Créer son entreprise à l’étranger quand on est expatrié : le guide complet pour entreprendre en Belgique

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à l’étranger et y lancer sa propre activité est un projet ambitieux, mais la Belgique réunit beaucoup d’atouts pour les expatriés entrepreneurs. Position centrale en Europe, économie ouverte, forte culture d’innovation, aides publiques à la création d’entreprise : le pays coche de nombreuses cases. En contrepartie, les démarches administratives sont techniques, la fiscalité dense et le droit social exigeant.

Bon à savoir :

Ce guide pour expatriés couvre les étapes clés : choix du visa adapté, sélection de la structure juridique, aspects fiscaux, aides disponibles, processus de recrutement, recherche d’immobilier professionnel et évaluation du coût de la vie. Il vise à aider à construire un plan d’affaires réaliste, chiffré et cohérent avant le lancement.

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Pourquoi la Belgique attire les entrepreneurs expatriés

La Belgique est un des principaux hubs économiques de l’Union européenne. Membre fondateur de l’UE et de la zone euro, elle bénéficie d’un positionnement géographique stratégique : à quelques heures de train de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, avec des ports de rang mondial et un réseau logistique dense.

Le pays est réputé pour son environnement socio‑économique stable, une main‑d’œuvre hautement qualifiée et multilingue, ainsi qu’un fort niveau de vie. Le secteur des services domine (plus de 77 % du PIB), la recherche et l’innovation sont très soutenues, notamment en biotech, deeptech, fintech et énergies vertes.

Astuce :

Pour un entrepreneur étranger, s’implanter en France offre un marché local relativement riche et une capacité d’exportation élevée. L’écosystème bénéficie également d’un accompagnement fourni, comprenant des incubateurs, des fonds de capital‑risque, des agences régionales et des programmes européens.

Un écosystème startup particulièrement dense

La scène startup belge s’est structurée autour d’initiatives nationales et régionales. Le Belgium Startup Ecosystem se positionne comme une plateforme fédératrice reliant entrepreneurs, investisseurs, mentors, grandes entreprises et pouvoirs publics. On y retrouve un tissu de hubs locaux très dynamiques à Bruxelles, Anvers, Gand, Louvain, Bruges, Hasselt, Courtrai ou Malines.

Plusieurs acteurs illustrent ce dynamisme : des accélérateurs comme imec.istart, des compétitions telles que les Belgium Startup Awards, des communautés comme Startup Grind ou Founder Institute, et des fonds spécialisés (Capricorn Partners, Volta Ventures, Smartfin, Astanor Ventures, Syndicate One…).

Ce maillage crée un environnement où un expatrié peut assez rapidement trouver du mentorat, des partenaires techniques, des cofondateurs, voire des premiers investisseurs – à condition de maîtriser au minimum l’anglais, très pratiqué dans le milieu tech.

Cadre migratoire : sur quel visa venir entreprendre ?

Pour un entrepreneur européen, le cadre est relativement simple : les citoyens de l’UE, de l’EEE et de la Suisse n’ont ni visa ni carte professionnelle à obtenir pour créer leur entreprise en Belgique, même s’ils doivent se déclarer à la commune et demander une carte de séjour au-delà de 90 jours.

Pour les ressortissants hors UE/EEE, le cœur du dispositif entrepreneurial est la carte professionnelle, qui s’inscrit dans le cadre du visa long séjour de type D.

La carte professionnelle, clé de voûte pour les non‑européens

La carte professionnelle (carte professionnelle/ beroepskaart) fait office de permission de travail pour les indépendants. Elle est indispensable pour les non‑UE qui viennent exercer une activité indépendante ou gérer leur propre société en Belgique.

Elle s’adresse à des profils variés : freelances, consultants, dirigeants de filiales, artisans, créateurs de PME, innovateurs, artistes‑entrepreneurs. La condition centrale est de démontrer que le projet présente une utilité économique pour la Belgique et qu’il est viable financièrement.

Attention :

La carte professionnelle est délivrée par les autorités régionales pour une durée de 1 à 5 ans et est renouvelable. Elle est strictement liée à l’activité déclarée. Tout changement de secteur ou de statut professionnel (ex: d’indépendant à dirigeant salarié) nécessite généralement une nouvelle autorisation.

