Investir dans l’immobilier à l’étranger quand on est expatrié : le cas de la France

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Pour un expatrié, combiner projet de vie et investissement solide n’est pas simple. La France fait pourtant figure d’exception : marché immobilier stable, cadre légal protecteur, financement accessible aux non‑résidents, et un pays qui reste la première destination touristique mondiale. Acheter un bien en France ne donne pas automatiquement un titre de séjour, mais c’est un levier puissant pour préparer une installation, sécuriser une partie de son patrimoine en euros et générer des revenus locatifs.

Cet article propose un guide complet, fondé sur les données récentes du marché et sur le fonctionnement concret du système français, pour expatriés qui envisagent d’investir dans l’immobilier… en France.

Pourquoi la France attire autant les expatriés investisseurs

La France combine plusieurs atouts rarement réunis dans un même pays. D’un côté, un marché immobilier très encadré, peu spéculatif, réputé résilient même en période de crise. De l’autre, une qualité de vie, une offre culturelle et touristique, et une image de « valeur refuge » qui attirent des acheteurs du monde entier.

Bon à savoir :

En France, le taux de propriétaires dépasse 60 %, un niveau supérieur à celui du Royaume-Uni, ce qui souligne l’importance culturelle de la pierre. Cette préférence nationale pour la propriété contribue à stabiliser les prix, même en période de tension économique mondiale. Lors des crises financières, le marché français corrige lentement, sans effondrement brutal, offrant ainsi une certaine sécurité aux investisseurs prudentiels.

Dans ce contexte, la présence étrangère est loin d’être marginale. Plus de 10 % des achats dans Paris et sa proche banlieue sont réalisés par des acheteurs étrangers, avec une montée en puissance signalée des Américains et des investisseurs venus d’Asie‑Pacifique. Les non‑résidents sont particulièrement actifs sur les segments « style de vie » : capitales régionales dynamiques, littoral méditerranéen, stations des Alpes ou villages de charme.

Astuce :

En France, les non-résidents peuvent obtenir un crédit immobilier dans des conditions proches de celles des résidents, à condition de présenter un dossier solide. Les banques accordent généralement un prêt couvrant 70 à 80 % du prix d’achat, avec des durées longues et des taux d’intérêt majoritairement fixes.

Enfin, la France est un pays de droit écrit, avec un système de notaires publics, une transparence des registres fonciers et une protection stricte du droit de propriété. Dans les classements mondiaux, elle se situe parmi les pays les moins corrompus, ce qui réduit le risque de mauvaises surprises réglementaires ou de pratiques opaques.

Comment évolue le marché immobilier français (et pourquoi le timing est favorable)

Entre 2023 et 2025, la France a connu une phase de correction puis de stabilisation. Les ventes ont reculé en 2022 sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt, de la volatilité de l’euro et d’une baisse du pouvoir d’achat. Dans certaines grandes villes comme Paris, Lyon, Nantes ou Toulouse, les prix ont légèrement baissé, de l’ordre de 2 % en moyenne.

Attention :

Parallèlement, les stations balnéaires et de montagne ont continué à tirer leur épingle du jeu, avec des hausses annuelles dépassant parfois 10 %. Cette divergence traduit une tendance de fond : depuis la pandémie, une partie des acheteurs privilégie les villes moyennes, les périphéries bien connectées et les destinations loisirs plutôt que les hyper‑centres.

Les projections les plus récentes décrivent désormais un marché « en reprise prudente » plutôt qu’en boom. Pour 2025, les professionnels évoquent une stabilisation avec une croissance modérée des prix d’environ 2 % au niveau national. Pour 2026, les scénarios tablent sur une progression comprise entre 0 et 3 % en moyenne, avec d’importants contrastes selon les régions.

925000

Nombre de ventes de logements prévues en 2025, marquant une reprise vers les volumes records.

Pour un expatrié, cette phase de normalisation offre un avantage : les marges de négociation se sont élargies (près de 5 % en moyenne au printemps 2025) alors que les perspectives à moyen terme demeurent positives, surtout dans les villes universitaires et technologiques où la demande explose.

