S’installer en Belgique, c’est entrer dans un pays où la religion est partout… et nulle part à la fois. Les clochers rythment encore les paysages, des mosquées se multiplient dans les grandes villes, des synagogues structurent des quartiers entiers, mais la majorité de la population se dit aujourd’hui sans religion. Pour un expatrié, cela peut sembler paradoxal et parfois déstabilisant.
Ce guide aborde les implications concrètes des pratiques religieuses sur place, incluant les jours fériés, les codes vestimentaires, la vie sociale, les lieux de culte, les débats de société et les ressources pour trouver une communauté spirituelle.
Un paysage religieux très divers, mais largement sécularisé
La première chose à comprendre est que la Belgique conjugue deux réalités : un héritage chrétien très fort et une sécularisation avancée. Autrement dit, les références religieuses structurent encore le calendrier, l’architecture, le droit ou l’école, alors même qu’une majorité de Belges ne pratiquent plus.
Les données récentes montrent clairement cette évolution.
Qui croit encore à quoi ?
Plusieurs enquêtes permettent de mesurer l’état des croyances et appartenances. Prises ensemble, elles montrent un glissement rapide vers l’agnosticisme et l’athéisme, tout en confirmant la place centrale du christianisme et la montée de l’islam.
| Source / Année | Sans religion | Chrétiens (total) | Catholiques | Protestants & autres chrétiens | Orthodoxes | Musulmans | Autres religions |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| European Social Survey 2023 | 58,7 % | 33,9 % | 31,1 % | 1,3 % | 0,6 % | 6 % | ~1–2 % |
| Eurobaromètre 2019 | 27 %* | > 64 %* | n.d. | n.d. | n.d. | 2 % | n.d. |
| Ipsos (enquête en ligne, 2023) | 47 % | 44 % | 38 % | 5 % | n.d. | 4 % | 2 % |
| Rapport Église catholique 2023 (2022) | n.d. | 50 % | 50 % | n.d. | n.d. | n.d. | n.d. |
– L’enquête 2019 distingue « non religieux » (17 %) et « athées » (10 %), soit 27 % au total. Part de la population se déclarant catholique, toutes pratiques confondues.
La proportion de personnes se déclarant sans religion dépasse ce pourcentage dans les enquêtes récentes.
Pour un expatrié, cela signifie qu’afficher une appartenance religieuse reste parfaitement accepté, mais qu’il n’est pas surprenant d’avoir des collègues, voisins ou amis totalement indifférents à ces questions.
Une pratique religieuse en forte baisse
Ce décalage entre identité et pratique est particulièrement net dans le catholicisme. Les chiffres de participation aux offices illustrent la tendance.
| Indicateur (catholicisme) | Valeur approximative |
|---|---|
| Participation à la messe dominicale (Belgique, 2009) | 5 % de la population |
| Participation à la messe dominicale (Flandre, 1998) | 12,7 % |
| Participation à la messe dominicale (Flandre, 2009) | 5,4 % |
| Fréquentation de la messe au moins 1x/mois (2022) | 8,9 % des catholiques |
| Dimanche type d’octobre 2024 (Belgique) | 173 335 personnes à la messe |
| Anciens chiffres de Noël (Flandre, 2006) | 11,5 % à la messe de Noël |
On observe aussi un phénomène inédit : des milliers de personnes demandent officiellement à quitter les registres de baptême, surtout en Flandre. Malgré cela, certains indicateurs, comme les baptêmes d’adultes, repartent légèrement à la hausse, signe que la religion ne disparaît pas, mais change de visage.
Pour un expatrié pratiquant, la baisse générale de la fréquentation des églises peut se manifester par des paroisses vieillissantes et des églises parfois à moitié vides. Cependant, à Bruxelles, la forte présence étrangère crée une dynamique différente, maintenant un noyau pratiquant plus vif et cosmopolite au sein des paroisses.
Cadre légal : liberté de culte, religions reconnues et neutralité
La Belgique est un État laïque au sens juridique : l’État et les organisations religieuses sont distincts, mais l’État ne se désintéresse pas pour autant des cultes. Il les encadre, les finance partiellement et garantit la liberté de religion.
