Les soins de santé pour les expatriés en Allemagne : comprendre, choisir, s’y retrouver

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Allemagne, c’est profiter d’un des systèmes de santé les plus performants au monde… à condition de bien en comprendre les règles. Assurance obligatoire, jungle d’options entre caisses publiques, contrats privés, assurances “incoming”, soins d’urgence, barrière de la langue, vaccins, santé mentale : pour un expatrié, les questions se multiplient vite.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet et chiffré du système de santé allemand pour les expatriés. Il vise à donner les repères nécessaires pour éviter les mauvaises surprises, faire des choix éclairés et utiliser efficacement un système considéré comme étant de très haut niveau.

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Un système universel, performant… mais très encadré

L’Allemagne dispose d’un système de santé universel, multi‑payeur, considéré comme l’un des plus performants au monde. Il s’appuie sur des hôpitaux bien équipés, un réseau dense de médecins de ville et une forte régulation des prix et des prestations.

Attention :

L’assurance maladie est obligatoire pour tous les résidents en Allemagne, conformément au Code social (Livre V). L’absence de couverture peut entraîner le refus d’un titre de séjour durable et des factures médicales très élevées en cas de problème de santé.

Le système repose sur deux grands piliers :

– la Gesetzliche Krankenversicherung (GKV), assurance maladie publique / statutaire, non lucrative, très régulée, qui couvre environ 87 à 90 % de la population ;

– la Private Krankenversicherung (PKV), assurance privée, à but lucratif, modulable, qui couvre 10 à 13 % des résidents.

À cela s’ajoutent des couches complémentaires : assurances privées “expat” ou “incoming” pour les nouveaux arrivants, surcomplémentaires dentaires ou hospitalières, couverture internationale, etc.

Pour un expatrié, le premier enjeu est de savoir dans quelle case on entre, et ce que cela implique en termes de coût, de droits et de flexibilité.

GKV ou PKV : comment fonctionne vraiment l’assurance maladie en Allemagne ?

La GKV et la PKV obéissent à des logiques totalement différentes. La première est fondée sur la solidarité : les cotisations dépendent du revenu, pas de l’état de santé. La seconde est individualisée : le tarif dépend de votre âge, de vos antécédents médicaux et du niveau de couverture choisi.

La GKV : l’assurance publique, pilier du système

La GKV est gérée par des caisses d’assurance maladie publiques (Krankenkassen) à but non lucratif, placées sous la tutelle du ministère fédéral de la Santé et du GKV‑Spitzenverband, l’instance chapeau. Il existe plus d’une centaine de caisses (TK, AOK, Barmer, DAK, hkk, KKH, etc.), mais le “panier de soins” de base est largement standardisé par le Comité fédéral conjoint (G‑BA).

Concrètement, la GKV :

– couvre tous les soins “médicalement nécessaires” ;

– accepte tout le monde, sans sélection médicale ni surprime pour maladies préexistantes ;

– inclut automatiquement une assurance dépendance (Pflegeversicherung) obligatoire ;

– permet la Familienversicherung : conjoint et enfants sans revenus significatifs peuvent être couverts gratuitement.

Du point de vue d’un expatrié salarié ou étudiant, c’est généralement la voie d’entrée la plus simple et la plus sûre.

La PKV : l’assurance privée, modulable mais sélective

La PKV est proposée par des compagnies privées (environ 41 assureurs différents), avec une logique assurantielle classique : prime calculée sur le risque individuel, contrats modulaires, options multiples (chambre individuelle, chefs de service, dentaire majoré, médecine douce, couverture mondiale, etc.).

Quelques mécaniques clés :

– primes non liées au revenu, mais à l’âge d’entrée, la santé et le niveau de garanties ;

– sélection médicale possible : certaines pathologies peuvent entraîner exclusion, surprime, voire refus ;

– chaque membre de la famille doit avoir son propre contrat payant ;

– beaucoup de contrats fonctionnent au tiers payant inversé : vous payez la facture puis êtes remboursé.

La PKV peut s’avérer moins chère que la GKV pour un jeune expatrié en bonne santé avec un salaire élevé… et devenir beaucoup plus lourde à long terme, surtout avec une famille et en vieillissant. Revenir en GKV après 55 ans est en pratique très difficile.

Qui a droit à quoi ? Les règles d’éligibilité

L’accès à la GKV ou à la PKV n’est pas totalement libre. Il dépend surtout de votre statut professionnel et de votre revenu.