Comprendre les prix : de Paris aux régions rurales

La France est un patchwork de micro‑marchés. Les prix au mètre carré vont de moins de 1 500 € dans certaines zones rurales à plus de 12 000 € dans les quartiers les plus recherchés de la capitale. Pour un investisseur expatrié, l’enjeu est d’aligner budget, stratégie et localisation.

Le tableau ci‑dessous donne un aperçu de quelques grandes villes autour de 2025–2026, sur la base des fourchettes et moyennes observées.

Ville / RégionPrix moyen au m² (approx.)Commentaire synthétique
Paris~9 500–11 000 €Marché très tendu, forte valeur patrimoniale, rendements locatifs modérés
Nice~7 900 €Forte dimension touristique, Côte d’Azur, loyers élevés en saison
Lyon~5 400 €Métropole dynamique, forte croissance récente, bon compromis rendement / valorisation
Bordeaux~4 900 €Ville en renaissance, TGV vers Paris, potentiel de plus‑value stable
Marseille~4 500 €Marché en rattrapage, rendements locatifs attractifs
Toulouse~4 100 €Hub aéronautique et tech, forte demande locative étudiante et cadres
Montpellier~4 300 €Croissance rapide, climat attractif, leader en hausse de prix
Nantes~3 450–4 400 €Ville très recherchée, marché locatif solide
Saint‑Étienne~1 525 €Prix très bas, rendements élevés, marché de niche plutôt locatif
Nancy~2 300 €Ville universitaire, rendement intermédaire intéressant

À l’échelle des régions, les contrastes sont tout aussi marqués. D’après des données 2024, l’Île‑de‑France affiche des prix moyens d’environ 5 920 €/m² pour les appartements, tandis que des régions comme le Grand Est ou la Bretagne tournent autour de 1 800–2 900 €/m². Les maisons y sont souvent moins chères que les appartements, sauf sur le littoral très recherché.

Exemple :

Une autre grille de lecture utile pour un expatrié est celle des secteurs, qui permet d’analyser et de comprendre l’environnement professionnel et économique du pays d’accueil en le segmentant par domaines d’activité. Cette approche aide à identifier les opportunités d’emploi, les dynamiques de marché et les spécificités culturelles propres à chaque secteur.

Métropoles économiques : Paris, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Marseille. Bon équilibre entre valorisation à long terme et demande locative structurelle.

Régions touristiques premium : Côte d’Azur, Provence, Alpes, Bassin d’Arcachon, Île de Ré. Prix élevés, fortes tensions saisonnières, marché souvent patrimonial.

Villes moyennes et secondaires : Rennes, Montpellier, Nancy, Le Mans, Angers, Tours, Pau, Bayonne, Arras. Prix plus accessibles, rendements parfois supérieurs, potentiel de croissance sous‑estimé.

Rural et petites villes : Dordogne, Bourgogne rurale, certains secteurs de l’Occitanie ou du Centre. Entrée de gamme très abordable, mais vigilance sur la vacance locative.

Quelle stratégie d’investissement pour un expatrié ?

Un même pays peut abriter des marchés totalement différents. La bonne stratégie dépend de votre profil : cherchez‑vous un pied‑à‑terre qui s’autofinance, un simple placement locatif ou une opération de plus‑value à moyen terme ?

Investissement locatif longue durée : la stratégie la plus stable

Acheter pour louer sur plusieurs années (baux d’au moins 6 mois) reste l’approche la plus robuste. Elle s’appuie sur la forte demande de logements en zones urbaines et universitaires, et sur des loyers relativement prévisibles.

Les formats de biens les plus prisés dans ce contexte sont :

appartements de 2 ou 3 pièces dans les métropoles et grandes villes universitaires ;

– petites maisons de ville ou pavillons familiaux dans les banlieues bien desservies ;

petits immeubles divisés (3–6 lots) dans les villes moyennes.

