Les transports en commun en Belgique : guide pratique pour s’y retrouver vraiment

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Se déplacer en Belgique sans voiture est loin d’être impossible. Entre un réseau ferroviaire dense, des trams côtiers, trois grands opérateurs régionaux de bus et métro, des applis qui centralisent les infos et une multitude de réductions, l’offre est riche… mais parfois déroutante. Ce guide pratique propose une vue d’ensemble claire et concrète pour utiliser les transports en commun au quotidien ou le temps d’un séjour, sans se perdre dans les sigles et les tarifs.

Comprendre l’architecture du réseau belge

Avant même de parler de tickets ou d’applications, il faut intégrer une réalité essentielle : la Belgique ne dispose pas d’un système unique de transports urbains, mais d’une mosaïque coordonnée autour d’un axe central, le rail.

Le pays compte quatre grands acteurs. La SNCB (ou NMBS en néerlandais) gère tous les trains, nationaux comme une partie des internationaux. À côté, trois opérateurs régionaux s’occupent des bus, trams et métros : STIB-MIVB pour Bruxelles, De Lijn en Flandre et TEC en Wallonie. Chacun fixe ses propres tarifs, produits et horaires, ce qui explique la diversité d’offres d’une région à l’autre.

750000

Nombre quotidien de voyageurs utilisant le réseau ferroviaire belge, qui compte plus de 3500 km de lignes et environ 3800 trains par jour.

À partir de ces nœuds, les réseaux urbains prennent le relais. Bruxelles est la seule ville à disposer d’un véritable métro, mais plusieurs agglomérations ont des trams ou des prémétros (trams en tunnel), notamment Anvers, Gand, Charleroi et le littoral avec la célèbre Kusttram qui longe la côte de De Panne à Knokke.

Malgré cette fragmentation institutionnelle, des outils communs facilitent la vie des usagers, notamment la carte MoBIB et les titres interopérables comme Brupass autour de Bruxelles.

La carte MoBIB : colonne vertébrale du système de paiement

Introduite en 2018, la carte MoBIB (pour “Mobility in Belgium”) est devenue la clé d’entrée du système. Il s’agit d’une carte à puce rechargeable qui peut contenir des abonnements, des carnets de trajets ou des billets unitaires, aussi bien pour la SNCB que pour les réseaux STIB-MIVB, De Lijn et TEC.

Types de cartes de transport

Découvrez les deux versions de cartes disponibles pour adapter votre titre de transport à vos besoins de voyage.

Carte Anonyme

La version de base, pratique pour les voyageurs occasionnels ou les touristes qui ne souhaitent pas fournir de données personnelles.

Carte Nominative

Indispensable pour charger des abonnements longue durée, profiter de tarifs réduits ou lier la carte à un profil personnel dans les applications.

La MoBIB ne sert pas qu’aux transports publics. Dans certaines villes, elle permet aussi de payer le stationnement, d’accéder à des services de partage de voitures ou de vélos. On peut l’acheter dans les gares, aux guichets des opérateurs, dans certains commerces et en ligne, pour un coût modeste (en général autour de 5–6 euros, valable plusieurs années).

Où et comment charger sa MoBIB

La carte peut être rechargée via plusieurs canaux : automates (GO à Bruxelles, bornes De Lijn ou TEC, machines SNCB), guichets, e-shops des opérateurs ou directement via certaines applis officielles. Sur l’app STIB-MIVB, par exemple, un téléphone compatible NFC permet de lire le contenu de la carte et d’y ajouter des titres Brupass ou des tickets 10 voyages, avec un délai de prise en compte d’au moins 24 heures.

Bon à savoir :

Acheter un ticket à bord du bus est possible, mais plus cher que via une carte MoBIB ou les applications mobiles. À l’inverse, certains titres de transport numériques, comme certains passes multi-trajets de la SNCB, sont légèrement moins chers lorsqu’ils sont achetés via les applications.

Trains : l’ossature du pays

Le train est souvent le moyen le plus rapide pour traverser la Belgique. Le réseau est dense, les trajets nationaux sont relativement courts – le plus long depuis Bruxelles, vers Arlon, dure moins de trois heures – et les gares principales offrent une bonne interconnexion avec les autres modes.