Salariés

– En dessous d’un seuil de revenu brut annuel (69 300 € en 2024, 73 800 € en 2025, seuils encore appelés à monter), l’affiliation à la GKV est obligatoire : vous êtes “pflichtversichert”.

– Au‑dessus de ce seuil, vous devenez “freiwillig versichert” : vous pouvez rester en GKV ou basculer en PKV.

Astuce :

Les salariés sont généralement affiliés automatiquement à une caisse publique de prévoyance par leur employeur. Cependant, ils disposent d’un délai court, généralement d’environ deux semaines, pour choisir et se déclarer auprès d’une autre caisse s’ils le souhaitent.

Indépendants, freelances, professions libérales

Les travailleurs indépendants peuvent en principe choisir :

la GKV, en cotisant volontairement (et en payant la part employeur + employé) ;

– ou la PKV, très courante pour les freelances.

Certains seuils de revenus sont parfois mentionnés par les assureurs privés : par exemple, un minimum mensuel d’environ 2 500 € à 3 750 € pour certains profils freelance, ou 35 000 € annuels pour être éligible à certains produits. Ces chiffres servent de critères commerciaux plus que de règles légales strictes.

Étudiants

– Jusqu’à 30 ans, les étudiants peuvent bénéficier d’un régime étudiant GKV au tarif réduit.

– Passé 30 ans, ils doivent soit passer en PKV, soit souscrire volontairement à la GKV à un tarif nettement plus élevé.

Les étudiants étrangers doivent présenter une preuve d’assurance lors de l’inscription universitaire et pour le visa. Les assurances “incoming” purement temporaires sont souvent refusées pour les séjours longs.

Fonctionnaires, chercheurs invités, autres cas

Les fonctionnaires bénéficient souvent de subventions spécifiques (Beihilfe) et optent pour la PKV.

– Les chercheurs invités, professeurs visiteurs, étudiants en cours préparatoires ou en cours de langue longue durée peuvent être amenés à recourir à la PKV ou à une assurance expat dédiée.

Les retraités percevant une pension allemande sont, eux, rebasculés dans un régime spécifique de GKV (KVdR).

Combien coûte la GKV pour un expatrié ?

Les cotisations à la GKV sont calculées en pourcentage du revenu brut, dans la limite d’un plafond (Beitragsbemessungsgrenze). Une assurance dépendance obligatoire vient s’y ajouter.

Le principe : un pourcentage du revenu, partagé avec l’employeur

Le taux de base de la GKV est de 14,6 % du revenu brut. À cela s’ajoute une cotisation additionnelle (Zusatzbeitrag), propre à chaque caisse, en moyenne 1,7 % en 2024. Au total, la fourchette se situe approximativement entre 16,4 % et 19 % du revenu.

Pour les salariés :

– la cotisation est partagée à 50/50 avec l’employeur ;

– au‑delà d’un certain revenu mensuel (environ 5 175 € en 2024, plus en 2025 et 2026), on ne cotise plus sur la partie excédentaire.

Pour les indépendants :

– ils paient la totalité des 14,6 % + Zusatzbeitrag sur une base minimale de revenu fictif (environ 1 178 € par mois en 2024 au minimum), ce qui explique pourquoi la GKV peut devenir onéreuse pour un freelance à faible revenu.

Assurance dépendance obligatoire

La Pflegeversicherung est indissociable de la GKV :

– environ 3,6 % pour les assurés avec enfants ;

– environ 4,2 % pour les assurés sans enfants.

Bon à savoir :

Pour les salariés, la cotisation est partagée avec l’employeur.

Quelques ordres de grandeur

Voici un tableau indicatif (hors surcotisations spécifiques) pour un salarié, en prenant un Zusatzbeitrag moyen.

SituationBase de calcul mensuelle (2024)Taux global GKV + Pflege (env.)Part salarié (50 %)
Salaire brut 3 000 €/mois3 000 €~18 %≈ 270 €/mois
Salaire brut 5 000 €/mois5 000 €~18 % (sous plafond)≈ 450 €/mois
Salaire brut 7 000 €/mois5 175 € (plafond 2024)~18 % (plafonné)≈ 465 €/mois

Ces montants incluent la longue durée et restent approximatifs, mais donnent une idée claire : la GKV est proportionnelle aux revenus, jusqu’à un maximum relativement stable, que votre salaire atteigne 5 200 € ou 8 000 € par mois.

Régimes particuliers : étudiants, apprentis, chômeurs

Étudiants < 30 ans : cotisation forfaitaire autour de 90 à 130 € par mois, assurance dépendance incluse.