Les données de rendement brut situent la moyenne française autour de 4,8–6 % selon les sources, avec de vrais écarts :

Ville / SegmentRendement locatif brut moyen (approx.)
Marseille (quartiers ciblés)~5,1–5,5 %
Lyon~4,5–5,0 %
Nantes~4,3–5,0 %
Toulouse~4,6–4,7 %
Bordeaux~4,6 %
Saint‑Étienne~5,85–6,4 %
Nancy~5 %
Paris (ensemble du marché)~5,2 % brut mais rendement net comprimé par les prix

Ces chiffres restent des moyennes : un bon emplacement, une configuration adaptée (studio près d’une fac, T3 près d’un pôle d’emploi) et une gestion maîtrisée permettent souvent de faire mieux.

Pour un expatrié, les villes comme Toulouse, Montpellier, Marseille, Lyon ou Nantes offrent un compromis intéressant : croissance démographique, économie dynamique, loyers solides et prix encore inférieurs aux grandes capitales mondiales.

Locations de vacances et saisonnières : forte rentabilité, fortes contraintes

Autre option très populaire : acheter dans une zone touristique (Provence, Côte d’Azur, Dordogne, littoral atlantique, Alpes) pour exploiter le bien en location courte durée. La France accueille environ 90 à 100 millions de touristes par an, ce qui crée un socle de demande exceptionnel.

Cette stratégie peut générer des revenus élevés, mais elle est devenue très encadrée. Dans plusieurs villes, des règles strictes limitent la durée annuelle de location de résidences principales ou imposent un changement d’usage pour les résidences secondaires. À Paris par exemple, la location touristique est plafonnée à 90 jours par an pour une résidence principale ; des sanctions allant de 5 000 à plus de 50 000 € peuvent frapper les propriétaires hors la loi.

Réglementation de la location touristique

L’intérêt financier reste réel, notamment dans :

les villages provençaux très recherchés (Uzès, Saint‑Rémy‑de‑Provence, L’Isle‑sur‑la‑Sorgue) ;

les régions de charme comme la Dordogne, le Languedoc ou la Loire ;

– certaines stations littorales ou alpines où les séjours se succèdent quasiment toute l’année.

Gestion d’une location saisonnière

Points clés à considérer pour réussir dans la location touristique, notamment pour les expatriés.

Saisonnalité marquée

Anticipez des périodes de forte demande et des creux d’activité, ce qui impacte la trésorerie.

Logistique opérationnelle

Gestion complexe du ménage, des check-in/out et de la maintenance régulière du logement.

Cadre réglementaire

Une réglementation souvent changeante selon les villes et les pays, à surveiller attentivement.

Délégation conseillée

Les expatriés qui réussissent confient souvent la gestion à des agences spécialisées ou des conciergeries.

Neuf, rénovation et « value add » : jouer sur la fiscalité et la valeur

La France offre aussi des opportunités pour les expatriés plus aguerris, qui souhaitent optimiser fiscalement et créer de la valeur.

Le neuf présente plusieurs attraits : normes énergétiques récentes, frais de notaire réduits (2–3 % au lieu de 7–8 % dans l’ancien), éventuels dispositifs fiscaux (type Pinel pour certaines opérations), et souvent plus de facilité à trouver un financement à bon taux. Dans des villes en expansion comme Montpellier, Toulouse, Lyon ou certains quartiers de Marseille, ces programmes peuvent accompagner la montée en gamme de quartiers entiers.

La rénovation / value‑add consiste à acheter un bien ancien sous‑valorisé, le remettre au goût du jour (et aux normes énergétiques) puis le louer au prix du marché. C’est une stratégie particulièrement pertinente dans les villes en gentrification ou dans des immeubles des années 1970–1990 nécessitant une mise à niveau esthétique et technique. Elle permet de profiter de la forte sensibilité du marché français aux critères de confort (balcon, isolation, cuisine équipée, etc.) et aux étiquettes énergétiques.