Parcours d’obtention : délais, coûts, attentes

Le processus commence dans votre pays de résidence auprès d’un consulat ou d’une ambassade belge. Le dossier est ensuite transmis à la région compétente, qui évalue la qualité du business plan, vos compétences professionnelles, la solidité financière et l’impact économique attendu (investissements, emplois, innovation…).

Les délais cumulatifs sont conséquents : entre 3 et 5 mois en moyenne pour passer de la demande initiale à la carte de séjour sur place. Il faut donc anticiper ces temps dans votre calendrier d’installation.

En termes de budget, l’ensemble du processus — frais de visa D, redevance administrative Immigration, frais de carte professionnelle, traductions, légalisation de documents, assurance santé, enregistrement communal — représente souvent entre 1 300 € et 3 000 €, hors honoraires éventuels de conseil.

Illustration des principaux coûts administratifs liés au visa entrepreneurial

Poste de dépenseMontant indicatif
Visa long séjour D (frais consulaires)140–180 €
Contribution Immigration Office (redevance)~214–236 €
Frais de dossier carte professionnelle~140 €
Délivrance de la carte professionnelle (par an de validité)90–150 €/an
Enregistrement / délivrance carte de séjour200–250 €
Légalisation/apostille par document25–50 €
Traduction assermentée par page25–60 €

À ces frais s’ajoutent les moyens financiers à démontrer. Il n’existe pas de seuil légal unique, mais, dans la pratique, pour un projet entrepreneurial sérieux, les régions attendent des investissements substantiels ou, au minimum, des ressources compatibles avec le business plan :

25000

Un coussin de capital de départ réaliste pour une activité freelance ou une PME de services est compris entre 25 000 et 50 000 euros.

Alternatives au montage d’entreprise pour tester le marché

Avant de créer formellement une société, certains expatriés optent pour des solutions intermédiaires :

passer par une coopérative d’activité ou une entreprise partagée (par exemple Smart, Amplo, JobYourself) qui facture à votre place, vous salarie et vous permet de tester votre modèle sans carte professionnelle ;

– utiliser un Employer of Record (EOR) si votre objectif principal est d’embaucher localement pour le compte d’une société étrangère sans créer immédiatement d’entité belge ;

– ouvrir une simple succursale pour mener des opérations limitées, voire un bureau de liaison pour faire de la prospection sans activité commerciale directe.

Ces montages ne dispensent pas toujours des formalités migratoires pour le dirigeant non‑européen, mais ils peuvent réduire les risques juridiques et simplifier l’entrée sur le marché.

Choisir la bonne structure juridique pour votre projet

Une fois la question du séjour réglée, se pose le choix du véhicule entrepreneurial. La Belgique offre un panel de structures relativement classique, avec deux grandes formes sociétaires de référence pour les entrepreneurs : la SRL (BV en néerlandais) et la SA (NV).

La SRL/BV : la forme souple et polyvalente pour PME et startups

La SRL, héritière de l’ancienne SPRL, est la forme privilégiée pour la grande majorité des créateurs d’entreprise, belges comme étrangers. Son principal avantage est sa flexibilité.

Les caractéristiques clés :

Exemple :

La Société Privée à Responsabilité Limitée (SPRL) belge se distingue par plusieurs traits : la responsabilité des actionnaires est limitée à leurs apports. Bien qu’aucun capital minimum ne soit légalement requis, la société doit démontrer, via un plan financier solide, que ses fonds sont suffisants pour financer son activité pendant au moins deux ans. Elle peut être constituée par un seul actionnaire-fondateur. Les titres ne sont pas librement cessibles (sauf clause statutaire contraire), permettant un contrôle sur l’entrée au capital. La direction est assurée par un ou plusieurs administrateurs, sans condition de résidence en Belgique. La création nécessite un acte notarié et une immatriculation au registre des personnes morales et à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE/KBO). Enfin, elle est soumise à l’impôt des sociétés.

C’est la structure par défaut pour les freelances qui passent en société, les startups technologiques, les agences, les consultances, les e‑commerces ou encore les petites structures industrielles.

La SA/NV : pour les projets de grande ampleur

La SA est taillée pour les entreprises de taille significative, en particulier celles qui envisagent de lever des capitaux importants ou, à terme, de s’introduire en bourse.