Liberté de religion et reconnaissance officielle
La Constitution garantit la liberté de culte, le droit de pratiquer sa religion et de ne pas y participer, et protège contre la discrimination fondée sur la croyance. Sur cette base, le pays reconnaît officiellement plusieurs cultes et organisations philosophiques.
| Statut | Groupes concernés | Effets principaux |
|---|---|---|
| Cultes reconnus | Catholicisme, protestantisme (évangéliques inclus), anglicanisme, judaïsme, islam, orthodoxie | Subventions publiques, rémunération du clergé, présence à l’école publique |
| Organisations philosophiques reconnues | Mouvements laïques/humanistes non confessionnels | Subventions et « conseillers moraux » financés |
| En voie de reconnaissance | Bouddhisme (dans le cadre d’organisation séculière) | Processus administratif en cours |
Important pour un expatrié : l’absence de reconnaissance n’interdit pas la pratique. Simplement, les ministres de ces cultes ne reçoivent pas de traitement de l’État, et ces communautés doivent financer elles-mêmes leurs infrastructures.
Neutralité de l’État et port de signes religieux
Le principe de neutralité est central, mais son interprétation varie selon les autorités, en particulier dans la fonction publique et l’enseignement.
Quelques repères clés sont essentiels pour bien appréhender le contexte et l’environnement spécifiques du sujet traité.
– L’État peut surveiller et étudier des groupes religieux, surtout s’ils ne sont pas reconnus, mais il ne peut ni interdire un culte pacifique, ni imposer de croyance.
– Les enseignants, policiers, magistrats ou agents de certains services publics peuvent être soumis à des règles strictes de neutralité interdisant les signes religieux visibles.
– Le port de vêtements couvrant le visage (niqab, burqa) est interdit dans l’espace public par une loi nationale ; cette interdiction a été validée par la Cour européenne des droits de l’homme, malgré des critiques d’instances onusiennes.
– Les écoles publiques flamandes (réseau GO!) appliquent largement des interdictions de signes religieux visibles pour élèves et enseignants, tandis qu’en Wallonie, les décisions sont plus décentralisées mais aboutissent souvent à des interdictions de fait.
Pour un expatrié musulman, sikh ou appartenant à une tradition religieuse avec des codes vestimentaires visibles, ces règles peuvent influencer le choix de l’école, de l’employeur ou du lieu de résidence. Il est indispensable de vérifier les règlements internes avant une inscription scolaire ou une embauche pour éviter tout conflit ou inconvénient.
Le catholicisme : majorité culturelle, minorité pratiquante
Même en recul, le catholicisme reste la matrice historique du pays : il structure les jours fériés, l’enseignement, une partie des hôpitaux et maisons de repos, et continue d’inspirer nombre de fêtes populaires.
Le réseau catholique conserve une place singulière dans l’éducation et les soins.
| Secteur | Part estimée des institutions catholiques |
|---|---|
| Enseignement secondaire | ~70 % des élèves dans des écoles catholiques |
| Universités | 2 grandes universités catholiques (KU Leuven, UCLouvain) |
| Lits d’hôpitaux en Flandre | Environ 75 % |
| Lits d’hôpitaux en Wallonie | Environ 42 % |
| Maisons de repos | Environ 1/3 du secteur |
Les écoles catholiques sont ouvertes à tous, y compris aux non-croyants et aux élèves d’autres religions. Elles combinent programme officiel et cours de religion catholique, même si, dans les faits, beaucoup d’élèves sont peu pratiquants.
Les hôpitaux et maisons de repos catholiques proposent des services pastoraux mais accueillent des patients et résidents de toutes convictions. L’admission repose principalement sur des critères médicaux et sociaux, et non religieux, ce qui est rassurant pour les expatriés.