Étudiants > 29 ans : basculent sur des contributions minimales de l’ordre de 180 à 250 € par mois.

Apprentis (Azubis) gagnant moins de 325 € par mois : l’employeur prend en charge 100 % de l’assurance.

Chômeurs ayant cotisé auparavant : restent couverts par la GKV via l’agence pour l’emploi ou les aides sociales.

Combien coûte la PKV pour un expatrié ?

En PKV, les primes ne dépendent pas des revenus, mais de facteurs individuels : âge d’entrée, état de santé, garanties choisies, franchise annuelle. Les écarts sont donc considérables.

Ordres de grandeur

Les études et données de marché indiquent :

– primes pouvant aller de 150 € à plus de 1 500 € par mois, selon profil et garanties ;

– pour un salarié en bonne santé d’environ 35 ans :

– formule “de base” : 350–550 €/mois ;

– formule “confort” : 450–700 €/mois ;

– formule “premium” : 550–900 €/mois ;

– la prime moyenne observée autour de 535 €/mois (hors fonctionnaires).

L’employeur contribue jusqu’à 50 % de la prime, dans la limite de ce qu’il paierait pour un employé GKV, soit autour de 420–510 €/mois selon les années. Toute part excédentaire reste à votre charge.

Franchises, bonus, fiscalité

La flexibilité de la PKV repose sur plusieurs leviers :

Bon à savoir :

Pour optimiser le coût d’une assurance santé privée (PKV) en Allemagne, plusieurs mécanismes financiers sont à connaître. L’option d’une franchise annuelle (Selbstbeteiligung), pouvant aller jusqu’à 3 000 €, permet de réduire significativement la prime mensuelle. Certains assureurs proposent également un bonus de non-consommation, remboursant une partie des cotisations si aucun soin n’est déclaré dans l’année. Enfin, les primes versées à la PKV sont, comme pour l’assurance publique (GKV), partiellement déductibles de l’impôt sur le revenu.

Pour un très haut revenu, jeune et sans projet familial à court terme, la PKV peut apparaître avantageuse. Mais basculer tardivement en GKV est ensuite complexe, voire impossible après 55 ans. C’est un choix structurant, qu’il vaut mieux prendre avec un courtier indépendant plutôt qu’uniquement sur un comparateur en ligne.

Que couvre réellement l’assurance maladie en Allemagne ?

Pour un expatrié, la différence de niveau de confort entre GKV et PKV compte souvent autant que la différence de prix.

GKV : large couverture, logique de “nécessité”

La GKV couvre l’ensemble des soins considérés comme médicalement nécessaires et économiquement raisonnables :

Exemple :

L’assurance maladie publique en Allemagne couvre un large éventail de prestations, notamment les consultations chez les médecins généralistes et spécialistes conventionnés, l’hospitalisation en chambre partagée, et les prescriptions médicamenteuses (avec un ticket modérateur). Elle inclut également les examens de prévention, les dépistages et les vaccinations recommandés, ainsi que le suivi complet de la maternité (grossesse et post-partum). Les soins psychiatriques et la psychothérapie sont pris en charge sous approbation (parfois jusqu’à 300 séances). Pour les soins dentaires, les actes de base (détartrage, obturations simples, extractions) sont couverts, avec une participation aux prothèses (généralement 60%, pouvant atteindre 75% avec un carnet dentaire bien tenu). L’assurance prévoit aussi des aides médicales, de la rééducation et de la réadaptation fonctionnelle. En cas d’arrêt maladie prolongé, des indemnités journalières (Krankengeld) sont versées à hauteur de 70% du salaire, après 6 semaines d’arrêt et dans la limite d’un plafond défini.

Les soins préexistants sont intégralement couverts : impossible d’être refusé ou pénalisé parce que vous arrivez avec une pathologie chronique.

En contrepartie, certains postes restent modestement couverts ou très encadrés :

optique (lunettes, lentilles) : prise en charge très limitée ;

médecine alternative et compléments (homéopathie, ostéopathie, acupuncture) : fortement restreints ou non couverts, sauf programmes spécifiques ;

dentaire complexe : reste à charge important, d’où l’essor des surcomplémentaires.

De petits co‑paiements (Zuzahlungen) sont systématiques :

Type de dépenseRègle de participation du patient
Médicaments sur ordonnance10 % du prix, min. 5 €, max. 10 €
Hospitalisation10 €/jour, plafonné à 28 jours par année
Divers dispositifs (cannes, bas de contention, etc.)Participation partielle variable selon l’objet

Un plafond annuel de reste à charge (2 % du revenu brut, 1 % pour les malades chroniques) limite l’addition globale.