Elle se caractérise par :

un capital minimum de 61 500 €, qui doit être entièrement souscrit lors de la constitution et libéré au moins à 25 % par action ;

– la responsabilité limitée des actionnaires à leurs apports ;

– la libre cessibilité des actions, ce qui facilite l’entrée et la sortie d’investisseurs ;

– la possibilité d’avoir un seul actionnaire ;

– une gouvernance plus encadrée : système moniste (conseil d’administration) ou dualiste (conseil de surveillance et comité de direction), avec, dans certains cas, un minimum de trois administrateurs ;

– un ensemble plus exigeant de règles de transparence et de gouvernance d’entreprise.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, le choix d’une Société Anonyme (SA) est pertinent dans trois situations principales : pour piloter une filiale régionale d’un groupe, pour accueillir des investisseurs institutionnels, ou lorsque le modèle économique exige une crédibilité corporate forte, notamment dans les secteurs régulés ou pour l’obtention de grands contrats publics.

Succursale, filiale, bureau de liaison : quelle présence pour une société étrangère ?

Une société déjà existante à l’étranger qui souhaite pénétrer le marché belge dispose de plusieurs options.

Succursale La succursale est une extension de la maison mère, sans personnalité juridique propre. Elle doit être inscrite à la BCE/KBO, disposer d’une adresse et d’un représentant légal résidant en Belgique. La maison mère conserve l’entière responsabilité des dettes et engagements. Fiscalement, la succursale est imposée en Belgique sur les bénéfices rattachables à son activité locale, mais il n’y a pas de retenue à la source sur les « bénéfices rapatriés » (pas de branch profits tax).

Structures d’Entreprise en Belgique

Options pour établir une présence commerciale avec responsabilité limitée.

Filiale (SRL)

Société à responsabilité limitée, idéale pour les PME. Offre un cloisonnement de la responsabilité des actionnaires et une structure flexible.

Filiale (SA)

Société anonyme, adaptée aux projets de plus grande envergure. Impose un capital social minimum plus élevé et une structure de gouvernance spécifique.

Bureau de liaison (représentation) Cette structure est limitée à des activités non commerciales : étude de marché, représentation, communication. Aucun chiffre d’affaires ne peut être généré. C’est un outil de pré‑implantation, pour sonder le marché ou nouer des contacts institutionnels.

Le montage idéal dépendra du degré d’engagement souhaité, de la stratégie fiscale internationale du groupe et du niveau de risque assumé.

Autres formes : entreprise individuelle, coopérative, partenariats

Un expatrié peut aussi exercer comme indépendant en personne physique, sans société. Cette forme est simple à créer mais entraîne une responsabilité illimitée sur le patrimoine personnel et une imposition à l’impôt des personnes physiques.

La société coopérative, elle, est intéressante pour les projets à vocation sociale ou portés collectivement : au moins trois associés, pas de capital minimum légal mais un plan financier, actions nominatives et librement cessibles entre membres, tenue obligatoire d’un registre des parts.

Les partenariats (SNC/VOF) sont fiscalement transparents mais exposent les associés à une responsabilité illimitée, ce qui les rend peu attractifs pour un entrepreneur expatrié, sauf cas très spécifiques.

Monter sa société : étapes pratiques et calendrier

En pratique, la création d’une société en Belgique suit une séquence standard, que vous soyez résident ou non.

1. Choix de la structure et du nom Il faut d’abord arrêter la forme juridique (SRL, SA…) et vérifier la disponibilité du nom commercial, puis le réserver si nécessaire.

Bon à savoir :

Le notaire est essentiel pour la création d’une SRL. Il rédige les statuts, vérifie la conformité et le réalisme du plan financier, et contrôle les apports. Pour les SRL sans capital minimum, le plan financier est particulièrement crucial car il sert à prouver que l’entreprise dispose de moyens financiers suffisants pour ses deux premières années d’activité.

3. Ouverture d’un compte bancaire professionnel et dépôt du capital (si requis) Pour une SA, il est obligatoire de déposer le capital sur un compte bloqué avant la signature de l’acte. Pour une SRL, même si aucun capital minimum n’est exigé, disposer d’un compte professionnel est de toute façon nécessaire pour l’activité.