Diocèses, hiérarchie et paroisses
Le territoire catholique est structuré en un archidiocèse et sept diocèses.
| Diocèse / Archidiocèse | Année de création approximative |
|---|---|
| Archidiocèse de Malines–Bruxelles | 1559 |
| Anvers | 1961 |
| Bruges | 1834 |
| Gand | 1559 |
| Hasselt | 1967 |
| Liège | 720 |
| Namur | 1559 |
| Tournai | 450 |
Chaque diocèse regroupe des paroisses locales, parfois très vivantes, parfois en grande difficulté démographique. Beaucoup doivent se regrouper, certaines églises sont fermées (plus de 130 entre 2018 et 2022) ou reconverties, parfois même confiées à d’autres confessions chrétiennes, notamment orthodoxes.
Pratiques et attitudes culturelles
Même si la pratique dominicale s’effondre, la majorité des Belges continuent d’utiliser les services de l’Église pour les grandes étapes de la vie : baptême, mariage, funérailles.
En 2007, à l’échelle du pays :
– un peu plus d’un quart des mariages passaient encore par l’Église,
– plus de la moitié des funérailles comportaient une cérémonie religieuse,
– plus de la moitié des enfants étaient baptisés.
À Bruxelles, moins de 15 % des enfants sont baptisés, reflétant une société plus sécularisée.
Pour un expatrié, cela signifie que : les défis et les opportunités d’une nouvelle culture, d’un nouveau mode de vie, et souvent d’un nouveau travail. L’adaptation peut être à la fois excitante et déroutante, nécessitant une flexibilité et une ouverture d’esprit. Les expatriés doivent souvent naviguer à travers des questions administratives, comme les visas, tout en établissant leur vie sociale et professionnelle dans un environnement étranger.
– si vous souhaitez un mariage religieux catholique, il faudra souvent passer par un mariage civil préalable, puis un parcours de préparation avec la paroisse,
– pour des funérailles, le prêtre et la liturgie restent des repères pour beaucoup de familles, même peu pratiquantes, mais la crémation et les cérémonies « laïques » gagnent du terrain.
À noter aussi : une large majorité des catholiques belges se montrent très libéraux sur certaines questions de société. Un sondage de 2017 indiquait par exemple un soutien de 83 % au mariage entre personnes du même sexe chez les catholiques interrogés. Cette attitude se retrouve dans l’ouverture de nombreuses paroisses, même lorsqu’elles restent attachées à la tradition liturgique.
L’islam : deuxième religion et forte présence urbaine
L’islam est aujourd’hui la deuxième religion du pays. Son essor est étroitement lié aux vagues de migration de main-d’œuvre d’après-guerre, notamment depuis le Maroc, la Turquie et d’autres pays du Maghreb.
Démographie et implantation
Les estimations varient, mais on situe la population musulmane entre 5 et près de 10 % de la population totale, selon les sources et années. Certaines données pour 2015–2022 convergent vers une fourchette de 5–7 %.
| Région / Ensemble | Part approximative de musulmans |
|---|---|
| Belgique (estimate 2015) | ~7 % (env. 782 000 personnes) |
| Flandre | 5,1 % |
| Wallonie | 4,9 % |
| Bruxelles-Capitale | 23–25 % |
Dans la capitale, l’islam est particulièrement visible : près d’un habitant sur quatre est de tradition musulmane. On compte plusieurs centaines de mosquées et salles de prière dans le pays (entre 328 et 380 selon certains recensements), avec des communautés majoritairement sunnites, et une minorité chiite significative à Bruxelles.
La Grande Mosquée de Bruxelles : un lieu emblématique
Située dans le parc du Cinquantenaire, la Grande Mosquée de Bruxelles est l’un des symboles de la présence musulmane dans le pays. L’édifice, à l’origine pavillon oriental de l’exposition de 1897, a été réaffecté au culte musulman dans les années 1970 et accueille aujourd’hui des milliers de fidèles, notamment le vendredi.
Le centre propose diverses activités au-delà de la prière, alliant dimension religieuse et intégration culturelle.
Accès à une collection de livres pour l’étude et la découverte.
Apprentissage de la langue arabe pour tous les niveaux.
Sessions pour découvrir et comprendre les fondements de l’islam.
