S’installer à Monaco en tant qu’expatrié : le guide complet pour réussir son installation

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Poser ses valises à Monaco ne ressemble à aucun autre déménagement. Micro‑État coincé entre la Méditerranée et les collines de la Côte d’Azur, la principauté attire une population très aisée, séduite par l’absence d’impôt sur le revenu, une sécurité exceptionnelle et un cadre de vie ultra‑premium. Mais derrière l’image de carte postale, l’installation à Monaco obéit à des règles strictes, à un coût de la vie record et à des procédures très codifiées.

Bon à savoir :

Ce guide couvre tous les aspects essentiels d’une installation à Monaco : la résidence, la fiscalité, le logement, la santé, l’école, la banque et la vie quotidienne. Il vous aide à évaluer si la Principauté correspond à votre projet et vous donne les clés pour entreprendre les démarches concrètes.

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Comprendre le contexte : un micro‑État riche, sûr et ultra‑sélectif

La principauté occupe à peine un peu plus de 2 km², ce qui en fait le deuxième plus petit pays du monde et le plus densément peuplé. Environ 38 000 personnes y vivent, dont à peine un quart sont de nationalité monégasque. Plus de 130 à 145 nationalités sont représentées, avec de forts contingents français, italiens et britanniques, mais aussi russes, suisses ou belges.

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Un résident sur trois est millionnaire à Monaco, ce qui illustre l’homogénéité sociale marquée de la principauté.

Le pays est une monarchie constitutionnelle dirigée par le Prince Albert II. L’économie repose sur la finance, la banque privée, la gestion de fortune, l’immobilier, le tourisme haut de gamme, le yachting et l’événementiel (Grand Prix de Formule 1, Monaco Yacht Show, tennis, festivals). La sécurité est l’un des arguments majeurs : un policier pour environ 80 habitants, vidéosurveillance omniprésente et criminalité très faible.

Pour un expatrié, cela se traduit par un environnement extrêmement stable, sûr et international… mais aussi par un marché immobilier saturé, un coût de la vie parmi les plus élevés au monde et des critères de résidence draconiens.

Résidence et carte de séjour : le cœur du projet d’installation

Toute personne de 16 ans ou plus qui souhaite vivre à Monaco plus de trois mois par an ou y établir sa résidence principale doit demander une carte de séjour, la fameuse carte de séjour monégasque. C’est ce document qui conditionne la plupart de vos démarches (banque, école, santé, etc.).

Les trois grandes catégories de cartes de séjour

Le système est progressif, conçu pour filtrer et stabiliser les résidents au fil du temps.

Type de carteDurée de validitéConditions d’accès principales
Temporaire1 an (renouvelable chaque année)Première installation, preuve de logement, de moyens financiers, de casier vierge, assurance santé
Ordinaire3 ans (renouvelable)En général après plusieurs renouvellements de carte temporaire (environ 3 ans de résidence)
Privilégiée10 ansAprès 10 ans de résidence continue et sous réserve d’enquête administrative favorable

Les mineurs de moins de 16 ans n’obtiennent pas de carte mais un document de voyage spécifique. À partir de 16 ans, ils doivent suivre la même procédure que les adultes.

Nationalité et visa d’entrée : qui a besoin de quoi ?

Les ressortissants de l’Espace économique européen (EEE) et de la Suisse entrent librement avec un passeport ou une carte d’identité. Ils doivent néanmoins demander une carte de séjour s’ils s’installent durablement.

Attention :

Les ressortissants de pays tiers, y compris ceux du Royaume-Uni depuis 2021, doivent impérativement obtenir un visa long séjour français (visa D) « pour Monaco » auprès d’un consulat de France avant de pouvoir déposer une demande de carte de séjour monégasque.

Pour les séjours de moins de 90 jours sur 180, ce sont les règles Schengen classiques qui s’appliquent : certains passeports entrent sans visa, d’autres non.

Démarche pratique : de la demande en ligne à l’entretien

Les autorités monégasques mettent l’accent sur le contrôle et la traçabilité, tout en digitalisant peu à peu la procédure.