PKV : confort, rapidité, options internationales

La PKV inclut au minimum ce que couvre la GKV, mais ajoute souvent des niveaux de confort importants :

Avantages de l’assurance santé privée en Allemagne

Découvrez les principaux bénéfices offerts par les contrats d’assurance maladie privée (PKV) par rapport à l’assurance légale (GKV).

Accès aux soins accéléré

Délais de rendez-vous plus courts pour consulter des spécialistes, sans liste d’attente.

Choix du médecin élargi

Possibilité de consulter des médecins privés qui n’acceptent pas les patients de l’assurance légale (GKV).

Confort hospitalier supérieur

Hospitalisation en chambre simple ou double, avec droit d’être traité par le chef de service (Chefarzt).

Remboursement dentaire optimal

Meilleure prise en charge des soins dentaires, jusqu’à 100% pour certaines prothèses.

Couverture optique étendue

Prise en charge améliorée, parfois intégrale, pour les lunettes et les lentilles de contact.

Médecines complémentaires

Prise en charge de thérapies alternatives (ostéopathie, acupuncture, etc.) selon les contrats.

Protection à l’international

Couverture des soins à l’étranger, parfois mondiale, incluant les rapatriements.

En revanche :

les membres de la famille ne sont jamais couverts automatiquement ;

les pathologies préexistantes peuvent entraîner exclusions ou surprimes ;

la plupart des contrats fonctionnent en remboursement après paiement des factures par le patient.

Pour les séjours ou déplacements réguliers hors d’Allemagne, certains contrats PKV offrent une protection plus étendue que la simple carte européenne d’assurance maladie des assurés GKV.

Les assurances “incoming” / expat : solution temporaire, pas un substitut durable

À côté de la GKV et de la PKV, il existe des produits privés dits “incoming” ou “expat health insurance”. Ils sont pensés pour :

les nouveaux arrivants qui n’ont pas encore de contrat GKV/PKV ;

les personnes venant en Allemagne pour quelques mois ;

les titulaires de visa national D en phase d’installation.

Ces assurances sont :

Bon à savoir :

Ces offres sont limitées dans le temps (généralement 5 ans maximum), moins chères que les assurances maladie légales (GKV) ou privées (PKV) classiques, mais aussi moins complètes. Des prestations comme les check‑ups, les soins dentaires, le suivi de maladies chroniques ou les grossesses peuvent être partiellement, tardivement ou pas du tout couvertes.

Elles permettent souvent d’obtenir un visa initial, mais ne sont parfois pas acceptées lors du renouvellement de titre de séjour. Certains prestataires sont régulièrement cités (Feather, Ottonova, HanseMerkur, Care Concept, Dr. Walter, Mawista, etc.), avec des retours très variables sur la qualité du remboursement.

Pour un expatrié qui compte s’installer durablement, la recommandation est claire : utiliser l’assurance incoming seulement comme tremplin, puis basculer sur une GKV ou une vraie PKV dès que possible.

Accéder aux soins au quotidien : médecins, hôpitaux, pharmacies

Comprendre la structure de l’offre de soins allemande aide à réduire les frictions du quotidien.

Le rôle central du Hausarzt

Le médecin généraliste (Hausarzt) est le point d’entrée habituel :

consultations sur rendez‑vous, parfois consultation libre (Sprechstunde) ;

horaires typiques : 8 h – 17 h, avec fermeture le mercredi après‑midi et les week‑ends ;

– il coordonne vos soins, prescrit les examens, oriente vers les spécialistes.

Contrairement à d’autres pays, il n’est pas obligatoire d’être “listé” chez un généraliste spécifique, et vous êtes libre de changer de médecin. En pratique, trouver un cabinet qui prend encore de nouveaux patients est parfois un défi dans certaines zones urbaines.

Les spécialistes sont accessibles :

avec ou sans lettre de recommandation (Überweisung), selon la discipline ;

avec des délais souvent plus longs qu’en médecine générale (plusieurs semaines voire mois).

Il suffit de présenter à chaque visite votre carte d’assurance électronique (eGK) ou le justificatif PKV.

Urgences : numéros utiles et organisation

En cas d’urgence vitale (douleur thoracique, détresse respiratoire, AVC suspecté, traumatisme grave, etc.), le numéro unique est le 112. Il fonctionne dans toute l’Europe et la prise en charge est gratuite, l’appel aussi.