Les différents types de trains SNCB

La SNCB distingue plusieurs catégories de services. Les InterCity (IC) relient les grandes villes belges et quelques destinations adjacentes à l’étranger, souvent sans marquer tous les arrêts intermédiaires. Les trains locaux (L) desservent, eux, les petites gares, reliant les villes moyennes et les villages aux centres régionaux.

Aux heures de pointe, des trains supplémentaires, appelés P ou “trains d’heure de pointe”, renforcent l’offre, notamment le matin et la fin d’après-midi. Autour de Bruxelles et de quelques grandes métropoles comme Anvers, Gand, Liège ou Charleroi, des trains suburbains S ou RER/GEN assurent une desserte fréquente du bassin périurbain.

Horaires et fréquence

La plupart des lignes fonctionnent de 4–5 heures du matin jusqu’à minuit environ. Sur certains axes, l’intervalle peut monter à une heure en soirée ou le week-end, d’où l’intérêt de vérifier les horaires avant de se rendre en gare. Le réseau souffre régulièrement de retards, documentés via l’open data d’Infrabel (le gestionnaire de l’infrastructure) qui publie des statistiques de ponctualité, mais les trains restent globalement fiables pour des déplacements interurbains.

Tarifs et grandes formules de billets

Contrairement à ce qui se pratique dans d’autres pays européens, les tarifs domestiques de la SNCB ne varient pas selon l’anticipation de l’achat ou l’heure du trajet : le prix dépend essentiellement de la distance et de la classe (1re ou 2e).

Quelques produits phares structurent l’offre tarifaire :

Produit SNCBPublic cibleAvantage principalPrix indicatif*
Billet standardTousTrajet simple, valable la journéePrix selon distance
Senior Ticket / billet senior65+Aller-retour partout en Belgique à tarif réduitEnviron 7–8,50 €
Billet Youth / Go Pass< 26 ansForfait unique partout en Belgique (trajet simple)~7,50 €
Standard Multi (10 trajets)Tous10 trajets transférables, valable un an~102–105 €
Youth Multi (10 trajets)12–25 ans10 trajets à prix réduit, transférables~60–62 €
Weekend TicketTous-50 % sur l’aller-retour, du vendredi soir au dimancheRéduction sur prix normal

Les montants exacts peuvent légèrement varier selon canal d’achat (app, guichet, borne).

Les billets simples sont en général valables sur n’importe quel train de la journée, sans réservation. Sur les trains domestiques, aucune réservation de place n’est possible : on choisit simplement une voiture en 1re ou en 2de classe en fonction du billet.

Des réductions spécifiques complètent ce panorama : tarifs pour familles nombreuses, militaires, journalistes, allocataires sociaux, femmes enceintes (qui peuvent voyager en 1re classe au prix de la 2de), jeunes en formation, etc. Les enfants de moins de 12 ans peuvent voyager gratuitement avec un adulte payant (jusqu’à quatre enfants par adulte), et les personnes en situation de handicap bénéficient de réductions allant parfois jusqu’à 80 %, voire d’une gratuité en 2e classe pour les personnes aveugles ou malvoyantes.

Week-ends et vacances : les bons plans à connaître

Les week-ends sont particulièrement intéressants, grâce au Weekend Ticket qui offre 50 % de réduction sur les allers-retours effectués entre le vendredi soir et le dimanche. Pour les jeunes, des produits comme le Youth Holiday Pass (valable une semaine ou un mois pendant les vacances scolaires) permettent de voyager de façon quasi illimitée à prix fixe, pratique pour explorer le pays en été.

Astuce :

Les voyageurs âgés peuvent bénéficier du billet senior, une offre qui permet de traverser la Belgique à moindre coût. Cette option comporte certaines restrictions, comme un départ possible seulement après une heure spécifique en semaine et des limitations d’utilisation durant certains week-ends de la période estivale.

Se déplacer avec un vélo ou un animal

La Belgique encourage l’intermodalité train + vélo, mais le transport de bicyclette reste encadré. Sur les trains SNCB, un vélo non pliable nécessite un supplément dédié (carte vélo à l’unité ou forfait journalier). Les vélos pliants, eux, voyagent gratuitement, à condition d’être repliés.

Certaines gares disposent de parkings vélos sécurisés – notamment Anvers-Berchem, Bruges, Bruxelles-Nord, Courtrai, Gand-Saint-Pierre, Malines, Nivelles – et une soixantaine de gares proposent de la location de vélos, en particulier via le réseau Blue-bike.