Le schéma général est le suivant :

1. Constitution du dossier de base (logement, finances, casier judiciaire, assurance santé, état civil). 2. Dépôt de la demande via le service en ligne dédié ou par courrier / sur place à la Section des Résidents (Direction de la Sûreté Publique). 3. Analyse de recevabilité : si le dossier est jugé complet, convocation à un entretien. 4. Entretien individuel à Monaco, durant lequel les originaux de tous les documents sont vérifiés et le projet de vie est examiné. 5. Instruction du dossier sur plusieurs semaines, voire quelques mois. 6. En cas d’acceptation, remise de la carte de séjour (droit de timbre d’environ 80 € pour la première carte).

Astuce :

Le délai d’instruction d’un dossier est généralement de 2 à 5 mois après l’entretien. Pour un renouvellement, il est conseillé de préparer la demande environ 45 jours avant l’échéance, en fournissant les preuves que les conditions de résidence sont toujours satisfaites.

Les trois piliers de l’acceptation : logement, moyens financiers, casier vierge

Pour un expatrié, la difficulté n’est pas tant administrative que matérielle et financière. Trois conditions clés dominent les décisions :

Exemple :

Pour obtenir une carte de résident à Monaco, trois conditions principales doivent être réunies. Premièrement, le logement doit être adapté à la taille du foyer (bail d’un an minimum ou acte de propriété) et respecter les règles de surface instaurées en 2020. Deuxièmement, il faut disposer de moyens financiers suffisants : pour les personnes sans activité locale, un dépôt d’au moins 500 000 €, voire un million, sur un compte bancaire monégasque est souvent exigé. Les salariés, entrepreneurs ou retraités peuvent justifier par d’autres revenus. Troisièmement, un casier judiciaire vierge est obligatoire, avec un extrait pour chaque pays de résidence des cinq dernières années, datant de moins de trois mois.

S’y ajoutent une assurance santé complète, un CV détaillé, une déclaration sur l’honneur, et, pour certains profils, des lettres de recommandation de résidents bien établis.

Combien de temps faut-il passer à Monaco ?

Officiellement, la loi ne fixe pas un quota de jours très détaillé, mais dans la pratique :

– les autorités attendent que le résident passe au moins 3 mois par an effectivement à Monaco pour le simple maintien de la carte ;

– pour être considéré résident fiscal à part entière et obtenir un certificat de résidence fiscale, il est généralement exigé de passer plus de 183 jours par an en principauté ou d’y avoir le centre de ses intérêts économiques.

Des absences prolongées, des consommations d’eau et d’électricité quasi nulles ou un usage anecdotique du logement peuvent susciter des questions lors des renouvellements.

Fiscalité : atout majeur… sous conditions de réalité

Le principal moteur de l’attractivité de Monaco reste son régime fiscal pour les particuliers. L’ordonnance de 1869 abolissant l’impôt sur le revenu n’a jamais été remise en cause.

Impôts sur le revenu, patrimoine, plus‑values

Pour un résident monégasque (non français), le constat est simple : le système fiscal monégasque est particulièrement avantageux, offrant une exemption d’impôt sur le revenu, ce qui attire de nombreux expatriés.

pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques ;

pas d’impôt sur la fortune ;

– pas d’impôt sur les plus‑values de cession (y compris immobilières) ;

– pas de retenue à la source sur dividendes ou intérêts perçus par des personnes physiques.

Bon à savoir :

En matière successorale à Monaco, la fiscalité dépend uniquement de la localisation des biens. Les transmissions en ligne directe (entre parents et enfants ou entre époux) sont exonérées, avec un taux de 0 %. En revanche, un legs à une personne sans lien de parenté peut être taxé jusqu’à 16 %.

Tableau – Droits de succession selon le lien de parenté

Lien entre défunt et héritierTaux de droits sur les biens situés à Monaco
Époux, parents, enfants0 %
Partenaires (contrat de vie commune)4 %
Frères et sœurs8 %
Oncles, tantes, neveux, nièces10 %
Autres parents (plus éloignés)13 %
Sans lien de parenté16 %

Il n’existe pas de règles de « réserve héréditaire » à la française : c’est en principe la loi du dernier domicile du défunt qui gouverne la succession, sauf dispositions particulières.

Précautions pour les Français et les autres résidents fiscaux « sensibles »

Les Français constituent le cas particulier le plus connu : en vertu de la convention fiscale du 18 mai 1963 entre la France et Monaco, un ressortissant français qui s’installe à Monaco reste en principe soumis à l’impôt sur le revenu français, sauf exceptions très encadrées (anciens résidents avant 1962, nés et toujours domiciliés à Monaco, etc.).