Événements et ateliers pour favoriser les échanges et l’enrichissement.
Prises de parole en arabe et en néerlandais, reflétant l’intégration dans le contexte belge.
Pour un visiteur non musulman, il est possible d’entrer en dehors des heures de prière, sous réserve de respecter les codes :
– tenue couvrant épaules et genoux,
– retrait des chaussures avant d’entrer dans la salle de prière,
– attitude discrète et silencieuse,
– demande d’autorisation avant de prendre des photos.
Vie quotidienne et codes sociaux
Dans les grandes villes, il est facile de trouver :
La destination propose plusieurs services adaptés, notamment de la restauration halal avec de nombreux restaurants et boucheries spécialisés, des espaces de prière dans les gares, aéroports et certains centres commerciaux, ainsi que des activités touristiques ou visites guidées conçues pour les voyageurs musulmans.
Quelques points juridiques importants pour un expatrié musulman :
– Le port du hijab (foulard) est permis dans l’espace public, mais peut être interdit dans certaines écoles, institutions ou entreprises au nom de la neutralité.
– Les vêtements couvrant le visage (niqab, burqa) sont interdits dans l’espace public.
– Dans certaines piscines publiques ou plages, le burkini fait débat : certains règlements l’interdisent, même si des tribunaux ont parfois jugé ces interdictions discriminatoires.
Enfin, comme partout en Europe, le contexte sécuritaire (attentats, départs de combattants étrangers vers la Syrie, présence de courants salafistes) a entraîné une surveillance accrue de certains milieux et une hausse des actes islamophobes. Des associations comme le Collectif contre l’islamophobie, ou des initiatives locales, accompagnent les victimes de discrimination.
La communauté juive : dynamisme, traditions et fortes contraintes sécuritaires
La Belgique abrite une des communautés juives les plus anciennes et les plus structurées d’Europe, concentrée principalement à Bruxelles et surtout à Anvers.
Deux pôles majeurs : Bruxelles et Anvers
Les estimations varient d’environ 29 000 à 42 000 juifs dans le pays, mais les études démographiques détaillées montrent :
– environ 56 % de la population juive en région anversoise,
– environ 39 % à Bruxelles et alentours.
Anvers est parfois décrite comme le « dernier shtetl d’Europe » : une grande proportion de juifs y sont ultra-orthodoxes (haredim), avec de nombreuses synagogues, écoles, commerces cacher et une forte pratique quotidienne. Yiddish et hébreu y côtoient le néerlandais et le français, notamment dans le quartier diamantaire.
Bruxelles, plus francophone et institutionnelle, abrite une communauté plus diversifiée, souvent plus sécularisée, avec une pluralité de synagogues (orthodoxes, séfarades, réformées, dont une anglophone).
Synagogues, écoles et vie communautaire
La communauté dispose d’un réseau dense d’institutions :
| Type d’institution | Anvers | Bruxelles |
|---|---|---|
| Synagogues actives | ~30 (toutes orthodoxes) | >10 (orthodoxes, séfarades, réformées) |
| Écoles juives | 7 | 3 |
| Centres culturels / communautaires | Romi Goldmuntz, etc. | CCLJ, Cercle Ben Gurion, Maison de la culture juive, etc. |
À Anvers, la quasi-totalité des enfants juifs sont scolarisés dans des écoles juives, avec un enseignement religieux intensif. À Bruxelles, la mixité avec l’école laïque ou catholique est plus fréquente.
Pour un expatrié juif, ces structures offrent une intégration communautaire facilitée, en particulier si l’on souhaite une éducation juive pour ses enfants ou une vie religieuse rythmée par les fêtes et la cacherout.
Sécurité et antisémitisme
La vie juive en Belgique se déroule néanmoins sous haute surveillance. Les attaques terroristes, en particulier l’attentat au Musée juif de Bruxelles en 2014 (quatre morts), ont conduit à déployer l’armée devant des synagogues et écoles pendant plusieurs années.