Attention :

Pour les problèmes aigus non vitaux (fièvre, infection urinaire, migraine…) en dehors des horaires de cabinet, composez le 116 117, le service de garde médicale (Ärztlicher Bereitschaftsdienst). Ce service vous orientera vers une prise en charge adaptée.

un cabinet de garde ;

une maison médicale de garde ;

– ou, si nécessaire, une visite à domicile.

Les urgences hospitalières s’appellent Notaufname. Comme ailleurs, elles sont réservées aux situations réellement urgentes. Le système allemand est doté de services de secours publics (“Rettungsdienst”), souvent opérés via les pompiers, la Croix‑Rouge ou d’autres organismes.

Pharmacies : ce qu’on y trouve, comment ça marche

Les médicaments se retirent en Apotheke, reconnaissables à leur grand “A” rouge. L’Allemagne compte environ 20 000 pharmacies, toutes dirigées par un pharmacien hautement formé, habilité à :

vérifier vos prescriptions ;

vous conseiller sur les médicaments en vente libre ;

refuser de délivrer un traitement en cas de doute.

Deux différences majeures avec certains pays :

Bon à savoir :

Les médicaments, même ceux disponibles sans ordonnance, ne sont pas en libre-service et doivent être demandés au comptoir. De plus, les prix des médicaments sur ordonnance sont réglementés et identiques dans toutes les pharmacies françaises.

Les ordonnances (Rezepte) émanant de médecins allemands sont généralement indispensables pour les antibiotiques, antihypertenseurs, antidiabétiques, pilule contraceptive au‑delà de 18 ans, etc. Les prescriptions non allemandes, surtout hors UE, ne sont généralement pas acceptées.

Les médicaments non soumis à prescription ne sont pas remboursés, sauf exception pour les enfants. Sur les médicaments remboursables, la règle GKV est simple : 10 % du prix avec un minimum de 5 € et un maximum de 10 €.

En dehors des horaires habituels, des pharmacies de garde (Notdienst‑Apotheken) se relaient, avec parfois un surcoût modeste à la délivrance.

Sans assurance : que se passe‑t‑il ?

Même si la loi impose l’assurance maladie, environ 0,1 % de la population reste non assurée. Dans ce cas :

– un généraliste facture typiquement 40–70 € la consultation ;

– un spécialiste peut facturer 80–150 € voire davantage ;

– les hôpitaux ne peuvent refuser une urgence vitale, mais facturent ensuite au tarif plein.

Un expatrié non assuré risque aussi d’être refusé par certains cabinets pour les consultations non urgentes. Et l’administration pourra exiger des arriérés de cotisations si elle estime que vous auriez dû être affilié plus tôt.

Barrière de la langue : un enjeu sanitaire réel

Plus d’un quart des résidents en Allemagne ont un “background migratoire”, et environ 17 % des ménages parlent une langue autre que l’allemand à la maison. Pourtant, le système de santé reste largement germanophone.

Les études montrent que les barrières linguistiques :

– augmentent le risque de mauvaise compréhension des diagnostics et traitements ;

– favorisent les examens redondants, hospitalisations évitables, prolongation des séjours ;

– dégradent la satisfaction des patients et la relation de confiance ;

– dissuadent certains migrants de consulter.

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Pourcentage de patientes atteintes de cancer du sein ayant une langue maternelle autre que l’allemand dans une étude menée dans 86 hôpitaux.

La prise en charge linguistique reste inégale :

environ 70 % des cabinets de ville n’offrent que l’allemand ;

28,6 % proposent aussi l’anglais, 9,9 % le français ;

– à peine 1,4 % couvrent au moins une langue moyen‑orientale (arabe, farsi, turc, etc.).

Les hôpitaux s’appuient souvent sur des solutions de fortune :

personnels soignants bilingues ;

proches ou amis faisant office de traducteurs ;

applications de traduction grand public.

Bon à savoir :

Des interprètes professionnels existent, mais ils sont rarement utilisés de manière systématique. De plus, leurs honoraires ne sont généralement pas remboursés par l’assurance maladie obligatoire.

Pour un expatrié, cela implique deux choses :

anticiper : chercher des médecins parlant votre langue via les annuaires (Jameda, Doctolib, sites des associations de médecins, recommandations d’assureur, groupes d’expats) ;

préparer les rendez‑vous : amener un résumé écrit de vos traitements, allergies et antécédents en allemand ou en anglais, noter les symptômes et questions importantes à l’avance.

