder à l’emploi.

Néanmoins, les politiques publiques (rapports obligatoires sur l’écart salarial dans les entreprises de plus de 50 personnes, lois contre le harcèlement, dispositifs de plainte, numéro d’urgence 1712 pour les violences) et l’action d’organismes comme l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes contribuent à construire un cadre protecteur.

Opportunités concrètes pour les expatriés : profils gagnants et stratégies

Au vu de ce panorama, quelles sont les opportunités les plus crédibles pour un expatrié, et comment les saisir ?

Les profils qui ont le vent en poupe

En simplifiant, plusieurs grandes catégories de profils ont aujourd’hui un avantage comparatif net en Belgique :

spécialistes IT (développeurs, architectes cloud, cybersécurité, data, IA)

ingénieurs (tous types), techniciens qualifiés et métiers de la construction

médecins, infirmiers, professions paramédicales, experts en santé numérique

chercheurs et spécialistes en pharma/biotech

– experts en énergie, environnement, transition verte

comptables, auditeurs, analystes financiers, fiscalistes internationaux

chefs de projets aguerris, notamment sur des programmes européens ou transfrontaliers

cadres expérimentés dans des secteurs à forte dimension internationale (logistique, consulting, affaires publiques, lobbying, régulation européenne)

Bon à savoir :

Pour certains profils professionnels, le marché de l’emploi belge est objectivement avantageux. Il propose des salaires compétitifs à l’échelle de l’Europe de l’Ouest et bénéficie d’un environnement de travail protecteur pour les travailleurs.

Stratégies de recherche d’emploi

Les outils de recherche d’emploi sont nombreux :

services publics régionaux (VDAB pour la Flandre, Actiris pour Bruxelles, Le Forem pour la Wallonie)

grandes plateformes (LinkedIn, StepStone, Jobat, BrusselsJobs, sites spécialisés pour les profils internationaux)

cabinets de recrutement (Randstad, Adecco, Michael Page, etc.)

Le marché belge reste fortement intermédié par les agences et le réseau. Les candidatures spontanées et la participation à des salons de l’emploi et événements de networking (y compris via les multiples associations d’expatriés) sont souvent payants, surtout à Bruxelles où la densité d’événements professionnels liés à l’UE et aux affaires publiques est très élevée.

Adapter son profil au contexte belge

Les employeurs attendent généralement un CV en 2–3 pages axé sur les résultats, parfois avec photo, et une lettre de motivation personnalisée. La clarté sur les langues (niveau réel) est cruciale : surévaluer ses compétences linguistiques et être incapable de les mobiliser en réunion est fortement pénalisant.

Astuce :

Pour maximiser ses chances, un expatrié a intérêt à : bien se préparer avant le départ en se renseignant sur la culture et les formalités administratives du pays d’accueil, à apprendre la langue locale pour faciliter l’intégration, à constituer un réseau professionnel et social sur place, et à adopter une attitude ouverte et adaptable face aux différences culturelles.

investir tôt dans l’apprentissage du français et/ou du néerlandais, idéalement jusqu’à un niveau B2

– se renseigner en amont sur les équivalences de diplômes et les éventuelles régulations professionnelles

– cibler les secteurs et régions où la tension sur l’emploi est la plus forte (Flandre pour l’industrie et l’IT, Bruxelles pour les fonctions internationales, Wallonie pour les métiers en pénurie listés par le Forem)

– se faire accompagner le cas échéant par des bureaux d’intégration (BON à Bruxelles, Agentschap Integratie en Inburgering en Flandre…) ou des services spécialisés en relocation et immigration

Bilan : un pays exigeant mais réellement porteur pour les bons profils

Le marché du travail en Belgique n’est ni un eldorado sans contrainte, ni un espace fermé aux étrangers. C’est un environnement complexe, fortement régionalisé, où les langues et la fiscalité jouent un rôle majeur, mais où la demande de compétences est réelle et durable.

Pour un expatrié :

Bon à savoir :

Les perspectives d’emploi sont excellentes pour les métiers en tension (IT, ingénierie, santé, finance, logistique, transition énergétique, R&D). Le pays offre une bonne qualité de vie, une protection sociale solide et un équilibre vie professionnelle/personnelle favorable. Il est crucial d’anticiper le coût de la vie et la fiscalité, et de les intégrer dans les négociations salariales. Enfin, au-delà de l’anglais, la maîtrise du français ou du néerlandais est un facteur déterminant pour une intégration professionnelle réussie à moyen terme.

En s’y préparant sérieusement – sur le plan linguistique, administratif et financier – un projet professionnel en Belgique peut se transformer en solide accélérateur de carrière, dans un pays qui assume d’être à la fois très exigeant… et très protecteur envers ceux qui y travaillent.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers la Belgique pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belgique, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Belgique pour son régime favorable sur certains revenus mobiliers, l’absence d’impôt sur la fortune, la proximité géographique et culturelle avec la France, ainsi que l’accès direct au marché UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via installation réelle en Belgique, affiliation à la sécurité sociale belge, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec réseau local (avocat, fiscaliste, notaire, réseau bilingue) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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