Concernant les animaux, les règles varient selon l’opérateur, mais sur les trains classiques, les petits animaux en caisse (dimensions limitées) voyagent souvent gratuitement, tandis que les chiens plus grands doivent être muselés et tenus en laisse, avec un forfait modique à payer. Les chiens guides voyagent gratuitement sans restriction.

Les réseaux régionaux : STIB-MIVB, De Lijn et TEC

En dehors du train, la réalité quotidienne des transports belges se joue largement sur les réseaux urbains et régionaux.

Bruxelles : STIB-MIVB et Brupass

La STIB-MIVB gère bus, trams et métro dans la Région de Bruxelles-Capitale. La ville possède quatre lignes de métro “classique” (M1, M2, M5, M6) et trois lignes de prémétro (lignes de tram en tunnel) pour un total de 59 stations. À cela s’ajoutent 19 lignes de tram et plus de 60 lignes de bus de jour, complétées par un réseau nocturne, Noctis, qui circule le vendredi et le samedi de minuit à 3 heures du matin, avec 11 lignes rayonnant depuis la Bourse.

Les services fonctionnent généralement de 5–6 heures du matin à minuit. Les tickets STIB sont valables sur l’ensemble du réseau (bus, tram, métro) pour une durée d’environ 60 minutes, avec possibilité de correspondances.

Attention :

Le produit Brupass permet de voyager sur les réseaux STIB, SNCB, De Lijn et TEC à l’intérieur de Bruxelles et dans un rayon de 11,5 km autour des 19 communes. La version Brupass XL étend cette zone vers certaines gares de la périphérie et l’aéroport.

Titre à BruxellesRéseau couvertValidité principalePrix indicatif*
Ticket 1 heureSTIB-MIVBBus, tram, métro (transferts inclus)~2,10–2,80 €
BrupassSTIB + SNCB + De Lijn + TEC (zone 11,5 km)Multimodal dans la zone BrupassAbonnement mensuel ~56,5 €
Brupass XLIdem + couronne élargie, aéroportMultimodal zone étendueAbonnement mensuel ~78 €
Abonnement STIB annuelSTIB-MIVBRéseau complet499 € (tarif plein)

Les montants précis varient légèrement selon support (carte, contactless, app).

Les jeunes bruxellois de 18 à 24 ans bénéficient d’un abonnement STIB à 12 euros par an, tout comme les élèves de 12 à 24 ans. Depuis 2023, les plus de 65 ans domiciliés à Bruxelles profitent également d’un abonnement annuel STIB à 12 euros (contre 60 euros pour les seniors non bruxellois), ce qui a largement démocratisé l’usage du réseau.

De Lijn : bus et trams en Flandre

En Flandre, De Lijn opère la quasi-totalité des bus et trams. Les grandes villes comme Anvers, Gand, Louvain ou Bruges sont bien couvertes, avec certaines lignes circulant jusqu’à 2–3 heures du matin les week-ends dans les grandes agglomérations (notamment sous l’appellation Nachtnet à Anvers). En zone rurale, l’offre se réduit en soirée et les horaires de week-end sont plus limités.

De Lijn propose des tickets unitaires, des passes 10 voyages, des tickets journaliers et même des carnets de 50 trajets valables trois mois. Les enfants de moins de 5 ans voyagent gratuitement. Des abonnements Buzzy Pazz (6–24 ans) et Omnipas (25–64 ans, puis 65+) permettent des déplacements illimités à un tarif annuel ou mensuel.

Titre De LijnPublic cibleCaractéristiquesPrix indicatif
Ticket simpleTous60 minutes, bus ou tram~3 €
Lijnkaart (10 trajets)Tous10 trajets avec réduction~21 €
Ticket 50 trajetsVoyageurs fréquents50 trajets valables 3 mois~91 €
Day PassTouristes / usagers intensifsTrajets illimités 1 jour~9 €
Buzzy Pazz / OmnipasJeunes / adultes / 65+Abonnements mensuels ou annuelsTarif selon catégorie

Les tickets peuvent être achetés via l’app De Lijn, par SMS, en contactless à bord ou dans les points de vente. Là encore, buying auprès du conducteur coûte plus cher. De nombreuses communes subventionnent en partie les abonnements pour certaines tranches d’âge, comme la ville de Gand qui offre un Buzzy Pazz gratuit jusqu’à 15 ans.