4. Signature de l’acte notarié et immatriculation L’acte de constitution est signé devant notaire, puis publié et enregistré au registre des personnes morales. La société obtient alors son numéro d’entreprise via la BCE/KBO, qui sert aussi de numéro d’identification fiscale.

5. Activation TVA, affiliations sociales, enregistrements sectoriels Pour exercer une activité assujettie, il faut activer le numéro de TVA, s’affilier à une caisse d’assurances sociales, éventuellement demander un numéro EORI pour l’import‑export, et obtenir les licences spécifiques pour les secteurs régulés (finances, santé, alimentation, transports, construction…).

Les délais, une fois le dossier complet, vont généralement de 10 à 15 jours ouvrables pour la constitution. En incluant l’ouverture du compte, les traductions de documents étrangers et la collecte des pièces, il est prudent de prévoir 3 à 6 semaines.

Ordre de grandeur des coûts de création (hors carte professionnelle)

ÉlémentsFourchette de coût
Honoraires notariés pour acte de constitution1 000–2 500 €
Enregistrements / frais BCE/KBO≈ 105,50 €
Activation TVA (via guichet d’entreprise, hors TVA)70–80 €
Mise en place de la comptabilité (première configuration)500–1 000 €
Conseils juridiques/fiscaux spécifiques (optionnel)très variable

Fiscalité des sociétés : comprendre le cadre belge

La Belgique applique un impôt sur les sociétés unique au niveau fédéral, sans surtaxe régionale ou communale. Mais derrière un taux facial relativement simple se cache un ensemble de règles et de régimes spéciaux qui peuvent être très favorables… à condition de bien les maîtriser.

Taux et base imposable

Le taux standard de l’impôt des sociétés est de 25 %. Les petites et moyennes entreprises qui répondent à certains critères peuvent bénéficier d’un taux réduit à 20 % sur les premiers 100 000 € de bénéfice imposable.

Pour profiter de ce taux réduit, plusieurs conditions existent, notamment :

respecter la définition légale de PME ;

avoir au moins 50 % des actions détenues par des personnes physiques ;

verser à au moins un administrateur une rémunération annuelle minimale de 45 000 €, obligation qui ne s’applique toutefois pas pendant les quatre premières années d’existence.

La base imposable se calcule sur la base des comptes établis selon les normes comptables belges (Belgian GAAP), corrigés pour certaines déductions ou réintégrations fiscales. Les sociétés résidentes sont imposées sur leurs revenus mondiaux, dans le cadre d’un système de « taxation mondiale », modulé par les conventions de double imposition.

Bon à savoir :

Pour les branches de sociétés étrangères, l’impôt est calculé sur les bénéfices attribuables à l’établissement belge, selon les mêmes règles fiscales que celles appliquées à une société résidente.

Régimes et incitants fiscaux pour les entrepreneurs innovants

La Belgique a développé plusieurs dispositifs attractifs pour les entreprises innovantes ou à forte intensité R&D, qui peuvent être déterminants pour un projet technologique.

Parmi les plus notables :

Bon à savoir :

La Belgique propose plusieurs dispositifs fiscaux avantageux pour soutenir l’innovation et la recherche. La déduction pour revenus d’innovation permet d’exonérer jusqu’à 85% des revenus nets issus de certains droits de propriété intellectuelle, réduisant le taux d’imposition effectif à environ 3,75%. Pour les investissements en R&D, une déduction majorée de 20,5% ou un crédit d’impôt remboursable après quatre ans est possible. Les entreprises peuvent également bénéficier d’une exonération partielle de précompte professionnel (jusqu’à 80%) sur les salaires des chercheurs qualifiés, sous conditions. Un régime de déduction pour investissements offre des abattements de 10 à 40% selon la nature des projets. Enfin, un régime expatrié permet de rendre une partie de la rémunération des cadres et chercheurs étrangers non imposable, avec un plafond de 90 000 € par an, pour un recrutement international plus attractif.

Pour un entrepreneur expatrié dans la tech ou la biotech, articuler correctement ces dispositifs peut transformer la structure de coûts et la rentabilité à moyen terme.

