S’installer au Groenland, ce gigantesque territoire arctique aux paysages spectaculaires, n’a rien d’un déménagement “classique”. Climat extrême, isolement, coût de la vie élevé, règles d’immigration spécifiques, culture très différente de l’Europe continentale : tout impose de bien préparer son projet. En contrepartie, la qualité de vie, la nature, la cohésion des communautés et les opportunités professionnelles – notamment dans les secteurs publics, de la pêche, du tourisme et de la tech – attirent de plus en plus de profils qualifiés.
Ce guide fournit les repères clés pour comprendre le pays, préparer son arrivée, obtenir un permis de séjour, trouver un logement, travailler, gérer son budget, s’intégrer et gérer la vie quotidienne au Groenland.
Comprendre le Groenland d’aujourd’hui
Avant de parler de démarches administratives ou de recherche d’emploi, il est utile de saisir le cadre politique, géographique et humain dans lequel vous allez vous installer.
Plus de 80 % de la surface du Groenland, la plus grande île du monde, est recouverte de glace.
La population tourne autour de 56 000 habitants, répartis entre 18 villes et une cinquantaine de petits villages disséminés le long d’un littoral immense. La capitale Nuuk regroupe environ 18 à 20 000 résidents et joue le rôle de centre politique, culturel et administratif. Les autres villes moyennes comptent de 1 000 à 5 000 habitants, tandis que certains hameaux ne rassemblent que quelques dizaines de personnes. On estime qu’entre 6 000 et 7 000 habitants permanents sont originaires d’autres pays, principalement du Danemark.
La population du Groenland est majoritairement inuite, représentant environ 80 % des habitants. La langue officielle est le groenlandais (Kalaallisut), parlée quotidiennement par la grande majorité de la population. Le danois occupe une place importante dans les domaines de l’administration, de la santé et de l’enseignement supérieur. L’anglais est principalement utilisé par les jeunes générations, ainsi que dans les secteurs du tourisme et des technologies.
Sur le plan économique, le pays repose largement sur la pêche et la transformation de produits de la mer, mais mise aussi sur le tourisme, quelques projets miniers, les énergies renouvelables (notamment l’hydroélectricité) et, de plus en plus, les technologies numériques et la recherche arctique. Un important bloc de subvention annuelle en provenance du Danemark représente environ la moitié des revenus publics.
Climat, environnement et modes de vie
Vivre au Groenland signifie vivre dans un environnement arctique, spectaculaire mais radical, qui façonne tous les aspects du quotidien.
Un climat sec, froid et changeant
Le climat est globalement arctique. Même pendant les mois les plus doux, les températures moyennes dépassent rarement 10 °C. Dans le sud et au fond de certains fjords, on peut voir le thermomètre grimper ponctuellement au-dessus de 20 °C en été, mais cela reste l’exception. L’air est très sec, avec une humidité très faible, ce qui rend le froid plus supportable qu’en Europe du Nord… tout en augmentant les risques de déshydratation et de dessèchement de la peau.
L’hiver, de novembre à mars, est long, froid et sombre, avec une nuit polaire totale dans les zones les plus septentrionales. Les températures typiques évoquées pour la période froide donnent une bonne idée de ce qui vous attend :
| Mois (hiver) | Plage de températures typiques |
|---|---|
| Octobre | -5 °C à -15 °C |
| Novembre – Janvier | -10 °C à -25 °C |
| Février – Mars | -15 °C à -25 °C |
| Avril | -5 °C à -15 °C |
À cela s’ajoute l’effet du vent, souvent fort sur les zones côtières, qui accentue nettement la sensation de froid. En revanche, plus on s’éloigne de la côte et de l’océan, plus le climat devient froid mais sec et relativement stable, par exemple sur la calotte glaciaire.
Les saisons de transition (printemps en avril–mai et automne en septembre–octobre) sont courtes. L’été est caractérisé par un ensoleillement prolongé : au nord du cercle polaire, on observe le soleil de minuit, tandis qu’à Nuuk, située juste au sud, les nuits restent très claires avec une ‘fausse nuit’ crépusculaire.
Une nature grandiose mais exigeante
Le Groenland offre fjords immenses, glaciers, toundra, banquise, montagnes et un littoral parsemé de petits villages. Il n’y a pas de routes reliant les villes entre elles : on se déplace en avion, hélicoptère, bateau, parfois motoneige ou traîneau à chiens selon les régions et les saisons. Les transports sont très dépendants de la météo, ce qui signifie qu’un blizzard peut retarder un vol de quelques heures… ou de deux jours.
La calotte glaciaire fond à un rythme accéléré, les habitats de la faune se modifient et de nouveaux parasites apparaissent, marquant concrètement les effets du changement climatique. Les habitants sont très attachés à la protection de l’environnement et aux pratiques de chasse et de pêche durables.
Qualité de vie et rythme quotidien
Le rythme de vie est plus lent que dans les grandes métropoles. Les communautés sont petites, soudées, et le rapport à la nature est omniprésent. L’hiver invite aux activités intérieures, à la vie associative et culturelle, tandis que l’été est consacré aux sorties en bateau, à la randonnée, au camping, à la chasse ou à la pêche pour ceux qui pratiquent.