Les études menées auprès des juifs de Belgique montrent :
– une perception très élevée de l’antisémitisme comme problème majeur,
– une forte proportion de personnes ayant envisagé l’émigration,
– une tendance à éviter les symboles visibles (kippa, étoile de David) dans l’espace public par crainte d’agression.
Pour un expatrié, cela signifie que l’on peut vivre pleinement sa judéité en Belgique, mais dans un environnement marqué par des mesures de sécurité renforcées et une vigilance constante. Les synagogues sont souvent accessibles sur inscription ou après contrôle, et les bâtiments communautaires sont protégés.
Protestants, évangéliques et Églises internationales
Numériquement minoritaires, les protestants et évangéliques belges disposent néanmoins d’un réseau structuré, notamment via l’organe de coordination ARPEE/CACPE et l’Église protestante unie de Belgique.
Un paysage protestant éclaté mais dynamique
Les protestants représentent environ 2 à 4 % de la population selon les sources. La mosaïque est très diverse : Églises réformées historiques, communautés évangéliques, pentecôtistes, baptistes, adventistes, anglicans, etc.
Pour les expatriés, surtout anglophones, ce sont souvent les communautés les plus accessibles, car plusieurs proposent des cultes en anglais, parfois interconfessionnels, comme :
Une sélection de communautés chrétiennes proposant des cultes en anglais ou adaptés aux expatriés.
Culte bilingue anglais/néerlandais à Anvers.
Communauté interdénominationnelle anglophone à Anvers.
Église presbytérienne internationale à Bruxelles.
Église internationale de Bruxelles, très ouverte aux étrangers.
Communauté anglophone/internationale à Jurbise (région de Mons).
Ces Églises se distinguent souvent par :
– un culte moins liturgique que le catholicisme,
– un style musical contemporain,
– une forte dimension communautaire (groupes de maison, événements familiaux),
– un usage courant de l’anglais.
Pour un expatrié chrétien non catholique, c’est un point d’ancrage précieux, autant spirituel que social : on y rencontre d’autres étrangers, on y obtient des informations pratiques sur la vie locale, et l’on peut y trouver un accompagnement dans sa langue.
Autres religions : bouddhisme, hindouisme, jaïnisme, nouveaux mouvements
La pluralisation religieuse ne s’arrête pas au trio christianisme–islam–judaïsme. D’autres traditions, souvent liées à l’immigration ou aux conversions individuelles, gagnent en visibilité.
Hindouisme et jaïnisme, surtout à Anvers
Les communautés hindoue et jaïne restent numériquement modestes, mais bien implantées, principalement dans le milieu du diamant à Anvers.
| Religion | Estimation de population (approx.) | Particularités notables |
|---|---|---|
| Hindouisme | ~10 000 (2020) | Fort lien avec diaspora indienne et népalaise, demandes de reconnaissance officielle, quelques temples et associations culturelles |
| Jaïnisme | ~2 000 (2020) | Principalement commerçants du diamant, temple jaïn de Wilrijk (unique en Europe continentale) |
Les expatriés originaires d’Inde ou du Népal trouvent donc un environnement religieux familier, même si l’hindouisme n’est pas encore un culte reconnu au sens belge du terme.
Bouddhisme, confucianisme et spiritualités asiatiques
Les chiffres varient selon les méthodologies, mais on estime que : les données peuvent refléter des réalités différentes selon les approches utilisées.
Selon les sondages, entre 0,2 % et 2 % de la population française se déclare bouddhiste, cette fourchette variant selon la méthode d’enquête.
Il s’agit souvent de convertis belges, de membres de la diaspora chinoise ou vietnamienne, et de pratiquants inscrits dans des centres urbains. Le bouddhisme est en cours de reconnaissance comme organisation philosophique, ce qui devrait à terme structurer davantage l’offre (aumôneries, cours, etc.).
Nouveaux mouvements et tradition proprement belge
La Belgique a vu naître un mouvement religieux spécifique, l’Antoinisme, fondé par Louis-Joseph Antoine au début du XXe siècle. Ce courant, d’inspiration chrétienne et guérisseuse, reste marginal mais témoigne de la créativité spirituelle locale.