Santé mentale : un système généreux mais saturé

La santé mentale est un domaine où l’Allemagne apparaît à la fois très avancée sur le papier et fortement sous pression.

Droits et couverture

Depuis 2009, la GKV prend en charge la psychothérapie ambulatoire pour les troubles mentaux diagnostiqués (dépression, troubles anxieux, PTSD, etc.), à condition de consulter un thérapeute habilité à facturer la caisse (Kassenzulassung).

La procédure type :

Exemple :

Pour entamer une psychothérapie en Allemagne, la procédure type comprend plusieurs étapes. Premièrement, une consultation chez un médecin généraliste (Hausarzt) est nécessaire pour exclure une cause somatique et obtenir un premier avis. Ensuite, il faut prendre rendez-vous pour une « psychotherapeutische Sprechstunde », une consultation d’évaluation auprès d’un psychothérapeute agréé. Lors de cette évaluation, un diagnostic formel d’un trouble psychique est établi et un plan de traitement est proposé. Enfin, une demande d’autorisation de prise en charge doit être adressée à la caisse d’assurance maladie, démarche qui est en pratique souvent gérée par le thérapeute lui-même.

Les méthodes prises en charge sont strictement encadrées (thérapies cognitivo‑comportementales, psychothérapie psychodynamique, psychanalyse, thérapie systémique, etc.). Le nombre de séances peut aller de quelques dizaines à plus de 300 séances dans le cas de la psychanalyse.

Le problème majeur : les délais

Dans les grandes villes, les délais d’attente pour une thérapie remboursée par la GKV peuvent aller :

de quelques semaines dans le meilleur des cas ;

à plusieurs mois, parfois six mois ou davantage.

Pour pallier cette saturation, la loi impose désormais aux thérapeutes :

de réserver un quota d’heures d’“urgence” par semaine ;

d’être joignables par téléphone un minimum de temps hebdomadaire.

Bon à savoir :

Si aucun thérapeute conventionné n’est disponible, un remboursement via le mécanisme de Kostenerstattung est théoriquement possible, mais la procédure est exigeante. Elle nécessite de prouver l’urgence de la situation, de documenter les refus d’un nombre significatif de thérapeutes conventionnés (GKV) et d’obtenir un certificat médical attestant de la nécessité du traitement.

Beaucoup d’expatriés préfèrent :

se tourner vers des thérapeutes privés anglophones ou francophones et payer de leur poche (100–160 € la séance typique) ;

– utiliser des plateformes internationales de thérapie en ligne non remboursées.

Pour les situations aiguës (idées suicidaires, risques de passage à l’acte, psychose), les services d’urgences psychiatriques hospitaliers et les structures de jour (Tageskliniken) prennent le relais, quel que soit votre statut d’assuré.

Vaccinations : calendrier, obligations et remboursement

Allemagne est très structurée sur la question vaccinale, avec plusieurs institutions clé :

– la STIKO (Ständige Impfkommission), commission indépendante qui émet les recommandations nationales ;

– le Robert Koch Institut (RKI), institut de santé publique national ;

– le G‑BA, qui décide quelles vaccinations sont remboursées par la GKV.

Pour un expatrié, trois points méritent attention : les vaccins de base, les obligations spécifiques et la prise en charge financière.

Vaccins de routine et recommandations d’âge

Les schémas vaccinaux sont organisés par tranche d’âge :

Exemple :

Le calendrier vaccinal français recommande : un schéma primaire dès 8 semaines contre diphtérie, tétanos, coqueluche, Hib, polio, hépatite B et pneumocoque, avec des rappels à partir de 11 mois. Entre 12 et 23 mois, deux doses sont prévues pour le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et contre la varicelle, ainsi que la vaccination contre le méningocoque C. Des rappels DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) sont ensuite programmés à 5-6 ans et entre 9 et 17 ans. Enfin, à partir de 9 ans, la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) est recommandée pour les filles et les garçons.

Pour les adultes :

rappels D–T tous les 10 ans, un rappel coqueluche à combiner ;

rattrapage ROR chez les personnes nées après 1970 avec statut vaccinal incomplet.

Pour les plus de 60 ans :

vaccination annuelle contre la grippe ;

vaccination contre le pneumocoque, le zona ;

rappel COVID‑19 annuel à l’automne, surtout pour les plus fragiles.

Les femmes enceintes doivent être vaccinées contre la grippe et la coqueluche (3ᵉ trimestre), et compléter leur schéma COVID‑19.