Les grandes villes comme Nuuk offrent un confort moderne (supermarchés bien achalandés, cafés, piscines, salles de sport, musées, université, événements culturels), mais l’offre de biens de consommation reste limitée, et certains produits arrivent par bateaux à intervalles espacés. Dans les villages, on peut devoir pomper l’eau au point communal, utiliser des toilettes sèches et se doucher à la “maison de service” du bourg.
Immigration, permis de séjour et de travail
Sur le plan migratoire, le Groenland suit des règles distinctes de celles du Danemark et, surtout, ne fait pas partie de l’Union européenne ni de l’espace Schengen. Cela surprend souvent les ressortissants européens qui ne bénéficient pas ici de la libre circulation.
Qui a besoin d’un permis ?
Plusieurs grands cas de figure existent :
– Les citoyens du Danemark, de la Finlande, de l’Islande, de la Norvège et de la Suède peuvent vivre et travailler au Groenland sans visa, ni permis de séjour ou de travail. Ils n’ont même pas besoin de passeport pour entrer, une pièce d’identité suffit.
– Les ressortissants de l’UE/EEE et de la Suisse ne profitent pas de la libre circulation au Groenland. Ils suivent les mêmes règles que les autres étrangers, mais sont généralement exemptés de visa de court séjour.
– Tous les autres étrangers doivent, sauf exceptions, disposer d’un permis de résidence combiné à un permis de travail pour s’installer et travailler légalement.
À noter que le permis de résidence au Danemark ne donne pas automatiquement droit à résider au Groenland, et inversement.
Certaines catégories peuvent toutefois travailler jusqu’à trois mois sans permis : chercheurs invités, conférenciers, artistes ou sportifs professionnels, certains techniciens chargés d’installer ou réparer des équipements (la “règle du monteur”), personnels domestiques accompagnant des employeurs étrangers pour un court séjour, ou encore certains travailleurs de l’industrie minière tant que la durée cumulée de travail ne dépasse pas 90 jours sur une période de 180 jours.
Les autorités compétentes
Les demandes de permis sont traitées par l’Agence danoise pour le recrutement international et l’intégration (SIRI). Elle statue en lien étroit avec le gouvernement du Groenland (Naalakkersuisut), qui doit approuver l’introduction de main-d’œuvre étrangère au regard des priorités locales.
L’importation de main-d’œuvre étrangère au Groenland est régie par une loi spécifique (Acte n° 27 du 30 octobre 1992), qui établit le principe de priorité aux travailleurs locaux. Pour certains emplois, l’obtention d’un permis municipal délivré par la commune où se situe le poste est obligatoire. En cas de litige sur ces décisions, le ministère groenlandais des Ressources minérales et du Travail peut être saisi.
Conditions pour obtenir un permis de travail
Pour la plupart des expatriés, l’entrée au Groenland passe par une offre d’emploi concrète. L’employeur doit être enregistré au Groenland, proposer un contrat conforme aux standards locaux (salaire, durée, congés, délais de préavis) et, pour beaucoup de postes, démontrer qu’il n’a pas trouvé de candidat parmi les résidents ou ressortissants nordiques/UE.
En pratique, les exigences typiques sont les suivantes :
– Une offre d’emploi à temps plein (en général 40 heures par semaine).
– Des conditions salariales alignées sur les conventions collectives groenlandaises.
– Des qualifications avérées pour le poste (diplômes, expérience).
– Un casier judiciaire vierge ou ne présentant pas de condamnations incompatibles.
– Une capacité à subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille sans recourir à l’aide sociale.
Le dossier de demande doit inclure : le formulaire GL1 (pour les postes de santé), une copie de passeport, des photos d’identité, le contrat ou lettre d’offre, les diplômes et attestations d’expérience, un justificatif de logement et un extrait de casier judiciaire. Tous les documents doivent être fournis en danois, anglais, allemand, norvégien ou suédois, ou accompagnés d’une traduction certifiée dans l’une de ces langues.
Les demandes se déposent généralement auprès d’une représentation danoise à l’étranger (ambassade ou centre de visa). Dans certains pays, on peut passer par une représentation norvégienne. Il est aussi possible de déposer une demande depuis le Groenland ou le Danemark si l’on y séjourne légalement (par exemple avec un visa ou un autre titre valable). Des données biométriques (photo, empreintes) sont souvent requises.
Le traitement standard prend environ trois mois, pouvant aller jusqu’à cinq en cas de besoin d’informations complémentaires. Certaines procédures, comme celles liées à l’“Accord Santé” pour recruter des personnels médicaux, sont plus rapides (environ un mois). Le permis est matérialisé par une carte de séjour envoyée à l’adresse enregistrée dans le registre groenlandais (CPR) – il est donc crucial que votre nom figure sur la boîte aux lettres.
Durée, conditions et changement de poste
Le permis de résidence et de travail est en principe accordé pour une durée pouvant aller jusqu’à deux ans. Si le poste nécessite un permis municipal, la validité du titre est calée sur celle de cette autorisation. Dans les autres cas, elle suit la durée du contrat dans la limite de deux ans et ne peut dépasser de plus de deux mois la date d’expiration du passeport.