S’ajoutent à cela les Témoins de Jéhovah, Scientology et d’autres groupes non reconnus, qui disposent de lieux de culte ou de centres dans les grandes villes, même s’ils ne bénéficient pas de financements publics.
Jours fériés et fêtes : un calendrier très chrétien… pour tous
Même si la pratique religieuse diminue, le calendrier officiel reste largement structuré par les grandes fêtes chrétiennes et par l’histoire nationale. Pour un expatrié, c’est souvent là que la religion se manifeste le plus concrètement : jours chômés, horaires réduits, commerces fermés.
Les dix jours fériés nationaux
La Belgique compte dix jours fériés légaux, auxquels s’ajoutent la plupart des dimanches.
| Fête officielle nationale | Ancrage principal | Pratiques courantes |
|---|---|---|
| Jour de l’An (1er janvier) | Tradition civile et populaire | Réveillon, vœux, visites familiales |
| Lundi de Pâques | Fête chrétienne (Résurrection) | Chasse aux œufs, repas en famille |
| Fête du Travail (1er mai) | Mouvement ouvrier, laïc | Défilés, manifestations, muguet |
| Ascension (jeudi, 40 jours après Pâques) | Fête chrétienne | Processions, notamment à Bruges (Procession du Saint-Sang) |
| Lundi de Pentecôte | Fête chrétienne | Week-end prolongé, activités en plein air |
| Fête nationale (21 juillet) | Histoire politique (monarchie) | Défilé militaire, feux d’artifice à Bruxelles |
| Assomption (15 août) | Fête mariale catholique | Pèlerinages, grandes fêtes populaires (ex. Liège) |
| Toussaint (1er novembre) | Fête de tous les saints | Visite des cimetières, dépôts de fleurs |
| Armistice (11 novembre) | Mémoire de la Première Guerre mondiale | Cérémonies commémoratives, Last Post à Ypres |
| Noël (25 décembre) | Fête chrétienne (Nativité) | Marchés de Noël, repas familiaux, messes de minuit pour certains |
Pour un expatrié, ces jours sont chômés pour la plupart des salariés. Si un jour férié tombe le week-end, un jour de remplacement est en général accordé par accord sectoriel ou d’entreprise. Beaucoup de services publics et de commerces ferment, ou fonctionnent en horaire réduit (notamment transports, administrations, banques).
Régions et communautés : fêtes « identitaires »
La structure fédérale du pays ajoute une couche supplémentaire : chaque communauté ou région dispose de sa propre journée symbolique, chômée pour certains fonctionnaires.
Sans entrer dans tous les détails, on peut retenir :
– le 11 juillet, jour de la Communauté flamande (commémoration de la bataille des Éperons d’Or),
– le 27 septembre, jour de la Communauté française (victoire des patriotes en 1830),
– le 15 novembre, jour de la Communauté germanophone et aussi Fête du Roi,
– le 8 mai (Iris) ou date voisine pour la Région de Bruxelles-Capitale (liée à l’emblème de l’iris).
Ces dates ne sont pas des fêtes religieuses, mais illustrent ce mélange permanent entre histoire, identité et symboles, auquel un expatrié est vite confronté, par exemple via des fermetures d’écoles ou de services.
Certaines célébrations sont à la fois religieuses, culturelles et commerciales. C’est le cas notamment :
La Belgique célèbre plusieurs fêtes ancrées dans la tradition chrétienne, dont l’Avent et Noël avec ses marchés, décorations et messes. La Saint-Nicolas, le 6 décembre, est une fête importante pour les enfants, où ce saint distribue des cadeaux. Avant le Carême, des carnavals comme ceux de Binche ou Alost, classés à l’UNESCO, transforent l’héritage religieux en grandes fêtes populaires.
Pour un expatrié, ces temps forts sont souvent l’occasion la plus simple d’entrer en contact avec les traditions locales, sans qu’il soit nécessaire de partager la foi sous-jacente.
Pratiques religieuses et vie quotidienne : ce que cela change concrètement
Au-delà des statistiques et des jours fériés, comment la diversité religieuse se ressent-elle dans la vie de tous les jours pour un expatrié ?