TVA et autres taxes commerciales

Comme ailleurs en Europe, la TVA est un pivot du système fiscal belge. Le taux normal est de 21 %, avec des taux réduits de 6, 12 ou 0 % selon les biens et services. L’immatriculation TVA est obligatoire dès lors que vous exercez une activité économique taxée.

D’autres prélèvements peuvent impacter l’activité :

droits d’enregistrement immobiliers (12 % en Flandre, 12,5 % à Bruxelles et en Wallonie) en cas d’achat d’immeuble ;

– diverses taxes locales sur certains équipements, chambres d’hôtel, déchets, etc. ;

taxes sectorielles (banques, nucléaire, camions, emballages…) ciblées.

Pour les expatriés, l’enjeu est souvent de structurer correctement leurs facturations internationales, de gérer les flux intragroupes et de sécuriser les obligations déclaratives (TVA, déclarations de prix de transfert, reporting pays par pays pour les grands groupes, etc.).

Ouvrir un compte bancaire professionnel : un passage obligé

La Belgique dispose d’un secteur bancaire très digitalisé, avec de grands acteurs nationaux (BNP Paribas Fortis, ING, KBC/CBC, Belfius…) et des filiales de banques internationales (Deutsche Bank, HSBC, Santander, ABN AMRO, etc.), complétés par des néobanques (Hello Bank, N26) et des prestataires fintech (Wise, Revolut, Payoneer…).

Pour une société, l’ouverture d’un compte professionnel en Belgique est quasi incontournable : il est exigé pour le dépôt du capital, le paiement des charges sociales, des salaires, des impôts et, dans certains cas, pour renforcer la crédibilité vis‑à‑vis des partenaires locaux.

Les banques, soumises à une réglementation stricte en matière de lutte contre le blanchiment (loi du 18 septembre 2017 notamment), mènent des contrôles approfondis sur l’identité des dirigeants, la structure de propriété (UBO), la source des fonds et la nature de l’activité. Pour un entrepreneur étranger, il est important de préparer :

– les statuts, l’extrait BCE/KBO, les résolutions d’organe compétent ;

– les pièces d’identité des dirigeants et bénéficiaires effectifs ;

– un organigramme clair de l’actionnariat ;

– des preuves de l’activité (contrats, business plan, site web, etc.) ;

– des justificatifs de domicile.

Le processus prend souvent entre deux et six semaines, parfois davantage pour les structures complexes ou sans « substance » locale manifeste (pas de bureau, pas de salarié, pas de dirigeant résident). Il est donc conseillé d’anticiper, voire de se faire assister par un cabinet spécialisé.

Embaucher en Belgique : comprendre le droit du travail local

Si votre projet implique de recruter des salariés sur place, il faut intégrer dès le business plan le coût et la rigidité relative du droit social belge.

Coût du travail et mécanismes salariaux

En Belgique, le coût du travail est élevé. Les cotisations sociales patronales se situent autour de 25 à 30 % du salaire brut, auxquelles s’ajoutent des contributions spéciales pour certains fonds (fermeture d’entreprises, accidents du travail…). Le salarié, lui, supporte environ 13,07 % de cotisations personnelles, en plus d’un impôt sur le revenu progressif pouvant atteindre 50 %, majoré d’une surtaxe communale.

Les salaires sont automatiquement indexés sur l’inflation via l’indice santé, ce qui impose aux employeurs d’ajuster la rémunération de façon quasi automatique lorsque les prix augmentent. À cela s’ajoutent des obligations conventionnelles fréquentes :

13e mois ou prime de fin d’année ;

prime de vacances (souvent autour de 92 % d’un mois de salaire brut) ;

chèques‑repas, éco‑chèques, voiture de société ou équivalent, assurance groupe, etc.

2100

Le salaire minimum brut mensuel légal en France pour un temps plein est d’environ 2100 euros.

Temps de travail, flexibilité et licenciement

Le temps de travail légal est de 38 heures hebdomadaires, avec 9 heures maximum par jour en général. Des heures supplémentaires sont possibles, rémunérées avec sursalaire ou récupérées sous forme de repos compensatoire. Des réformes récentes ont assoupli l’usage des heures supplémentaires volontaires, notamment dans certains secteurs comme l’horeca.

La réglementation en matière de congés est protectrice : au moins 20 jours ouvrables de congé payé pour un temps plein, 10 jours fériés légaux, maternité, paternité, parental, maladie, etc.