Obligations et contrôles

La vaccination n’est pas globalement obligatoire, sauf pour :

– la rougeole dans les structures collectives (crèches, écoles, certains hébergements) : les parents qui refusent s’exposent à des amendes pouvant atteindre 2 500 €.

Bon à savoir :

Les structures d’accueil et les écoles sont en droit de demander la présentation du carnet de vaccination (Impfpass) ou d’un certificat médical.

Coûts et prise en charge pour un expatrié

Les caisses publiques sont tenues de rembourser l’ensemble des vaccins recommandés par la STIKO. Beaucoup vont plus loin et prennent aussi en charge une partie des vaccins de voyage (hépatite A, typhoïde, fièvre jaune, encéphalite à tiques, rage, etc.). Les politiques varient selon les caisses ; certaines publient même des listes avec le nombre de vaccins de voyage remboursés.

Pour les assurés PKV, tout dépend du contrat : les produits les plus complets intègrent typiquement 100 % des vaccinations STIKO, voire plus.

Les expatriés peuvent :

– faire transcrire leurs anciens carnets de vaccination dans un Impfpass allemand par un médecin ;

– organiser des rattrapages si nécessaire.

Soins transfrontaliers en Europe : carte européenne et remboursements

Pour les expatriés européens, la carte européenne d’assurance maladie (EHIC/GHIC) joue un rôle important. Elle permet, lors de séjours temporaires dans un autre pays de l’UE/EEE ou en Suisse, d’accéder aux soins médicalement nécessaires dans le système public du pays de séjour, aux mêmes conditions que les assurés locaux.

Concrètement, si vous êtes assuré en GKV et voyagez en Espagne ou en France, la EHIC vous permet :

Astuce :

En cas d’urgence médicale dans un autre pays de l’UE, vous avez le droit d’être soigné dans un hôpital public sans avance de frais ou avec une prise en charge partielle. Les frais peuvent être remboursés sur place ou à votre retour en Allemagne, selon les règles en vigueur dans le pays où les soins ont été dispensés.

En revanche, la EHIC ne couvre ni les soins strictement privés, ni les voyages spécifiquement destinés à un traitement programmé. Pour les soins planifiés dans un autre pays de l’UE, un système séparé (formulaire S2 / autorisation préalable) s’applique, avec des règles complexes sur les remboursements et les dépassements d’honoraires.

Pour les expatriés originaires de pays tiers (hors UE/EEE/Suisse), ces mécanismes ne s’appliquent pas, et seule l’assurance allemande (ou une assurance internationale) décide du niveau de couverture à l’étranger.

Cas particuliers : étudiants, demandeurs d’asile, réfugiés

Certains profils d’expatriés se heurtent à des règles spécifiques.

Étudiants étrangers

Les étudiants immatriculés en Allemagne :

– doivent prouver leur couverture santé pour obtenir visa et inscription ;

– peuvent souscrire une assurance GKV à tarif avantageux jusqu’à 30 ans ;

– au‑delà de 30 ans, doivent passer sur un tarif volontaire plus élevé ou basculer en PKV.

Les étudiants de l’UE peuvent parfois utiliser leur EHIC pour de courts séjours, mais en cas d’installation durable et de travail local, une affiliation GKV devient la norme.

Demandeurs d’asile, réfugiés

Les personnes en procédure d’asile bénéficient, durant les premiers mois (jusqu’à 36 mois selon les règles récentes), d’un accès limité à un panier de soins principalement d’urgence via un système de bons de soins (Krankenschein). Au‑delà, ou dès l’obtention d’un titre de séjour stable, ils entrent dans le régime standard de la GKV.

Travailleurs frontaliers, missions temporaires

Pour les missions de quelques mois, les règles se combinent souvent entre le système de l’État d’origine et l’Allemagne (formulaires S1, détachement, etc.). Là encore, il est indispensable de clarifier la situation avec son employeur et son assureur avant de traverser la frontière.

Comment choisir concrètement son assurance santé en arrivant en Allemagne ?

Pour un expatrié fraîchement arrivé, la feuille de route la plus sûre ressemble souvent à ceci :

– 1. Clarifier son statut : salarié, freelance, étudiant, chercheur invité, conjoint sans emploi, etc. 2. Déterminer l’éligibilité : GKV obligatoire ou possibilité d’opter pour la PKV. 3. Évaluer l’horizon de temps : séjour court (moins de 1 an) ou installation durable. 4. Comparer les coûts et la sécurité :

– GKV : plus chère pour hauts revenus, mais très stable, solidaire, familiale.