À l’école : choix de cours de religion ou de morale
Dans l’enseignement officiel, les élèves ont le droit à un cours de religion (parmi les cultes reconnus) ou de morale non confessionnelle. Les parents expatriés doivent donc choisir au moment de l’inscription :
– un cours de religion catholique, protestante, orthodoxe, juive ou islamique,
– ou un cours de morale laïque.
Dans les écoles catholiques, le cours de religion catholique est la norme et accueille aussi des élèves non croyants. Depuis 2015, l’obligation de suivre un cours de religion a été assouplie, permettant à certaines écoles d’explorer des approches plus philosophiques ou éthiques généralistes. Toutefois, le choix reste parfois limité par l’offre de l’établissement.
Au travail : neutralité, dress code et jours de congé
Dans le monde professionnel, la diversité religieuse se manifeste surtout par le jeu d’équilibre entre liberté individuelle et neutralité de l’employeur :
– dans le secteur privé, certaines entreprises tolèrent ou même valorisent la diversité (voiles, turbans, symboles religieux discrets), d’autres adoptent des politiques de neutralité stricte,
– dans la fonction publique, les règles sont plus encadrées, avec des règlements internes qui peuvent interdire tout signe religieux visible, surtout pour les postes en contact avec le public.
Pour les fêtes religieuses non officiellement reconnues, il n’existe pas de droit automatique à un jour chômé supplémentaire. Cependant, des arrangements individuels (comme l’utilisation de congés annuels ou des heures de récupération) sont souvent possibles, notamment dans les entreprises à vocation internationale.
Dans l’espace public : signes visibles, processions, lieux de culte
Un expatrié remarquera vite : les différences culturelles qui l’entourent. Ces différences peuvent se manifester à travers la cuisine, les modes de vie, les coutumes et même la langue. S’adapter à ces nouvelles réalités peut être à la fois un défi et une source d’enrichissement.
– des églises très nombreuses, parfois vides, mais aussi des processions religieuses spectaculaires (Bruges, Hasselt, Mechelen, marches folkloriques),
– des mosquées de quartier et la Grande Mosquée de Bruxelles,
– des synagogues très protégées, parfois à accès limité,
– des temples hindous ou jaïns plus discrets, souvent en périphérie.
Les manifestations religieuses de masse (projections de films, conférences interreligieuses, commémorations de la Shoah, repas de Ramadan organisés par des associations interconvictionnelles) sont fréquentes dans les grandes villes, en particulier à Bruxelles où les institutions européennes encouragent un dialogue avec les cultes (via l’« article 17 » du Traité sur le fonctionnement de l’UE).
Trouver sa communauté : réseaux et ressources pour expatriés
Pour beaucoup d’expatriés, la religion est aussi un moyen de recréer un réseau social et un sentiment d’appartenance. La Belgique offre un large éventail de possibilités, notamment en anglais.
Églises et communautés internationales
Les grandes villes – Bruxelles, Anvers, Gand, Louvain – disposent de communautés cultuelles explicitement tournées vers les étrangers, en particulier anglophones :
Une sélection de communautés chrétiennes internationales et multilingues, principalement situées à Anvers et Bruxelles, accueillant les expatriés et les fidèles de diverses nationalités.
Culte bilingue anglais/néerlandais, caractérisé par une forte diversité d’origines parmi ses membres.
Communauté inter-dénominationnelle anglophone, ancrée dans la région depuis les années 1960.
Église presbytérienne internationale organisant des rencontres à différents points de ralliement dans la région bruxelloise.
Église axée sur la foi, la communauté et la mission, très fréquentée par un public d’expatriés.
Plusieurs églises évangéliques, anglicanes ou charismatiques accueillant des fidèles de dizaines de nationalités différentes.
Ces lieux sont souvent bien plus que des églises : ils organisent groupes de jeunes, activités pour enfants, sorties culturelles, accompagnement pratique (logement, administration) pour les nouveaux arrivants.