Le permis de travail est strictement attaché à un emploi et un employeur spécifiques. Tout changement de fonction (même en interne), l’acceptation d’un deuxième emploi ou la perte de l’emploi initial nécessitent une nouvelle autorisation. Il est impératif de prévenir immédiatement SIRI en cas de rupture de contrat et de déposer une nouvelle demande avant de commencer toute autre activité professionnelle.
Pour prolonger son séjour au-delà de la date d’expiration du permis, il faut introduire une demande de renouvellement avant la fin de validité. Ce dépôt dans les temps autorise en principe la poursuite de l’activité jusqu’à la décision.
Les titulaires d’un permis doivent rester autonomes financièrement. Percevoir des prestations publiques peut conduire à un retrait du titre. De même, l’abandon de l’adresse au Groenland ou des séjours prolongés à l’étranger peuvent faire tomber le permis, avec des seuils de six mois d’absence continue si l’on a résidé moins de deux ans, et de douze mois au-delà de deux ans. Les séjours au Danemark ou aux îles Féroé comptent comme temps passé à l’étranger.
Faire venir sa famille et viser la résidence permanente
Un permis de résidence et de travail permet en théorie de faire venir certains membres de la famille : conjoint, partenaire enregistré, concubin et enfants de moins de 18 ans vivant encore au foyer. Ils doivent déposer une demande de permis au titre du regroupement familial. L’autorité examinera la capacité du demandeur principal à loger et à subvenir aux besoins de sa famille.
Après plusieurs années de résidence légale (souvent cinq ans en continu), un étranger peut viser la résidence permanente. Les critères portent généralement sur la durée de séjour, la stabilité de l’emploi et des revenus, l’intégration (y compris des compétences linguistiques en groenlandais ou en danois) et l’absence de casier lourd.
Travailler au Groenland : secteurs, salaires et marché de l’emploi
Le marché du travail groenlandais combine une forte présence du secteur public, des besoins constants dans la pêche, la santé, l’éducation, les infrastructures et un développement rapide de la tech et de la transition énergétique.
Secteurs clés
Parmi les domaines majeurs où se concentrent les opportunités :
Principaux domaines économiques et professionnels offrant des opportunités d’emploi sur le territoire.
Pilier traditionnel de l’économie, avec des emplois sur les bateaux, dans les usines de transformation et la logistique.
Croissance soutenue grâce aux croisières, séjours nature, randonnées, circuits en traîneau à chiens, observation d’icebergs et d’aurores. Besoin de guides, personnel d’hôtel, restauration, transport.
Large éventail de postes dans l’administration, la santé, l’éducation, les services sociaux et techniques municipaux.
Chantiers de logements, routes urbaines, ports, aéroports, structures énergétiques.
L’hydroélectricité couvre déjà plus de 60 % de l’électricité du pays, et des projets complémentaires (éolien, solaire) apparaissent ponctuellement.
Environnement, climat, sciences arctiques, ressources marines, en lien avec des institutions comme l’Institut groenlandais des ressources naturelles.
Secteur en pleine expansion, avec fort accent sur la numérisation des services publics, la cybersécurité, le cloud et l’IA appliquée aux contraintes arctiques (énergie, logistique, santé connectée).
Focus sur la tech : un secteur en forte demande
Le secteur technologique connaît une poussée marquée. Après avoir représenté environ 4,9 % du PIB en 2022, il était estimé à près de 15 % quelques années plus tard, avec un objectif explicite d’augmenter la contribution du numérique à l’économie. Le gouvernement table sur la création de plusieurs milliers de nouveaux emplois dans ce domaine.
Les profils les plus recherchés incluent notamment : les spécialistes en technologie, les experts en marketing digital, et les professionnels de la finance.
– Développeurs logiciels et full stack.
– Data scientists et data analysts.
– Ingénieurs en intelligence artificielle et machine learning.
– Spécialistes cloud (architectes, DevOps).
– Analystes en cybersécurité.
– UX/UI designers.
– Ingénieurs systèmes et réseaux.
Le nombre de chiffres de l’augmentation annuelle projetée pour les emplois dans les métiers du numérique comme les développeurs et les data scientists.
Niveaux de salaire et conditions de travail
Les salaires dépendent fortement du secteur, de la qualification et de la localisation, mais quelques repères ressortent des données disponibles.
Pour la population active dans son ensemble, le salaire net moyen mensuel avoisine 27 000 DKK, soit environ 4 700 USD. Dans les grandes villes comme Nuuk, les revenus sont supérieurs à la moyenne nationale, tandis que certaines régions rurales affichent des revenus moyens plus faibles.
Dans les métiers de la tech, les fourchettes annuelles citées sont nettement plus élevées que la moyenne :
| Type de poste tech | Salaire annuel indicatif (avant impôts) |
|---|---|
| Ingénieur logiciel | 650 000 à 950 000 DKK |
| Data scientist | ≈ 132 000 USD |
| DevOps engineer | 90 000 à 135 000 USD |
| Architecte cloud | 80 000 à 167 000 USD |
| Ingénieur IA | 80 000 à 120 000 USD |
| Analyste cybersécurité | 384 500 à 592 600 DKK |
| UX/UI designer | 450 000 à 650 000 DKK |
Le salaire minimum légal évoqué se situe autour de 126,92 DKK de l’heure, soit environ 18,5 USD. Le temps de travail standard tourne autour de 40 heures par semaine et la culture professionnelle insiste sur le respect de l’équilibre vie professionnelle–vie privée.