– PKV : potentiellement moins chère au début, mais plus risquée à long terme et pour les familles. 5. Se méfier des solutions trop “faciles” : assurances entrants bon marché mais inadéquates pour un séjour durable.

Pour les profils typiques :

Salarié expatrié en dessous du seuil de revenu : GKV obligatoire, c’est simple.

Salarié bien rémunéré (au‑dessus du seuil) : arbitrage GKV/PKV à faire avec un conseil neutre, en tenant compte des plans familiaux et de l’âge.

Freelance jeune et sans projet familial immédiat : la PKV peut paraître attractive, mais il faut anticiper l’avenir (hausse des primes, impossibilité de revenir en GKV plus tard).

Étudiant : GKV étudiant jusqu’à 30 ans est souvent le meilleur rapport sécurité/prix.

Digital nomad ou séjours très mobiles : un contrat d’assurance santé internationale peut compléter, voire se substituer au système local selon la situation administrative.

Quelques conseils pratiques pour naviguer dans le système allemand

Au‑delà des règles et tableaux, certains réflexes simplifient la vie des expatriés dans le système de santé allemand.

Toujours avoir sa carte d’assurance sur soi

La eGK (pour la GKV) ou la carte d’assuré PKV est la clé d’entrée dans tous les cabinets et hôpitaux. Sans elle, votre prise en charge sera retardée ou vous devrez d’abord avancer les frais et régulariser ensuite.

Documenter son historique médical

Arriver avec :

la liste de vos traitements chroniques ;

le nom des molécules (pas seulement des marques) ;

un résumé de vos antécédents, examens importants, allergies,

facilite la transition, notamment parce que certains médicaments n’existent pas sous le même nom en Allemagne.

Anticiper les rendez‑vous spécialisés

Les délais pour voir certains spécialistes (dermatologie, gynécologie, psychiatrie, orthopédie) peuvent être longs :

Astuce :

Il est conseillé de prendre rendez-vous chez le médecin dès votre installation si vous prévoyez d’avoir besoin de suivis médicaux réguliers. Pour les urgences qui ne relèvent pas du SAMU (15), composer le 116 117 peut permettre d’obtenir une consultation plus rapidement.

Utiliser les bons numéros

En cas de doute, trois numéros suffisent à mémoriser :

112 : urgence vitale, ambulance, pompiers ;

110 : police ;

116 117 : garde médicale pour urgences non vitales hors horaires de cabinet.

Se familiariser avec quelques termes allemands

Même si votre médecin parle anglais, beaucoup de documents seront en allemand. Connaître quelques mots clés (“Hausarzt”, “Facharzt”, “Rezept”, “Krankenhaus”, “Notaufnahme”, “Impfung”, “Krankengeld”) aide à se repérer, par exemple sur les formulaires de l’assurance ou les sites de prise de rendez‑vous.

Conclusion : un système exigeant mais protecteur

Les soins de santé pour les expatriés en Allemagne reposent sur un cadre légal strict, une assurance obligatoire et un système dual public/privé qui peut dérouter. Mais une fois ces règles décodées, l’expatrié a accès :

Bon à savoir :

Le système de santé allemand offre une médecine de haut niveau largement accessible. La GKV (assurance maladie légale) fournit une couverture très solide, particulièrement avantageuse pour les familles et les pathologies chroniques. La PKV (assurance maladie privée) propose des options de confort et de rapidité, mais il est conseillé de l’envisager avec précaution.

La clé est d’anticiper : choisir son régime dès l’arrivée, comprendre les implications de long terme, prévoir la barrière de la langue et ne pas sous‑estimer la santé mentale ni la vaccination. Bien accompagné — par un courtier indépendant, une caisse GKV habituée aux expats, ou un service spécialisé — un expatrié peut transformer ce système complexe en véritable atout pour sa qualité de vie en Allemagne.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Allemagne pour optimiser sa charge imposable, sécuriser son cadre de vie et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal transfrontalier, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Espagne, Italie, Allemagne), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Allemagne pour sa forte sécurité juridique, son réseau de conventions fiscales avec la France, un système de santé performant et un coût de vie inférieur aux grandes métropoles françaises dans certaines régions (par exemple, Leipzig ou Dresde vs Paris), tout en conservant un accès direct au marché UE. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location/achat de résidence principale, coordination CPAM/Krankenkasse, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, Steuerberater, accompagnement bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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