Bon à savoir :

Le système belge de rupture de contrat repose principalement sur un préavis ou une indemnité compensatoire. La durée du préavis augmente avec l’ancienneté du salarié et peut dépasser un an. Une réforme prévoit un plafonnement à 52 semaines pour les contrats conclus à partir de 2026, avec un effet pratique qui interviendra plus tard.

Pour un entrepreneur expatrié, cela implique d’intégrer dans les scénarios financiers le coût potentiel d’un licenciement, la rigidité relative des ajustements de personnel et la nécessité de bien définir les profils recrutés dès le départ.

Employer of Record (EOR) : embaucher sans entité locale

Une manière de contourner la complexité initiale consiste à recourir à un Employer of Record. L’EOR devient l’employeur légal des salariés en Belgique, gère les contrats, la paie, les charges sociales, le respect du droit du travail, tandis que vous pilotez opérationnellement l’équipe.

Cette solution est particulièrement intéressante pour :

tester le marché avec une petite équipe commerciale ou technique ;

lancer un bureau de représentation sans créer immédiatement de filiale ;

limiter les risques de non‑conformité sociale et fiscale.

La Flandre encadre toutefois ce secteur, en exigeant une licence d’agence d’intérim pour les services EOR sur son territoire. Il est donc important de vérifier que le prestataire choisi est autorisée à opérer en Belgique.

Aides publiques, subventions et financements

Un des grands avantages de la Belgique pour un créateur d’entreprise, surtout dans la tech ou l’innovation, est la densité des aides disponibles, nationales, régionales et européennes.

Acteurs publics de référence

Chaque région dispose de son agence de soutien à l’entrepreneuriat et à l’innovation :

Flandre : VLAIO (Flanders Innovation & Entrepreneurship) et l’entité d’investissement Participatiemaatschappij Vlaanderen (PMV) ;

Bruxelles : Innoviris pour la R&D et hub.brussels/finance&invest.brussels pour l’accompagnement économique ;

Wallonie : Service Public de Wallonie – Recherche (SPW Recherche) et dispositifs tels que les Chèques‑Entreprises.

Ces organismes délivrent des subventions pour études de faisabilité, projets de R&D, digitalisation, croissance internationale, transition écologique, mais aussi des prêts subordonnés, garanties de prêts bancaires, etc.

Exemples de dispositifs utiles pour un expatrié

Plusieurs programmes peuvent directement intéresser une entreprise nouvellement implantée :

100000

Le montant maximal du prêt Startlening+ en Flandre pour les starters, avec des conditions avantageuses sur une durée de 3 à 10 ans.

Pour maximiser vos chances, il est recommandé de travailler un business plan solide, aligné avec les priorités régionales (mobilité durable, transition énergétique, numérique, santé, etc.), et d’envisager des partenariats avec des universités ou centres de recherche locaux.

Immobilier professionnel : bureaux, commerces, logistique

S’implanter en Belgique implique souvent de louer (ou acheter) des locaux. Le marché immobilier d’entreprise connaît plusieurs tendances structurantes : demande croissante pour les immeubles durables, co‑working, logistique urbaine, et déplacement partiel des entreprises hors des hypercentres.

Bureaux : qualité prime sur quantité

À Bruxelles, la demande se concentre de plus en plus sur les immeubles de catégorie A, récents ou rénovés, bien desservis et performants énergétiquement. Près de trois quarts des surfaces louées appartiennent à ce segment haut de gamme.

390-400

Les loyers ‘prime’ annuels dans le quartier européen de Bruxelles atteignent ce montant en euros par mètre carré.

Pour une jeune société, le recours aux espaces de co‑working ou aux incubateurs peut être une solution judicieuse pour limiter les coûts fixes, profiter de services mutualisés et s’insérer dans des communautés entrepreneuriales.

Logistique et industrie légère : marché tendu

Le segment industriel et logistique est très recherché, en particulier sur l’axe Bruxelles–Anvers, où les taux de vacance descendent autour de 2 % à un peu plus de 2 %. Les loyers logistiques de première catégorie ont récemment augmenté pour avoisiner 75 €/m²/an, reflet d’une offre sous tension.