TEC : bus en Wallonie et prémétro à Charleroi

En Wallonie, TEC assure les bus régionaux et dispose aussi d’un réseau de prémétro/“métro léger” à Charleroi. L’offre nocturne est plus limitée qu’en Flandre ou à Bruxelles : il n’existe pas de réseau de nuit structuré, même si certaines lignes circulent tard le soir dans les grands centres urbains.

Exemple :

Le TEC utilise un système tarifaire basé sur des zones. Le ticket simple « Next » est valable pour un trajet couvrant jusqu’à deux zones. Pour une mobilité étendue, le ticket « Horizon » offre un accès illimité aux zones sur les lignes classiques, tandis que le ticket « Horizon Plus » inclut également les lignes Express. Il est plus avantageux d’acheter ses billets en prévente (via l’e-shop, l’application, les automates ou les Points TEC) qu’à bord du véhicule.

En termes de réductions, les enfants de moins de 6 ans voyagent gratuitement, ceux de 6–11 ans peuvent obtenir un abonnement gratuit (sur MoBIB nominative), tandis que les 18–24 ans et les plus de 65 ans bénéficient d’abonnements annuels à très bas coût, souvent autour de 12 euros.

Métro, trams et bus : optimiser ses trajets urbains

Dans les grandes villes belges, le choix entre bus, tram et métro dépend autant de la destination que de l’heure.

Métro bruxellois : rapidité et correspondances

Le métro de Bruxelles, en service depuis les années 1970, transporte des millions de passagers par an. Il est connecté à six gares nationales et à un maillage dense de trams et de bus. Les lignes 1 et 5 traversent la ville d’est en ouest, tandis que les lignes 2 et 6 forment une boucle plus ou moins circulaire autour du centre.

Une extension majeure est en cours avec la future ligne 3, qui transformera notamment un tronçon de prémétro entre Nord et Albert en véritable ligne de métro automatisée, avec un nouveau terminus à Bordet puis, à terme, une extension vers le sud.

Bon à savoir :

Le métro est le moyen le plus rapide pour traverser Bruxelles aux heures de pointe. Un ticket d’une heure permet d’utiliser le métro, le tram et le bus en combinaison, facilitant les correspondances. Il est impératif de valider son ticket à chaque montée.

Trams : backbone des villes flamandes et du littoral

Les trams d’Anvers, Gand et Bruxelles sillonnent les quartiers denses, souvent plus vite que les bus puisqu’ils bénéficient de sites propres ou de tunnels (prémétro). La Kusttram, longue de 67 km, dessert toutes les villes côtières entre la frontière française et la frontière néerlandaise ; un pass journée, proposé à un tarif attractif, constitue un bon plan pour découvrir le littoral.

Exemple :

À Bruxelles, certaines lignes de tram sont considérées comme des ‘classiques touristiques’. Par exemple, les lignes 92 et 94 longent des sites majeurs comme le parc de Bruxelles, le Palais royal et les musées des Beaux-Arts. De son côté, la ligne 51 conduit les visiteurs vers des attractions emblématiques telles que l’Atomium et Brupark.

Bus urbains et de nuit

Les bus complètent la couverture des quartiers non desservis par le métro ou le tram, surtout dans les périphéries. À Bruxelles, les lignes de jour circulent jusqu’à minuit environ, tandis que Noctis prend le relais le week-end, avec un tarif identique aux services diurnes.

En Flandre, De Lijn propose un ensemble de lignes de soirée et de nuit dans des villes comme Gand, Bruges, Ostende, Louvain ou Anvers, parfois jusqu’à 3 heures du matin. Les horaires et fréquences variant beaucoup d’une région à l’autre, il est indispensable de consulter l’appli De Lijn ou les horaires en ligne avant un déplacement tardif.

Accessibilité : un réseau encore inégal mais en progrès

L’accessibilité des transports belges est contrastée. Bruxelles a adhéré à la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées, qui impose l’accessibilité des transports, mais la réalité de terrain reste mitigée.