Résidence à Monaco pour les autres nationalités

Pour les ressortissants hors France, la liberté d’établissement est plus large, mais certaines précautions sont nécessaires pour sécuriser sa situation fiscale.

Surveillance des transferts de résidence

De nombreux pays comme l’Italie ou le Royaume-Uni examinent attentivement les dossiers de changement de résidence fiscale vers Monaco. Une installation purement formelle, sans présence physique réelle, risque d’être remise en cause.

Obligations fiscales sur les actifs à l’étranger

La propriété d’actifs situés dans d’autres pays (comme un immeuble en France ou une société à l’étranger) continue de générer des impôts dans ces juridictions, indépendamment de la résidence à Monaco.

Monaco a par ailleurs adopté les standards internationaux d’échange automatique d’informations (CRS), participe à la coopération en matière fiscale et n’est plus considéré par l’OCDE ou l’UE comme un « paradis fiscal non coopératif ». Les comptes bancaires et structures monégasques ne sont plus invisibles.

Coût de la vie : un budget à calibrer au millimètre

La contrepartie du paradis fiscal et du cadre de vie est une cherté extrême. Les principales comparaisons internationales situent Monaco en tête des pays les plus chers, très au‑dessus des grandes capitales comme New York, Londres ou Hong Kong.

Les estimations varient selon les sources, mais toutes convergent : vivre confortablement à Monaco exige des revenus très élevés.

Comparaison globale des coûts

ProfilCoût de la vie mensuel estimé (logement inclus)
Célibataireautour de 7 500 à 8 000 $ (ou équivalent en €)
Famille de quatre personnesentre 9 500 $ et plus de 27 000 $ selon le niveau de vie
Nomade digitalenviron 8 000 $
Expat « standard »autour de 9 400 $
Localautour de 7 900 $

Monaco est régulièrement classé :

n°1 mondial pour le coût du logement,

– autour du top 20 pour la qualité globale de vie,

– plus de 120 % plus cher que les États‑Unis sur la plupart des postes (hors logement), et plus de 260 % plus cher en intégrant les loyers.

Logement : le nerf de la guerre

C’est le poste de dépense qui écrase tous les autres. Les prix au mètre carré à l’achat ont dépassé en moyenne 50 000 € dans l’ancien, avec des pointes à près de 100 000 €/m² à Larvotto, notamment dans les nouveaux programmes les plus exclusifs.

Côté location, Monaco est, là encore, la place la plus chère au monde.

Type de bienLoyer moyen mensuel (ordre de grandeur)
Studio / 1 chambre centre6 000 à 10 000 €
1 chambre hors centre ou quartiers moins chers4 500 à 6 000 €
3 chambres dans les secteurs les plus prisésplus de 20 000 €
Rente mensuelle prime (tous types, haut de gamme)environ 115 €/m²

Les familles recherchant 3 chambres ou plus sont particulièrement pénalisées : la demande explose, l’offre est rare, les listes d’attente s’allongent, et certains loyers ont progressé de plus de 50 % en un an dans ces surfaces.

Bon à savoir :

Lors de la location, il faut anticiper des coûts significatifs en plus du loyer : des charges de copropriété souvent élevées, le prix d’une place de parking si nécessaire, des frais d’agence représentant généralement 10 % du loyer annuel, et des droits d’enregistrement d’1 % sur trois ans de loyer, payables dès la signature du bail.

Pour un expatrié, il est fréquent que le loyer et les charges de logement absorbent la plus grande partie du budget mensuel, même avec des revenus confortables.

Consommation courante, alimentation et sorties

Les prix du quotidien suivent, logiquement, le niveau général :

les courses alimentaires coûtent plus d’un tiers de plus qu’aux États‑Unis ;

la restauration est environ 60 % plus chère qu’aux USA, avec des menus du midi à une vingtaine d’euros, un dîner simple pour deux frôlant les 100 €, et une restauration gastronomique pouvant s’envoler très vite ;

– un café latte ou un cappuccino dépasse fréquemment 5 €, une bière pression courante se rapproche de 10 €.

2000

Un budget courses mensuel pour une famille de quatre personnes aux États-Unis dépasse facilement ce montant en dollars, hors restaurants.

Transport : un poste plus raisonnable

La petite taille du territoire limite fortement les coûts de déplacement. On peut traverser Monaco à pied en moins d’une heure, aidé par de nombreux escalators publics et ascenseurs reliant les différents niveaux du rocher.