Bon à savoir :

Pour les modèles nécessitant un entrepôt, un centre de distribution ou une activité semi-industrielle, il faut prévoir des délais de recherche plus longs et des loyers plus élevés et moins négociables que par le passé.

Commerce de détail : recomposition en cours

Le commerce connaît une recomposition liée à l’e‑commerce et aux changements de consommation, mais certains segments se portent bien : retail park en périphérie, artères commerçantes premium, grands centres commerciaux urbains. Les loyers prime peuvent y être élevés (plus de 1 600–1 700 €/m²/an sur les meilleures rues commerçantes d’Anvers ou de Bruxelles).

Un expatrié qui vise le retail doit donc être particulièrement attentif à l’emplacement, au type de galerie ou de rue, et à l’évolution du quartier (flux piéton, pouvoir d’achat, mix de commerces…).

Coût de la vie : calibrer son budget d’expatrié‑entrepreneur

Le coût de la vie en Belgique est supérieur à la moyenne européenne. Le pays figure parmi les plus chers du continent, avec des disparités notables entre régions et villes.

En 2025, les dépenses annuelles moyennes par personne sont estimées autour de 20 000 €, soit environ 1 700 € par mois, hors investissements lourds ou charges exceptionnelles. Pour un entrepreneur expatrié, il faut distinguer budget personnel et budget business.

Vivre à Bruxelles ou à Anvers : quelle différence ?

Bruxelles est globalement plus chère qu’Anvers, tant en termes de loyers que de dépenses quotidiennes. On estime souvent que Bruxelles coûte 10 à 14 % de plus qu’Anvers à niveau de vie équivalent.

Comparaison synthétique Bruxelles/Anvers (indicateurs clés)

Poste de coûtBruxelles (moyenne)Anvers (moyenne)
Loyer appart. 1 ch. centre-ville≈ 1 100 € / mois≈ 900 € / mois
Loyer appart. 3 ch. centre-ville≈ 2 000 € / mois≈ 1 400 € / mois
Loyer moyen global≈ 1 415 € / mois≈ 1 051 € / mois
Charges (85 m² : eau, élec, gaz…)≈ 220–230 € / mois≈ 180–190 € / mois
Abonnement transport en commun≈ 50–60 € / mois≈ 40–55 € / mois
Repas simple au restaurant≈ 20–22 €≈ 18–20 €
Internet fixe≈ 50 € / mois≈ 44 € / mois

Bruxelles offre en contrepartie une concentration exceptionnelle de sièges d’institutions européennes, d’ONG, de multinationales et de services spécialisés. Anvers, elle, se distingue par son port, ses industries logistiques et créatives, avec un coût de vie un peu plus contenu.

Astuce :

Pour un entrepreneur, le différentiel de coût de la vie entre deux régions peut être un critère déterminant dans le choix du lieu d’implantation. Ce facteur est particulièrement crucial si l’entreprise doit financer un package de relocalisation pour ses équipes ou si la trésorerie personnelle de l’entrepreneur est limitée, car il influence directement les finances de l’entreprise et du dirigeant.

Autres postes de dépenses à anticiper

Les charges mensuelles typiques incluent :

Budget mensuel étudiant

Principaux postes de dépenses pour un étudiant en Belgique, avec des fourchettes indicatives.

Loyer et charges

Souvent le premier poste, entre 500 et 1 200 € par personne selon la colocation, la ville et le type de logement.

Courses alimentaires

Environ 235 € par mois et par personne en moyenne.

Transport

Environ 170 € par mois en moyenne nationale, moins à Bruxelles grâce à une offre dense.

Internet et téléphonie

Approximativement 50 € pour l’internet fixe et 20 € par mois pour le mobile.

Santé

Assurance complémentaire éventuelle, entre 50 et 150 € par mois.

Loisirs et sorties

Variable, mais généralement entre 100 et 250 € par mois selon le style de vie.

Pour un entrepreneur solo en début d’activité, un budget personnel de 1 700 à 2 000 € par mois est un plancher réaliste dans les grandes villes, à compléter par le budget entreprise (loyer de bureau ou co‑working, comptable, assurances, marketing, salaires éventuels…).

Défis spécifiques pour les entrepreneurs étrangers

Malgré ses atouts, la Belgique n’est pas un terrain de jeu simple. Plusieurs écueils reviennent régulièrement dans les témoignages d’expatriés.