Les travaux de rénovation énergétique ont un double avantage : ils valorisent le bien et peuvent bénéficier d’aides publiques comme MaPrimeRénov, qui prend en charge une partie significative des coûts pour certains profils et types de travaux.

Le cadre légal : un marché ouvert aux étrangers

Sur le plan juridique, la France est l’un des pays les plus ouverts d’Europe : il n’existe aucune restriction spécifique à l’achat immobilier en fonction de la nationalité. Un ressortissant américain, canadien, britannique, asiatique ou autre peut acquérir un appartement à Paris, une maison en Provence ou un chalet dans les Alpes dans les mêmes conditions qu’un citoyen français.

Aucun quota, aucune zone interdite (hors cas extrêmement particuliers liés à la défense nationale) ne limite ces acquisitions. Les mêmes droits de propriété s’appliquent, et les mêmes procédures sont suivies.

Bon à savoir :

Il est crucial de comprendre qu’acheter un bien immobilier en France ne confère pas automatiquement un droit de séjour. Il n’existe pas de ‘golden visa’ lié à l’achat. Bien que la propriété puisse renforcer un dossier de visa en prouvant des ressources, un ancrage ou un logement, elle ne constitue pas un passe-droit pour obtenir un titre de séjour.

Pour séjourner plus de 90 jours sur une période de 180 jours, un non‑Européen doit demander un visa long séjour adapté à sa situation (visiteur, salarié, entrepreneur, Talent Passport, etc.). Après cinq ans de résidence continue, il peut ensuite viser une carte de résident longue durée, voire la naturalisation, sous conditions (niveau de français, intégration, absence de casier, etc.).

Comment se déroule concrètement l’achat d’un bien en France

Pour un expatrié, la procédure peut sembler plus lourde que dans son pays d’origine, mais elle est très codifiée. Le notaire joue un rôle central : officier public nommé par le ministère de la Justice, il sécurise la transaction pour les deux parties et pour l’État.

Le déroulé type d’une acquisition ressemble à ceci :

Exemple :

L’achat d’un bien immobilier en France par un non-résident suit un processus structuré. Il commence par la définition d’une zone de recherche et d’un budget incluant le prix d’achat, les frais de notaire (7-8% pour l’ancien), les travaux et une marge de sécurité de 10-15%. La recherche s’effectue via des portails en ligne (SeLoger, Le Bon Coin, etc.) et peut être facilitée par un agent local. Une offre écrite, souvent conditionnelle, est ensuite faite. Si elle est acceptée, un compromis de vente est signé, avec un dépôt de 5 à 10%. L’acheteur bénéficie alors d’un délai de rétractation de 10 jours. Le montage du financement, protégé par une clause suspensive de prêt (45 à 60 jours), est crucial. Le notaire procède à des vérifications juridiques et techniques (cadastre, DDT). Enfin, l’acte de vente authentique est signé chez le notaire après 2 à 3 mois, avec le règlement du solde et la remise des clés.

Pour les expatriés, la bonne nouvelle est qu’il n’est pas obligatoire de se déplacer physiquement. Une procuration signée (et le cas échéant légalisée) permet à un représentant ou au clerc du notaire de signer en votre nom. Les notaires recourent de plus en plus à la visioconférence et à la signature électronique pour simplifier ces démarches.

Combien coûtent réellement les frais d’acquisition et de détention

L’un des écueils fréquents pour les acheteurs étrangers est de sous‑estimer le coût global de l’opération. En France, l’affichage se fait toujours en distinguant le prix net vendeur et les frais annexes.

Les frais à l’achat

Pour un bien ancien (plus de 5 ans), il faut compter :

Droits de mutation et taxes : environ 5,8 à 6 % du prix dans la plupart des départements.

Émoluments du notaire : barème réglementé, qui porte l’ensemble des « frais de notaire » dans une fourchette de 7 à 8 % du prix (droits de mutation inclus).

Éventuels frais d’agence : souvent intégrés au prix affiché (mention FAI ou HAI), allant de 3 à 8 % du prix.