Les bus urbains sont bon marché (une vingtaine d’euros pour un abonnement mensuel), et une navette maritime (Bateau‑Bus) traverse le port. L’essentiel des gros déplacements se fait en dehors de la principauté, via la gare SNCF ou l’aéroport de Nice à une trentaine de kilomètres, relié aussi par hélicoptère.

Les automobilistes doivent composer avec des parkings publics chers (mais souvent la première heure est gratuite), un trafic dense et des fermetures régulières lors des grands événements sportifs. L’essence, elle, est au niveau élevé de l’Europe de l’Ouest.

Logement et quartiers : comment choisir et s’y retrouver

Pour un nouvel arrivant, le choix du quartier conditionne à la fois le budget, le confort de vie quotidien et l’accès aux écoles ou aux commerces.

Panorama des principaux quartiers

Monte‑Carlo / Carré d’Or : cœur emblématique, autour du Casino de Monte‑Carlo. Grands hôtels, boutiques de luxe, immeubles prestigieux. Prix et loyers au sommet de l’échelle.

Larvotto : quartier de plage, promenade récemment réaménagée, et surtout nouveau quartier éco‑conçu de Mareterra, bâti sur la mer avec appartements et villas au niveau de prix record.

Fontvieille : quartier moderne construit sur la mer, avec port de plaisance, commerces, équipements sportifs (Stade Louis II). Image plus « résidentielle » et familiale.

La Condamine / Port : quartier vivant, marché traditionnel, commerces, proximité directe du port Hercule. Très prisé pour la vie quotidienne.

La Rousse – Saint‑Roman : zone plus résidentielle, avec des résidences de grande hauteur, souvent un peu moins chère que le Carré d’Or mais très recherchée.

Jardin Exotique : en hauteur, un peu plus calme, avec vues panoramiques sur la mer, prix légèrement plus accessibles, notamment dans l’ancien.

Les Moneghetti : secteur résidentiel, relativement plus abordable dans le contexte monégasque.

Monaco‑Ville (Le Rocher) : vieille ville, ruelles historiques, siège du palais princier et des institutions. Offre de logements plus limitée, ambiance village.

Acheter ou louer : arbitrage stratégique

Pour la plupart des expatriés, surtout au début, la location est la voie naturelle, ne serait‑ce que parce que l’accession à la propriété nécessite des capitaux considérables et une tolérance au risque spécifique sur ce micro‑marché.

Les éléments à prendre en compte :

Bon à savoir :

Pour les profils très fortunés, l’investissement dans une ou plusieurs unités, via une SCI ou une structure étrangère, est courant, mais il faut anticiper les droits d’enregistrement (4,5% à 10%) et les obligations de transparence. Pour les familles avec un projet à long terme, l’achat permet de figer une partie du coût dans un marché en hausse (+5% par an en moyenne), mais immobilise un capital important. Pour les professionnels en mission ou en installation à l’essai, la location est plus logique, malgré un parc locatif rigide (offre rare, demande forte) nécessitant une anticipation de plusieurs mois.

Même pour un achat, l’obtention d’un financement bancaire local n’a rien d’automatique. Les établissements monégasques ciblent une clientèle internationale patrimoniale et examinent minutieusement l’origine des fonds. Les taux d’intérêt se situent à des niveaux proches de l’Europe de l’Ouest, avec un encadrement légal du taux d’usure récemment resserré.

Travailler, entreprendre ou vivre de ses rentes ?

Monaco n’est pas uniquement un refuge pour retraités fortunés. La principauté compte plus de 65 000 emplois pour environ 38 000 habitants, ce qui signifie qu’une majorité des travailleurs vit en périphérie (France et Italie voisines) et se rend chaque jour au travail.

Salariat : secteurs porteurs et priorités d’embauche

Les grands employeurs se concentrent dans : les secteurs stratégiques de l’économie, comme la technologie, la santé, l’énergie, et les services financiers.

le tourisme de luxe et l’hôtellerie‑restauration (groupe Monte‑Carlo SBM, notamment) ;

la finance, l’assurance, la banque privée, la gestion d’actifs ;

– les services spécialisés : conseil, ingénierie, recherche, technologies de pointe ;

– la construction et les activités liées à l’immobilier.