À noter également une particularité fiscale : au-delà de la rémunération, tout résident pleinement imposable est soumis à un système d’impôt à la source avec des taux effectifs compris entre 42 % et 44 % selon les communes, mais avec des abattements et déductions significatifs.
Chercher un emploi : canaux et pratiques
Dans un pays de petite taille où tout le monde se connaît plus ou moins, le réseau et le bouche-à-oreille jouent un rôle central. Mais plusieurs canaux structurés existent :
Principaux canaux de diffusion pour recruter au Groenland, adaptés au type de poste et aux obligations légales.
Comme suli.gl, où les offres pour les postes peu ou moyennement qualifiés doivent souvent être publiées au moins 14 jours.
HireMe.gl, Arctic Jobs et les portails des médias locaux pour toucher un public ciblé.
Particulièrement efficace pour les postes qualifiés dans les secteurs de la tech ou de la recherche.
Facebook est très utilisé pour les groupes locaux et les petites annonces.
Les services publics de l’emploi et les agences de recrutement spécialisées.
Pour les postes qui impliquent une arrivée de l’étranger, les employeurs recourent parfois à des cabinets spécialisés ou à des services de type Employer of Record pour faciliter la gestion administrative.
La maîtrise du danois est très fréquemment demandée, voire du groenlandais selon les fonctions en contact direct avec le public. Dans la tech et certaines activités internationales, l’anglais suffit parfois, mais être un expatrié totalement monolingue en anglais limite clairement les options, surtout en dehors de Nuuk.
Coût de la vie, logement et budget d’expatrié
L’un des points qui surprennent le plus les nouveaux arrivants est le niveau des prix. L’isolement géographique, la dépendance aux importations, les coûts énergétiques élevés et la petite taille du marché font du Groenland l’un des pays les plus chers au monde.
Un coût de la vie très supérieur à la moyenne
Les comparaisons internationales montrent que, hors loyer, les dépenses courantes sont environ 40 % plus élevées qu’aux États‑Unis. Une autre source estime même que le Groenland est globalement 41 % plus cher que les États‑Unis. En revanche, les loyers restent en moyenne nettement plus bas que dans de nombreuses grandes villes américaines ou européennes.
Pour illustrer :
| Indicateur (vs États‑Unis) | Différentiel estimé |
|---|---|
| Coût de la vie hors loyer | +41 % env. |
| Coût de la vie avec loyer | +13 % env. |
| Loyers | -44 % env. |
| Restaurants | +22 à +40 % |
| Courses alimentaires | +60 à +75 % |
| Transport | +50 % |
| Vêtements | Prix ×2,2 env. |
Pour un expatrié seul, les estimations moyennes recensées donnent : les coûts mensuels de vie qui varient selon la destination, le mode de vie, et les dépenses personnelles engagées.
– Environ 15 700 DKK par mois (un peu plus de 2 100 €) hors loyer.
– Entre 2 400 USD par mois (mode frugal, loyer compris) et plus de 7 700 USD (style de vie confortable ou haut de gamme).
Pour une famille de quatre personnes, les fourchettes montent très vite, avec des estimations dépassant 38 000 DKK par mois ou proches de 9 000 USD loyer compris pour un niveau de confort “moyen”.
Se loger : loyers et options
Le marché du logement est tendu dans les grandes villes, en particulier à Nuuk, où la construction peine à suivre la demande. Mieux vaut anticiper sa recherche et, si possible, négocier un logement fourni ou aidé par l’employeur.
Ces données fournissent une estimation indicative de la situation.
| Type de logement | Loyer mensuel indicatif |
|---|---|
| 1 chambre centre-ville | ≈ 6 700 DKK |
| 1 chambre hors centre | ≈ 5 900 DKK |
| 3 chambres centre-ville | ≈ 10 500 DKK |
| 3 chambres hors centre | ≈ 10 200 DKK |
D’autres estimations citent 6 500 à 8 000 DKK pour un appartement meublé de 85 m² selon le quartier. Les charges de base (électricité, chauffage, eau, ordures) pour un 85–90 m² peuvent tourner entre 500 et 1 800 DKK par mois selon les sources, avec un coût du chauffage particulièrement lourd en hiver. L’internet haut débit illimité coûte souvent autour de 1 000 DKK par mois.
Dans les petites localités, l’offre de logement peut se limiter à quelques maisons privées ou hébergements partagés, parfois sans eau courante.
Courses, restaurants et dépenses quotidiennes
Les denrées alimentaires importées – fruits, légumes, lait, viande – sont nettement plus chères qu’en Europe continentale. Les produits frais peuvent être très onéreux, et leur disponibilité dépend de l’arrivée des cargos. En revanche, certains produits locaux (poisson, certaines viandes de chasse) sont plus accessibles via les marchés de chasseurs (brættet).