Dans la capitale, les bus de la STIB-MIVB sont quasiment entièrement accessibles, équipés de rampes (souvent électriques) et d’un emplacement réservé aux fauteuils roulants, même si l’absence fréquente de sangles de fixation peut poser problème. Chaque bus ne dispose que d’un seul espace fauteuil. Côté métro, environ la moitié des 59 stations sont aujourd’hui équipées d’ascenseurs permettant un accès de plain-pied du trottoir au quai. Le franchissement entre le quai et la rame reste toutefois parfois difficile, avec des marches ou des écarts pouvant atteindre 6–7 pouces dans certaines stations du centre, alors qu’ils sont plus réduits en périphérie.

Bon à savoir :

Pour les voyageurs ayant besoin d’assistance, la STIB-MIVB propose de réserver une aide à la montée ou à la descente en contactant un service dédié par téléphone ou via un formulaire en ligne. Une assistance ponctuelle est également disponible via les bornes d’appel dans les stations, mais il faut prévoir des délais pouvant aller jusqu’à une heure.

Sur le rail, la situation est plus problématique. Début 2022, seules 4,5 % des gares belges étaient considérées comme accessibles, et près de 377 gares ne disposaient ni d’aide ni d’accès de plain-pied. La SNCB a depuis accéléré ses investissements : plus de 100 gares sont désormais pleinement accessibles, et l’objectif affiché est de porter ce chiffre à 150 d’ici 2025 puis 176 d’ici fin 2032, ce qui couvrirait près de 70 % des voyageurs.

Bon à savoir :

Pour améliorer l’accessibilité, la SNCB investit dans la standardisation de la hauteur des quais, l’installation de bandes podotactiles, de distributeurs accessibles, de boucles à induction pour malentendants et de nouvelles rames M7. Ces voitures à deux niveaux, produites par Alstom, sont équipées de rampes automatiques, de portes à hauteur de quai (76 cm), de boutons abaissés, de toilettes adaptées et d’interphones. Au moins une voiture par composition est facilement accessible.

Le service d’assistance SNCB est gratuit et disponible du premier au dernier train dans 132 gares, dont 115 gares accessibles et 17 gares “relais” où des taxis assurent la connexion vers une gare assistée. La demande doit se faire à l’avance (24 h pour les trajets nationaux, 48 h pour les internationaux) via un numéro unique ou en ligne, avec rendez-vous au point de rencontre défini 15 à 30 minutes avant le départ.

Les personnes handicapées peuvent obtenir une carte nationale de réduction, souvent synonyme de voyages gratuits ou très fortement réduits sur l’ensemble du territoire, et un accompagnant bénéficie, lui, d’une carte de “carer” gratuite pour voyager sans payer à bord des trains.

Réductions et gratuités : seniors, étudiants, familles

Le système belge cumule des politiques sociales fortes, notamment en faveur des jeunes, des seniors et des personnes à faibles revenus. La complexité naît du fait que chaque opérateur et chaque région a ses propres règles, même si la base est assez cohérente.

Jeunes et étudiants

À Bruxelles, les moins de 25 ans – qu’ils soient étudiants ou non – peuvent obtenir un abonnement STIB annuel à 12 euros seulement. Cette mesure, d’abord réservée aux scolaires, a été étendue aux autres jeunes en 2022. Côté SNCB, les moins de 26 ans profitent de tarifs avantageux avec le billet Youth ou les passes multi-trajets Youth Multi, et les étudiants peuvent bénéficier de réductions de 80 % sur certains abonnements de train domicile–école.

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En Wallonie, les jeunes de 18 à 24 ans peuvent bénéficier d’un abonnement TEC à un tarif réduit, parfois dès 12 euros.

Seniors

Les plus de 65 ans disposent de réductions conséquentes, en particulier sur le rail. Le Senior Ticket de la SNCB permet de parcourir le pays à tarif forfaitaire, parfois autour de 7–8 euros l’aller-retour, sous certaines conditions d’horaire. En région bruxelloise, un abonnement STIB spécifique aux 65+ est proposé, et son prix a drastiquement baissé pour les résidents (12 euros l’année).

Bon à savoir :

Les sociétés de transport De Lijn et TEC proposent des abonnements dédiés aux seniors (ex. : Omnipas 65+, Horizon+65+), offrant une grande liberté de déplacement pour un prix très réduit. De plus, de nombreuses institutions culturelles (musées, expositions) appliquent des tarifs préférentiels à partir de 60 ou 65 ans, rendant l’usage des transports en commun encore plus avantageux pour cette tranche d’âge.