Le droit du travail prévoit une semaine légale de 39 heures, avec paiement majoré des heures supplémentaires. Les congés payés s’élèvent à au moins 2,5 jours ouvrables par mois de travail, soit 30 jours par an pour une année complète, avec des bonifications pour l’ancienneté ou la situation familiale.

Les autorités appliquent toutefois un principe de priorité à l’emploi :

1. citoyens monégasques ; 2. étrangers mariés à un Monégasque ou nés d’un parent monégasque ; 3. étrangers déjà résidents et ayant une expérience professionnelle à Monaco.

Bon à savoir :

Un employeur est tenu de déclarer ses postes vacants à la Direction de l’Emploi, qui dispose ensuite de quelques jours pour proposer des candidats prioritaires. L’embauche d’un expatrié est facilitée si le profil recherché est très spécialisé ou si l’entreprise maîtrise déjà les démarches administratives.

Tout salarié étranger doit disposer soit d’une carte de séjour monégasque valide, soit d’un titre de séjour français s’il réside en France et vient travailler à Monaco. Dans tous les cas, un permis de travail est obligatoire, associé à un emploi précis : un changement de poste impose une nouvelle autorisation.

Créer ou transférer une société

L’entrepreneuriat est possible, mais soumis à agrément. Pour exercer une activité commerciale, industrielle ou artisanale, il faut :

obtenir une autorisation du gouvernement (Ministre d’État), après examen du projet (solidité financière, expérience, intérêt économique pour Monaco) ;

– choisir une forme juridique (SARL, SAM, SNC, SCS, etc.) avec un capital minimum (par exemple 15 000 € pour une SARL, 150 000 € pour une SAM) ;

– immatriculer la société au Registre du Commerce, au répertoire statistique et auprès de l’administration fiscale ;

– déclarer l’adresse du siège social à Monaco et soumettre les locaux à une visite de conformité.

Attention :

Le délai d’examen d’un projet peut atteindre trois mois. De plus, les autorités peuvent le refuser si elles estiment que le secteur est déjà suffisamment représenté, notamment dans les activités fortement régulées comme l’immobilier, la finance, la santé, l’assurance, les services à la personne, les médias ou l’alimentation.

Une fois créée, une société est potentiellement soumise à l’impôt sur les bénéfices (25 %) si plus de 25 % de son chiffre d’affaires provient de l’étranger. À l’inverse, une structure dont au moins 75 % du chiffre d’affaires est réalisé à Monaco peut être exonérée d’impôt sur les bénéfices. Des régimes d’allégement existent pour les jeunes entreprises, avec une montée en charge progressive sur cinq ans.

Vivre de ses capitaux : le profil type du résident « indépendant de fortune »

Une bonne partie des nouveaux résidents sont des particuliers n’exerçant pas d’activité professionnelle à Monaco. Ils vivent de dividendes, loyers, intérêts, plus‑values, parfois de retraites privées, et n’ont donc pas besoin de permis de travail.

Pour ce profil, l’exigence clé est la démonstration de moyens financiers très substantiels, souvent via un dépôt significatif dans une banque monégasque. Les autorités exigent qu’il soit clair que la personne ne dépendra pas du système social local.

Cette approche a donné naissance à ce qu’on pourrait qualifier de « résidence par moyens indépendants » : ce n’est pas un programme officiel d’investissement, mais dans les faits, sans patrimoine significatif, l’accès à la carte de séjour reste exceptionnel.

Banque et gestion de fortune : passerelle obligatoire pour les plus aisés

Monaco concentre une trentaine de banques et une cinquantaine de sociétés de gestion dans un périmètre minuscule. Près de 70 % des actifs gérés viennent de clients non résidents. L’infrastructure est donc calibrée pour la gestion de fortune, pas pour la banque de détail de masse.

Ouvrir un compte : un processus sélectif et long

Pour un expatrié visant la résidence, ouvrir un compte dans une banque locale est quasiment incontournable :

500000

Le dépôt minimum souvent requis en pratique pour convaincre les autorités de ses moyens financiers suffisants.

Les établissements ciblent en priorité les clients à haut ou très haut patrimoine. L’ouverture de compte implique :

un entretien en face‑à‑face, souvent précédé d’échanges préparatoires ;

la présentation d’un dossier très complet justifiant l’origine licite des fonds (relevés, contrats de cession, bilans d’entreprise, attestations de dividendes, déclarations fiscales, actes d’héritage, etc.) ;

– des lettres de référence bancaire et un descriptif de la situation professionnelle et patrimoniale.