Quelques exemples de prix moyens :
| Produit (approx.) | Prix indicatif (DKK) |
|---|---|
| Lait 1 L | 12 à 18 DKK |
| Pain (1 jour, 2 pers.) | ≈ 33 DKK |
| Tomates 1 kg | ≈ 30 DKK |
| Pommes 1 kg | ≈ 60 DKK |
| Fromage local 500 g | ≈ 100 à 112 DKK |
| Bière locale 0,5 L (magasin) | 23 à 40 DKK |
| Bouteille de vin correcte | 150 à 213 DKK |
Au restaurant, on trouve typiquement :
| Type de repas/boisson | Prix indicatif (DKK) |
|---|---|
| Repas simple restaurant bon marché | 120 à 150 DKK |
| Menu combo fast‑food | ≈ 100 à 110 DKK |
| Dîner pour 2 en pub de quartier | ≈ 500 DKK |
| Dîner pour 2 dans restaurant italien “expat” | ≈ 1 200 DKK |
| Bière pression (pinte) | 70 à 80 DKK |
| Cappuccino | ≈ 40 DKK |
| Cocktail en club | ≈ 230 DKK |
Les loisirs coûtent également cher : ticket de cinéma autour de 120 à 140 DKK, abonnement mensuel à la salle de sport autour de 300 à 360 DKK. Certains sports, comme le tennis, sont réputés particulièrement coûteux ; d’autres infrastructures comme les piscines municipales (par exemple Malik à Nuuk) restent accessibles (environ 50 DKK l’entrée).
Transports locaux
Les déplacements urbains se font essentiellement en bus, en taxi et, beaucoup, à pied. Le réseau de bus de Nuuk est relativement dense, avec des titres mensuels avoisinant 520–580 DKK. Un ticket à l’unité coûte aux environs de 16–21 DKK.
Le taxi reste cher :
– Prise en charge autour de 23 DKK.
– Environ 64 DKK par mile.
– Un transfert aéroport–centre de Nuuk revient autour de 150 DKK.
Le carburant est moins taxé qu’en Europe continentale, avec des prix autour de 4,3 à 6,3 DKK le litre selon les sources, mais importer, acheter et entretenir un véhicule dans un environnement arctique demeure coûteux (un modèle compact type Golf neuve pouvant atteindre 250 000 DKK).
Système fiscal : ce que doivent savoir les expatriés
Le système d’imposition groenlandais fonctionne sur le principe de la retenue à la source : l’employeur prélève l’impôt directement sur le salaire, puis une régularisation intervient l’année suivante lors de l’avis d’imposition. Il distingue la résidence fiscale pleine (pour les personnes s’installant ou séjournant au moins six mois) et la résidence limitée (pour certains revenus d’origine groenlandaise sans installation durable).
Pour les résidents pleinement imposables, le taux d’imposition global (État + commune) se situe entre 42 % et 44 %, selon la municipalité. La charge est atténuée par des abattements forfaitaires et un crédit d’impôt pour emploi (jusqu’à environ 15 750 DKK par an). Il n’existe pas de TVA ni d’impôt sur la fortune à proprement parler, mais des droits d’accise s’appliquent sur l’alcool, les véhicules et les carburants.
Les contributions à un régime de retraite groenlandais sont généralement déductibles, tandis que les cotisations versées sur des produits de pension étrangers ne le sont pas en principe – mais les prestations versées par ces plans étrangers ne sont alors pas nécessairement imposables localement.
En cas d’installation, il est vivement recommandé de se rapprocher du Skattestyrelsen (l’administration fiscale) ou d’un conseiller spécialisé pour bien comprendre sa situation (impôt plein ou limité, conventions de non‑double imposition, obligations de déclaration).
Santé, assurance et accès aux soins
Le Groenland dispose de son propre système de santé publique, financé par l’impôt et inspiré du modèle danois. Il couvre gratuitement les résidents enregistrés comme habitants permanents.
Organisation du système de soins
Le dispositif est structuré autour :
– D’un hôpital national, l’Hôpital de la Reine Ingrid à Nuuk, qui offre les soins spécialisés pour tout le pays (130 lits, scanner, IRM, services de chirurgie, maternité, réanimation, etc.).
– De cinq hôpitaux régionaux dans les villes d’Aasiaat, Ilulissat, Sisimiut, Qaqortoq et Tasiilaq, assurant les soins de base, la radiologie standard, certains examens de laboratoire et une partie de la chirurgie, mais sans grands plateaux techniques (pas de scanner).
– De centres de santé urbains, souvent associés aux hôpitaux.
– De postes de santé dans les villages, tenus par des infirmiers ou des assistants médicaux, en lien avec les médecins des villes par télé‑médecine.
Les cas médicaux complexes du Groenland sont souvent transférés vers le Danemark par avion ou hélicoptère, selon la météo. Un avion sanitaire dédié, capable d’accueillir deux patients en civière, est utilisé. Ces transferts et le choix de l’hôpital de destination sont décidés uniquement sur la base de critères médicaux, et non selon les souhaits du patient ou de son assurance.
Pour les urgences, le numéro à composer est le 112.
Couverture pour les expatriés
Pour bénéficier de la gratuité des soins, les expatriés doivent être inscrits comme résidents permanents. Dans ce cadre, sont pris en charge :
– Consultations de médecine générale et de spécialistes dans le secteur public.