Frais de dossier bancaire et de garantie si vous empruntez (autour de 0,5–1 % du montant du prêt).

Coût d’un éventuel diagnostic ou expertise technique complémentaire, si vous faites réaliser un audit plus poussé que le DDT.

300000

Prix d’achat d’un appartement ancien, avant l’intégration des frais et d’une enveloppe d’amélioration.

Pour un logement neuf vendu sur plan (VEFA) ou de moins de 5 ans, le schéma change : le prix est soumis à la TVA (en général 20 %, déjà incluse dans le prix TTC affiché) mais les droits de mutation sont réduits à 0,7 %. Les « frais de notaire » tournent alors plutôt autour de 2–3 % du prix.

Les taxes annuelles et charges

Une fois propriétaire, vous devrez vous acquitter de plusieurs postes récurrents :

Bon à savoir :

En France, les propriétaires doivent anticiper plusieurs dépenses annuelles. La taxe foncière, calculée sur la valeur locative cadastrale, varie fortement selon la commune mais reste généralement bien inférieure aux niveaux américains. La taxe d’habitation est supprimée pour la résidence principale mais due pour les secondaires. Les charges de copropriété (entretien commun, assurance, équipements) sont estimées à environ 50 €/m²/an. L’assurance habitation multirisque est obligatoire (200–500 €/an en moyenne). Il est également prudent de provisionner un budget pour l’entretien courant et les gros travaux obligatoires, comme le ravalement.

Pour un investisseur locatif, une large partie de ces charges (frais de gestion, intérêts d’emprunt, travaux, assurances, etc.) est déductible du revenu foncier imposable sous certains régimes fiscaux.

Se financer en étant expatrié : ce qu’attendent les banques françaises

Contrairement à une idée reçue, il n’est ni indispensable de résider, ni de travailler en France pour décrocher un prêt immobilier. Le système bancaire français a l’habitude de traiter avec des non‑résidents, même si les exigences sont plus strictes que pour les résidents.

Les grands principes sont les suivants :

Bon à savoir :

Pour obtenir un crédit immobilier en France en tant que non-résident, plusieurs conditions s’appliquent. L’apport personnel requis est généralement de 20 à 30 % du prix, pouvant atteindre 30–40 % pour certains profils hors UE. Le ratio d’endettement est plafonné à 35 % des revenus bruts mensuels, parfois réduit à 30–33 % pour les profils risqués. La stabilité des revenus est cruciale : un CDI est privilégié, tandis que les indépendants doivent présenter 2 à 3 bilans. Le montant minimum du prêt varie souvent entre 100 000 € et 250 000 €. Enfin, les prêts à taux fixe sur 15 à 25 ans sont les plus courants, avec des options comme les taux variables ou les prêts in fine réservés à des cas spécifiques.

Les taux, eux, sont redevenus attractifs : après un pic autour de 4,5 % en 2023, ils se situent en 2025 entre 3,1 % et 3,5 % pour un résident. Les non‑résidents paient, en général, une prime de 0,3 à 1 point, ce qui amène des taux autour de 3,5–4 % pour un prêt à 20–25 ans. Les projections pour 2026 anticipent une stabilité ou une légère baisse dans cette fourchette, dans le sillage de la politique monétaire européenne.

Il est fréquent que la banque demande : justificatifs de revenus, relevés bancaires, et informations sur les dépenses mensuelles.

l’ouverture d’un compte en France pour y domicilier flux et remboursements ;

– la souscription d’une assurance emprunteur (décès‑invalidité), parfois auprès de leur partenaire, même si la loi permet d’en choisir une autre ;

– un dossier très complet : pièces d’identité, justificatifs d’adresse, relevés de compte, déclarations fiscales, contrats de travail, éventuellement rapports de crédit issus du pays de résidence et traductions certifiées.

Le recours à un courtier spécialisé dans les profils expatriés facilite nettement l’exercice, en ciblant les banques ouvertes à votre nationalité et à votre situation (revenus en devises, statut d’entrepreneur, etc.).