500000

Le ticket d’entrée minimal pour de nombreux établissements bancaires en France est de 500 000 € d’actifs.

Pour les expatriés disposant de moyens financiers plus modestes ou en phase d’études, une solution fréquente consiste à conserver un compte bancaire dans le pays d’origine ou à ouvrir un compte dans une banque française voisine (Cap d’Ail, Beausoleil, Menton, etc.), quitte à gérer ensuite les virements et les frais de change.

Santé : un système public d’excellence, mais des coûts élevés

Le système de santé monégasque est souvent décrit comme l’un des meilleurs au monde : moderne, bien doté, fortement inspiré du modèle français, et largement accessible aux résidents qui cotisent.

Organisation du système et couverture

La protection sociale est gérée par les Caisses Sociales de Monaco (CSM), qui comprennent plusieurs caisses :

– un régime obligatoire d’assurance maladie‑maternité‑invalidité pour les salariés et assimilés, financé par des cotisations employeur / employé (environ 15 % du salaire brut, dans la limite d’un plafond) ;

– un régime pour les indépendants, avec cotisation forfaitaire ;

– une caisse vieillesse basée sur un système de points.

Pour la plupart des assurés, la prise en charge des soins se fait sur la base d’un remboursement :

environ 80 % des frais médicaux sont remboursés dans le cadre normal ;

certains patients (affections de longue durée, situations particulières) peuvent bénéficier d’une exonération du ticket modérateur et d’une prise en charge proche de 100 %.

Bon à savoir :

Les conjoints et enfants peuvent être couverts en tant qu’ayants droit. Cette couverture est soumise à deux conditions principales : les ayants droit doivent résider à Monaco ou dans les Alpes-Maritimes, et l’assuré doit avoir le statut de chef de famille.

Les travailleurs frontaliers français ou italiens ont accès à certains services en vertu d’accords bilatéraux, sous réserve de justifier de leurs droits dans leur pays d’origine.

Hôpitaux et cliniques

Le pivot du dispositif public est le Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG), hôpital général disposant d’un service d’urgences 24 h/24, d’équipements de pointe et de services spécialisés (cardiologie, oncologie, obstétrique, etc.).

Autour gravitent plusieurs structures privées de haut niveau :

Centre cardio‑thoracique de Monaco (chirurgie cardiaque et thoracique) ;

centres de gériatrie, de médecine du sport, cliniques spécialisées, centres d’hémodialyse, etc.

Les tarifs d’hospitalisation reflètent le standing : une nuit peut osciller entre 600 et plus de 2 000 € selon le type de chambre et de prise en charge. Les consultations de médecins généralistes se situent souvent entre 50 et 100 €, davantage pour certains spécialistes.

Assurance privée : quasi indispensable pour un expatrié

Même lorsque l’on cotise aux Caisses Sociales, le reste à charge peut rapidement devenir significatif, notamment en cas d’hospitalisation privée, de soins dentaires complexes ou d’options de confort. La plupart des résidents prennent donc une complémentaire santé (mutuelle), parfois incluse dans le package de l’employeur.

Pour les expatriés fraîchement arrivés, la situation est plus délicate :

l’adhésion au régime public n’est pas toujours immédiate ;

les coûts médicaux sont très élevés pour un patient non assuré.

La souscription à une assurance santé internationale est donc vivement recommandée dès l’installation. Les primes varient très fortement selon l’âge, l’état de santé, la couverture (Monaco/Europe seule ou monde entier incluant les États‑Unis), mais on peut se faire une idée :

– pour un adulte d’une quarantaine d’années, un contrat couvrant largement Monaco et l’international sans les USA peut tourner autour de 4 000 à 5 000 $ par an ;

– certaines offres modulables permettent de baisser la prime via des franchises, des co‑paiements ou des plafonds annuels.

Les autorités peuvent, dans certains cas, exiger la preuve d’une couverture santé suffisante au moment de la demande de carte de séjour.

Scolarité et études : un système inspiré de la France, très internationalisé

Pour les familles expatriées, l’offre éducative est un élément clé. Monaco a mis en place un système aligné sur les programmes français, tout en y ajoutant ses spécificités.