– Séjours à l’hôpital.
– Une partie des soins dentaires publics.
– Médicaments prescrits.
– Services d’infirmiers à domicile.
– Certains déplacements médicaux (par exemple, le transport des femmes enceintes de villages vers une ville pour l’accouchement).
Les touristes et personnes de passage doivent payer leurs soins et médicaments, souvent via une assurance. Les frais de transport médical (hélicoptère, avion) peuvent être très élevés pour les non-résidents. Il est donc crucial de disposer d’une bonne assurance incluant la couverture d’évacuation sanitaire.
Assurance santé internationale
Pour un projet d’expatriation, plusieurs cas se présentent :
– Si vous devenez résident, vous serez couvert par le système public pour les soins au Groenland. Une assurance internationale complémentaire reste pourtant judicieuse pour les prises en charge à l’étranger (par exemple lors de déplacements au Danemark ou dans votre pays d’origine).
– Si vous ne remplissez pas (encore) les conditions de résidence, une assurance santé internationale robuste est indispensable, couvrant a minima les hospitalisations, l’évacuation médicale et la prise en charge dans les pays voisins.
– Pour un séjour de reconnaissance ou de courte durée, une assurance voyage avec volet médical et rapatriement est le minimum absolu.
Les assureurs spécialisés proposent des niveaux de garanties variés (hospitalisation, soins courants, obstétrique, dentaire, optique, santé mentale, prévention, etc.) avec des plafonds pouvant aller de 160 000 USD à plusieurs millions selon les gammes. L’important est de vérifier les exclusions (notamment les pathologies préexistantes), les franchises, les co‑paiements et la couverture d’évacuation.
S’équiper et se préparer au climat
Arriver au Groenland sans l’équipement adéquat est l’un des meilleurs moyens de transformer votre aventure en calvaire. Le principe de base est celui des couches, modulables en fonction de l’activité et du temps, combiné à une protection minutieuse des extrémités.
Le système des trois couches
Pour le haut comme pour le bas du corps, l’habillement se pense en trois épaisseurs :
– Couche de base (sous-vêtements techniques) : en laine mérinos ou fibres synthétiques, pour évacuer l’humidité de la peau. Le coton est à proscrire, car il retient l’eau et refroidit.
– Couche intermédiaire : isolante (polaire, laine, doudoune en duvet ou synthétique).
– Couche externe : coupe-vent et imperméable, type veste et pantalon shell respirants (Gore‑Tex ou équivalent).
Ce système permet d’ajouter ou de retirer des couches en fonction de l’effort (marche, ski, traîneau) et des variations de temps, souvent rapides.
Les indispensables par zone du corps
Pour la tête, un bonnet couvrant les oreilles, une cagoule ou un buff pour le cou, et des lunettes de soleil performantes (idéalement polarisées) sont incontournables. En hiver, des masques de ski protègent du vent et de l’éblouissement sur la neige. En été, un chapeau peut être utile lors des rares journées ensoleillées plus douces.
Pour éviter les engelures et les gerçures, il est essentiel de superposer les couches : commencez par des sous-gants fins (par exemple en laine mérinos) pour préserver la dextérité, ajoutez une paire de gants imperméables, et complétez par des moufles épaisses en surcouche, plus chaudes que des gants classiques. En cas de grand froid, l’utilisation de chauffe-mains chimiques peut s’avérer déterminante.
Pour le tronc et les jambes, plusieurs pièces thermiques (sous‑vêtements longs, pantalons en polaire ou en softshell, sur‑pantalons imperméables, parka isolée) permettent de composer. En ville, une parka bien isolée suffit souvent, mais toute sortie prolongée en extérieur doit être anticipée.
Les pieds sont une zone critique à protéger. En hiver, portez des chaussettes en laine (superposez une couche fine et une épaisse) et des bottes fourrées, isolées et étanches (comme les marques Sorel ou Baffin). En été ou pour la randonnée, optez pour des chaussures de marche montantes, solides et imperméables. Sur la glace, équipez-vous de sur-chaussures, de guêtres, de crampons légers ou de semelles à picots pour plus de sécurité.
Pensez aussi au sac à dos de journée (20–30 L avec ceinture ventrale), à une gourde isotherme (l’eau gèle vite), à une crème solaire et un stick à lèvres à indice élevé, ainsi qu’à une crème hydratante riche contre le dessèchement.
Pour les activités les plus extrêmes (expéditions sur la calotte, trek isolé), un équipement spécialisé (piolets, crampons techniques, pulkas, téléphonie satellite, radio VHF, protections contre les ours polaires) est indispensable et souvent fourni ou exigé par les opérateurs d’expéditions.
Logistique internationale : faire venir ses affaires
Pour un déménagement complet, les volumes et coûts imposent souvent un transport maritime, complété au besoin par de l’aérien pour les colis urgents.
Plusieurs sociétés de logistique internationale proposent des solutions spécifiques pour le Groenland, incluant le transport maritime (conteneurs complets FCL ou partagés LCL), le fret aérien et les services de colis avec consolidation depuis l’Amérique du Nord ou l’Europe. Elles s’appuient généralement sur les grands transporteurs maritimes mondiaux et peuvent également gérer les formalités douanières, comme l’estimation des droits et taxes, la préparation des documents d’exportation/importation et les certificats d’origine.