Plateformes en ligne et réseaux sociaux
De nombreuses communautés religieuses ou mixtes (religion & expatriation) utilisent aussi :
– des groupes Facebook (« Expats in Brussels », « Expats in Antwerp », « Life in Belgium »),
– des plateformes comme InterNations (groupes thématiques à Bruxelles, Anvers, Gand, Louvain, dont certains centrés sur culture, randonnée, etc.),
– des sites des diocèses, mosquées ou synagogues qui proposent parfois des cultes ou catéchèses en ligne, surtout depuis la pandémie.
Pour les expatriés discrets ou hésitants, il est possible d’utiliser des outils en ligne pour repérer à distance les communautés, les langues utilisées et le style de culte avant de se décider à les visiter.
ONG religieuses et interconvictionnelles
Plusieurs grandes organisations à ancrage religieux jouent aussi un rôle pivot dans l’accueil et le soutien des migrants :
– Caritas (Caritas International, Caritas Vlaanderen, Caritas francophone & germanophone) : accompagnement des réfugiés, aide au logement, santé, réunification familiale,
– Religions for Peace – Belgium : plateformes de dialogue interreligieux, repas de Ramadan ouverts, ateliers sur la paix et la cohésion sociale,
– associations juives, musulmanes ou chrétiennes œuvrant pour la lutte contre le racisme, l’islamophobie ou l’antisémitisme.
Ces structures offrent aux expatriés un cadre d’engagement bénévole ou professionnel dans un contexte religieux ou interreligieux, ce qui peut aider à se faire un réseau au-delà de sa propre communauté.
Pour conclure ce parcours, quelques repères concrets pour un expatrié qui souhaite comprendre – et respecter – les pratiques religieuses locales sans forcément y adhérer.
1. Ne pas surestimer la pratique religieuse : la majorité des Belges ne sont pas pratiquants, même s’ils restent culturellement marqués par le catholicisme. Afficher une foi forte n’est pas mal vu, mais peut surprendre dans certains milieux très sécularisés.
Dans certaines sphères publiques comme les administrations, les écoles publiques flamandes, les tribunaux ou certains hôpitaux, le port de signes religieux peut être spécifiquement encadré par des règlements. Il est donc conseillé de se renseigner précisément sur les règles en vigueur au sein de chaque institution concernée.
3. S’informer sur les codes propres à chaque lieu de culte : retrait des chaussures et tenue modeste dans les mosquées, couvre-chef pour les hommes et parfois pour les femmes dans certaines synagogues, silence et sobriété vestimentaire dans les églises pendant les offices.
4. Anticiper les effets du calendrier religieux : pendant les grandes fêtes (Noël, Pâques, Ramadan, grandes fêtes juives), les horaires peuvent changer, les commerces fermer plus tôt, les transports être moins fréquents. Il est prudent de vérifier et de réserver à l’avance.
Pour les expatriés, les lieux de culte locaux (paroisse, mosquée, synagogue) peuvent servir de premier espace de socialisation en dehors du travail. Y participer occasionnellement, même sans être très pratiquant, aide à créer un sentiment d’appartenance et à se sentir « chez soi » dans le nouveau pays.
La Belgique offre finalement un terrain d’observation unique : celui d’un pays historiquement très catholique, devenu largement sécularisé, mais où la religion reste omniprésente sous des formes multiples et de plus en plus diversifiées. Pour l’expatrié curieux et respectueux, c’est une invitation à découvrir une société capable de combiner traditions anciennes, liberté de conscience et coexistence de croyances très variées.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belgique, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Belgique pour son régime globalement plus favorable aux retraités français : absence d’impôt belge sur la plupart des pensions privées d’origine étrangère, absence d’impôt sur la fortune, taxation principalement à la source en France et possibilité d’optimiser la fiscalité des revenus mobiliers via des structurations adaptées. Le coût de la vie à Bruxelles est inférieur à Paris, tout en gardant un accès direct à la France et à l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, affiliation à la sécurité sociale belge, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, fiscalistes, notaires) et intégration patrimoniale globale (analyse et éventuelle restructuration).
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