Personnes à revenus modestes et familles

Les personnes bénéficiant d’un statut d’intervention majorée auprès de leur mutuelle, d’allocations spécifiques ou d’une reconnaissance comme grande famille obtiennent des réductions notables, parfois jusqu’à la gratuité totale sur certains réseaux. C’est le cas, par exemple, de bénéficiaires d’indemnités majorées qui peuvent acheter un abonnement annuel De Lijn à 66 euros, ou voyager gratuitement sur certains services.

Les familles nombreuses bénéficient de rabais sur les billets SNCB, les familles avec trois enfants ou plus pouvant obtenir des réductions allant de 50 % à 100 % selon les cas. Chaque adulte payant peut par ailleurs voyager avec jusqu’à quatre enfants de moins de 12 ans gratuitement sur les trains.

Outils numériques : des applis pour s’y retrouver

Face à la complexité potentielle des règles de tarification et des correspondances, les applications mobiles jouent un rôle central.

L’appli SNCB/NMBS

Utilisée par plus d’un million de voyageurs par mois, l’appli SNCB centralise la planification de trajets porte à porte, l’achat de billets (simples, Multi, abonnements Flex, Brupass, titres De Lijn), le suivi en temps réel des trains, des bus, trams et métros intégrés et des alertes trafic. Elle indique aussi le degré d’occupation estimé des trains.

Attention :

L’application accepte la plupart des moyens de paiement électroniques (Bancontact, Visa, Mastercard, American Express, PayPal). Cependant, des utilisateurs ont signalé des problèmes : reconnexions fréquentes nécessaires, bugs avec PayPal, difficulté à identifier le bon logo d’opérateur pour les billets combinés, et impossibilité de charger certains abonnements étudiants sur une carte MoBIB existante.

Appli STIB-MIVB et Floya à Bruxelles

L’appli STIB-MIVB permet d’acheter des tickets Brupass (et Brupass XL) à l’unité ou par 10, de planifier des trajets multimodaux au sein de Bruxelles et de consulter en temps réel l’état des ascenseurs et escalators, un point crucial pour les personnes à mobilité réduite. L’utilisateur peut aussi, via NFC, lire et recharger sa carte MoBIB, suivre le nombre de voyages restants, ou vérifier si un arrêt est accessible.

Floya : l’application de mobilité intégrée

Lancée en 2023 par la STIB et Bruxelles Mobilité, Floya est une plateforme unique qui combine et simplifie tous les déplacements urbains.

Transports publics unifiés

Accès et informations pour tous les opérateurs de transports en commun de Bruxelles.

Mobilités douces

Intègre la marche, le vélo et les trottinettes dans votre itinéraire.

Mobilité partagée

Comparez et accédez aux services de voitures partagées et de taxis.

Planification et paiement

Un outil unique pour comparer, planifier vos trajets et régler vos voyages.

De Lijn, TEC et appli tierces

Les applis De Lijn et TEC remplissent des fonctions similaires : horaires en temps réel, achats de tickets, localisation de points de vente, gestion d’abonnements. Les retours utilisateurs signalent toutefois des problèmes récurrents sur l’appli TEC (cartes des zones peu claires, bugs de paiement, plantages) et quelques difficultés côté De Lijn après la réforme récente de son réseau.

Des applis tierces comme BeTrains, Citymapper, Google Maps, Brussels Transport Live ou Omio complètent le paysage. Certaines permettent de planifier des trajets multimodaux à l’échelle du pays voire à l’international, de comparer le train avec le car ou l’avion, ou d’accéder à des cartes hors ligne.

Intermodalité : combiner vélo, tram, train et plus encore

La Belgique mise de plus en plus sur l’intermodalité pour réduire congestion et pollution. On retrouve cette logique dans la place accordée aux vélos, dans les P+R (parkings relais) ou dans les bonus comme Bruxell’Air, qui propose jusqu’à 900 euros de budget mobilité aux Bruxellois renonçant à leur voiture thermique.