Fiscalité : ce que doit savoir un non‑résident propriétaire en France

Posséder un bien en France signifie entrer dans le radar fiscal français, au moins pour ce qui concerne ce bien. Cela ne signifie pas nécessairement une double imposition pénalisante, car la France a signé de nombreuses conventions fiscales bilatérales, mais suppose de bien comprendre le paysage.

Les impôts liés à la détention du bien

Pour un non‑résident, trois catégories d’impôts sont essentielles :

Bon à savoir :

Le propriétaire est redevable de la taxe foncière annuelle, calculée sur la valeur locative du bien et les taux des collectivités. La taxe d’habitation reste due pour les résidences secondaires, avec une éventuelle surtaxe dans les communes touristiques. L’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) s’applique aux patrimoines immobiliers nets excédant 1,3 million d’euros. Pour les non-résidents, seuls les biens situés en France sont concernés. Les dettes immobilières sont déductibles et la résidence principale bénéficie d’un abattement de 30% pour les résidents fiscaux français.

Les revenus locatifs

Si vous louez votre bien, vos loyers sont imposables en France, même si vous êtes résident fiscal ailleurs. Vous êtes, en principe, soumis :

– à l’impôt sur le revenu, selon des barèmes progressifs, avec un taux minimum spécifique de 20 % pour les non‑résidents (au‑delà d’un certain seuil de revenu, un taux supérieur peut s’appliquer) ;

– à des prélèvements sociaux, qui s’élèvent habituellement à 17,2 %, mais peuvent être réduits à 7,5 % pour les contribuables affiliés à un régime de sécurité sociale d’un pays de l’UE/EEE, de Suisse ou du Royaume‑Uni.

Plusieurs régimes fiscaux existent pour la location :

régime micro simplifié, avec un abattement forfaitaire (par exemple 30 % pour la location nue, 50 à 71 % pour la location meublée selon les cas) ;

régime réel, qui permet de déduire les charges réelles (intérêts d’emprunt, taxes, frais de gestion, travaux, assurance, etc.) du revenu locatif.

Bon à savoir :

Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) est un régime fiscal privilégié pour les expatriés investissant dans l’immobilier locatif en France. Il permet notamment de déduire un amortissement comptable sur la valeur du bien et du mobilier. Cette déduction réduit significativement, voire annule, la base imposable sur les revenus locatifs pendant plusieurs années.

La revente : la fiscalité des plus‑values

À la revente, un non‑résident réalise éventuellement une plus‑value imposable. Celle‑ci est taxée à :

19 % au titre de l’impôt sur le revenu ;

– des prélèvements sociaux additionnels (17,2 % dans le régime de droit commun, éventuellement 7,5 % dans certains cas européens).

Cette imposition est toutefois atténuée dans le temps par un système d’abattements progressifs. Pour la part « impôt sur le revenu », la plus‑value est totalement exonérée après 22 ans de détention. Les prélèvements sociaux, eux, s’éteignent après 30 ans de détention. Des surtaxes s’ajoutent sur les très grosses plus‑values, mais concernent surtout les opérations haut de gamme.

Certaines exonérations spécifiques existent (vente de la résidence principale pour un résident, situations de retour au pays, etc.), mais elles nécessitent un examen au cas par cas.

Gérer son bien à distance : le rôle clé des gestionnaires et conciergeries

L’un des principaux freins des expatriés est pratique : comment gérer un appartement loué à Marseille ou une maison de vacances en Dordogne lorsqu’on vit à Singapour, à Montréal ou à Londres ?

Bon à savoir :

Le marché de la location en France est structuré autour de sociétés de gestion locative et de conciergerie, qui doivent obligatoirement détenir une carte professionnelle délivrée par la Chambre de commerce et d’industrie. Il comprend à la fois de grands réseaux nationaux et des acteurs spécialisés, par exemple sur les clientèles expatriées ou la location de courte durée.