Écoles publiques et privées sous contrat

L’enseignement est obligatoire de 6 à 16 ans, mais l’accueil à l’école maternelle commence dès 3 ans. Le système public compte sept écoles maternelles et élémentaires, un collège (Collège Charles III) et deux lycées publics : le Lycée Albert Ier (général et technologique) et le Lycée Technique et Hôtelier (Lycée Rainier III), spécialisé notamment en hôtellerie‑restauration, comptabilité, gestion.

Ces établissements appliquent le programme français, sous la tutelle académique de l’Éducation nationale française (académie de Nice), avec quelques particularités :

enseignement de l’anglais dès 3 ans ;

cours d’histoire de Monaco et de langue monégasque (obligatoire à partir du CE2 jusqu’à la 3e, puis optionnel au lycée) ;

– sections européennes et internationales, options artistiques et sportives, partenariats avec les grandes institutions culturelles (Opéra, Orchestre, Musées).

450

Nombre d’enseignants pour encadrer un peu plus de 4 300 élèves dans l’enseignement public, ce qui est considéré comme un ratio de qualité élevée.

Un secteur privé « sous contrat » vient compléter l’offre, en étant soumis aux mêmes exigences pédagogiques (programmes, examens, recrutement). On y trouve notamment l’Institut François d’Assise Nicolas Barré (FANB) et le Cours Saint‑Maur, avec parfois des approches pédagogiques plus personnalisées ou des dimensions spirituelles plus marquées.

Écoles internationales et enseignement en anglais

Pour les expatriés souhaitant un cursus anglophone ou international, deux acteurs dominent :

Écoles Internationales à Monaco

Présentation des principaux établissements scolaires internationaux à Monaco, offrant des programmes bilingues ou anglophones de haute qualité.

International School of Monaco (ISM)

École privée indépendante, bilingue français-anglais en primaire puis à dominante anglaise au secondaire. Propose tous les programmes du Baccalauréat International (IB PYP, MYP, DP, CP). Accueille plus de 800 élèves de 60 nationalités. Frais annuels : environ 5 000 € en maternelle à près de 19 500 € en fin de cycle.

British School of Monaco

Établissement privé suivant le curriculum britannique jusqu’au A-Level, avec une forte orientation anglophone. Propose des activités extrascolaires typiques comme le Duke of Edinburgh’s Award.

Les frais de scolarité dans ces écoles représentent un investissement majeur pour les familles expatriées, à intégrer dès la construction du projet. À titre indicatif, une année d’école internationale primaire peut frôler ou dépasser 30 000 € dans certains cas (selon programme et services associés).

Enseignement supérieur

Monaco ne possède pas un vaste réseau d’universités, mais dispose de quelques établissements spécialisés, notamment :

International University of Monaco (IUM) : business school anglophone, proposant bachelors, masters, MBA et doctorats orientés finance, management, luxe, sport business, etc. Très connectée au tissu économique local et aux réseaux internationaux.

– écoles d’arts (Pavillon Bosio), de danse (Académie Princesse Grace), d’infirmiers, d’arts plastiques ou de gemmologie.

Pour un jeune adulte, suivre une formation à l’IUM ou dans ces écoles représente une voie naturelle pour se créer un réseau sur place, mais les frais de scolarité (plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un cycle complet) sont à l’avenant du niveau de vie local.

Vie quotidienne, sécurité et intégration sociale

Vivre à Monaco, c’est évoluer dans une bulle très contrôlée, mais aussi très connectée avec la Côte d’Azur voisine.

Sécurité, environnement et climat

La sécurité est rarement une source de préoccupation : caméras omniprésentes, présence policière constante, contrôle des entrées aux principaux événements. La délinquance reste marginale, ce qui rassure les familles comme les femmes seules ou les membres de la communauté LGBTQ+.

Le climat méditerranéen offre des hivers très doux et des étés chauds mais tempérés par la mer. La région bénéficie d’un ensoleillement de l’ordre de 300 jours par an, avec des épisodes pluvieux plus marqués au printemps et à l’automne.

Bon à savoir :

La qualité de l’air est globalement bonne. Cependant, le pays reste vulnérable aux effets du changement climatique, notamment l’élévation du niveau de la mer et la pression accrue sur le littoral.

Réseaux d’expatriés et vie sociale

Malgré sa taille, ou peut‑être grâce à elle, Monaco dispose d’un écosystème dense d’associations et de clubs :

réseaux internationaux comme InterNations pour rencontrer d’autres expatriés ;

British Association of Monaco, Union des Français de l’Étranger (UFE), Monaco Ambassadors Club, International Club of Monaco ;

– groupes en ligne (Facebook, etc.) dédiés aux expatriés, aux femmes, à certaines nationalités ou aux entrepreneurs.