Attention :

L’implantation en Belgique présente plusieurs défis majeurs : une complexité administrative et linguistique avec trois langues officielles et un système institutionnel à plusieurs niveaux ; une fiscalité et des charges sociales élevées nécessitant une structuration optimale de la rémunération ; des règles sectorielles pointues exigeant des agréments spécifiques ; et une gestion à distance délicate des obligations comptables et sociales sans partenaire local.

Pour autant, ces difficultés peuvent être largement compensées par une préparation minutieuse, l’appui de professionnels (avocat, notaire, fiduciaire) et l’intégration active dans l’écosystème entrepreneurial local.

Stratégie pour un expatrié : comment structurer son entrée en Belgique

Un bon schéma d’implantation pour un entrepreneur étranger repose souvent sur une montée en puissance par étapes.

1. Exploration Séjour(s) court(s) en Belgique (avec un visa C si vous êtes hors UE) pour évaluer le marché, rencontrer des acteurs locaux (incubateurs, agences régionales, cabinets), clarifier la stratégie (ville, secteur, public cible).

2. Validation du modèle Test du produit ou service via des partenaires, l’utilisation d’un EOR ou d’une coopérative d’activité, participation à des programmes d’accélération ou des événements de networking pour affiner le positionnement.

Bon à savoir :

Pour s’installer comme indépendant, il faut déposer une demande de carte professionnelle et, le cas échéant, un visa D. Le choix de la forme juridique se porte généralement sur une SRL. La préparation des statuts et du plan financier doit être réalisée avec un notaire et un comptable locaux.

4. Création et premiers recrutements Constitution formelle de la société, ouverture du compte bancaire, activation TVA, installation dans un espace de coworking ou un incubateur, premiers recrutements clés (commercial, développeur, responsable opérations…).

Bon à savoir :

À partir d’un certain seuil de chiffre d’affaires, il est conseillé d’optimiser l’usage des régimes de R&D, d’envisager la mise en place d’une structure de groupe et d’effectuer des arbitrages entre la rémunération salariale, les dividendes et les régimes expatriés.

6. Ancrage durable Après cinq ans de séjour légal, possibilité de demander la résidence permanente ou la nationalité ; ce jalon est souvent l’occasion de consolider la présence (acquisition d’un immeuble, développement de nouvelles filiales, etc.).

À chaque étape, la Belgique offre des ressources : guichets d’entreprises, agences publiques, réseaux d’expatriés, associations d’accompagnement (pour les réfugiés, les conjoints d’expatriés, les jeunes diplômés étrangers), mais il revient à l’entrepreneur de les activer.

Conclusion : un marché exigeant mais riche en opportunités

Créer son entreprise en Belgique en tant qu’expatrié, ce n’est ni le chemin le plus simple ni le plus rapide, notamment au regard des procédures de carte professionnelle, de la fiscalité touffue et du coût du travail. Mais c’est un pari qui peut s’avérer très payant pour qui vise l’Europe de l’Ouest, recherche une base stable et veut accéder à un écosystème technologique et scientifique dense.

Bon à savoir :

La Belgique constitue une plateforme idéale pour un projet bien préparé grâce à ses infrastructures de qualité, sa main-d’œuvre qualifiée, la proximité de marchés voisins dynamiques, un large éventail d’aides à l’innovation et un réseau entrepreneurial dense.

L’essentiel, pour un entrepreneur expatrié, est de traiter la phase de préparation comme une étape à part entière : clarifier son statut migratoire, choisir la structure juridique la plus adaptée, chiffrer précisément son budget vie + business, s’entourer dès le départ de partenaires locaux et intégrer la dimension culturelle et linguistique. À ces conditions, la Belgique peut devenir bien plus qu’un simple point d’entrée sur le marché européen : un véritable ancrage pour une aventure entrepreneuriale durable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belgique, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Belgique pour son régime favorable aux revenus mobiliers, l’absence d’impôt sur la fortune, la proximité géographique et culturelle avec la France, ainsi qu’un coût de vie à Bruxelles globalement inférieur à Paris. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence et inscription communale, détachement CNAS/CPAM et inscription à la sécurité sociale belge, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, notaire, agents immobiliers bilingues) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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