Ces gestionnaires peuvent prendre en charge :

Astuce :

La gestion locative professionnelle couvre l’ensemble des étapes et responsabilités liées à un bien. Cela inclut : la recherche et la sélection des locataires, la rédaction des baux et l’état des lieux ; l’encaissement des loyers, le suivi des impayés et la relation quotidienne avec les occupants ; la coordination des interventions d’artisans et le suivi des travaux. Pour la location saisonnière, elle prend également en charge la mise en ligne sur les plateformes, le ménage, la remise des clés et la maintenance.

Les honoraires oscillent généralement entre 7 et 12 % des loyers encaissés pour de la gestion classique, et davantage pour des services de conciergerie haut de gamme. Ces frais sont fiscalement déductibles dans le cadre des régimes au réel, ce qui atténue leur impact.

Pour un expatrié qui souhaite une approche « mains libres », c’est souvent un coût bien investi, d’autant que les statistiques montrent que les biens gérés professionnellement bénéficient d’une meilleure occupation et d’une optimisation des loyers, qui peut compenser une partie des honoraires.

Immobilier et résidence : articuler investissement et projet de vie

Même si l’achat d’un bien ne suffit pas à obtenir un titre de séjour, il s’inscrit souvent dans une stratégie plus large. Les expatriés qui s’installent ou reviennent en France combinent fréquemment plusieurs dispositifs.

Le pays ne propose pas de passeport‑investisseur sur simple achat immobilier, mais il a mis en place des titres pluriannuels visant les investisseurs et entrepreneurs actifs, comme le « Talent Passport – Investisseur » qui impose d’investir au moins 300 000 € dans une entreprise française et de créer ou maintenir des emplois. L’immobilier peut entrer en ligne de compte lorsqu’il s’agit, par exemple, d’un projet hôtelier ou para‑touristique structuré en société.

Bon à savoir :

Pour obtenir un visa long séjour « visiteur » afin de vivre en France sans y travailler, il faut justifier de ressources suffisantes (revenus passifs, pensions, loyers, dividendes) et d’une assurance santé. Bien que non obligatoire, détenir un logement sur place facilite la preuve d’hébergement et renforce le dossier.

Sur le temps long, après cinq années de résidence légale ininterrompue, un expatrié peut demander une carte de résident de 10 ans, voire la nationalité française s’il remplit les conditions d’intégration et de maîtrise de la langue. Dans ce parcours, l’immobilier joue souvent le rôle de socle patrimonial, offrant une stabilité et un ancrage local.

Comment choisir sa ville lorsque l’on investit depuis l’étranger

La question du « où » reste sans doute la plus délicate. Un expatrié n’a pas toujours une connaissance intime des quartiers ni des dynamiques locales. Pourtant, la France offre des profils de villes très différenciés.

Quelques lignes de force peuvent aider :

Stratégies d’investissement immobilier en France

Panorama des principales opportunités d’investissement locatif selon les objectifs et les profils d’investisseurs.

Valeur patrimoniale et liquidité

Paris et ses beaux quartiers centraux (Marais, Saint‑Germain, Quartier Latin) offrent une valeur patrimoniale maximale et une liquidité quasi garantie, malgré des rendements nets modestes. Particulièrement appréciés des expatriés.

Croissance équilibrée et loyers solides

Les métropoles d’emploi comme Lyon, Bordeaux, Toulouse et Nantes, très connectées et en croissance démographique, offrent une tension locative forte pour un investissement stable.

Rentabilité locative élevée

Marseille, Saint‑Étienne, Nancy, Le Mans ou certaines villes universitaires peuvent offrir des rendements bruts autour de 5–7 %, sous réserve d’une sélection rigoureuse de l’emplacement et du type de locataire.

Investissement plaisir-patrimonial

La Côte d’Azur, la Provence, la Dordogne, la Bretagne littorale ou l’Alsace viticole combinent seconde résidence et location saisonnière, avec une exposition aux aléas touristiques.