Astuce :

Les nombreux événements culturels (ballets, opéra, philharmonique, festivals de cirque, de télévision, printemps des arts, etc.) et sportifs (Grand Prix, Monte‑Carlo Rolex Masters, Yacht Show) qui rythment l’année sont d’excellentes occasions de développer son réseau professionnel. Il est important de respecter l’étiquette sociale, qui privilégie une certaine formalité : ponctualité, tenue soignée et respect des hiérarchies, particulièrement dans les milieux d’affaires.

Santé publique, sports et loisirs

L’espérance de vie à Monaco figure parmi les plus élevées du monde, ce qui reflète à la fois la qualité de la santé, le niveau de vie et une certaine culture de la prévention (faible consommation de tabac et d’alcool par rapport à d’autres pays, criminalité très faible).

Les infrastructures sportives (clubs de fitness, piscines, courts de tennis, clubs nautiques, sentiers de randonnée à proximité) permettent un mode de vie très actif. L’inscription à un club de sport ou à une association est d’ailleurs une excellente manière de s’intégrer, en particulier pour les expatriés qui ne travaillent pas sur place.

Est‑ce que Monaco est fait pour vous ? Quelques repères de décision

Avant de se lancer dans un projet d’installation, il est utile de se poser plusieurs questions très concrètes.

Astuce :

Avant de décider de s’installer à Monaco, il est crucial d’évaluer plusieurs facteurs. Vérifiez la compatibilité de votre profil financier, car la vie y est très coûteuse (exigence d’un dépôt bancaire substantiel, loyers élevés, frais de scolarité internationaux). Analysez si votre situation fiscale justifie le déménagement, l’avantage étant variable selon votre nationalité et vos revenus. Soyez conscient de l’environnement très encadré et peu anonyme de la principauté. Prévoyez comment occuper vos journées pour éviter l’isolement, notamment pour les conjoints. Enfin, explorez les alternatives offertes par d’autres pays pouvant présenter des avantages similaires avec une barrière d’entrée parfois plus basse.

Conseils pratiques pour préparer concrètement votre installation

Même si chaque situation est unique, quelques lignes directrices se dégagent du fonctionnement de la principauté.

Astuce :

Pour réussir votre installation à Monaco, entourez-vous de professionnels (avocats, fiscalistes, conseils en immigration) pour naviguer dans les aspects juridiques et fiscaux. Commencez par organiser votre logement et ouvrir un compte bancaire, deux éléments essentiels pour votre dossier de séjour. Anticipez un processus de plusieurs mois pour toutes les démarches afin d’éviter les ruptures de droits. Préparez méticuleusement les justificatifs d’origine de vos fonds pour répondre aux exigences de vigilance renforcée. Planifiez l’intégration scolaire et sociale de vos enfants en contactant les écoles tôt et en facilitant leur adaptation. Enfin, souscrivez une assurance santé internationale robuste pour vous couvrir, surtout pendant la période de transition.

S’installer à Monaco en tant qu’expatrié, c’est entrer dans un club très fermé, régi par une combinaison de prestige, d’exigence et de discrétion. Cette destination n’est pas pour tout le monde, mais pour ceux dont le profil correspond – haut niveau de patrimoine, vraie mobilité internationale, projet de vie compatible avec un environnement ultra‑urbain et sécurisé – elle offre un mélange unique de sécurité, de fiscalité avantageuse, de services de très haut niveau et de douceur de vivre méditerranéenne.

Comprendre cette réalité, chiffres et règles à l’appui, est la meilleure façon d’aborder un tel projet avec lucidité, sans se laisser aveugler par les seules paillettes du Casino et les bolides du Grand Prix.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement global (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Monaco, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Monaco pour son absence d’impôt sur le revenu pour les personnes physiques non françaises, sa fiscalité patrimoniale avantageuse, sa stabilité politique, son cadre de vie haut de gamme et son écosystème financier international. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales France‑Monaco), organisation de la résidence monégasque (location/achat, preuves de séjour effectif), transfert des relations bancaires, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours hors de France, centre d’intérêts économiques à Monaco), mise en relation avec un réseau local (avocat, family office, prestataires bilingues) et intégration patrimoniale (analyse, restructuration et optimisation de la transmission).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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