Les délais varient de quelques jours (petits colis en express aérien) à plusieurs semaines (fret maritime, voire plus selon la saison et les itinéraires). Les tarifs, très variables selon le poids, le volume et l’option retenue (express, économique, groupage), doivent être comparés avec soin. Le Groenland appliquant ses propres règles douanières, il est important de se renseigner en amont sur les limites et interdictions (produits alimentaires, armes, matières dangereuses, etc.) ainsi que sur les formulaires à fournir.
Vie quotidienne, culture et intégration
Réussir son expatriation au Groenland ne se joue pas qu’au niveau administratif et logistique. L’intégration passe aussi par la compréhension des codes sociaux, la participation à la vie locale et, autant que possible, l’apprentissage de la langue.
Langue : le groenlandais, clé de l’intégration
Même si une partie de la population parle danois et que l’anglais est courant dans certains milieux, surtout à Nuuk, la maîtrise de quelques bases de groenlandais change radicalement la manière dont vous serez perçu. Des salutations simples comme “Aluu” (bonjour), “Tikilluarit” (bienvenue) ou “Qujanaq” (merci) sont vivement appréciées et témoignent de votre respect.
Le groenlandais est une langue polysynthétique et agglutinante, très différente des langues indo‑européennes, avec un système de cas, de nombreuses affixes et un ordre des mots de type sujet‑objet‑verbe. Cela peut paraître intimidant, mais de nombreux linguistes insistent sur sa régularité : une fois la logique des affixes assimilée, la progression devient satisfaisante.
Plusieurs ressources structurées existent :
Découvrez une sélection de cours, outils et formations pour maîtriser la langue groenlandaise, allant des ressources gratuites en ligne aux formations certifiantes.
Suivez le programme ‘Learn Greenlandic with Per Langgård’, d’environ 500 heures, ou les modules ‘Grønlandsk for voksne’ (Groenlandais pour adultes) disponibles gratuitement en ligne depuis plusieurs années.
Accédez gratuitement à des manuels, des grammaires simplifiées, un dictionnaire morphémique, ainsi que des outils d’analyse de mots pour approfondir votre apprentissage.
Optez pour des cours en présentiel à Nuuk ou des tutorats en ligne payants, incluant des examens et l’obtention d’une attestation officielle.
Un investissement régulier de quelques heures par semaine peut, sur un an, procurer un vocabulaire de base et une bonne compréhension de la structure de la langue, ce qui facilite les échanges informels, la lecture de panneaux, l’écoute de la radio locale et l’accès à la culture.
Les interactions sociales reposent sur quelques principes forts :
La société groenlandaise valorise l’indépendance et l’harmonie du groupe. Il est préférable de ne pas offrir son aide spontanément pour éviter d’être intrusif, mais de répondre à une demande explicite ; insister après un refus est mal vu. La communication est indirecte : on utilise le ‘nous’ pour suggérer des changements et on évite de pointer du doigt. Les émotions fortes ne sont pas exprimées en public ; il convient d’écouter et d’accepter les silences face à un récit factuel d’événements difficiles. L’humour, souvent tourné vers les petits incidents et l’autodérision, est central, tandis que les plaisanteries trop intellectuelles, agressives ou liées à des tabous sexuels sont moins courantes.
Dans les magasins, la notion de “file d’attente” existe, mais elle est moins rigide qu’ailleurs. À l’ouverture de nouvelles caisses, les gens peuvent se déplacer vers la plus courte, indépendamment de l’ordre exact d’arrivée, sans que cela suscite de protestations. Se plaindre bruyamment serait vu comme un manque de maîtrise.
Traditions et vie communautaire
Parmi les coutumes auxquelles un expatrié est souvent invité à participer, le kaffemik tient une place particulière. Il s’agit d’une grande réception informelle chez l’habitant pour célébrer un anniversaire, une confirmation, un mariage, une réussite… Les invités défilent tout au long de la journée, consomment café, gâteaux, plats traditionnels, discutent, puis laissent la place aux suivants. C’est un moment clé pour tisser des liens.
La chasse et la pêche sont des activités à forte valeur identitaire, reliant la communauté à son territoire et à sa faune. Il est attendu des expatriés qu’ils respectent ces pratiques, même s’ils ne les partagent pas ou ont des réserves sur certains produits comme la viande de phoque ou de baleine.
Les arts traditionnels (chant et danse au tambour, sculptures de tupilaks, récits oraux) coexistent avec une scène musicale contemporaine dynamique et un fort engagement pour la culture inuit dans l’éducation et la politique.
Les chiens de traîneau font également partie du patrimoine, particulièrement dans le nord et l’ouest. On rappelera cependant qu’ils ne sont pas des animaux de compagnie au sens urbain du terme, mais des animaux de travail, souvent gardés en meute à l’extérieur de la ville.
Vie dans la capitale Nuuk
Nuuk concentre une grande partie des opportunités professionnelles, des services et des infrastructures. La ville est compacte et se parcourt aisément à pied ou en bus. Le centre historique, le port colonial, les musées (notamment le Musée national et le Musée d’art), le centre culturel Katuaq, la piscine Malik, les cafés et restaurants offrent un cadre de vie urbain étonnamment riche pour une ville de cette taille.