Vélos dans les transports et parkings

Les bus acceptent rarement les vélos non pliants, mais certains projets pilotes ont testé des racks à vélo à l’arrière des cars express (par exemple sur la ligne TEC E5 entre Nivelles et Namur). Le métro et les trams de Bruxelles, Anvers, Gand ou Charleroi tolèrent les vélos à certaines heures, en dehors des périodes de pointe en semaine, à condition d’utiliser les portes marquées du pictogramme vélo et de ne pas gêner les autres voyageurs.

Bon à savoir :

Le transport de vélos dans les trains est généralement payant (sauf pour les vélos pliants) et des espaces dédiés existent à bord. De nombreuses gares proposent des parkings à vélos gratuits ou sécurisés. De plus, une réglementation européenne vise à obliger les compagnies ferroviaires à prévoir suffisamment d’emplacements vélos dans les nouvelles rames et lors des rénovations.

Taxis, covoiturage et autres options

Les taxis restent un complément utile, même si les tarifs sont supérieurs aux transports publics. Ils sont régulés, doivent afficher leur tarification et délivrer un reçu mentionnant l’identifiant du chauffeur. À Bruxelles, les taxis sont souvent noirs avec un damier jaune et noir.

Les plateformes de VTC comme Uber ou Bolt opèrent dans plusieurs villes, notamment Bruxelles, Mons et Charleroi. Elles permettent de combiner aisément un trajet en train ou en tram avec un “dernier kilomètre” en voiture.

Enfin, un service original, le Waterbus, fonctionne sur le canal de la Senne entre Vilvorde et Bruxelles, de mai à fin octobre. Il assure une liaison de loisirs mais aussi utilitaire, avec possibilité d’embarquer des vélos, et constitue une alternative agréable à la route.

Gérer retards, grèves et travaux

Comme ailleurs en Europe, le réseau belge n’échappe ni aux travaux lourds ni aux mouvements sociaux. Les grèves de la SNCB ou d’Infrabel entraînent régulièrement un plan de transport réduit, avec des listes de trains maintenus publiées 24 à 48 heures à l’avance. Dans ces cas, il est conseillé de vérifier systématiquement son train sur les sites ou applis officielles et, pour l’international, sur les pages d’info trafic de chaque opérateur (Eurostar, TGV INOUI, ICE, Nightjet, etc.).

Attention :

En cas de retard supérieur à une heure, le droit européen offre plusieurs options : se faire rembourser, poursuivre le voyage au plus tôt, ou le reporter à une date ultérieure, selon les conditions du billet. Il est crucial de conserver tous les titres de transport et, si possible, de faire tamponner le billet ou d’obtenir une attestation de retard afin de faciliter toute demande d’indemnisation.

Les travaux planifiés – par exemple sur des lignes internationales vers Amsterdam ou Cologne – sont généralement annoncés longtemps à l’avance, avec parfois des détours importants (gare fermée, bus de remplacement, allongement des temps de trajet). Les planificateurs de voyage des opérateurs tiennent compte de ces modifications, mais un contrôle de dernière minute reste conseillé.

Quelques conseils pratiques pour bien utiliser le système

S’orienter dans ce paysage complexe devient beaucoup plus simple avec quelques réflexes.

D’abord, penser “axe train + réseaux locaux” : pour traverser le pays, le rail est presque toujours la base, les bus et trams servant à boucler les derniers kilomètres. Ensuite, profiter à fond des produits combinés comme Brupass autour de Bruxelles, qui évitent de multiplier les billets différents pour chaque réseau.

Astuce :

Les étudiants, les jeunes, les seniors, les personnes en situation de handicap ou à faibles revenus ont généralement intérêt à effectuer les démarches pour obtenir une carte spécifique (comme la MoBIB nominative, la carte de réduction SNCB ou la carte nationale de handicap). Ces cartes ouvrent droit à des tarifs radicalement plus bas, voire à la gratuité des transports.

Enfin, s’appuyer sur les applis officielles pour planifier les trajets, vérifier en temps réel les retards et acheter ses billets à l’avance, de préférence sur support numérique ou MoBIB, afin d’éviter les surcoûts à bord ou les files aux guichets.

Au quotidien, cette combinaison de réseau dense, de réductions abondantes et d’outils numériques fait des transports en commun en Belgique une option crédible, souvent plus pratique que la voiture, surtout dans et autour des grandes villes. À condition de connaître les grandes règles du jeu, les possibilités sont vastes pour circuler efficacement du littoral flamand aux collines wallonnes en passant par le cœur de Bruxelles.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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