Potentiel et prix raisonnables

Montpellier, Rennes, Pau, Bayonne, ou des capitales régionales comme Bourges ou Arras offrent des prix d’entrée plus abordables avec une attractivité croissante (transports, culture, statut européen).

Dans tous les cas, la prudence impose un travail préparatoire : analyse des loyers de marché (plateformes spécialisées, données publiques), compréhension des règles locales de location (encadrement des loyers, zones tendues, restrictions sur les meublés touristiques), et repérage des projets urbains (nouvelles lignes de tram, zones d’aménagement, pôles universitaires).

Les principaux risques… et comment les réduire

Aucun investissement n’est sans risque, y compris dans un pays aussi encadré que la France. Pour un expatrié, certaines menaces sont spécifiques :

Bon à savoir :

L’investissement locatif en France comporte plusieurs risques spécifiques, mais des mesures permettent de les maîtriser. Le risque de vacance, plus élevé en zones rurales, se gère en ciblant les marchés tendus et en prévoyant 8 à 10 % de vacance annuelle. Le risque de défaut des locataires, complexe du fait d’une protection juridique forte, nécessite un filtrage rigoureux, une garantie des loyers impayés et un gestionnaire local. Le risque de change pour les investisseurs étrangers peut être couvert par des instruments financiers ou un alignement partiel de portefeuille en euros. Le risque réglementaire (fiscalité, performance énergétique, locations courtes durées) exige une veille active et une diversification. Enfin, le risque administratif et linguistique est fortement réduit en s’entourant de professionnels francophones et anglophones (notaire, avocat, gestionnaire).

Malgré ces risques, les fondamentaux demeurent solides : pénurie de logements, poids culturel de la propriété, tourisme massif, infrastructures de qualité, stabilité politique relative. Pour un expatrié qui accepte une approche de moyen à long terme, la France constitue donc une brique crédible dans une stratégie de diversification internationale.

En guise de feuille de route

Investir dans l’immobilier en France en tant qu’expatrié n’a rien d’un parcours éclair. C’est un projet qui se prépare, souvent sur plusieurs mois, en suivant une séquence logique :

Astuce :

Pour réussir un investissement immobilier à l’étranger, il est essentiel de suivre une démarche structurée : 1. Clarifiez vos objectifs (usage personnel, rendement, plus-value, préparation d’un retour, optimisation fiscale). 2. Définissez un budget réaliste incluant tous les frais annexes et une marge de sécurité. 3. Sélectionnez une ou deux zones cohérentes avec votre stratégie. 4. Pré-négociez votre capacité d’emprunt avec une banque ou un courtier pour obtenir une « lettre de confort ». 5. Constituez une équipe locale (agent immobilier, notaire, et éventuellement un avocat fiscaliste et un gestionnaire). 6. Visitez, physiquement ou virtuellement, suffisamment de biens pour comprendre les fourchettes de prix et la demande. 7. Ne signez aucun document sans traduction et explication claires, notamment sur les clauses suspensives et les pénalités. 8. Anticipez, dès l’achat, la question de l’héritage (rédaction d’un testament désignant la loi applicable) et la future sortie (location, revente, transmission).

L’immobilier français ne promet ni fortunes rapides ni rendements extravagants. Il offre en revanche un compromis rare : un cadre juridique robuste, un marché profond et diversifié, des possibilités de financement, et un territoire qui reste l’un des plus attractifs au monde pour y vivre quelques mois par an, y travailler ou y préparer sa retraite. Pour un expatrié qui cherche à ancrer une partie de son patrimoine en Europe continentale, c’est un candidat difficile à ignorer.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en France pour rechercher du rendement locatif et consolider son exposition à l’euro. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Île-de-France, Métropole lyonnaise, Côte d’Azur), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou immeuble de rapport dans une ville en croissance comme Lyon ou Nantes, combinant rendement locatif brut cible de 6 à 7 %plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais de notaire + travaux légers) d’environ 500 000 €. La mission a inclus : sélection de la ville et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, expert-comptable), choix de la structure d’investissement (détention en direct, via SCI ou société commerciale) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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