Un nouvel aéroport international a récemment renforcé la connectivité de Nuuk, avec des liaisons depuis Copenhague (en général via Kangerlussuaq) et Reykjavik. Les retards de vols liés au climat restent fréquents, ce qui incite à prévoir des marges pour les correspondances et à souscrire une assurance voyage couvrant les retards.
Éducation, famille et enfants
Pour les familles expatriées, la question de la scolarité est évidemment centrale. Le Groenland propose un système d’enseignement public gratuit, avec obligation scolaire de 6 à 16 ans. On y compte une vingtaine d’écoles de ville, une soixantaine d’écoles de village et trois lycées.
Il n’existe qu’une seule école privée à Nuuk et aucun réseau d’écoles internationales. L’enseignement est principalement dispensé en groenlandais, avec une place importante du danois et un apprentissage obligatoire de l’anglais. Pour un enfant ne parlant ni groenlandais ni danois, l’intégration peut être un défi, mais aussi une excellente opportunité de devenir multilingue.
Les coûts de garde d’enfants dans des structures privées (crèches, jardins d’enfants) sont relativement modérés par rapport à d’autres pays nordiques, avec des tarifs mensuels d’environ 4 000 DKK par enfant pour un temps plein. L’absence de frais de scolarité dans le public compense en partie le coût de la vie.
Pour la santé des enfants, le système de soins public prend en charge la plupart des besoins (pédiatrie, vaccinations, suivi dentaire de base). Les parents ont cependant intérêt à souscrire une couverture complémentaire pour les soins non couverts ou les voyages à l’étranger.
Se préparer mentalement : isolement, santé mentale et résilience
L’une des réalités souvent sous‑estimées de la vie au Groenland est l’isolement. Même à Nuuk, le sentiment d’être loin du reste du monde peut peser, surtout en hiver. Le manque de lumière, la froideur extérieure, la dépendance aux liaisons aériennes et maritimes, la difficulté de voir sa famille restée à l’étranger aussi souvent qu’on le souhaiterait, sont autant de facteurs de vulnérabilité psychologique.
Le pays connaît un taux de suicide très élevé, en particulier chez les jeunes hommes, ce qui illustre les tensions sociales et psychiques profondes que peut générer ce contexte. Pour un expatrié, il est donc crucial de :
Pour faciliter son intégration et préserver son bien-être, il est conseillé de créer rapidement un réseau social local (via des clubs sportifs, associations, chorales, groupes d’expats ou collègues). Il est également important de maintenir des liens réguliers avec ses proches à l’étranger en utilisant des outils numériques, tout en gérant les contraintes d’un internet parfois coûteux et limité. S’ancrer dans des routines (sport, activités culturelles, sorties, apprentissage de la langue) permet de structurer son temps, particulièrement durant l’hiver. Enfin, en cas de difficulté prolongée, il ne faut pas hésiter à consulter les services de santé mentale disponibles, même si l’offre de psychologues et psychiatres reste limitée par rapport à la demande.
Apprendre à accepter les aléas (vol annulé pour cause de tempête, rupture de stock dans les magasins, contretemps administratifs) fait aussi partie de l’adaptation. La patience et la flexibilité sont des vertus cardinales au Groenland.
Conseils pratiques pour réussir son installation
Au‑delà des données chiffrées et des procédures, quelques lignes de force se dégagent pour aborder sereinement un projet d’expatriation au Groenland.
Pour une installation réussie au Groenland, il est essentiel d’anticiper les démarches administratives (permis, logement, scolarité). Prévoyez un coussin financier pour absorber le coût de la vie et les imprévus. Négociez votre package d’expatriation pour inclure des aides au logement ou à l’équipement. Travaillez votre réseau local avant votre arrivée en contactant des expatriés et des associations. Engagez-vous dans la vie sociale en participant aux événements et en rejoignant des clubs. Respectez les codes culturels et linguistiques en apprenant quelques mots de groenlandais. Enfin, prenez soin de votre santé physique et mentale en vous adaptant au climat et en restant actif.
S’installer au Groenland en tant qu’expatrié n’est ni un choix anodin, ni une expérience “clé en main”. C’est un projet exigeant, qui demande préparation, ouverture culturelle, résilience et curiosité. Ceux qui acceptent de s’y confronter découvrent toutefois une société chaleureuse, un cadre de vie unique au monde et la possibilité rare de participer à la construction d’un territoire confronté de plein fouet aux enjeux climatiques, identitaires et technologiques du XXIᵉ siècle.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et profiter d’un cadre de vie préservé en Groenland, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland pour sa pression fiscale globalement plus faible via le Danemark, son niveau de vie élevé mais encore compétitif hors grandes capitales nordiques, et son environnement naturel exceptionnel, propice à un projet de retraite durable. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence avec achat de résidence principale, couverture santé adaptée (coordination CNAS/CPAM et système danois‑groenlandais), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, intermédiaires bilingues) et intégration patrimoniale internationale (analyse et restructuration si nécessaire).
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